F comme trois Familles : Marteau, Frugier, Poirault

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Jusqu’à maintenant, nous avons vu le partage des maisons de Mathurin MARTEAUet sa femme entre leurs enfants, par acte de 1859. Articles sur Acte, Bourg de Louin, Maisons, Donateurs. Deux autres familles vont être amenées à prendre de l’importance dans l’histoire, la famille POIRAULT et la famille FRUGIER.

Marteau

Voici la situation de la famille Marteau à cette date, 1859. Les parents, donateurs, ont 64 ans. Mathurin Marteau s’éteindra l’année suivant, sa femme vivra encore 7 ans.

Leur fille aînée Marie Jeanne est décédée, leur second enfant René Marteau est âgé de 39 ans, marié, une fille de 7 ans, Eugénie.

Leur fille suivante, Marie Marteau, 34 ans, mariée à Jean Sauvageau, une fille de 10 ans, Marie Germanie Sauvageau.

Et enfin leur petit dernier, Augustin Marteau, 24 ans, célibataire, est sous les drapeaux au moment du partage.

Les parents vivent au bourg de Louin, et les enfants respectivement à Saint-Loup (commune limitrophe), Louin, et Vincennes (armée).

Situation de la famille Marteau lors de l’acte de donation partage en 1859

Frugier

La famille Frugier : le père, Philippe Frugier, est décédé deux ans auparavant. Philippe Frugier est né loin de Louin (ahah), 130 km, à Lussac-les-Eglises, dans la Haute-Vienne, 87. J’espère avoir l’occasion de bien comprendre son parcours et d’en reparler. Pour l’instant, je sais que lui et son frère Jean Frugié (c’est ainsi qu’il signe) sont les fils d’un maréchal de Lussac-les-Eglises ou de le Dorat, toujours en Haute Vienne. Ils ont 10 ans d’écart, Jean est l’ainé (° 1789). Ils perdent leur mère en 1809.

Et on les retrouve à Louin, profession maçons (orthographié masson), d’abord Jean qui s’y marie en 1818, puis Philippe en 1825 avec Rose BERGEREAU. A leur mariage, leur père est toujours à Lussac-les-Eglises, maréchal expert (qu’est-ce?) et envoie son consentement par acte notarié.

Philippe Frugier et Rose Bergereau (ou Bergeraux), ce sont eux qui nous intéressent ici, vivent à Louin. La situation en 1859, 34 ans après leur mariafe, est la suivante : Philippe Frugier est décédé depuis 2 ans. Rose Bergereau a 53 ans. Trois fils, tous maçons comme papa, et une fille.

L’ainé, Louis (Louis Philippe) est vraisemblablement parti à l’armée de 1848 à 1853. En tous cas je sais qu’il a été déclaré propre au service l’année de ses 20 ans, mais les sources ne donnent pas d’information sur son régiment d’affectation (liste de tirage au sort et liste du contingent canton de Saint-Loup, 1848). AJOUT. Non il n’est pas parti, il a tiré le numéro 50, le dernier numéro à être parti est le numéro 14 (fin d’ajout). En 1859, il est célibataire.

Le second, Michel, est enregistré à l’Etat civil avec le prénom de Méchille ; son grand-père paternel s’appelle Michel, parfois écrit Miche, parfois Michelle. Le second donc était maçon à ses 20 ans et a aussi été déclaré bon au service militaire. Il s’est marié à Toulouse en 1858 et apparemment était encore dans sa période militaire, car le mariage a nécessité, en plus du consentement de sa mère, celui de l’armée (acte de mariage, Toulouse, 28 juin 1858 X Suzanne Esquié). Michel Frugier semble s’établir à Toulouse avec sa femme : on les y retrouve en 1872, sans enfants. Source : recensement Toulouse 1872, vue 126/4099, 106 rue Bayard, lui 40 ans, négociant en gros (sauf erreur de déchiffrage), elle 32 ans. Michel Frugier de Toulouse décède à 76 ans, 1er juillet 1907, à Toulouse, domicile 43 rue Bayard. Je n’aurai pas l’occasion de reparler de ce Michel-là, établi loin de Louin (re-ha ha)

Troisième enfant, Philippe Frugier (Jacques Philippe), a été exempté de service militaire en raison d’un frère sous les drapeaux. En 1859, il est âgé de 24 ans et célibataire.

Enfin la fille la plus jeune, Marie Léonie Frugier, 21 ans, célibataire. Je n’aurai pas l’occasion d’en reparler de si tôt non plus, donc voilà son parcours : elle se marie avec un tailleur de pierre de Parthenay (1862, Louin) qui devient alors maçon et tailleur de pierre à Louin. Ils ont trois enfants, Louis Etienne en 1863, Marie Léonie en 1865, Rosalie Stéphanie en 1867, et elle décède en 1868 à l’âge de 30 ans. Quatre ans plus tard, recensement 1872, je repère son veuf, maçon, vit dans le bourg de Louin avec sa mère à lui, sa mère à elle et les trois enfants, Etienne, Marie et Rosalie.

Situation de la famille Frugier en 1859

Poirault

Intéressons-nous maintenant à la famille Poirault, ou Poyrault, Poireaut, Poireau… Le père est Pierre Poirault, décédé en 1843. L’ainé des enfants avait 12 ans. La mère Marie Thibault ne s’est pas remariée. En 1859, je repère quatre enfants : Pierre, 28 ans, célibataire. Marie Magdeleine, 27 ans, célibataire. Elisabeth, 24 ans, célibataire. Et enfin Louis, 19 ans, pas encore passé par le tirage au sort pour le service militaire, célibataire.

Situation de la famille Poirault en 1859

Bon, je ne sais pas vous, mais moi voir tous ces jeunes gens célibataires, ça me donne envie d’en marier quelques uns. Voilà qui fut fait :

Mariage Frugier X Poirault (1861)

Le 27 août 1861, mariage de Jacques Philippe Frugier, 26 ans et trois mois, né à Louin le 1er mai 1835, profession de maçon, demeurant à Louin, majeur, fils légitime de feu Philippe Frugier décédé à Louin le 23 septembre 1857, et de D[a]me Bergereau Rose, âgée de 56 ans, propriétaire demeurant à Louin, présente et consentante

Et Melle Poyrault Marie Magdeleine, 29 ans et un mois, née à Louin le 24 juillet 1832, sans profession, demeurant à Louin pour domicile de fait, à Thouars pour domicile de droit, fille légitime de feu Poyrault Pierre décédé à Louin le 25 mars 1843 et de D[a]me Thibault Marie âgée de 64 ans, propriétaire, demeurant à Chambon commune de Louin, présente et consentante

Pas de contrat de mariage. Témoins

  • Pierre Bergereau, 47 ans, tisserand, Louin
  • Michel Bergereau, 45 ans, scieur de long, Louin
  • Augustin Poyrault, 79 ans, propriétaire, Moncontour
  • Pierre Poyrault, 30 ans, domestique, Chambon de Louin [c’est son grand frère]

Signatures, sauf de la mariée et des mères des mariés.

Je n’explique pas pourquoi Marie Magdeleine Poirault est domiciliée de droit à Thouars. Je suis preneuse de suggestions.

Mariage Marteau x Poirault (1863)

Le 29 septembre 1863, Marteau Auguste, 28 ans, né à Louin le 8 septembre 1835, profession cultivateur, demeurant à Louin, majeur, fils légitime de feu Marteau Mathurin décédé à Louin le 1er mars 1860, et de Texier Jeanne, 67 ans, sans profession, Louin, présente et consentante

et Melle Poireault Elisabeth, 28 ans 6 mois, née à Louin le 24 mars 1835, sans profession, demeurant à Chambon commune de Louin, majeure, fille légitime de feu Poireault Pierre, décédé à Louin le 25 mars 1843, et de D[a]me Thibault Marie, âgée de 66 ans, profession propriétaire, demeurant à Chambon commune de Louin, présente et consentante.

Pas de contrat de mariage. Témoins :

  • Jean Marteau, 61 ans, cultivateur, Louin, oncle du marié
  • Jean Sauvageau, 42 ans, cultivateur, Louin, beau-frère du marié
  • Pierre Poireault, 32 ans, cultivateur, Louin, frère de la mariée
  • Louis Poireault, 23 ans, cultivateur, Louin, frère de la mariée

Tous signent sauf la mariée, les mères des mariés et le témoin Jean Marteau


Ces deux mariages sont suivis très peu d’années plus tard par un autre mariage, au sein de ces trois familles. Saurez-vous deviner lequel?

Ils ont par la suite une importance dans la destinée des maisons, dont l’une arrive dans ma famille par un jeu d’héritages et de vente, sans aucun lien familial ni de transaction directement avec les Marteau.


Image d’en-tête : détail de Nature morte aux poireaux, Boudin. Au musée de Quimper ici

Nature morte aux poireaux, BOUDIN Eugène Louis
Entre 1853 et 1856, H. x L. : 40,2 x 58 cm, Huile sur bois
1964-2 Don ISPENIAN, Peintures françaises XIXe siècle
Musée des Beaux-arts de Quimper

4 commentaires sur « F comme trois Familles : Marteau, Frugier, Poirault »

  1. « de fait », « de droit », j’ai déjà trouvé ces termes. Il me semble que le premier était le domicile qui correspondait au lieu de travail, et le second celui où elle habitait avec ses parents.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir Mauricette, j’interprète « de fait » et « de droit » à peu près comme vous. Je n’ai pas d’explication pourquoi Marie Magdeleine Poirault est domiciliée « de droit » à Thouars alors que ses parents sont à Louin et qu’elle est dite sans profession.

      En relisant, voilà ce que je me dis : vu son âge, peut-être a-t-elle été travailler pendant une longue période à Thouars, où elle aurait donc domiciliée « de droit », avant de retourner chez ses parents à Louin se marier.

      Si qqun la croise dans les recensements de Thouars entre disons 1847 (14 ans) et 1861, signalez-le moi!
      Emmanuelle

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