Gustave Morteau à Louin (79)

Quand elle était petite, ma grand-mère parisienne allait en vacances dans le village de Louin, dans les Deux-Sèvres, avec ses parents. Ils étaient logés par M. et Mme Morteau. Voici une biographie de Gustave Morteau.

Patronymes – Morteau, Doussain, Taffary, François, Dubreuil ; Chaigneau, Fredonet, Cardineau ; Barillot, Chichereau, Cornu, Simmonet. Lieux (79 sauf mention contraire) – Louin, Paris (75), La Flèche (72), Airvault, Rorthais, Boussais, Barroux, Soulièvre, Saint-Florent, Prison de la Petite Roquette, Saint-Paul en Gâtines, Celles-sur-Belle, Melle

Louis Gustave Morteau. Appelons-le Gustave car sur le seul acte de mariage où il figure comme témoin, il est prénommé ainsi. On va donc supposer que c’est son nom d’usage.

Il est né le 3 février 1873 à Louin, de Séraphin René Morteau, menuisier à Louin, et Marie Renée Doussain. A notre connaissance, c’est le dernier de 5 enfants.

Engagé militaire

A 18 ans, en 1891, il s’engage volontaire dans l’armée pour 4 ans. Sa fiche militaire nous renseigne sur son parcours : il passe brigadier, brigadier fourrier (“sous-officier chargé du cantonnement des troupes, des distributions de vivres” me dit Google)  puis maréchal des logis, et se voit accorder son certificat de bonne conduite au terme des 4 ans d’armée.

On est alors en 1895. Je crois qu’il y a un trou dans son CV d’un an entre février 1895 (quitte l’armée) et février 1896. C’est pendant ce trou qu’il se marie pour la première fois.

Premier mariage

23 novembre 1895 mariage avec Joséphine Taffary à la Flèche, dans la Sarthe (72). Il est dit domicilié à Paris de fait, à Airvault de droit (en effet, il est mineur quant au mariage), sans profession. Airvault, petite ville des Deux-Sèvres, à 5 km de Louin. Sa femme a 19 ans, ouvrière en robe, née dans la Sarthe, parents présents. Dans les témoins, ses deux frères Ferdinand, l’instituteur de Rorthais, et Séraphin le menuisier à Airvault.

En février 1896, 3 mois après son mariage, il rempile dans la Police municipale, en tant que gardien à la Petite Roquette, à Paris. La Petite Roquette est une prison. Dans les années 1890 aux années 1920, elle servait “d’incarcération de courts séjours pour les prévenus enfants ou adultes condamnés à de faibles peines d’emprisonnement”.  source La Petite Roquette, la double vie d’une prison parisienne, 1836 – 1974, par Anaïs Guérin. 2013 . Il démissionne du job en juillet 1897.

La prison de la Petite Roquette. Gallica http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41569186q

Sa fiche militaire trace ses adresses successives à Paris entre 1895 et 1905, il a alors entre 22 et 35 ans : 20 passage Courtois, 2 passage Miollis(?), 4 rue Cambronne, 39 av. de la Motte Picquet, 3bis de la même avenue, 72 rue de l’Amiral Roussin, 25 rue de Cambronne

En 1902, divorce de Joséphine Taffary après 7 ans de mariage.

Second mariage

1903, mariage avec Marie François. Elle est corsetière née dans l’Aube en 1869 (donc 33 ans) et qui vit avec sa mère, Lucie Isabelle Gadot, corsetière aussi, rue Letellier. Le père est disparu. Louis Gustave Morteau est inspecteur à la Compagnie du Gaz et vit 72 rue Roussin (et auparavant 53 bis rue de la Motte Picquet).

Dans les témoins, on retrouve juste son frère Ferdinand, instituteur maintenant à Boussais

11 avril 1910, décès de sa 2ème femme Marie François après 7 ans de mariage.

3ème mariage avec sa nièce

Paris 15e, 23 décembre 1911, à 11h45 du matin, mariage de Louis Gustave Morteau et Henriette Gabrielle Dubreuil. Lui est employé au gaz, majeur (38 ans), domicilié au 25 rue de Cambronne, veuf de Marie François décédée 11 avril 1910. Elle est mineure (16 ans), sans profession, domiciliée aussi 25 rue de Cambronne. Ses parents sont absents et ont donné leur consentement par acte du 30 août 1911 devant Maître Balquet, notaire à Airvault. Au cours du mariage, il y a lecture de “la dispense d’alliance (oncle – nièce) accordée aux futurs le 18 novembre dernier”

Dans les témoins, on ne retrouve pas les frères Ferdinand Marteau l’instituteur et Séraphin Marteau le menuisier, témoins habituels de tous les mariages de la famille. Ferdinand l’instituteur a une bonne excuse: il est mort. Séraphin le menuisier est vraisemblablement encore en vie.

Les témoins sont donc Pierre Doussain, 67 ans, menuisier à Louin, oncle de l’époux (frère de la mère Marie Doussain), Marcellin Chaigneau, 32 ans, inspecteur au gaz, 2 rue Carcel, amis de l’époux ; Alfred Fredonet 38 ans, employé de commerce, 31 rue Richelieu, Octave Cardineau, 39 ans, gardien de la paix, 34 rue de l’Orne, amis de l’épouse.

La nièce et mariée Henriette Dubreuil est la fille de Marie Léonie Marteau et de Henri Dubreuil, boulanger à Louin. Marie Léonie Marteau et Louis Gustave Marteau sont frère et sœur.

Henriette Dubreuil est la Madame Morteau que ma famille a connue à Louin, des années 1930 à au moins 1984. Sources : photos de famille.

Les frères et soeurs de Gustave Morteau

Outre Marie Léonie, marié au boulanger Henri Dubreuil et mère d’Henriette Dubreuil,  Gustave Morteau a au moins deux frères et une sœur

Frère 1. L’aîné, Ferdinand Morteau, l’instituteur

Né en 1862, il était marié à Marie Barillot. Le recensements de Boussais en 1906 et les actes d’Etat civil  nous apprennent que Marie Barillot est née à Melle (79), qu’elle est de 5 ans son aînée, qu’ils se sont mariés en 1891 à Rorthais, y ont eu une fille Renée Jeanne Morteau en 1895. En 1901 ils sont à Boussais, où ils perdent un fils de 8 jours. Il meurt à Boussais en 1907 (45 ans).

Il semble que sa fille s’est mariée en 1922 à Saint-Paul en Gâtines (à mi-chemin entre là où elle est née et là où elle est morte) avec un certain M. Bire, et décédée à Celles-sur-Belle (7 km de Melle) en 1972.

Soeur, 2ème. Clémence-Clémentine Chichereau

Née le 2 août 1864 à Louin, sous le nom de Clémence Alexandrine. Elle se marie en 1895 à Airvault avec Théophile Chichereau, menuisier à Barroux, commune de Soulièvre. Sur cet acte, elle est dénommé Clémentine (et non Clémence) Alexandrine sans que cela ne semble poser de problème. Clémentine doit être son nom d’usage : c’est sous ce nom là (avec une date de naissance qui la rajeunit d’un an) qu’elle figure au recensement de 1906 au village de Barroux. Théophile Chichereau est alors patron menuisier, et ils ont deux filles: Lucie, née en 1897, et Clotilde, née en 1899.

barroux_commune_de_soulievre.jpg
Source: ouest france

Il semble que Lucie se marie en 1916 avec Joseph François Cornu, à Soulièvre. Pas d’information sur un éventuel mariage de Clotilde.

Séraphin, le 3ème, le menuisier à Airvault

Il est né 1866 à Louin, se marie en 1892 avec Marcelline Morteau (même nom de famille mais d’acte de mariage n’évoque as une éventuelle consanguinité). Ils ont une fille  Alice l’année suivante : Maria Marguerite Alice naît le 2 novembre 1893 à Airvault, s’y marie le 10 avril 1920 avec Roger Henri Simmonet et décède à Saint-Florent le 24 novembre 1959)

Séraphin est est menuisier, comme son papa qui s’appelle aussi Séraphin. Ils vivent rue de la Ferronnerie. Séraphin père meurt en 1900, à 66 ans. En 1906, Marie Doussain(t) mère est encore en vie et avec eux où dans le logement d’à côté, toujours rue de la Ferronnerie à Airvault. Je ne sais pas jusque quand ont vécu Séraphin Morteau fils et sa femme Marcelline.

Rue de la ferronnerie. Source : la Nouvelle République
Rue de la ferronnerie à Airvault (79) (à confirmer)
Source : la Nouvelle République

Epilogue

Pendant la guerre de 1914-1918, à 41 ans, Gustave Morteau est mobilisé à l’artillerie de la garnison, quelque chose avec chef d’escadron de l’Ecole d’instruction de chemins de fer(?), puis artillerie, puis 20e section de secrétaires d’Etat major et de recrutement. En sursis d’appel du 14 mars 1918 au 31 juillet 1918 au titre de la Société du Gaz de Paris, conducteur technique.

Ensuite, tout ce que l’on sait, c’est qu’il était sur une photo à Louin en 1928 (55 ans), et que ma mère, née en 1947, ne l’a pas connu.

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