T comme Tous ces cousins ou les descendants de Jean et Philippe Frugier, maçons établis à Louin

Jean et Philippe Frugier sont nés à Lussac-les-Eglises en Haute-Vienne (87), respectivement en 1789 et 1799, dans une famille de maréchaux. Je les retrouve à partir de 1818 dans le village de Louin, dans les Deux-Sèvres (79). Voir article Originaires de Lussac. Ils sont maçons et le restent. Ils se marient avec deux femmes du village en 1818 et 1825, et ont chacun des enfants. Cet article retrace les naissances chez les deux frères et le devenir de leur progéniture.

Jean et Philippe Frugier, les maçons nés à Lussac (87) et établis à Louin (79). Ligne de vie de leurs enfants.
En bleu clair, famille de Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde. En vert clair, celle de Philippe Frugier et Rose Bergereau

D’abord trois filles chez Jean Frugier

Chez Jean Frugier, qui se marie en 1818 avec Marie Jeanne DEBORDE, naissance d’abord de trois filles, Magdeleine en 1819, Félicité en 1821 puis Rose en 1824.

L’ainée Magdeleine meurt à 21 ans. Je sais qu’à 17 ans, elle ne vit pas chez ses parents, j’ignore où elle est (recensement 1836). Domestique ou en apprentissage quelque part ? Par contre c’est bien au domicile de son père qu’elle décède en 1841, sans profession.

Félicité, la seconde, vit assez longtemps pour enterrer pas mal de monde parmi ses parents et ses frères et sœurs. A ma connaissance, elle reste célibataire. Je n’entends plus trop parler d’elle jusqu’en 1872, l’année qui suit le décès de son père. Elle a 51 ans et vit dans le bourg de Louin avec sa maman « grabataire non dangereuse » (sympa. Source : recensement). Elle décède à la Guichardière, commune de Tessonnière (Airvault) le 29 avril 1889, âgée de 67 ans.

Rose, la dernière des trois ainées de Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde, nait en 1824. Témoin à sa déclaration de naissance, son oncle Philippe Frugier, le petit frère de son père, peut-être fraichement débarqué de Lussac-les-Eglises en Haute-Vienne – ou peut-être de totalement ailleurs, je n’en sais rien. C’est sur cet acte qu’il y a le célèbre épisode du maire qui écrit que personne des témoins ne sait signer, signe, puis ajoute en dessous « fort le soussigné » et là on a une superbe signature de Philippe Frugier. Article.

J’en reviens à Rose. Comme son oncle Philippe Frugier est témoin à la déclaration civile de naissance, je peux supposer qu’il est aussi son parrain. Comme Rose s’appelle Rose, peut-être bien que sa marraine s’appelle Rose. Et, oh surprise, l’année suivante, Philippe Frugier son oncle épouse une certaine Rose Bergereau, de Louin. Bref, je parie que c’est cette Rose Bergereau la marraine, c’est logique, faudrait vérifier à l’occasion.

Par contre la suite de l’histoire avec l’enfant Rose est triste.

Les deux Rose

Philippe Frugier l’oncle maçon de Lussac qui signe se marie donc avec Rose Bergereau en 1825, et dès 1826 un enfant naît, c’est une fille, on l’appelle Rose comme sa mère et aussi comme sa cousine de deux ans son ainée. Rose Lizbeth Frugier, exactement.

Là où c’est triste, c’est que les deux cousines meurent la même année, Rose à 4 ans, le 30 avril 1828, et Rose Liz(a)bet à 2 ans (3 ans dans l’acte), le 15 juillet 1828. Aucune idée des raisons des décès, évidemment.

Enchainements de cousins cousines

Ensuite les naissances s’enchainent, un coup chez Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde, un coup chez Philippe Frugier et Rose Bergeraux. Sur la ligne de vie en début d’article, ça fait un damier. Dernier enfant chez Jean en 1834, il a 45 ans et elle 41 ans (née en 1793) Ils vivront encore tous deux plus de vingt-cinq ans.

Dernier enfant chez Philippe en 1838, il a 39 ans et elle 32 ans (née en 1806). Philippe Frugier meurt en 1857, 58 ans, mais sa femme Rose Bergereau pour le coup enterre vraiment tout le monde : décès en 1892 (à confirmer), 86 ans.

Au total les deux couples ont 12 enfants, 6 chacun. Dans l’état actuel de mes recherches, je sais que quatre meurent dans l’enfance.

Aucune descendance chez Jean Frugier à ma connaissance : on a déjà vu que son ainée Magdeleine décède à 21 ans, que sa seconde, Félicité, reste célibataire, et que Rose meurt à quatre ans. Un garçon Jean Charles, naît en 1830 et décède également à l’âge de 4 ans. Marie Germanie sur son acte de naissance devenue Marie Geneviève sur son acte de décès ne vit que deux mois en 1832. Il me reste à vous parler de Jean René, mais c’est triste aussi.

Jean René FRUGIER fils de Jean, voltigeur de la Garde Impériale

Jean René FRUGIER naît le 12 avril 1834 à Louin. Il a alors deux grandes sœurs et un grand frère vivants, mais son grand frère décède alors qu’il a quatre mois (Charles) et une grande sœur quand il a 7 ans (Magdeleine).

Louin (79) 12 avril 1834, naissance de Jean René FRUGIER. AD 79 / Filae

L’an 1834 et le 12 avril à 6 h du soir, pardevant nous André MARSAULT maire, officier de l’état civil de la Commune de Louin Canton de St Loup, département des Deux-Sèvres, ont comparu Jean Frugier, maçon demeurant à Louin âgé de 44 ans, le quel nous a représenté un enfant de sexe masculin, né ce jour à son domicile de lui déclarant et de Marie jeanne DESBORDES son épouse, [renvoi en marge] sur les 4h de l’après-midi, au quel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Jean René, les dites déclaration et représentation faites en présence de Mathurin DOUSSAINT vigneron âgé de 69 ans et René MARTIN vigneron 58, demeurant au dit Louin ; après que lecture du présent acte de naissance a été faite au père et aux témoins, les comparants ont déclaré ne savoir signer [changement d’encre ou d’écriture] fort le dit Frugier qui a signé avec nous. Jens Frugier, Marsault maire.


On a vu que Jean René Frugier demeure le deuxième enfant restant et seul garçon de Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde. Et voilà que j’apprends qu’il s’engage volontaire dans l’armée impériale. Cela a lieu avant 1854, peut-être en 1852 quand il a 18 ans. Toujours est-il que lors du tirage au sort destiné à constituer les listes du contingent du canton de Saint-Loup, en 1854, il est déjà absent, « engagé volontaire dans la Garde », « engagé volontaire dans le 45è de ligne ». On est sous Napoléon III.

Engagé volontaire dans la Garde Impériale, ça peut avoir l’air bien sur le papier, mais en fait encore une histoire qui a mal fini. Je trouve son décès à Parthenay, le 14 avril 1860. Profession voltigeur de la Garde Impériale, âgé de 27 ans, de son vivant célibataire demeurant à Louin, fils de Jean Frugier et de Marie Jeanne Desbordes. Déclaration faite par M. Gustave FERMEAU, 28 ans, demeurant à Parthenay, économe de l’hospice, qui dit connaître le défunt, et M. François Xavier JOANNET(?), 51 ans, demeurant à Parthenay, praticien, qui dit connaître le défunt. Décès survenu à 9 heures du soir à l’hospice de cette ville.

Pour ceux qui ont suivi cet article sur la plaque de shako que je cherche à identifier : j’ai quand même re-revérifié, non, la plaque ne peut pas avoir appartenu à un voltigeur de la Garde Impériale dans les années 1850.

Donc chez Jean Frugier, il ne reste plus que Félicité, celle qui vivra assez longtemps pour enterrer tout le monde. Là, en 1860, à 39 ans, elle a enterré tous ses frère et sœurs. Ses deux parents sont encore là. Il n’y aura pas de petits enfants. Voyons ce qu’il en est du côté de ses cousins.

Sur cette récap’, on a déjà vu les bleus, maintenant on va voir les verts.

Chez Philippe Frugier et Rose Bergereau

Philippe Frugier meurt en 1857, 58 ans. Grâce à sa déclaration de succession, je sais qu’il manque alors déjà sa fille Louise Lisbeth née en 1833, prénommée Louise Elisabeth, 3 ans, lors du recensement de 1836. Elle est donc décédée à un moment entre 1836 et 1857, entre 3 ans et 24 ans.

Déclarations de succession, bureau d’Airvault (79) 1857-58 vue 25/101 3 Q 2/517 – AD 79

Les enfants qui restent sont Louis, maçon à Louin. Michel, sergent au 16è bataillon de Chasseurs à pied, à Toulon (mais je pense qu’il est plutôt à Toulouse). Philippe, maçon à Louin. Et Léonie, sans profession, à Louin.

Voyons qui sont ces quatre enfants. J’en ai en déjà un peu parlé dans l’article 3 familles.

Le fils aîné Louis Philippe Frugier né en 1828, maçon à Louin

Louis FRUGIER est né le 27 aout 1828 chez Philippe Frugier et Rose Bergereau, un mois après le décès de sa sœur Rose, si vous vous souvenez de ce triste épisode. En fait, il est déclaré à l’Etat civil sous le nom de Philippe, voyez l’acte : « ont déclaré vouloir donner les prénoms de Philippe« , point barre.

Louin (79), 27 aout 1828, naissance de (Louis?) Philippe Frugier
Louin (79), 27 aout 1828, naissance de (Louis?) Philippe Frugier

Sauf qu’en marge de l’acte, là où sont notés les noms et prénoms des concernés, on a peut-être bien un « Louis » devant le Philipe (sic). J’accède au registre en ligne et ce premier nom est dans la pliure, pas moyen de tirer un peu sur la page pour mieux voir.

Louin (79), recensement 1836. AD 79 6 M 213

En 1836, recensement, l’enfant aîné de Philippe Frugier et Roze Bergereau est Louis, 7 ans. Tout correspond, Philippe Frugier né en 1828 s’appelle Louis, au moins c’est clair.

Pas de nouvelles de Philippe Frugier dit Louis jusqu’à ses 20 ans. Je le retrouve en 1848 sur les liste de tirage au sort pour la conscription, il tire le numéro 50.

Il s’appelle alors bien Louis Philippe, profession cultivateur, et au passage on apprend que son niveau d’instruction est 1-2. 1 = sait lire, 2 = sait lire et écrire, 3 = sait lire, écrire et compter (Geneawiki ici). Sauf qu’en vrai c’est pas vrai, j’en reparle plus tard. On apprend aussi qu’il mesure 1 m 60. Il ne part pas faire son service, si je comprends bien : le dernier numéro à partir est le 14, lui a tiré le 50, il avait de la marge.

Sources

  • Listes cantonales de tirage au sort, Saint-Loup, 1848 c’est ici vue 10-12
  • Liste du contingent du canton de Saint-Loup, 1848 ici

Il a 29 ans au décès de son père.

Michel Frugier né en 1831, militaire et limonadier à Toulouse

Naissance

Michel Frugier né en 1831 commence par s’appeler Mechille, ou bien Michelle, comme son grand-père maternel Bergeraux prénommé Miche sur cet acte, Michel ou Michelle sur d’autres actes, et qui ne signe pas. Sur le recensement de 1836, le petit Mechille Frugier est noté Michel, 5 ans. Ces variations d’Etat civil n’ont pas eu l’air de poser problème par la suite, les actes portent toujours ensuite son prénom orthographié Michel.

Louin, 18 janvier 1831, naissance de Michel FRUGIER. AD 79/Filae

Armée

Comme Michel Frugier est un gars, j’ai le plaisir de le retrouver l’année de ses vingt ans pour le tirage au sort des listes de contingent du canton de Saint-Loup. J’apprends qu’il est alors maçon, 1 m 62, propre au service. Liste de tirage au sort ici, vue 7/14, il tire le numéro 17.

Avec ce numéro de tirage au sort, il est intégré au contingent : ici vue 3/3 sur la liste du contingent. Description physique : blond, front découvert, yeux bleus, gros nez, grande bouche, mention rond, visage ovale, teint coloré, sachant lire et écrire. 1 m 63 (il a grandi depuis la dernière fois)

Les listes de tirage au sort et contingent n’indiquent pas son corps de destination. Si vous vous souvenez, lors de la déclaration de succession de son père, en janvier 1858, on dirait bien qu’il est encore militaire. Il est dit « sergent au 16è bataillon de Chasseurs à pied, à Toulon » (et je conteste « Toulon »). Vérifions ce que dit Wikipédia du 16ème bataillon de chasseurs sous le Second Empire

Le 16e bataillon de chasseurs à pied est formé à Grenoble le 15 janvier 1854 et son commandement confié au chef de bataillon Esmieux. Du 16 octobre 1855 au 5 juillet 1856, le 16e participe à la campagne de Crimée, tristement célèbre pour les conditions sanitaires déplorables qui ont été le lot quotidien du corps expéditionnaire (…). Rentré en France, le bataillon prend ses quartiers à Toulouse où il reste jusqu’en 1860.

Donc il est bien possible que Michel Frugier ait fait la campagne de Crimée. Ensuite, Toulouse, et non Toulon. Toulouse où il s’installe. La durée du service est alors de 7 ans, donc ici 1851-1858.

Mariage

Michel Frugier se marie à Toulouse le 28 juin 1858, 9 mois après le décès de son père. Il a 27 ans, domicilié 18 place du marché au bois à Toulouse, fils de Philippe Frugier, M[aitr]e maçon, décédé et de Rose Bergeraux. Profession : limonadier.

Sa mère autorise le mariage aux termes d’un acte en brevet enregistré, passé le 14 mai dernier devant maitre Desmé, notaire à Saint-Loup, Deux-Sèvres. Mais ce n’est pas tout, il a besoin d’une autre autorisation : comme militaire en congé renouvelable procédant (?) xxx (?) l’autorisation de Mr le Général Commandant la 12ème division à lui accordée le 25 juin courant.

OK, maintenant que tout le monde est bien d’accord, sa maman et son Général commandant, Michel Frugier épouse Suzanne ESQUIÉ, 19 ans, sans profession, domiciliée au 19 rue d’Austerlitz, née à Toulouse de Bertrand ESQUIÉ, charpentier, et de Jeanne PARRAT, ménagère. Contrat de mariage le 26 juin devant Me COUSERON, notaire.

Les témoins au mariage sont Jean BALAN, employé, 50 ans ; Pierre CATALA, limonadier, 62 ans ; Charles CABANEL, cordonnier, 32 ans ; Jean AUSSARESSE, meunier, 36 ans ; domiciliés à Toulouse. Personne n’est venu de Louin, donc. Louin Toulouse, 426 km.

Michel Frugier, niveau d’instruction 1-2 « sait lire, sait écrire » , voilà la seule signature de lui qui je possède à ce jour, celle de son acte de mariage.

Négociant à Toulouse

Je n’ai ensuite plus trop de nouvelles de Michel Frugier et Suzanne Esquié. En 1872, ils ont 40 ans et 32 ans, vivent à Toulouse, 35 rue Bayard. Pas d’enfants avec eux. Ils sont alors mariés depuis 13 ans. Profession : négociant en gros (recensement)

Michel Frugier décède le premier à Toulouse le 1er juillet 1907, 76 ans. Il vivait toujours rue Bayard, au numéro 43, profession négociant. Certificat par Dr BERNARD, déclarants Marius VAYSSE, entrepreneur, 48 ans, 1 rue des jardins, et Jean PELISSON, employé, 58 ans, 11 rue des Régans, non parents.

Postérité

Sur Michel Frugier : il est donc parti loin de Louin (oui, voilà) et je ne trouve pas de trace de contacts avec sa famille à Louin dans les 35 ans qui suivent son mariage, entre 1858 et 1894. Pas de traces d’enfants non plus, mais ai-je bien cherché ? (non)

En revanche, il y a peut-être bien des relations entre Michel Frugier de Toulouse et son neveu Louis Emile Frugier. Emile Frugier est né en 1870, maçon, marié en 1898 à Louin avec Marie (Maria) Aurélie Lucie BARANGER. On en a un peu parlé dans cet article, d’Emile Frugier. C’est le frère d’un autre Michel Frugier, l’héritier, ici, le dernier occupant de la maison rachetée par ma famille.

Pour revenir à Emile Frugier le neveu né en 1870, j’ai l’impression qu’il alterne ses résidences entre Louin et Toulouse : 1890 à Louin (conscription), 1893 à Verdun (témoin de mariage), 1894 à Toulouse au 43 rue Bayard (fiche militaire FM), qui s’avère être aussi l’adresse de son oncle , 1898 à Louin (mariage), 1900 à Louin (FM), 1906 à Louin (recensement), 1907 à Toulouse toujours 43 rue Bayard (année de la mort de son oncle, FM), 1914 à Louin (FM). On passe ensuite en 1949, il vit à Toulouse 3 rue Saint Bertrand (acte de vente). Sa femme y décède en 1951 et lui en 1958 (mentions marginales). Le couple a eu au moins deux filles, Anne et Reine, nées à Louin en 1899 et 1900. Je retrouve leurs décès à 87 et 91 ans en Haute-Garonne, signe d’une implantation familiale durable je suppose. Quels rapports entre Michel Frugier de Toulouse et son neveu Emile ? Ce dernier aurait-il hérité de son oncle sans enfants ?

Bien, on bavarde on bavarde mais ça fait perdre le fil. Pause visuelle pour voir où on en est, et on se retrouve pour parler de Jacques Philippe Frugier.

Jacques Philippe Frugier né en 1835 épouse Marie Magdeleine Poyrault

Jacques Philippe Frugier est le premier de sa génération dont j’ai fait la connaissance quand j’ai commencé l’histoire des familles à Louin, car c’est le père de Michel Frugier, celui dont je parle dans l’Héritier.

Naissance

Pour l’Etat civil, l’enfant né le 1er mai 1835 chez Philippe Frugier et Rose Bergereau s’appelle Jacques Philippe, pas de problème, c’est marqué là.

Louin, 1er mai 1835, naissance de Jacques Philippe Frugier. AD79 / Filae

A un an, finalement, il s’appelle en plus René. Jacques Philippe René. C’est ce qu’indique le recensement de 1836 en tous cas. Je lis : Jques Phe René

Louin, recensement 1836, vue 4/40. AD79

En 1857, il déclare le décès de son père. Il indique être : FRUGIER Philippe René, âgé de 22 ans. 1835 + 22 = 1857, c’est bien lui. Il signe : Frugier Philippe. Au fil des années, je repère beaucoup d’actes où il signe, une douzaine. Il signe d’abord Frugier Philippe donc, jusqu’à ses 30 ans. Puis Philippe Frugier. enfin, à partir de ses 54 ans, toutes ses signatures deviennent : P.Frugier.

évolutions des signatures de Jacques Philippe (René) Frugier

Bref, comme il signe Philippe, continuons de l’appeler Philippe, sans perdre de vue que pour l’Etat civil il s’appelle Jacques Philippe, et que parfois il s’appelle aussi René. Alors que son grand-frère, qui s’appelle Philippe à l’Etat civil, s’appelle en fait Louis mais ne sait pas signer.

Pas d’armée

En 1855, année de ses vingt ans, c’est à son tour de se présenter au tirage au sort. Jacques Philippe Frugier demande l’exemption en raison d’un frère au service. En effet, Michel Frugier son frère ainé, né en 1831, est probablement resté à l’armée de 1851 à 1858.

On note que la même année, Augustin Marteau, de Louin aussi, est admis au service. Il a dû partir de 1855 à 1862. Augustin Marteau, on en a beaucoup parlé car c’est lui qui a légué la maison au fils de Jacques Philippe Frugier (la maison, celle qui est dans ma famille et dont je ne fais que de parler dans cette série d’article pour le #challengeAZ 2020). Cela m’aurait bien arrangée que Jacques Philippe Frugier et Augustin Marteau soient tous les deux partis dans le même régiment et devenus super potes d’armée. Cela aurait expliqué pourquoi le leg de cette maison, en plus qu’ils étaient beaux-frères par leurs femmes.

Et d’ailleurs, cela m’aurait aussi arrangée que ce régiment soit un 82ème régiment d’infanterie, et que le symbole des armées du Second empire soit un aigle avec ou sans couronne mais perché sur un truc horizontal. Mais non.

(pour comprendre ce qui précède, relire l’Héritier et à Qui est la plaque 82)

Mariage

27 août 1861 à Louin. La transcription de l’acte de mariage de Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault est dans l’article 3 familles. Regardons la liste des témoins : côté du marié Jacques Philippe Frugier, on a Pierre Bergereau, 47 ans, tisserand, Louin et Michel Bergereau, 45 ans, scieur de long, Louin. La lien de parenté n’est pas indiqué, mais il s’agit de la famille du côté de sa mère Rose Bergereau, peut-être ses frères.

Ce qui m’étonne, c’est de ne pas trouver de témoin côté famille paternelle de l’époux, alors que Jean Frugier son oncle et Louis Philippe Frugier son grand frère sont bel et bien vivants, et à ma connaissance n’ont pas quitté Louin. Son autre frère Michel Frugier est également vivant mais marié et installé à Toulouse, je comprends son absence.

Enfants

Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine POYRAULT ont (au moins) quatre enfants. Ils vivent à Chambon, commune de Louin. J’ai déjà parlé de Chambon, hameau isolé avec surtout un moulin à eau sur la rivière le Thouet, à un bon kilomètre du bourg. Marie Magdeleine Poyrault vivait de fait à Chambon au moment de son mariage, le couple s’y est donc installé et y reste. Jacques Philippe Frugier exerce toujours la profession de maçon, puis maître maçon (mention en 1899)

Leurs enfants

  1. Marie Suzanne FRUGIER ° 4 février 1863 x François Benjamin PROUST 19 février 1889
  2. Michel FRUGIER  ° 21 février 1865, x Marie Stéphanie RILLON, Je vous renvoie à nouveau à l’article qui le concerne : Héritier
  3. Adélaïde Amande FRUGIER ° 21 mai 1867 x 20 juin 1899 avec Stanislas RABIT, horloger à Airvault
  4. Louis Emile FRUGIER °1870 x 1898 avec Marie BARANGER. Je parle d’Emile Frugier dans l’article sur Michel Frugier fils quand je suis les habitations des deux frères Michel et Emile ; et plus haut dans cet article, dans le paragraphe sur l’autre Michel Frugier, l’oncle établi à Toulouse, car Louis Emile Frugier s’établit aussi à Toulouse. C’est bon vous suivez?

A l’heure où j’écris ces lignes, c’est ballot mais je ne sais pas quand sont décédés Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault. Dernières nouvelles de Philippe Frugier au mariage de son fils Emile en 1898.

Le petite dernière Marie Léonie Frugier épouse Louis Guion

Enfin la fille la plus jeune, Marie Léonie Frugier, née le 20 mai 1838. Elle a donc 19 ans au décès de son père, c’est la petite dernière et la seule fille survivante. Elle se marie le 24 février 1862 avec un tailleur de pierre de Parthenay, Louis René GUION. Louis GUION a perdu son père à l’âge de 8 ans (Parthenay, 16 juillet 1844), il s’appelait René Louis GUION ou plutôt GYON, sabotier, né à Gemmes (Sainte-Gemmes-sur-Loire?) dans le Maine-et-Loire. Sa mère Jeanne Catherine AGUILLON est présente au mariage, journalière, demeurant à Parthenay.

Louis Guion et Léonie Frugier s’établissent à Louin. Lui est alternativement maçon (1863-1867) et tailleur de pierre (1891, 1892). Ils ont trois enfants, Louis Etienne en 1863, Marie Léonie en 1865, Rosalie Stéphanie en 1867. Marie Léonie Frugier épouse Guion décède en l’année suivante 1868 à l’âge de 30 ans.

Quatre ans plus tard, recensement 1872, je repère Louis Guion veuf, maçon, vit dans le bourg de Louin avec sa mère à lui, sa mère à elle Rose Bergereau, et les trois enfants, Etienne, Marie et Rosalie.

Voici ce que je sais du devenir des trois enfants.

L’ainé Etienne épouse Clémence BIRONNEAU à la Tessonnière en 1891. Il est tailleur de pierre. On les retrouve à Louin en 1906 (recensement), toujours tailleur de pierre, au moins 3 garçons Etienne (1892-1977), René (1895-1974) , Roger (1897-1918, mort pour la France).

Je perds la trace de Marie Guion (Marie Léonie) et ne la retrouve que pour son décès à Louin le 20 novembre 1950 (mentions marginales). 85 ans.

Je sais que Rosalie Guion se marie à Montaigu, en Vendée, avec un employé de commerce né à Tessonnière. Tessonnière, c’est tout près de Louin. le marié s’appelle Delphin BIRONNEAU. Est-ce le frère de Clémence Bironneau, de la Tessonnière, mariée à Etienne Guion l’année précédente ? Je le parie, mais je n’ai pas vérifié. en 1906, Rosalie Guion est lingère à son propre compte (patronne) et Delphin Bironneau épicier également patron, à Montaigu. Ils ont au moins 2 enfants (recensement 1906 de Montaigu, 85). Rosalie Guion épouse Bironneau décède à Montaigu le 16 septembre 1947 (82 ans. Mentions marginales)

Jacques Philippe Frugier, leur oncle, est témoin aux mariages de ses neveu et nièce Etienne et Rosalie Guion.

Voilà donc où on en est est concernant les enfants de Jacques Philippe Frugier. Reste à finir la biographie de Louis Philippe FRUGIER car c’est lui qui se marie en dernier. On y vient.

Louis Philippe FRUGIER épouse Marie Bretault

On a déjà parlé de sa naissance et de son service militaire quelques paragraphes plus haut, né en 1828, ainé, n’est pas tiré au sort pour le service militaire, maçon.

Mariage

Il se marie donc le dernier, après ses deux frères et sœur, et 5 ans après le décès de son père. Transcription résumée de l’acte de mariage :

L’an 1862, 4 novembre, par devant Jean BERNARD maire de Louin. Mr FRUGIER Louis Philippe, 34 ans, né à Louin, maçon, demeurant à Louin, fils de Philippe FRUGIER décédé à Louin et de Dame BERGERAUX Rose, sans profession, 58 ans, demeurant à Louin, ici présente et consentante

Et Melle BRETAULT Marie, 27 ans, née à Louin, fille de Jean BRETAULT 52 ans cultivateur à Louin ici présent et consentant et de Mme Marie MARSAULT, sans profession, 48 ans, ici présente et consentante

Pas de contrat de mariage

En présente de GUION Louis, beau-frère du marié, 26 ans, maçon, demeurant à Louin [oui c’est le mari de Marie Léonie Frugier la toute petite sœur, ils se sont mariés 9 mois auparavant] ; FRUGIER Philippe, frère du marié, 27 ans, maçon, Louin; MARSAULT Louis, grand-père de la mariée, 75 ans, propriétaire, Louin ; GIRAUD François, 28 ans, Saint-Jouin [de Marne, 79], tisserand, beau-frère de la mariée.

Le registre comporte la signature de Jacques Philippe Frugier, qui ici ne signe que son patronyme ; seuls signent aussi le père de la mariée et le 2ème témoin : L.Guion ; Bertaud ; et le maire Bernard. J’ai par la suite trouvé très peu d’actes ayant pour témoin Louis Philippe Frugier et il ne signe jamais. Cela contredit la mention du niveau d’étude 1-2 portée sur les listes de tirage au sort pour le service militaire et contraste avec ses frères Michel et Jacques Philippe qui signent. A noter aussi que les quatre filles de Louis Philippe Frugier signent, et que son père signait.

Enfants

Le couple a cinq filles. quatre atteignent l’âge de se marier. A leur mariage, deux sont lingères, une journalière et une sans profession. Toutes les quatre signent leur acte de mariage, ce qui me permet de supposer leur nom d’usage, même si le procédé n’est pas d’une fiabilité absolue.

1. Marie Angèle FRUGIER ° 31 juillet 1863, mariée à Charles Calixte GENINCHAULT le 26 octobre 1885. Elle signe Angèle Marie Frugier. D’après des arbres en ligne, ils auraient eu 10 ou 12 enfants dont au moins 10 atteignent l’âge adulte, et plusieurs garçons embrassent une carrière militaire. Je crois qu’il y a des généalogistes parmi ses descendants mais je n’ai pas encore pu rentrer en contact avec eux.

2. Eugénie Eléonore FRUGIER ° 26 février 1866. Mariée à Léon (Léon Rémmis) FENNETEAU, tuilier. Elle signe Eléonore Frugier. Lui est né à Ulcot et vit à Saint-Léger-Montbrun (je n’ai pas vérifié où c’est, pas tout près de Louin en tous cas car les noms ne me disent rien). En 1906, je retrouve le couple à Saint-Jouin de Marnes, lui journalier. Je crois qu’ils ont alors deux enfants. Info recensement 1906, Saint-Jouin-de-Marne se trouve dans les Deux-Sèvres, à 13 km de Louin

3. Marie Elisabeth (ou Isabelle) °22 février 1868 (date donnée dans acte de mariage, acte de naissance non retrouvé), mariage à Louin le 30 juillet 1895 avec Auguste Edmond RUSSEIL, cultivateur originaire d’Aubigny (10 km de Louin). Elle signe Elisabeth Frugier.

4. Marie Eugénie Eglantine FRUGIER °1870 + 3 décembre 1882 âgée de 12 ans

5. Marie Stéphanie Léocadie FRUGIER °  16 juillet 1872, mariée à Louin avec Charles Alphonse RUSSEIL, originaire d’Aubigny, + Parthenay 10 mai 1948. Elle signe Marie Frugier

Décès

Louis Philippe Frugier décède en 1899 à 71 ans. Quant à Marie Bretault, je n’ai pas l’acte mais des arbres en ligne indiquent son décès le 6 août 1916, à Louin.

Pour conclure

J’ai voulu retracer le devenir des 12 enfants de Jean et Philippe Frugier, venus d’ailleurs et installés à Louin comme maçons au début du 19ème siècle. Ils ont eu chacun six enfants.

Dans la première famille, celle de Jean, pas de descendance. Un de leur fils, Jean René, est mort soldat de la Garde impériale, à l’âge de 27 ans. Leur dernière fille survivante, Félicité, ne s’est pas mariée et s’est probablement occupée de ses parents qui ont vécu jusqu’à 80 ans passés.

Dans la seconde famille, quatre enfants ont atteint l’âge adulte et se sont mariés. L’un s’est établi à Toulouse, où l’avait mené le service militaire. Il s’y est marié est y est décédé manifestement sans enfants. Les trois autres se sont mariés à Louin et ont tous eu des enfants.

Cinq filles chez Louis Philippe Frugier et Marie Bretault dont quatre ont eu des enfants, patronymes GENINCHAULT (descendance probable jusqu’à nos jours, arbres généalogiques en ligne), FENNETEAU (descendance possible à chercher peut-être à Saint Jouin de Marne 79), et deux RUSSEIL originaires d’Aubigny (79).

Deux garçons et deux filles chez Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault. Leur ainé Michel a eu un fils unique Michel mort pour la France. L’autre fils Emile Frugier s’est installé à Toulouse a a eu deux filles, décédées âgées toutes les deux en Haute-Garonne. Il pourrait y avoir des descendants de ce côté. Les filles de Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault se sont mariées l’une avec Benjamin François PROUST, l’autre avec Stanislas RABIT, et ma famille est en contact avec leurs descendantes.

Enfin chez Marie Léonie Frugier : son fils Etienne Guion qui a eu lui même trois fils : Etienne et Roger Guion (décès dans les années 1970) et René Guion mort pour la France pendant la 1ère guerre mondiale ; une de ses filles épouse Delphin Bironneau et s’établit à Montaigu (85), je ne sais pas s’il y a des descendant coté GUION ou BIRONNEAU.

Image d’en tête : tas de pierres par Markéta Machová de Pixabay

Un avis sur « T comme Tous ces cousins ou les descendants de Jean et Philippe Frugier, maçons établis à Louin »

  1. Bravo pour cette longue recherche, précise et bien racontée, ce qui n’a pas du être facile. Les lignes de vie aident bien à s’y retrouver, ainsi que les étapes visuelles.
    Je me suis parfois demandé pourquoi à Louin, je n’ai jamais rencontré d’autres familles du nom de « Frugier ». Je comprends maintenant pourquoi.
    Il reste à éclaircir le mystère de la photo trouvée sur le site « Mémoire de Louin » prise devant un « café Frugier » dont je ne vois pas la trace dans cette saga familiale.

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