M comme Mariage du perruquier et de la couturière

1851 (28 ans), se marie

Jean Baptiste Gillardo se marie à l’âge de 28 ans,

En 1851, mariage avec Jeanne Joséphine Rouge. Elle est couturière. Son père à elle est toujours tisserand et sa mère est décédée. Jean Baptiste Gillardo, lui est dit de profession perruquier.

Les témoins :  

  • Claude JOBARD, tisserand 54 ans oncle de l’époux 17 rue Montant. Geneanet indique que Claude Jobard  1796-1858 est le mari de Thérèse Gillardo 1797-1864, sœur de Claude Gillardo le père de JB. (info non vérifié)
  • Pierre Charles GILLARDO tailleur d’habits 33 ans cousin de l’époux, 14 (54?) rue Saint Jean. Pierre Charles Gillardo 1816 – 1850 serait le fils de Hyacinthe Gillardo 1795 – 1837, autre frère du père Claude Gillardo, info Généanet non vérifié
  • François LECLERC tisserand 55 ans non parent, 23 rue Savonnière
  • Claude Joseph HUET coutelier 31 ans cousin de l’épouse, 17 rue du Cigne

L’acte de mariage n’indique pas les adresses des mariés. Par contre, on les retrouve sur le recensement de la même année, 1851, au 58 rue du Bourg. JB Gillardo est noté coiffeur, 28 ans, et Jeanne Joséphine Rouge, femme Gillardo, couturière.

Acte (AD 55) Bar-le-Duc NMD (1851) 2 E 29 (72)

Bar-le-Duc NMD (1851) 2 E 29 (72) vue 179/342

Marge : Gillardo Jean Baptiste et Jeanne Joséphine Rouge

L’an 1851, le 11 février, à 10 heures et demie du matin, pardevant nous Alphonse Rousselle Jacquemin, adjoint au maire de la ville de Bar-le-Duc, chef-lieu du département de la Meuse, faisant par délégation spéciale les fonctions d’officier de l’état civil, étant en notre hôtel de ville, ont publiquement comparu : d’une part, Jean Baptiste Gillardo, perruquier, domicilié à Bar-le-Duc où il est né le 19 février 1823, ainsi que nous nous en sommes assuré, fils majeur de Claude Gillardo, tisserand, et de Julie-Fleurine Henriquet, son épouse, domiciliés au dit Bar, ici présents et consentants.

D’autre part Jeanne Joséphine Rouge, couturière, domiciliée à Bar-le-Duc où elle est née le 24 septembre 1823, ainsi que nous nous en sommes assuré, fille majeure de Joseph Nicolas Rouge, tisserand, domicilié au dit Bar, ici présent et consentant, et de feue Marguerite Juet, son épouse, décédée en cette ville le 22 décembre 1847, ainsi que nous nous en sommes assuré.

Lesquels nous ont requis de procéder au mariage projeté entre eux, et dont les publications ont eu lieu à Bar-le-Duc le 26 janvier dernier et le 2 février courant. Aucune opposition ne nous ayant été signifiée, le père de la comparante nous ayant affirmé par serment, aux termes de l’avis du conseil d’état du 30 mars 1808, que c’est par erreur qu’il n’est désigné que sous le seul prénom de Nicolas dans l’acte de naissance de la comparante. Ayant droit à la réquisition des parties, après leur avoir donné lecture des pièces constatant leur état civil et du chapitre dix du titre du code civil intitulé du mariage, avons interpelé les comparants et leurs ascendants présents de déclarer s’il a été fait un contrat de mariage. Après la réponse négative qui nous a été faite nous avons demandé aux requérants s’ils voulaient se prendre pour mari et femme. Chacun d’eux ayant répondu affirmativement nous avons déclaré au nom de la loi que Jean Baptiste Gillardo et Jeanne Joséphine Rouge sont unis par le mariage.

De tout(?) quoi nous avons dressé acte en présence de Claude Jobard, tisserand, âgé de 54 ans, oncle de l’époux; Pierre Charles Gillardo, tailleur d’habits, âgé de 33 ans, cousin de l’époux; François Leclerc, tisserand, âgé de 55 ans, non parent des époux; et Claude Joseph Juet, coutelier, âgé de 31 ans, cousin de l’épouse, domicilié à Bar-le-Duc, le premier rue Montant, numéro 17, le deuxième rue Saint Jean numéro 14 (54?), le troisième rue de la Savonnière numéro 23, et le quatrième rue du Cigne numéro 17, lesquels ainsi que les époux et leurs pères ont signé avec nous aux deux registres, après lecture et collation du présent acte; la mère de l’époux a dit ne savoir signer

Signatures: Gillardo. Jeanne Joséphine Rouge. Joseph Nicola Rouge. Gillardo. Gillardo. F(?). Leclerc. Jobard. Juet.

Patronymes ROUSSEL JACQUEMIN, GILLARDO, ROUGE, HENRIQUET, JUET, JOBARD, LECLERC. Rues de Bar-le-Duc: Montant, Saint Jean, Savonnière, Cigne(?)

L comme les Labourasse, voisins et amis

Vous souvenez-vous pourquoi je m’intéresse à Jean Baptiste Gillardo, coiffeur à Bar-le-Duc ? Car en 1897, à Paris, il est témoin au mariage de mon arrière-arrière-grand-père avec Marguerite Labourasse, de Bar-le-Duc. JB Gillardo et sa femme, 74 ans, ont fait le trajet de Bar-le-Duc à Paris, en témoigne la photo de mariage (article A).

Qui sont les Labourasse, par rapport aux Gillardo ? Voilà ce que j’en sais : les deux familles ont été voisines, rue Montant, au moins entre 1828 et 1846. Rien d’autre pour l’instant, par exemple pas témoins les uns des autres dans les actes d’état civil, avant celui de 1897, ni de trace de parenté même lointaine.

Labourasse – Gillardo

1828 naissance de Nicolas Prosper Labourasse, qui est le père de Marguerite Labourasse, la mariée de 1897. L’acte de naissance précise le domicile de ses parents, Joseph Labourasse tisserand 27 ans, et Marie Julienne Huet : rue Montant.

Bar le Duc, 18 juin 1828, naissance de Nicolas Prosper Labourasse. rue Montant

1836 recensement : les Labourasse vivent toujours rue Montant, au numéro 27. Joseph Labourasse, tisserand, 36 ans. Sa femme Marie Julienne Huet, 36 ans. Nicolas Prosper Labourasse, 7 ans, Pierre Augustin, 3 ans, et Jeanne François, 13 mois. Tous les enfants atteindront l’âge adulte.

1846 recensement: les Labourasse sont encore rue Montant, numéro 32 : le parents Joseph Labourasse et Marie Huest; les enfants Nicolas, Auguste, Pauline, Jules, Léonie et Gustave, qui ont entre 18 ans et 3 ans. Notez que ces prénoms sont ceux notés sur le recensement, qui ne correspondent pas tout à fait aux prénoms d’État civil. Egalement, je ne suis pas sûre du tout que la numérotation soit stable de recensement en recensement, c’est à dire que le passage du numéro 27 au numéro 32 ne traduit pas forcément un déménagement, mais peut-être juste un changement de numérotation des maisons lors du recensement.

Je ne vais pas plus loin dans la comparaison des domiciles des familles dans le cadre de cet article. Je me rends compte néanmoins qu’il faudrait systématiser les relevés, et aussi trouver d’autres sources qui expliqueraient si le voisinage des familles datant d’il y a plus de 50 ans peut vraiment expliquer pourquoi le couple de septuagénaire fait ce voyage à Paris pour le mariage de Marguerite Labourasse. Un jour, faudra que je vous parle plus des Labourasse, car en fait ce mariage de 1897 est terriblement triste.

K comme l’année 1846, JB fait un break

En 1846, Jean Baptiste Gillardo a 24 ans. C’est aussi une des années où a lieu le recensement de population. On a utilisé jusqu’à présent les recensements de 1831, 1836, 1841, tous rendus disponibles en ligne par les Archives départementales de la Meuse (AD55).

Optimiste, j’attaque les 277 pages du registre de recensement de Bar-le-Duc. Page après page. Plusieurs fois. Jean Baptiste Gillardo n’y est pas. Il fait un break ailleurs.

Où peut-il bien être? Spoiler : je ne sais pas mais j’ai une hypothèse. Il est peut-être à l’armée. A cette date, c’est la loi Gouvion Saint-Cyr de 1818 qui régit le recrutement de l’armée. Il consiste au tirage au sort des jeunes hommes de 20 ans. Ceux qui “tirent le mauvais numéro”, sont engagés pour 5 ans. Ou pour 6 ans, mes notes sont contradictoires. Le remplacement avec contre partie financière est légal.

Jean Baptiste Gillardo a eu 20 ans en 1843. Il pourrait donc être parti à l’armée de 1843 à 1848 ou 1849). sur le site des AD de la Meuse, les registres militaires commencent en 1867.

Il faudrait rechercher dans les archives non numérisées

Pour aller plus loin, il faut rechercher dans les archives non numérisées. Les affaires militaires constituent la série codée 1R (cadre de classement national). L’inventaire des fonds des AD 55 (pdf) m’aide à identifier les référence à consulter, concernant les tirages au sort, les remplacements, les engagés volontaires. En réalité, il faudrait demander conseil aux archivistes.

1 R 92-95 Registres des actes de remplacement et de substitution pour les classes 1818 à 1868. 1818-1868
L’année en question (1843) n’existe pas (ou a 1818, 1836, 1854-57 ou 1866-68)

1 R 98-155 Conseil de révision : procès-verbaux des délibérations*. 1816-1869
*Les registres comprennent toujours le report des ajournés des deux classes précédentes ainsi que les étrangers au département.

On pourrait donc consulter les cotes suivantes, des fois que JB Gillardo ait été concerné par le conseil de révision
1 R 98 124 pour l’année 1843
1 R 98 125 pour l’année 1844
1 R 98 126 pour l’année 1845

1 R 171-196 Listes cantonales du contingent. 1831-1858
Plus exactement, rechercher 1 R 181 pour l’année 1843

1 R 96 Engagements volontaires : instructions (1820-1869), correspondance ministérielle (1860-1869),
registres d’inscription (1815-1816, 1829-1852). 1815-1869

Les autres sont à Bar-le-Duc

Cette année 1846, on trouve bien le reste de la famille de JB Gillardo au 3, rue Montant : ses parents (58 et 60 ans), sa sœur Marie Fleurine (30 ans) et son neveu Gustave, 4 ans. JB n’y est pas.

On trouve bien aussi la famille Goudon au 49, rue Rousseau : tonton Antoine Goudon qui est maintenant dit parfumeur de profession, sa femme, et désormais trois filles : Eugénie 8 ans, Léonie 3 ans et Laurence 1 an. JB, qui vivait avec eux 5 ans auparavant, n’y est pas non plus.

La suite?

Le jour où j’aurai l’occasion d’aller aux archives de Bar-le-Duc, je demanderai conseil aux archivistes et me plongerai dans les registres papier.

En attendant, avez-vous d’autres hypothèses pour expliquer l’absence de JB de Bar-le-Duc en 1846? On le verra dans les prochains articles, il y revient, s’y marie en 1851 et y exerce ensuite sa profession de coiffeur.

J comme journée de travail 

Ou les conditions de travail dans les filatures en 1842

On ne sait pas dans quelle usine travaille la sœur de JB Gillardo, bobineuse, en 1842. A titre d’exemple, la filature Saudrupt, 1840 : 116 personnes dont 37 femmes et 15 enfants, salaires 1.50 francs par jour pour les hommes, 0.75 pour les femmes et 0.50 pour les enfants. En 1842, le règlement intérieur dit qu’aucun ouvrier ne pourra se refuser à travailler soit une heure ou deux après la journée et même les nuits quand les circonstances le demanderont” (Naegel p. 364). Amende de 50 centimes pour un retard de 10 minutes.

En 1842, la durée du travail n’est pas encore limitée à 12 heures. Elle le sera en 1848. Ce n’est pas clair pour moi s’ils travaillent 6 jours par semaine ou 7, normalement le dimanche est férié depuis 1814. La durée journalière de travail passe à 12 heures maximum en 1848, ce qui suggère qu’elle était réellement plus longue avant cette date. Le travail des enfants a été régulé en 1841. 

Source utilisée pour cet article : Antoine Naegel. Le département de la Meuse (France) : industrialisation entre 1790 et 1914. Histoire. Université de Nantes, 2006. Présentation (theses.fr) | pdf (HAL archives ouvertes)

Musées à visiter pour comprendre le filage et le tissage

I comme industrie du filage

Ou : être bobineuse à Bar-le-Duc en 1842. C’est le métier de la sœur de Jean Baptiste Gillardo au moment de la naissance de son enfant.

Qu’est-ce qu’être bobineuse? Nom que l’on donne, dans les manufactures, (…) à des femmes employées à dévider le fils (…) sur des bobines (…). Extrait de définitions de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1758) via www.persogeneal.fr 

En effet, à Bar-le-Duc en 1842, il y avait une industrie de filage de coton et de tissage. Le coton venait d’ailleurs, je pense principalement des plantations américaines qui riment avec l’esclavage. Il arrivait par Nantes en Bordeaux, et était ensuite emmené par la route. Oui, par la route, jusqu’à à Bar-le-Duc. Cela ne devait pas être très pratique vu qu’il n’y avait pas de voies de communication. Ce n’est pas très clair sur pourquoi l’industrie de transformation du coton s’est installée à Bar-le-Duc au XIXè siècle. 

Cette industrie a d’ailleurs commencé à souffrir en 1840. A partir de 1861 il y a eu une crise d’approvisionnement du coton, à cause de la guerre de sécession aux USA. A partir de là, le textile à Bar-le-Duc a dégringolé. 

J’ai fait un schéma anachronique pour expliquer pourquoi il faut filer et pourquoi il faut tisser, et ce n’est pas la même chose. Le coton vient des champs de coton (oui c’est une plante, non ça ne pousse pas sur les moutons). Il faut ensuite filer le coton pour en faire du fil. Et enfin, il faut tisser le fil pour en faire du tissus.

A Bar-le-Duc au XIXè siècle, les filatures de coton sont plutôt sur la rivière qui passe à Bar-le-Duc (l’Onain) et sur les communes limitrophes. Elles sont souvent installées dans des moulins, car il faut une force motrice. La machine à vapeur existe mais ne semble pas avoir été utilisée à cette époque dans la région. Les ateliers de tissage sont en ville. La bobineuse, sauf erreur de ma part, serait plutôt employée des ateliers de tissage.

Cet article s’appuie essentiellement sur une thèse : Antoine Naegel. Le département de la Meuse (France) : industrialisation entre 1790 et 1914. Histoire. Université de Nantes, 2006. Présentation (theses.fr) | pdf (HAL archives ouvertes)

H comme Histoire de famille, un enfant naturel

En 1842, Jean Baptiste Gillardo est âgé de 19 ans.

Et voilà qu’il advint que sa grande sœur Marie Fleurine Gillardo donna naissance à un enfant, prénommé Auguste Gillardo. Auguste Gillardo est donc un enfant naturel.

Acte de naissance d’Auguste Gillardo. AD 55 Bar-le-Duc Naissances, Mariages, Décès (1842) 2 E 29 (63) vue 24/359

Acte de naissance L’an 1842 le trois mars, à 2 heures du soir pardevant nous Joseph Bonet, adjoint au maire de la ville de Bar le Duc, chef lieu du département de la Meuse, faisant par délégation spéciale les fonctions d’officier de l’état civil.
Est comparue Madelaine Gaudry, âgée de 45 ans, sage femme, veuve de Etienne Lantonnet, vivant tisserand, domiciliée en cette ville, rue Entre deux ponts n°56, laquelle nous a déclaré que aujourd’hui à 10 heures du matin Marie Fleurine Gillardot, bobineuse, âgée de 27 ans, domiciliée à Bar le Duc, rue Montant n°30, fille de Claude Gillardot, tisserand, et de Fleurine Julie Henriquet, son épouse, domiciliée au dit Bar, rue Montant n°30, est accouchée en son domicile d’un enfant naturel de sexe masculin qui nous a été présenté et auquel il a été donné le prénom de Auguste.
Les dites déclaration et présentation faites en présence de Pierre Magnier, faiseur de bas, âgé de 58 ans, et françois Guéleux, plafonneur, âgé de 28 ans, domiciliés au dit Bar, le premier, rue de Veel n°59 et le second, rue Montant n°33; et ont la déclarante et les témoins signé avec nous le présent acte, après lecture et [?allation].
Signatures : F(?) Lantonnet, P.Magnier, BONET, F. Gueleux
En marge : L’enfant dont la naissance est constaté par l’acte ci-contre a été reconnu comme son enfant naturel, par Marie Fleurine Gillardo, suivant acte dressé en la mairie de Bar-le-Buc le 27 octobre 1858
Annoté par le Greffier du Tribunal de première instance de Bar le Duc, dépositaire(?)

Patronymes : BONET, GAUDRY, LANTONNET, GILLARDOT, HENRIQUET, MAGNIER, GUéLEUX.

A la naissance, sa mère avait 27 ans et était de profession : bobineuse. Une profession dans le textile, donc. Les deux prochains articles présentent des aspects de l’industrie du filage au XIXè siècle à Bar-le-Duc.

G comme grandir et devenir coiffeur comme tonton Goudon

En 1831, Jean Baptiste Gillardo a 8 ans et vit à Bar-le-Duc, rue Montant, avec ses parents. Recensement 1831 :

Gilardo Claude, tisserand, né à Bar, 43 [ans]
Henriquet sa femme née à Noyer (?), 44
Un fils Jean Baptise né à Bar, 8
Une fille Elizabeth née à Bar, 20
Une fille Marie née à Bar, 15

Recensement 1831 Bar-le-Duc E dépôt 460 / F1 (5) vue 472/482

En 1836, Jean Baptiste Gillardo a 13 ans, et vit toujours à Bar-le-Duc, rue Montant, avec ses parents. Le recensement montre toujours la famille au 11 rue Montant. Leur nom est orthographié Gilardeau avec un seul L et EAU : le père Claude Gilardeau, la mère Julie Florine Henriquet, notre Jean Baptiste 13 ans, sa grande sœur Marie Florine 20 ans qui est tisserande, comme le père. Recensement 1836 :

Gilardeau Claude, tisserant, Bar le duc, 47 [ans]
Henriquet f[emm]e Gillardeau Julie Fleurine, « , Noyers, 48
Gilardeau M[ar]ie Florine, tisserande, Bar le duc, 20
Gilardeau J[ean] B[aptis]te, tisserand, « , 13

Recensement 1836 Bar-le-Duc E dépôt 460 / F1 (6) vue 177/288

En 1841, le recensement révèle que rue Montant, chez les Gillardo, vivent le père, la mère et la grande sœur âgée de 25 ans. Jean Baptiste n’y est pas. Recensement 1841 rue Montant

Gilardeau C[lau]de, Tiss[eran]d, 53
Henriquet Julie, sa femme, 55
Gilardeau Marie Florine, 25

Recensement 1841 Bar-le-Duc Bar-le-Duc E dépôt 460 / F1 (7) rue Montant, vue 258/279

Jean Baptiste Gillardo vit en fait rue Rousseau, au numéro 59, dans le foyer d’Antoine Goudon, vous vous rappelez, le veuf de sa sœur qui est morte à 25 ans, celui que j’appelle Tonton Goudon. Tonton Goudon est coiffeur, et son neveu Jean Baptiste Gillardo est coiffeur. Et d’ailleurs Jean Baptiste n’est pas nommé Jean Baptiste mais Adolphe. Orthographié Gillardeau, avec 2 L cette fois et toujours EAU. Les autres membres du foyer sont Eugénie Jeannot, nouvelle femme de l’oncle, et leur bébé de 2 ans, Eugénie aussi.

Recensement 1841 Bar-le-Duc Bar-le-Duc E dépôt 460 / F1 (7) rue Rousseau, vue 145 /279

recensement 1841 rue Rousseau
Goudon Antoine, coiffeur, 28
Jeannot Eugénie, f[emme] Goudon, 30
Goudon Eugénie, fille, 2
Gillardeau Adolphe, coiffeur, 18

F comme frère de la femme du perruquier

En 1833, JB Gillardo a 11 ans. 

Sa sœur la plus âgée, Adèle Elisabeth Gillardo, se marie avec Antoine Goudon. Il est perruquier, elle est tisserande. Le mariage légitime une fille, Marie Goudon, née quelques mois avant le mariage. Elle décède à l’âge de 16 mois, sous le nom de Florine Marie Goudon. Un autre enfant naît en 20 février 1835, Claude Goudon.

Mais voilà, sa mère meurt quelques mois après (7 septembre 1836). Adèle Elisabeth Gillardo épouse Goudon avait 25 ans. L’enfant Claude Goudon meurt quelques semaines plus tard, à l’âge de 18 mois (18 octobre 1836). 

Veuf, sans enfants vivants, Antoine Goudon se remarie l’année suivante avec Anne Eugénie Jeannot, qui a 26 ans et est couturière.

Voici la famille proche de JB Gillardo en 1842

Famille proche de JB Gillardo en 1842

Sur Antoine Goudon et pouquoi je m’y intéresse

Antoine Goudon est perruquier en 1833 et 1835, puis coiffeur en 1836 et 1841. Sur le recensement de 1846, il est dit parfumeur. Je ne sais pas si c’est une évolution ou si tous ces métiers sont les mêmes. A son décès en 1894, âgé de 81 ans, il est encore dit coiffeur. 

Pourquoi s’arrêter sur le métier d’Antoine Goudon, veuf de la sœur de Jean Baptiste Gillardo? Parce que celui auquel on s’intéresse, Jean Baptiste Gillardo, devient aussi coiffeur. Il n’y a pas beaucoup de coiffeurs à Bar-le-Duc. Par exemple, j’en ai compté 6 (dont une femme de plus de 90 ans, indigente) dans le recensement de 1846, sur une population de peut-être 20 000.

Mon hypothèse est que Jean Baptiste Gillardo aurait appris le métier avec le veuf de sa sœur.

Techniquement, le veuf de sa sœur est son beau-frère, mais je vais l’appeler “oncle” car ils ont 10 ans d’écart. Dans la suite, je vais l’appeler “Tonton Goudon”, ne soyez pas surpris.

Article mis à jour le 6 novembre 2021, la version précédente comportait des inexactitudes et des zones de flou

E comme Enfance rue Montant à Bar-le-Duc

La rue Montant est une rue qui part de pas loin du pied de la butte sur laquelle il y a le château, et s’en éloigne en montant, comme son nom l’indique, pour se perdre dans la campagne.

Sur les photos aériennes actuelles, on voit que les maisons sont très serrées, plain-pied ou un étage, mais que du côté opposé à la route elles donnent sur du vert.

Rue Montant, photographie aérienne, Géoportail

Dessin de la rue Montant par E.de Ravignat, qui si j’en crois sa fiche sur le site de la BNF a vécu de 1803 à 1875. La représentation peut donc être contemporaine à l’enfance de JB Gillardo, ou postérieure de quelques dizaines d’années. [EDIT 7 novembre: j’ai reçu la gravure, l’ai numérisée]

Rue Montant, gravure. Dessin de Ravignat, milieu XIXè siècle.

D comme début de vie. Naissance de Jean Baptiste Gillardo en 1823

JB Gillardo naît en 1823 à Bar-le-Duc. Son père Claude Gillardo est tisserand, 34 ans. Sa mère s’appelle Julie Fleurine Henriquet. Il a deux grandes sœurs, Adèle Elizabeth et Marie Fleurine. Ses parents habitent rue Montant et c’est là qu’il naît. Bar-le-Duc est une ville d’alors environ 12 000 habitants avec une industrie textile dynamique.

D’ailleurs, les Labourasse (ma famille, donc) habitent aussi dans cette rue, en tous cas ils y sont en 1828 à la naissance de Nicolas Prosper Labourasse, qui est le père de Marie Labourasse qui est la mère du grand-père de ma mère, voilà.

Acte de naissance http://archives.meuse.fr/ark:/52669/a011500569390mFW8vw/9b432b4c35

AD55. Naissances, Mariages, Décès (1823) (2 E 29 (44)) vue 19/300

L’an 1823 le 20 février, pardevant nous Claude Xavier Herbillon-Contant, adjoint au maire de la ville de Bar le Duc, faisant par délégation spéciale les fonctions d’officier public de l’état civil
Est comparu le sieur Claude Gillardo, Tisserand âgé de 34 ans domicilié en cette ville, lequel nous a déclaré que Julie-Fleurine Henriquet, son épouse, est accouchée le jour d’hier à 4 heures du soir en son domicile, rue Montant, d’un enfant du sexe masculin auquel il a été donné les prénoms de Jean Baptiste;
En foi de laquelle déclaration il nous a présentés pour témoins les sieurs Pierre Pertuisot, tisserand âgé de 39 ans et Hyacinthe Gillardo, tailleur d’habits âgé de 28 ans tous deux domiciliés au dit Bar, lesquels ont signé avec nous et le père de l’enfant après lecture faite.
Signatures : Claudi Gillardo, Pertuisot, Herbillon-Contant-?), H.Gillardo

Patronymes: HERBILLON-CONTANT(?), GILLARDO, HENRIQUET, PERTUISOT

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