K comme Henri Declerck, un maire des Flandres

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS.

J’ai voulu en savoir plus. Retronews a déniché un article intitulé Un maire des Flandres, paru dans l’Univers le 3 mars 1906, juste après le décès de Henri De Clerck. C’est en fait la transcription de son éloge funèbre prononcée par un abbé. 

Ma démarche est de reprendre ce que dit l’article sur sa vie personnelle et familiale, le vérifier et le développer. Je m’appuie sur les archives de l’Etat-civil disponibles en ligne mais également sur des pièces retrouvées dans mes archives familiales, en particulier une lettre et un faire part de décès.

Pour ce billet dans le cadre du #challengeAZ, je vous présente l’article de l’Univers et les questions qu’il entraîne. Ce que j’ai trouvé sur les questions fera l’objet d’une série d’articles, un peu plus tard

Ce que dit l’article de 1906 

Et en bleu ce que je veux vérifier et développer

  • Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans
    => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?
  • il était d’une famille de huit enfants
    => Est-ce exact? que sont devenus ses frères et sœurs?
  • en 1858 son frère était conseiller municipal (mais pas lui)
    => Quel frère? Qu’est-il devenu?
  • de 1858 à 1875, ses parents vivaient et il n’avait donc pas le souci de la ferme et de la brasserie. 
    => Quelles informations a-t-on sur ses parents?
  • En 1875, il se marie 
    => Où? avec qui?
    => Des enfants, à part ceux évoqués ci-dessous?
  • Sa ferme-brasserie (les Ciseaux) est occupée au moment de son décès par son fils Michel
    => Que sait-on sur son fils Michel ? Est-il aussi brasseur? Qu’est-il devenu? Qu’est devenue la ferme?
  • Avant sa mort, sa fille lui lisait les journaux 
    => Que sait-on sur sa fille? Qu’est-elle devenue?

L’article dit d’autres choses d’Henri de Clerck que je ne vais pas vérifier pas dans le cadre de cette prochaine série de billets, peut-être un autre jour, notamment :

  • la ferme-brasserie où il est né s’appelle ferme des Ciseaux et est dans sa famille depuis près d’un siècle; la période où il est maire 1858-1900
  • qu’il devenu aveugle mais a continué à assumer son rôle de maire, avant de démissionner et quitter sa ferme pour aller habiter près de l’église;
  • qu’il a fait ses études à Hazebrouck « où il fut l’élève de M. le principal Dehaene dont il resta l’ami » ;
  • que ses ancêtres sont cité dans les registres de la commune depuis 1790 ;
  • ainsi que des informations sur ses positions et réalisations en tant que maire 

L’Univers, 3 mars 1906. Un maire des Flandres

Un maire des Flandres

Nous donnons sous ce titre l’éloge funèbre que M. l’abbé Lemire a fait samedi dernier d’un digne vieillard de 82 ans, mort après avoir été 42 ans maire d’une commune rurale en Flandre. Nos lecteurs y reconnaîtront un de ces nobles types de magistrats municipaux qui font honneur à nos vieilles provinces.

Le député d’Hazebrouck parlait après l’instituteur : autre tradition qui s’en va! Voici ses paroles :

À l’éloquent discours que vient de prononcer maître Vermeersch, j’ai le devoir de joindre une parole d’adieu au nom des élus de ce pays, conseillers municipaux, maire et ad joint, conseiller général et député.

Pierre-François-Henri-de Clerck naquit à Hondeghem en 1825, dans la ferme-brasserie des Ciseaux, occupée aujourd’hui par son fils Michel, et qui était tenue par ses parents de puis près d’un siècle ; il était d’une famille de huit enfants.

Il fit ses études — ce qui était rare alors et exceptionnel — au collège communal d’Hazebrouck, où il fut l’élève de M. le principal Dehaene dont il resta l’ami. Il apprit à son école, l’amour des livres et le respect de la vérité.

Rentré chez lui, il continua d’unir aux travaux des champs l’étude et la lecture, et il se fit une bibliothèque que tout le monde connaissait, où il aimait à se réfugier comme en un doux ermitage.

Il avait la réputation d’un jeune homme rangé, très droit et d’une rare intelligence. M. Treutebaere était alors curé et il avait donné à son paroissien une trempe d’austérité chrétienne que rien ne put entamer.

A 33 ans, sans être conseiller municipal — son frère l’était — il fut choisi par l’autorité préfectorale comme maire d’Hondeghem. C’était, en 1858.

Henri De Clerck prit les registres de la mairie et se pénétra de l’histoire de la commune pour suivre les bonnes traditions.

A la première page de ces registres, en 1790, il lisait le nom de ses ancêtres, un autre De Clerck, et depuis lors il voyait se succéder à la tête de la commune les diverses familles du pays : Maes, Dequidt, Capèle, Vanuxem, Tryhoen, Degraeve et Valckenaere.

De tours exemples il retint deux choses : se dévouer à l’intérêt. public et se mettre au service de tous.

Cela lui était facile pendant la première période de sa carrière, de 1858 à 1875, car ses parents vivaient et il n’avait point le souci de la ferme et de la brasserie.

En 1875, il se maria : il prit pour compagne de sa vie et gardienne de son foyer une femme qui devait être pour ses idées une force et pour son action un-appui, et, dès ce moment, il unit les devoirs de chef de famille et d’administrateur de la commune sans sacrifier ni les-uns ni les-autres.

Pendant quarante-deux ans de 1858 à 1900, maire choisi honorablement par l’autorité centrale sous l’Empire, maire élu librement par le conseil-municipal sous la République, il-eut toujours la même idée de ses fonctions.

Un maire, c’était, d’après lui, un magistrat et un administrateur : l’homme de tous et non l’homme d’un parti.

Gardien de l’ordre, exécuteur des lois et règlements, il veille à ce que les intérêts de la commune soient sauvegardés, que la comptabilité soit exacte et régulière, que rien de ce qui appartient à tous ne soit perdu, que rien de ce qui est dû à tous ne soit refusé à qui que ce soit.

Telle fut la ligne de conduite du maire de Clerck.

Pendant quarante-deux ans, sa vie se confond avec celle de la commune d’Hondeghem et son nom est au bas de tons les actes qui lui font honneur.

Respectueux vis-à-vis des supérieurs et des autorités religieuse et civile, conciliant à l’égard des égaux, digne et libre avec tous, sans usurper sur les attributions d’autrui mais sans abandonner les siennes, l’on peut dire qu’il eut pour devise : « Mon devoir et mon droit. » C’est la devise de nos races du Nord.

Le maire de Clerck a couvert la commune d’Hondeghem d’un réseau de chemins empierrés et bien entretenus. Ce fut une grosse dépense, car vous n’avez sur votre territoire que peu de routes départementales et nationales.

Il traça autour de la place un chemin bordé de beaux arbres qui était un vrai boulevard.

Il présida à la construction de l’école des filles.

En 1878, lors de l’écroulement de la tour, par suite de travaux de restauration, il multiplia les démarches pour amener sa reconstruction et celle de l’église qui était à moitié en ruine.

Il eut ensuite les préoccupations de nos vingt dernières années. Il assistait à ce changement qui enlevait l’école à la Commune, qui tendait à séparer l’Eglise de la mairie, et à isoler le bureau de bienfaisance du conseil municipal, et qui transformait peu à peu en services d’Etat ou en services privés, ce qui était jusque là un service communal.

Il en était ému ; car en dehors de beaucoup d’autres considérations il y voyait une atteinte à l’unité et à la force de la vie communale.

Mais il n’en fat point troublé. Il était convaincu qu’en Flandre la bonne volonté des honnêtes gens saurait maintenir la paix ; il savait que, si chacun à sa place fait son devoir, le bien est toujours possible, et qu’aux heures douteuses, les élus d’un peuple croyant doivent plus que jamais rester à leur poste.

Il n’eût pas quitté le sien s’il avait pu continuer à le remplir comme sa conscience le voulait.

Cependant sa vue s’affaiblissait, il devenait aveugle. Il présidait ses conseillers sans les voir, mais il les écoutait d’autant mieux. Il connaissait par cœur son budget, jusqu’à la dernière ligne, jusqu’au moindre chiffre, et il se faisait lire les pièces officielles ; il les signait ensuite d’une main assurée.

Mais cela lui paraissait trop peu.

En 1900, il donnait sa démission, puis il quitta sa ferme et sa brasserie, et vint habiter près de l’église.

C’est là que je le vis pour la dernière fois le soir de la Toussaint.

Il continuait à s’intéresser à la vie publique. Sa fille lui lisait les journaux d’aujourd’hui et surtout les bons livres d’autrefois. Il se plaisait à suivre les travaux du comité flamand, il aimait l’histoire locale, celle d’Hazebrouck et des communes environnantes, nos vieux auteurs flamands, Cats et Vondel, nos classiques français, La Fontaine et Corneille.

Comme les cultivateurs retirés de leur ferme et les fonctionnaires en retraite, sa joie était de venir à l’église et d’entendre des instructions qui étaient pour lui, vieillard et aveugle, deux fois douces et bienfaisantes.

Il s’est éteint mercredi dernier, dans d’admirables sentiments de foi, de résignation et de piété.

La mémoire de cet homme juste, de ce Flamand austère, de ce vrai chrétien restera en bénédiction. Avec lui disparaît une belle et noble figure de notre pays.

Il s’en est allé, escorté à sa tombe par l’affection de sa famille, la reconnaissance de ses administrés et l’estime publique. Qu’il dorme en paix !

https://www.retronews.fr/journal/l-univers/3-mars-1906/132/987253/4#

3 commentaires sur « K comme Henri Declerck, un maire des Flandres »

  1. Henri Declerck a donc côtoyé trois de nos ancêtres : Jean-François Ghys 1778-1840, Louis Désiré Ghys 1816-1885 et Edmond Ghys 1850-1905.
    Henri De clerck a aussi connu de nombreux gouvernements : Charles X, Louis Philippe, Louis Napoléon Bonaparte, Napoléon III.
    Puis les présidents Adolphe Tiers, Mac Mahon, Jules Grévy, Sadi Carnot, Casimir Perrier, Félix Faure, Emile Loubet, Armand Fallières, dont les noms nous sont plus que familiers, tant de rues de nos villes et de nos banlieues étant ainsi nommées.
    Par contre, je n’ai jamais encore rencontré de rues portant le nom d’un roi, sauf celui d’Henri IV. Elles doivent être bien rares.

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  2. Bonjour,
    Je suis tombé sur votre recherche ainsi que sur l’éloge funèbre de l’ abbé Lemire pour Henri De Clerck. Celui-ci est l’arrière-grand-père de mon père, et je m’appelle De Clerck moi-même. J’effectue en ce moment des recherches sur ses fils décédés lors de la premières guerres mondiales. Je vous remercie pour cette contribution indirecte , Bien cordialement, Jean-Philippe De Clerck.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour
      Très heureuse de votre retour ! Est-ce que vous avez noté qu’il y a un autre article plus détaillé sur Henri de Clerck, et j’en ai deux autres en préparation sur ses frères et sœurs et sur ses enfants. Si cela vous intéresse je peux partager mes notes et les articles en cours, dans ce cas contactez moi par mail emmanuelle.phan@gmail.com

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