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C comme Celliers, Chambres, pressoirs et Cheminées

L’acte de donation en 1859 dont il est question dans le 1er article décrit deux maisons. L’une d’elle est maintenant dans ma famille.

Description de la maison en 1859

« Une autre maison située au même lieu dite commune, composée de deux celliers dans l’un desquels est un pressoir garni de ses ustensiles, chambre à cheminée au dessus, grenier à côté »

On voit dans ces descriptions l’importance de la cave (le cellier) et du pressoir. Le village est en pente, ici les caves sont en rez de chaussée d’un côté, enterrées de l’autre. On m’indique que le premier cellier, celui qui a au moins 2 murs au rez de chaussée, a probablement été une pièce de vie (donc avant 1859) – car il a été détecté les traces d’une cheminée dans cette pièce.

Pour revenir à la description de 1859, la maison n’a qu’une pièce, appelée chambre, je suppose qu’il s’agit de la pièce de vie. Importance de la cheminée également. Grenier à côté.

Dans des actes ultérieurs, un siècle plus tard, voici comment est décrite la deuxième maison :

1949 vente des héritiers du dernier occupant à mon arrière-grand-père

« Une petite maison sise au Bourg de Louin, élevée sur cave, composée de deux pièces, grenier au-dessus – jardin« 

La cave est toujours présente. Il n’est pas précisé qu’il s’agit d’une double cave alors que c’était le cas, cela l’est toujours aujourd’hui. Le pressoir n’est pas mentionné. Pourtant, ma mère se souvient de l’avoir vu fonctionner, ou du moins d’avoir vu des gens presser le raisin au pied dans cette cave. Elle ne sait pas si les mécanismes étaient encore présents. La cave a gardé une odeur caractéristique que je n’ai pas ressentie ailleurs jusqu’à ce que je pénètre, l’été dernier, dans la pièce d’une vieille fermer normande qui, m’a-t-on indiquée, était un ancien pressoir à cidre.

Je dispose d’une photo de pressoir prise en 2016, non pas dans notre maison familiale mais d’une maison de la même rue.

Pressoir, 2016. Louin

En 1949, la maison est composée de deux pièces. Renseignements pris, il semble que le grenier situé à côté de la chambre, mentionné en 1859, ait été transformé en chambre. Un couloir a été créé qui mène au jardin le long de cette chambre. Elle existe toujours, et il y a une cheminée (une petite cheminée, mais à moi elle me semblait immense, enfant)

L’autre pièce, la pièce de vie, avait déjà une cheminée en 1859. Chance, nous en avons une photographie de 1952, qui montre aussi un bout de cette pièce de vie. Cette cheminée a malheureusement été détruite.

Cheminée de la pièce de vie, 1982. Louin

En 1949, le « grenier au-dessus » témoigne d’une probable surélévation de la maison entre 1859 et 1949. Il y a en effet un grenier au dessus de la totalité de la surface.

En en dernier, le jardin. On comprend que cette notion de jardin n’existe pas en 1859, l’arrière de la maison donnait sur des terres (terres agricoles?). Entre temps, ces terres ont été coupées par une route. Le terrain attenant à la maison est devenu le jardin. Lorsque mon arrière grand-père a acquis cette maison, c’était pour en fait une maison de vacances. Il était important de disposer d’un jardin.

15 commentaires sur « C comme Celliers, Chambres, pressoirs et Cheminées »

  1. A propos du pressoir photographié dans la maison d’à côté : c’est à l’origine un pressoir « casse-cou », entièrement composé de pierres, bois et corde. On aperçoit sur la photo, au fond, comme dans une niche, les colonnes jumelles et la fente ou venaient se loger les clés qui réglaient la hauteur du « long fût ». Tout un mécanisme dont il faudrait détailler les éléments.
    A l’origine, la pièce (maintenant un cellier) où se trouve ce pressoir devait avoir un plafond plus élevé . Des porte et fenêtre condamnées en témoignent. En abaissant le plafond, le mécanisme n’a pu être conservé tel quel et un pressoir mécanique (en fonte ?) a été installé, celui que l’on voit sur la photo. Tout en conservant la plateforme de pavés taillés (la maie) entourée d’un muret et le canal d’évacuation du jus.

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    1. Je me demande s’il y a beaucoup de pressoirs conservés dans les vieilles maisons des Deux-Sèvres. Mon problème quand je les vois, c’est que j’ai du mal à visualiser le fonctionnement, il me faudrait des simulations en 3D. Emmanuelle

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  2. Pour le pressoir semblable à celui de la photo et qui était dans la maison de famille dont il est question, je n’ai pas le souvenir d’un mécanisme de fonte. Par contre j’ai l’image très nette de Monsieur Fergeot, un voisin, qui dansait pieds nus sur le raisin, du jus d’un beau violet qui coulait du goulot et surtout du goût délicieux de ce jus quand on me l’a offert dans une timbale.

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  3. On remarque à droite de la cheminée, le « potager », placard dans lequel on tenait au chaud le potage cuit dans la cheminée. Sous ce potager, masqué par le réchaud moderne, j’ai le souvenir de trois niches dans lesquelles on mettait des braises destinées à maintenir la chaleur. je n’ai pas connu moi-même cette utilisation. Je ne sais plus comment on faisait la cuisine quand j’y suis allée pour la première fois en 1950. J’avais trois ans et ma sœur Danièle trois mois.

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    1. Le « potager », il y a un sujet. Est-ce un élément spécifique à région Deux-Sèvres, Gâtines, ou est-ce utilisé ailleurs? Porte-t-il d’autres noms ailleurs. En outre, je crois vraiment que j’ai vu passer un article de généalogiste qui en parlait, il y a un an ou plus. Sauvez-vous m’aider à le retrouver? Emmanuelle

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  4. Pour ce qui concerne la surélévation de la maison entre entre 1859 et 1949, on constate que le toit couvre actuellement en continu les deux nouveaux greniers. mais ces deux greniers ne sont pas au même niveau. Quand mon grand-père a acheté la maison en 1949, la partie qui surplombe la grande pièce d’origine n’était pas vraiment accessible : la poutre centrale était faible et la plancher inexistant : de minces planches clouées sous des solives. Malheur à quitte s’y risquait, sauf à y faire de l’équibre. Ce que n’ont pas manqué d’essayer quelques casse-cou du voisinage. Résultat : un trou dans le plafond de la grande salle.
    Mais la hauteur de ce grenier sous le toit est importante.
    Le second grenier, de deux marches plus hautes, possède par contre un solide plancher.

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  5. Cette mention de cellier et pressoir me rappelle qu’alors chaque exploitation avait sa vigne. Elle assurait le vin de la maisonnée toute l’année, Il était consommé à table, parfois bien délayé en fin de saison… Je l’ai entendu appeler « piquette », le nom vante la qualité de la boisson.
    Quant à la cheminée, j’imagine bien la grand-mère assise devant, une pèlerine sur ses épaules, avec son tricot. Peut-être a-t-elle posé ses pieds sur la chaufferette.

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    1. Merci Mauricette, et on est bien d’accord qu’il n’y a plus du tout de vignes dans la région? J’espère avoir le temps de produire un article sur le phylloxera, en plus c’est pratique car je le mettrai à la lettre Y ou à la lettre Z, ou les deux. J’ai pour l’instant une idée assez vague de la période à laquelle toutes les vignes ont été atteintes, en combien de temps, et si ce tournant est repérable par les généalogistes. emmanuelle

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      1. J’ai dans ma généalogie de nombreux vignerons, dont l’un Pierre Gabilly (1677-1742) vivait dans la paroisse de Louin. Le phylloxera date de la fin du XIXe. J’ai lu que l’essor de l’industrie laitière datait de cet époque, comme la laiterie coopérative de St Loup. Quand à la vigne, elle subsiste seulement dans le nord du département avec l’appellation Anjou.

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      2. J’ai connu une famille Gabilly à Louin qui habitait non loin de chez nous, près de la place de l’église.
        Le propriétaire s’appelait Emile. Il avait avec son épouse un fils unique mort prématurément vers 14 ans. Je revois bien le visage serein de la mère. Ils n’ont donc pas actuellement de descendants directs.
        Dans leur maison se trouvait le « four banal » du village et aussi un pressoir casse-cou qui fonctionnait encore en 1974. Je ne sais pas si les nouveaux propriétaires les ont conservés. J’ai cette date de 1974, car dans le « Bulletin de la société d’études folkloriques du centre-Ouest », janvier-février 1974, Elie Auriault écrit ceci à propos des pressoirs « casse-cou » :
        « Nous avons eu le privilège d’en voir fonctionner récemment deux modèles en Deux-Sèvres »……………. le second au bourg même de Louin, chez M. Emile Gabilly. »
        Suivent un schéma et une description détaillée des organes et du fonctionnement du pressoir.12 pages.

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  6. Le jardin actuel est une partie du terrain d’origine qui se prolongeait au-delà de l’actuelle route et possèdait à son extrémité une grange assez importante, peut-être construite au moment de la surélévation de la maison. Les vendeurs de 1949 ont désiré garder cette grange (devenue une maison d’habitation) et le terrain attenant.
    Le jardin resté attenant notre maison était alors planté de vignes, de pruniers blancs Sainte-Catherine, et d’un gros poirier. Je pense qu’il s’agissait d’une » ouche », traditionnels vergers qui se trouvaient derrière les maisons rurales.

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    1. Ousche, écrit « housche » dans l’acte de 1859 : voilà encore un terme sur lequel je n’ai qu’une idée très très vague. Ce sont donc des vergers ? Avec des vignes ? Terme local ou employé partout ? Emmanuelle

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      1. Les vignes blanches que j’ai connues dans le jardin sont toujours là. Elles bordent le mur longeant la route qui a séparé le terrain d’origine en deux. Elles ont dû être plantées à l’époque du percement de la route. Elles ont donné cette année de magnifiques grappes.
        Des pruniers Sainte Catherine ne subsistent plus que de maigres individus, étouffés par des pruniers noirs plus robustes plantés dans les années 1950.
        Le gros poirier a été sacrifié car il menaçait, parait-il, la toiture.
        D’après l’acte de donation, le verger ou housche d’origine a été coupé en deux parts. Nous possédons la part du Levant et notre voisin la part du Couchant. Cette dernière part était plantée de plusieurs poiriers, dont le dernier achève vaillamment sa longue existence. Ils ont procuré en abondance des dessert à une famille nombreuse.
        Ils sont heureusement remplacés par d’autres fruitiers.
        Quant à la grande tonnelle de notre jardin, il s’agit de raisin Baco, planté aussi dans les années 1950. Une race qui résiste à toute maladie, créée par François Baco en 1902, à la suite de la crise du Phylloxera vers 1885. C’est un hybride de vigne sauvage américaine et de Blanche folle.

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