M pour Michel Frugier fils, Mort pour la France

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

En 1910, Michel Frugier père, maçon, hérite de la maison de son oncle par alliance Augustin Marteau. Article Héritier. Michel Frugier et sa femme Eglantine Rillon ont eu un seul enfant, également nommé Michel Frugier que je désigne donc par « fils » dans cet article.

Jusque récemment, ma famille en savait peu sur Michel Frugier fils : que son nom est sur le monument aux morts de Louin, qu’il était fils unique, que sa mère est devenue folle de chagrin après son décès. Puis ma mère est rentrée en contact avec la fille d’un de ses cousins, si je ne me trompe pas Suzanne, et par Suzanne elle a eu accès à des lettres, des photos et un livret qui retrace la vie de Michel Frugier fils. Suzanne raconte vraisemblablement ce qu’elle tient de sa famille. Elle a pu rencontrer personnellement Michel Frugier père à la toute fin de sa vie.

Cet article s’appuie sur des sources d’état-civil, recensements de population, documents militaires, ainsi que sur ces documents d’archives personnelles transmis par Suzanne.

Naissance de Michel Frugier fils, 1894

L’an 1894, le 15 du mois de juillet sur les 2 heures du soir, par-devant nous GUERUCHON François, maire, officier de l’Etat civil de la commune de Louin, canton de Saint-Loup, département des Deux-Sèvres, est comparu FRUGIER Michel âgé de 29 ans, demeurant à Louin, profession de maçon,

lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin né dans cette commune le 15 du présent mois à 4h du matin, de lui déclarant, et de RILLON Marie Stéphanie son épouse, âgée de 28 ans, lingère demeurant à Louin, à qui il a été donné les prénoms de Michel, Alphonse, Philippe

lesdites déclaration et présentation faites en présence de GAILLARD Delphin, âgé de 41 ans, demeurant à Louin, profession d’instituteur, et de POYNOT Octave, âgé de 37 ans, demeurant à Louin, profession de sabotier. Et ont, les déclarants et témoins, signé avec nous le présent acte, après qu’il leur en a été fait lecture

Louin, 1893. AD 79 / Filae

Je dois vérifier, le témoin Octave Poinot, sabotier, est le mari d’une Virginie RILLON, 44 ans, qui pourrait bien être apparentée à Marie Stéphanie ‘Eglantine’ RILLON 28 ans (tante?).

Michel Frugier fils est donc né 16 ans avant que son père n’hérite de la maison (1910). Où la famille vivait-elle auparavant ? Le recours au recensements de Louin s’avère fort utile.

Recensement 1891

Avant son mariage, Michel FRUGIER père avait 26 ans et vivait au Moulin de Chambon avec ses parents, sa grand-mère paternelle Rose Bergereau, son frère Emile, maçon, 21 ans et sa sœur Amance (Amande), 23 ans. Leur autre sœur Suzanne vivait déjà au bourg de Louin avec son mari, le boulanger PROUST. Source : recensement Louin 1891, 6 M 213 p 37/41.

Le Moulin de Chambon me semblait assez éloigné du bourg. Il y a en fait 15 minutes de marche entre l’église et Chambon par les chemins actuels (Google maps).

Distance église – Chambon 1,2 km par les chemins actuels

Recensement 1901, 6 ans

En 1901, Michel Frugier fils a 6 ans. En page 1 du recensement de cette année-là, la 6ème maison abrite deux ménages.

Premier ménage, celui de Michel FRUGIER (père), 36 ans, chef de ménage, maçon, patron. Sa femme Eglantine RILLON (confirmation de son nom d’usage), 35 ans, sans profession. Le petit Michel FRUGIER, 6 ans. Marie RILLON, belle-mère, 53 ans, couturière à la journée, employeurs divers.

Le second ménage, même maison, est composé d’Emile FRUGIER, 31 ans, chef de ménage, maçon, patron. Marie BARANGER sa femme, 22 ans, sans profession. Anne et Reine FRUGIER, leurs filles, 2 ans et 4 ans.

Emile FRUGIER est le petit frère de Michel FRUGIER. On voit que les deux frères sont maçons établis à leur compte, et qu’ils habitent ensemble avec la belle-mère RILLON, et trois enfants. Si tout ce monde-là s’entendait bien, ça devait être joyeux.

AD 79, Louin, recensement 1901. 6 M 213

Je note qu’à trois maisons de là, numéro 9, vivent Angélina Bigot, son mari Théophile Billerot patron sabotier, et leur fils Maurice, 6 ans. On parle de Rose Billerot dans article L du #ChallengeAZ du blog Genea79. Je vous préviens, c’est triste, car de ces deux enfants de 6 ans qui habitent à trois maisons l’un de l’autre, Michel Frugier et Maurice Billerot, aucun ne reviendra de la 1ère guerre mondiale.

Recensement 1906, 11-12 ans

Michel Frugier fils doit maintenant avoir 11-12 ans. Il vit avec son père Michel Frugier, maçon, patron, sa mère Eglantine Rillon, et sa grand-mère Marie Rillon, couturière. Pour ce recensement, leur logement est la 6ème maison du bourg. La famille de son oncle Emile Frugier occupe la 11ème : Emile Frugier, maçon, patron, sa femme Maria Baranger et leurs deux filles Anne et Reine. Les deux familles ne vivent donc vraisemblablement plus ensemble.

AD 79, Louin, recensement 1906. 6 M 213

Jusqu’à 20 ans

Je n’ai pas d’autres traces de Michel Frugier fils entre 1906 et 1915.

Je m’attends à ce qu’il soit devenu maçon de profession, à Louin, comme son père Michel, son grand-père Jacques Philippe et son arrière-grand-père Philippe, comme son oncle Emile, son grand-oncle Louis Philippe et son arrière-grand-père Jean (article Origine de Lussac, maçons migrants). Suzanne, dans son livret, indique qu’il a fréquenté l’école communale et appris le métier de maçon.

La guerre, la mort

Michel Frugier fils a dû être appelé au contingent en 1914, l’année de ses 20 ans. Je n’ai pas eu accès à sa fiche matricule. Il a dû partir la même année. Il meurt à l’ennemi le 11 octobre 1915, à Beauséjour, dans la Marne. Il faisait partie du 79è régiment d’infanterie. Ces informations viennent de sa fiche Mort pour la France ici.

Dans les archives transmises par Suzanne, une copie de la lettre reçue par ses parents leur annonçant sa mort.

Mardi 12 octobre 1915

Cher Monsieur

C’est au nom d’une grande camaraderie qui m’unissait à Michel que je me permets de vous écrire.
Et soyez persuadé cher Monsieur qu’il m’est dur de vous envoyer ces mots, et d’être auprès de vous le messager de mauvaises nouvelles.

Hier lundi 11 octobre vers une heure du matin Michal a été blessé par une torpille aérienne alors qu’il montait la garde en première ligne à quelques dizaines de mètres de l’ennemi sur le flanc gauche de la butte du Mesnil.

Aussitôt des brancardiers l’emportèrent au poste de secours situé tout près de là et où je me trouvais avec le Médecin Major du 3ème Bataillon. Immédiatement le major examina Michel et me fit part de la gravité extrême des blessures de votre cher fils.

Michel en effet avait été cruellement touché à plusieurs endroits du corps, particulièrement au pied gauche, à la jambe gauche, à la main gauche et au menton.

Pour adoucir ses douleurs, le médecin me chargea de lui administrer un calmant énergique.
D’abord, Michel s’endormit doucement. Pardonnez-moi Cher Monsieur, si je fais saigner cruellement votre cœur de père.

D’abord haletante la respiration de mon cher blessé devint plus calme, mais plus faible et doucement tout doucement Michel rendit sa belle âme à Dieu.

Si ce peut être pour vous une consolation, sachez cher Monsieur que votre fils est mort en brave soldat et qu’il emporte la sympathie la plus grande de tous les camarades, qui comme moi, l’ont connu au dépôt puis sur le front.

Soyez persuadé que je prends une grande part à votre douleur car moi aussi j’ai eu l’immense douleur de perdre mon seul frère tué en Lorraine, au début de la campagne et enterré par les boches dans je ne sais quel petite coin de notre Lorraine meurtrie.

Courage cher Monsieur courage. Présentez à la maman de Michel mes biens sincères condoléances. Michel a été mis en terre hier au soir dans une tranchée au pied de la butte du Mesnil non loin du Beauséjour. Une crois sera placées sur sa tombe bénie par l’aumonier. Tous les précieux objets que portait Michel ont été réunis et vous seront remis par l’intermédiaire du dépôt.

Louis GRUGER, étudiant en médecine, infirmier, au 3ème Bataillon, 79ème d’Infanterie


Après

Je cite Suzanne, dans le livret :

Ce fut bien sûr un drame pour ses parents dont il était le fils unique. Sur un cahier d’écolier, sa mère s’entretenait chaque jour avec lui, par exemple : « Aujourd’hui, j’ai vu Madame X, nous avons parlé de toi ». Mais la pauvre femme finit par en perdre la raison.

Après la guerre, ses parents se rendirent sur les lieux où Michel avait été inhumé, mais il ne fut pas alors possible de le retrouver. Des fouilles étaient pratiquées chaque année, pendant la saison d’hiver, pour retrouver les corps.

Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que son corps fut retrouvé et identifié, grâce à une bague qui lui avait été donnée par Amande Frugier, sœur de son père, épouse de Stanislas Rabit, horloger à Airvault.

Son père, Michel Frugier, ses cousins Emile et Joseph Proust et sa cousine Suzanne Rabit, épouse de André Barreau, se rendirent sur les lieux pour reconnaître les restes de Michel, et Joseph a notamment reconnu la forme de sa mâchoire. Ceci se passait aux environs de 1934-1935.

Ses restes furent déposés dans un petit cercueil furent transportés en l’église de Louin, où des obsèques furent célébrées et auxquelles tous les anciens combattants assistèrent. Quel évènement émouvant pour ce petit village !

Michel repose désormais dans le cimetière de son village natal. Sa mère, décédée le 30 juin 1927, ne l’a pas vu revenir. Quand à son père, il est décédé le 1er mars 1949 ; il a vécu seul les vingt deux dernières années de sa vie. On peut imaginer que sans ce terrible drame, il aurait pu avoir des petits enfants qui auraient égayé sa vie. La promise de Michel, au soir de sa longue vie, à 90 ans passés, parlait toujours de lui et conservait précieusement sa photo.


Le livret de Suzanne reproduit aussi cette photographie de Michel Frugier. Le dessin en en-tête de cet article vient aussi de ce dossier.

Michel Frugier 1894-1915

Au décès de Michel Frugier père, en 1949, les héritiers ont vendu sa maison à mon arrière-grand-père, et cette maison est encore dans ma famille. C’est pourquoi cette famille, les Frugier, avec qui je n’ai aucun lien de sang, est quand même un peu ma famille.

L comme Loudun, période 2 de l’itinéraire de René Marteau et Renée Aminot

Suite de l’article I comme itinéraire de René Marteau et Renée Aminot

Dans cet article en trois parties, itinéraire de vie de René, second enfant et premier fils de Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier, les donateurs de l’acte de 1859. Itinéraire particulier d’un fils de cultivateur du village de Louin qui, avec sa femme, quitte sa terre et le son village, exerce des métiers de domestique dans les petites villes limitrophes avant de s’éloigner encore plus, à Loudun, 30 km, où leur fille se marie avec un clerc de notaire.

J’ai choisi de raconter l’histoire de ce couple telle qu’elle est restée dans la mémoire familiale, recueillie cet été auprès d’un de leurs descendants, qui s’appuie je crois sur les mémoires de son père né en 1903 ; et de faire dialoguer la mémoire avec les sources à ma disposition, archives publiques et copies privées. Ceci est un état des recherches au moment où j’écris et a matière à évoluer.

En fin de période 1, le couple a exercé les professions de domestique chez un notaire d’Airvault, puis (lui) cocher au château de Saint-Loup, dans un ordre qui reste à déterminer. Leur fille Eugénie née en 1852 est filleule du notaire, qui est peut-être décédé en 1855 mais lui a légué une (petite?) dot.

Période 2. Loudun

(mémoire)

Quand Eugénie a 14 ans (donc vers 1866) elle est envoyée en apprentissage (couturière) à Loudun et loge chez un ami notaire.. Eugénie y rencontre un clerc de ce notaire,  lui même fils d’un sabotier de Loudun, Auguste Gilloire, et l’épouse. Ils ont deux enfants, René et Denise.

Il est très probable que le couple René Marteau-Renée Aminot ait fini par rejoindre leur fille Eugénie à Loudun.

La mère d’Auguste Gilloire avait tenu un petit café Porte de Chinon qui se doublait de l’atelier de sabotier de son mari (mémoire familiale, écrits du petit fils d’Eugénie). Il est possible que René Marteau et Renée Aminot aient pu finir par donner en permanence un bon coup de main à la belle-mère de leur fille. René lui même a d’ailleurs été repéré comme débitant, soit cabaretier.

(archives)

Difficile de retrouver des traces de l’apprentissage d’Eugénie Marteau à Loudun. Au moment où j’écris, ma sœur explore le recensement de Loudun de 1866 pour retrouver la maisonnée du notaire. Nous n’avons pas le nom du notaire. Peut-être DUPERRON.

AJOUT : Notaire trouvés à Loudun en 1866 (recensement) : Alfred DUCHASTEL, 50 ans, sa femme, trois enfants et un couple de domestiques, Julien ARCHAMBAULT 31 ans et sa femme Julie DUBINGUE, 31 ans ; Charles BERNIER, 40 ans, sa femme et une domestique, Marie FABRE, 35 ans.

Recensement de population, Loudun, 1866

Par contre, en 1866 à Loudun, on a bien le futur mari d’Eugénie Marteau : Auguste GILLOIRE, 15 ans qui vit avec ses parents Auguste Gilloire, sabotier, sa femme Célestine ESSELIN, et ses deux frères Honoré 15 ans et Emile 1 an, au 4 rue de la porte de Chinon.

Recensement de population, Loudun, 1872

Le recensement de 1872 nous apporte une information importante : René Marteau, Renée Aminot et Eugénie qui a 20 ans, vivent tous les trois au 46, rue de la Porte de Chinon. Lui domestique, elle cabaretière. Ce recensement n’indique par le nom des employeurs, et c’est bien dommage. On aurait aussi aimé savoir si Eugénie était couturière.

Dans la même rue, au 98 rue de la porte de Chinon, Auguste GILLOIRE sabotier (êtes-vous d’accord avec mon déchiffrage? La mémoire et d’autres actes de disent sabotier) 48 ans, Célestine ESSELIN sa femme 47 ans, Auguste son fils, clerc de notaire, 21 ans, Honoré son fils 18 ans et Emile son fils 7 ans. Auguste 21 ans clerc de notaire, futur mari d’Eugénie Marteau. Les sources sont insuffisantes pour mettre en évidence qu’Eugénie et Auguste travaillent pour le même notaire.

AD 86, recensement Loudun 1872. Quelle est la profession d’Auguste Gilloire? Dans d’autres actes il est sabotier

En résumé, les recensements de 1866 et 1872 sont tout à fait compatibles avec ce que la mémoire a retenu. En outre, ils précisent que les parents d’Eugénie Marteau se sont installés à Loudun au moins trois ans avant le mariage de leur fille. Ils montrent aussi que les futurs mariés habitaient alors dans la même rue. En revanche, pas de précision sur le nom d’un notaire chez lequel Eugénie aurait fait son apprentissage de couturière tandis qu’Auguste effectuait celui de clerc, ni sur le rôle d’un café tenu par Célestine Esselin la mère d’Auguste Gilloire.

AJOUT. Quelques recherches plus tard, nous apprenons que le 1) Auguste Amédée Duperron, docteur en droit, notaire, s’est marié le 20 novembre 1866 à Blois et qu’il était alors dit domicilié à Loudun 2) Concernant Me Duperron à Loudun, ses répertoires 1865-1868 sont numérisés et accessibles sur le site des archives départementales : ici direct.
Les dates sont cohérentes : Eugénie Marteau aurait pu être employée par le nouveau ménage, à partir de fin novembre 1866. Il faut parcourir le répertoire du notaire à partir de novembre 1866, disons. Trouve-t-on mention d’un contrat d’apprentissage concernant Eugénie Marteau? Si oui, relever la date et se procurer le contrat (soit aux AD, ou attendre la mise en ligne des minutes).

Mariage, 1875

Eugénie Marteau et Auguste Gilloire se marient à Loudun le 30 juin 1875.

Auguste Théodore Gilloire, clerc de notaire, 24 ans, libéré des obligations militaires, fils d’Auguste Gilloire, 50 ans, sabotier et de Célestine Esselin, 49 ans, tous deux demeurant dans la commune

et Eugénie Marie Marteau, 23 ans, couturière, demeurant à Loudun, née à Airvault, fille de René Marteau 55 ans, débitant, et de Renée Aminot son épouse.

Contrat de mariage établi le 29 juin 1875 auprès de Me Duperron, notaire à Loudun

Les témoins sont Auguste Amédé DUPERRON, notaire, 37 ans ; André Léon Michel MAUPION, docteur en médecine, 40 ans, demeurant tous deux à Loudun ; Auguste ESSELIN, propriétaire, 50 ans, commune de Sammarcoles, oncle de l’époux ; Louis Laurent AMINOT, huissier, 33 ans, demeurant à Vouillé (Vienne), cousin de l’épouse.


On a bien la profession de l’épouse, couturière, et celle de l’époux, clerc de notaire. Le contrat de mariage a été établi chez le notaire Duperron. On peut parier qu’Auguste Gilloire est clerc de ce notaire.

En outre, le même Duperron est le premier témoin du mariage. Cela collerait parfaitement avec la mémoire familiale, selon laquelle Eugénie et Auguste se seraient rencontrés chez un notaire, le notaire Duperron donc.

Sur le notaire : on le trouve dans le recensement de 1876, l’année suivant le mariage donc. Auguste Amédé Duperron, 38 ans, au 5, rue de la société, avec sa femme Sabine Amélie Laure LAISNé, 33 ans, née dans le Pas-de-Calais. Deux enfants Marguerite et Nelly, 5 et 8 ans ; deux domestiques, Pierre VERDIER et sa femme Octavie GANDOUDIN, 30 ans (vue 28)1876

Pour revenir au mariage de 1875, le second témoin est un docteur en médecine, MAUPION. On se souvient que René Marteau et Renée Aminot sont enfants de cultivateurs. J’imagine bien que marier leur fille avec comme comme témoins un notaire et un médecin est signe d’une belle ascension sociale.

Concernant le contrat de mariage établi le 29 juin 1875 chez Me Duperron, il figure bien dans les enregistrements du notaire (disponibles en ligne). Pour accéder au contrat, il faudra consulter les minutes aux archives de la Vienne (86), cote 4 E 55/441

Sur les professions des parents des mariés. Déjà je remarque que les professions des mères n’est pas mentionnée, alors que de toute évidence elles travaillent (ça m’énerve). Le père d’Auguste Gilloire est sabotier, tout à fait en accord avec la mémoire familiale et les recensements. René Marteau, le père de la mariée, est débitant. Débitant ça doit être un peu la même chose que cabaretier. Là, il y a quelque chose à comprendre sur qui travaille où, à relier avec la mémoire familiale (la belle-mère Célestine Esselin tenait un café porte de Chinon).

Après le mariage

Le 24 avril 1876 naît Denise Eugénie Marie Renée GILLOIRE, rue de la porte de Chinon, à Loudun. Son père est clerc de notaire et déclare l’enfant en présence d’Augustin Amédée DUPERRON, notaire, 38 ans et de Ludovic Edmond BOURGUIGNON, clerc de notaire, 21 ans. On reste dans le milieu du notariat!

Recensement 1876. au numéro 48 de la rue de la porte de Chinon, René Marteau, journalier, sa femme Renée Aminault (sic), Auguste Gilloire leur gendre, clerc de notaire, Eugénie sa femme, couturière, et Denise leur fille, 1 an.

Au numéro 62 de la rue de la porte de Chinon, Auguste Gilloire, sabotier et Célestine Esselin, sa femme, avec leurs deux fils Honoré, bourrelier, 22 ans et Emile, 11 ans. Je note une Honorine Esselin, 22 ans, sage-femme, originaire des Hautes Pyrénées, dans la maison d’à côté.

Ces recensements nous apprennent que le jeune couple est installé chez les parents d’Eugénie Marteau. Ou le contraire. Eugénie reste couturière. Profession de sa mère non mentionnée – s’occupe-t-elle de la maison et du bébé? Etrange trajectoire professionnelle de René Marteau, précédemment domestique (1872), puis débitant (1875), maintenant journalier (1876), alors que sa femme est cabaretière en 1872 puis … plus d’information sur sa profession. Il ne faut pas toujours croire ce que disent les archives, je rappelle au passage, qu’il ne faut pas non plus s’attacher aux numéros de rue qui évoluent d’un recensement à l’autre.

Le 31 janvier naît leur deuxième enfant, René Auguste Eugène GILLOIRE. Son père Auguste Gilloire a maintenant 28 ans, clerc de notaire, porte de Chinon à Loudun, et Eugénie Marteau 26 ans, profession non mentionnée. Déclaration en présence de François ESSELIN, gendarme en retraite, 56 ans, grand-oncle ; et Honoré Joseph GILLOIRE, bourrelier, oncle.

Ici s’achève cette époque de l’itinéraire de René Marteau et Renée Aminot. Un article suivra sur le devenir des deux enfants, Denise et René.
 

Image d’en tête : Loudun. La rue Porte de Chinon. — Loudun : Dando-Berry. 5 Fi 651, AD de la Vienne

K comme Khartis et mes outils de cartographie

#méthodologie

Google Maps + Capture d’écran Windows + WordPress

Quand j’ai besoin d’une carte pour comprendre et faire comprendre la géographie d’un lieu, les distances, les possibilités de déplacement .. J’utilise en premier Google Map, comme tout le monde je pense, par facilité. C’est super rapide, c’est super ergonomique. Cela calcule les distances entre deux point très facilement. Ensuite, je fais une capture d’écran (avec l‘outil de capture intégré à Windows 10).

Capture d’écran sous Windows 10.
Par contre pour prendre une capture d’écran de l’outil de capture d’écran, j’ai dû ruser

Et, magique, avec l’éditeur récent de WordPress (Gutenberg, l’éditeur en bloc), ma plateforme de blog, je fais un copier de mon outil de capture d’écran (control C), un coller dans mon article, et hop c’est fait. Je rajoute juste une légende (un clic sur la carte, un clic dans le texte de légende, et voilà)/

Distance d’Airvault (79) à Loudun (86)

Google Maps + Capture d’écran Windows + Powerpoint + WordPress

Si je veux personnaliser un peu plus, je colle la carte dans une présentation Powerpoint. Dans Powerpoint, j’utilise l’insertion de formes, y compris pour mettre du texte.

Je colle ça en général dans une présentation Powerpoint pour rajouter des informations, des légendes. Ici, je suis partie d’une carte Google Maps (en vue satellite), et j’ai ajouté la ligne blanche, les 4 km, et ré-écrit les toponymes Airvault et Louin car ils apparaissaient mal contrastés et trop petits sur la carte.

J’ai sélectionné la zone comportant l’image, ce qui a sélectionné aussi mes ajouts sur Powerpoint, control C, et control V dans WordPress. Ca marche ! (testé pur vous, avant je faisais d’abord dans ppt click droit > option de collage : image, puis je resélectionnais l’image et control C. Inutile en fait.

Un des inconvénient de Google map : vous voyez les « Ciments Calcia » ? Impossible d’enlever cette mention en vue satellite, ou alors je n’ai pas trouvé comment faire. Là encore, la cimenterie, ça va, c’est même lié à notre sujet. Parfois, on tombe sur le McDo et le Lidl. En généalogie, comment dire … ça ne fait pas sérieux.

Apprendre à utiliser Khartis

Outil de cartographie de Sciences Po https://www.sciencespo.fr/cartographie/khartis/ recommandé par nombreux blogueurs généalogistes. Je m’y suis mises, de façon vraiment très basique. Par exemple, vous avez vu cette carte dans l’article B, elle a été fait avec Khartis. Fond de carte : départements français.

Département des Deux-Sèvres (Khartis)

C’est tout pour aujourd’hui. En réalité, je guette les articles des autres bloggeurs du challenge AZ, des fois que je trouve de l’aide pour contourner quelques problèmes, par exemple :

Où trouver, ou comment créer, d’autres fonds de carte utilisables dans Khartis qui sont des extaits de fonds standard. J’ai besoin de monter la localisation de certaines communes des Deux-Sèvres – mais le fond de carte standard disponible montre toutes les communes de Nouvelle-Aquitaine. J’obtiens donc au mieux la carte si dessous en rognant autour des Deux-Sèvres. Cela ne me va pas parce que : c’est moche ! Je ne veux voir les Deux-Sèvres telles quelles, mais que du gris uni autour. Le challengeAZ 2020 va-t-il m’aider?

J comme Jean Sauvageau, le mari qui autorise

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Faisons connaissance avec Jean Sauvageau

Jean Sauvageau nous intéresse car il s’est marié à Marie Marteau, un des trois enfants au bénéfice de qui Mathurin Marteau et Jeanne Tessier effectuent la donation partage de 1859 (ici). D’ailleurs ça m’énerve car la femme est autorisée de son mari, agit avec l’autorisation de son mari. Faut pas s’énerver mais ça m’énerve.

« Le sieur Jean SAUVAGEAU, cultivateur et Marie MARTEAU, de lui autorisée demeurant ensemble au bourg et commune de LOUIN « 

« … ce qui est accepté par le dit sieur René MARTEAU, par la femme SAUVAGEAU avec l’autorisation de son mari« 

Mariage

Jean Sauvageau et Marie Marteau se marient à Louin le 11 juillet 1848. Lui 27 ans, elle 23 ans. Il est domestique, demeurant à Airvault, fils de Pierre Sauvageau, cultivateur à Louin, 68 ans, et de Marie Baranger, décédée à Louin le 13 mai 1848 – donc deux mois avant ce mariage.

Elle est fille de Mathurin Marteau et Jeanne Tessier, orthographié Texier, 53 ans chacun, mais eux on les connaît déjà, voir article D, F et G.

Témoins : Louis POINOT, masson (orthographié ainsi), Louin, ami de l’époux ; Louis FAVREAU, 30 ans, cultivateur, Louin, beau-frère de l’époux ; René MARTEAU, 28 ans, cultivateur, Louin, frère de l’épouse ; François SAUVAGEAU, 42 ans, cultivateur, Louin, ami de l’épouse. Signent : Jean Sauvageau, Favreau, Poinot, Martin [Pierre Martin, maire]

Signature de Jean Sauvageau en 1848

Des actes notariés

Je sais par ailleurs qu’il existe une donation partage du 23 juin 1848 de Pierre Sauvageau, le père, vers ses 7 enfants (dont Jean Sauvageau, forcément). Je n’ai pas encore ce document.

Je sais aussi, par un acte de 1836, que la famille de Marie Marteau et un certain François Sauvageau devaient être voisins proches. En effet, l’acte de 1836 concerne un puits construit sur le terrain de François Sauvageau. Le hic, c’est que je n’ai pas encore identifié qui est François Sauvageau par rapport à Jean, celui qui nous occupe.

Fille unique

La fille unique de Jean Sauvageau et Marie Marteau nait le le 21 septembre 1849. Elle est prénommée Marie Germanie. J’ai parlé du prénom Germanie dans un article précédent. Le patronyme Sauvageau est orthographié SAUVAGEAUX avec un X. Témoins Pierre Sauvageaux, cultivateur, 69 ans, grand-père de l’enfant ; et Louis FAVREAUX, cultivateur, 31 ans.

Mariage de la fille unique

Marie Germanie Sauvageau grandit, pas de frère et sœur, elle a 10 ans lors de la donation partage dont bénéficie sa mère autorisée par son mari, comme noté au-dessus. A 18 ans, elle se marie. 26 novembre 1867. Elle se marie à Louin. Toutes mes histoires se passent à Louin. Quand on sort de Louin, je vous préviens.

… Elle se marie avec qui ?

… vous souvenez-vous des schémas où il y avait plein de jeunes célibataires que j’avais très envie de marier ? Vous souvenez-vous de la famille Poirault, celle de Marie Magdeleine qui a épousé Philippe Frugier, d’Elisabeth qui a épousé Augustin Marteau – lequel n’est autre que l’oncle de Marie Germanie Sauvageau, vu qu’il est le petit frère de Marie Marteau.

Bref, Marie Magdeleine et Elisabeth Poirault ont un petit frère Louis Philippe, Louis de son prénom d’usage. Le petit frère a 27 ans et c’est lui qui épouse Marie Germanie Sauvageau, devenant par là le mari de la nièce de son beau-frère. Et voilà le schéma, les nouveaux mariés sont en vert.

Epilogue

1872, on est 5 ans après le mariage, le recensement indique que Louis Poirault et Marie Sauvageau vivent sous le toit des parents Jean Sauvageau et Marie Marteau, 51 ans et 46 ans, dans le bourg de Louin. Pas d’enfants, et de fait ils n’en auront pas et ne laisseront pas d’héritiers (source : succession 1906)

Recensement 1872, Louin, dans le bourg, vue 4. AD 79 / Filae

Marie Marteau et Jean Sauvageau, puis Marie Germanie Sauvageau, ont hérité d’un tiers des biens de Mathurin Marteau et Jeanne Tessier, en vertu de l’acte de donation partage de 1859 (). En l’absence d’héritier, la maison faisant partie de la part de Marie Marteau reviendra à une autre branche, celle d’Eugénie Marteau, la fille de René Marteau et Renée Aminot dont il a été question dans les articles I puis L et N. Source : descendants.

I comme itinéraire de René Marteau et de Renée Aminot, période 1

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Dans cet article en trois parties, itinéraire de vie de René, second enfant et premier fils de Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier, les donateurs de l’acte de 1859. Itinéraire particulier d’un fils de cultivateur du village de Louin qui, avec sa femme, quitte sa terre et le son village, exerce des métiers de domestique dans les petites villes limitrophes avant de s’éloigner encore plus, à Loudun, 30 km, où leur fille se marie avec un clerc de notaire.

Nous reprenons aux 30 ans de René Marteau. Pour les périodes précédentes, article E puis article G.

J’ai choisi de raconter l’histoire de ce couple telle qu’elle est restée dans la mémoire familiale, recueillie cet été auprès d’un de leurs descendants, qui s’appuie je crois sur les mémoires de son père né en 1903 ; et de faire dialoguer la mémoire avec les sources à ma disposition, archives publiques et copies privées. Ceci est un état des recherches au moment où j’écris et a matière à évoluer.

Période 1. 1850-1865 mariage, enfant. Airvault, Saint Loup

(mémoire)

René Marteau est d’abord cocher au château de Saint-Loup, puis employé à Airvault – chez le notaire Roy qui emploie aussi sa femme Renée Aminot. René Marteau a connu Renée Aminot à Saint-Loup où elle faisait probablement des « journées ». Le notaire a renommé Renée « Ernestine » pour éviter la confusion avec son mari.

Le notaire Roy est veuf ou célibataire. Il devient le parrain de l’enfant du couple, Eugénie, née en 1852. Il la dote d’un « Patis Grolleau à Boussais » (acte de 1854 – que je n’ai pas)

Renée et René vivent à Airvault mais reviennent souvent à Louin à pied, en passant par « le chemin de la Rochelle », avec leur fille Eugénie. Pour que Eugénie se rappelle le nom du chemin, ils lui font croire que la chouette qui hulule hou hou sur leur passage prononce à répétition le nom du chemin.

(sources d’archives)

1850, mariage à Airvault (acte d’Etat civil, AD 79). Lui est cultivateur et demeure dans le bourg de Louin. elle est domestique à Airvault. Trois des quatre témoins demeurent à Airvault, cordonnier, boulanger, tisserand (voir article G)

En 1852 à la naissance d’Eugénie à Airvault (acte d’Etat civil, AD 79). Renée Aminot est dite « sans profession », René Marteau est dit domestique à Airvault.

En 1859, Acte de donation partage (copie partielle, archives familiales). Dans les comparants « Le sieur René MARTEAU, cocher, demeurant au château en la ville de Saint Loup« 

(dissonances archives – mémoires)

A ce stade, il semble que la mémoire et les actes ont une vision différente de la chronologie des métiers de René Marteau. Pour la mémoire, il était cocher à Saint-Loup, y a rencontré sa femme qui travaillait comme domestique à Airvault ; les archives disponibles le disent cultivateur à Louin jusqu’à son mariage, puis domestique à Airvault 1852 (naissance de sa fille), puis cocher au château de Saint-Loup en 1859.

On aimerait en savoir plus. La mémoire peut s’embrouiller, les archives peuvent donner des visions faussées de la réalité. Il n’y a hélas pas de recensements de population à cette période à Airvault ni à Saint-Loup.

Néanmoins, j’ai recherché ce que disent les archives sur le notaire Roy, celui que la mémoire dit employeur du couple et parrain de leur fille.

(le notaire Roy)

Il y a un eu un notaire Auguste Roy à Airvault, actif au moins entre 1839 et 1847 (recherche sur le site des AD 79). On a aussi un décès, le 28 novembre, 1855 d’un Auguste Roy, ancien notaire, célibataire, 45 ans, né à Boussais.

Si Auguste Roy est bien la bonne personne, employeur et parrain, on pourrait avoir cette chronologie : René Marteau et Renée Aminot sont employés par le notaire (mémoire), le notaire devient parrain de leur fille Eugénie (1852, mémoire, vérifiable si on trouve les actes paroissiaux), le notaire dote Eugénie (1854, vérifiable si on met la main sur l’acte qui doit être dans la famille), le notaire décède (1855, état civil, reste à confirmer que c’est la bonne personne), René Marteau prend le job de cocher au château de Saint-Loup. Cela se tiendrait.

Pour la suite de l’itinéraire, rendez-vous à l’article L comme Loudun, période 2 de l’itinéraire de René Marteau et Renée Aminot.


Image d’en-tête : Saint-Loup-sur-Thouet [auj. Saint-Loup-Lamairé]. Le château et le pont-levis. Construit à la fin du XVIème siècle par Henri Ier d’Escoubeau, cardinal de Sourdis, abbé commanditaire d’Airvault, seigneur de Maillezais, pour un membre de la famille Gouffier, laquelle possédait alors la baronnie de Saint-Loup. – [S.l.] : Édition Fievet-Gautreau, [s.d.]. – 1 impression photomécanique sur papier (carte postale), noir et blanc ; 9 × 14 cm (image). Date [1890]-[1950]

Cote 40 FI 561, AD 79

H comme Michel Frugier, Héritier

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Une des maisons concernées par l’acte de donation partage de 1859 (ici), celle attribuée à Augustin Marteau, va sortir de la famille Marteau. Augustin Marteau et sa femme Elisabeth Poirault, mariés en 1863 (article) n’ont pas d’enfants.

  • 12 octobre 1868, Augustin Marteau fait donation de l’usufruit de sa succession (dont la maison, donc) à sa femme Elisabeth Poirault, chez Me Desmé notaire à Saint-Loup
  • 3 septembre 1882, chez Me Desmé, il effectue un leg valant testament à Michel Frugier, maçon demeurant à Louin. Le leg porte sur une maison et dépendances sise au bourg et commune de Louin, et doit prendre effet au terme de l’usufruit
  • 2 février 1903, liquidation de la succession d’Augustin Marteau chez Me Théophile Fiévé à Saint-Loup. Il y est fait référence aux actes de 1868 et 1882
  • 1910, décès de Elisabeth Poirault veuve d’Augustin Marteau. Michel Frugier devient propriétaire de la maison.

J’ai accès à une partie de l’acte de 1903, et nous avons connaissance des autres actes de manière indirecte pour le moment. Les archives départementales des Deux-Sèvres ont entrepris la numérisation des répertoires et minutes de notaires. Saint-Loup 1859-1910 n’y est pas encore, guettons.

Qui est Michel Frugier, l’héritier de la maison?

Naissance

Michel Frugier est né à Louin le 21 février 1865 de Jacques Philippe Frugier, 29 ans, demeurant à Chambon, commune de Louin, maçon, et de Marie Magdeleine Poyrault, 32 ans, propriétaire, demeurant à Chambon, commune de Louin. Témoins : Augustin Marteau, 29 ans, demeurant à Louin, scieur de long, et Michel Bergerau, 50 ans, demeurant à Louin, scieur de long.

Michel Frugier est donc un fils du couple que l’on a marié dans l’article F, souvenez-vous, ceux qui sont en orange. Du coup, voyez-vous, Michel Frugier est le neveu d’Augustin Marteau , celui qui va lui léguer sa maison, vu que la femme d’Augustin Marteau est Elisabeth Poirault, et Elisabeth Poirault est la sœur de Marie Magdeleine Poyrault, vous suivez ? Non? Sans schéma, moi non plus.

En 1882, lorsque son oncle par alliance Augustin Marteau prévoit de lui léguer sa maison, Michel Frugier est âgé de 17 ans. Nous ne connaissons pas la raison exacte de ce leg, alors qu’Augustin Marteau a deux nièces, Eugénie Marteau épouse Gilloire, et Marie Germanie Sauvageau sur laquelle je reviendrai dans l’article J.

Armée

Michel Frugier, classe 1885. Matricule de recrutement 761. Canton de Saint-Loup. Décision du conseil de révision : bon. Parti pour le 90e régiment d’infanterie le 6 décembre 1886. Arrivé au corps le dit jour. Immatriculé sous le numéro 739. Passé au 126è régiment d’infanterie le 18 mai 1888. Immatriculé sous le numéro 696. Certificat de bonne conduite accordée.

Passé dans la réserve de l’armée active le 22 septembre 1890.

Degré d’instruction générale : 3 ; c’est-à-dire qu’il « possède une instruction primaire plus développée » que juste savoir lire et écrire (niveau 2), mais n’a pas le brevet de l’enseignement primaire (niveau 4)

Signalement

Fiche matricule Michel Frugier, Bureau de recrutement de Parthenay, classe 1885, AD 79

Michel Frugier a ensuite effectué plusieurs périodes d’exercice, puis libéré du service militaire le 1er octobre 1910. Consulter la fiche matricule vue 269/504 (site des AD 79)

Mariage

Michel Frugier se marie à Louin en 1893 avec Marie Stéphanie RILLON.

24 janvier 1893, Michel Frugier, 27 ans, demeurant à Chambon , maçon, fils de Jacques Philippe Frugier, 57 ans, maçon, demeurant à Chambon , et de Marie Magdeleine Poyrault, 59 ans, sans profession, demeurant à Chambon

Et Marie Stéphanie Rillon, 27 ans, née à Tessonnière le 5 octobre 1865, lingère demeurant à Louin, de père inconnu et de Marie Rillon, 47 ans, couturière demeurant à Louin

Pas de contrat de mariage. Témoins

  • Emile FRUGIER, soldat, 22 ans, demeurant à Verdun, frère du futur
  • Augustin MARTEAU, cultivateur, 57 ans, demeurant à Louin, oncle du futur
  • Eugène BERTEAU, maréchal, 47 ans, Cholet, oncle de la future
  • Stanislas RILLON, maréchal, 43 ans, Saint-Généroux, oncle de la future.

Ensuite

Michel Frugier et Marie Stéphanie Rillon, dont le prénom d’usage était Eglantine, auront un fils, mais aussi un drame absolu lié à la première guerre mondiale. J’en dis plus, plus tard.

G comme Génération 3 issue de Mathurin Marteau et Jeanne Tessier

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Continuons la descendance du couple Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier, ceux qui ont effectué la donation partage de leurs biens entre leurs enfants en 1859. Acte de donation, articles sur les Donateurs , articles sur les Enfants, et maintenant la Génération 3, c’est-à-dire les descendants (ou pas) des quatre enfants des donateurs.

Marie Jeanne Marteau, mariée à François Texier

Mariée à 22 ans avec un cultivateur de Louin, Marie Jeanne Marteau décède deux ans plus tard, 11 octobre 1841, dans sa maison dans le bourg de Louin. Déclarants François FAVREAU, 50 ans, vigneron, voisin, et Jean ROUX, 65 ans, garde champêtre, voisin. Décès le 10 octobre à 2 heures du soir, déclaration le lendemain à 10 heures du matin. Elle avait 24 ans.

Je n’ai pas trouvé de naissances. François Tessier se remarie le 5 juillet 1842 avec Marie Augustine BOUDEAU. Parmi les témoins, Louis AMINOT, cultivateur à Saint Loup, oncle de l’épouse. Louis Aminot est aussi le père de Renée Aminot, qui épouse René Marteau, le petit frère de Marie Jeanne Marteau, en 1850. Vous suivez?

François Texier décède 5 ans plus tard, 25 juillet 1847, à Louin. Déclarants Jean Jamin (? je ne connais pas ce patronyme), propriétaire, 53 ans, et Charles Bedain, cultivateur, 54 ans, voisins du défunt.

Outre le fait que je n’ai pas trouvé à Louin de naissance du couple Marie Jeanne Marteau X François Texier, je remarque que l’acte de donation de 1859 ne fait pas mention d’enfants de cette fille décédée. Il n’y a pas de génération 3 côté Marie-Jeanne Marteau

René Marteau, marié à Renée Aminot

Ce couple détonne dans le paysage. Nous verront leur itinéraire complet dans un prochain article. Néanmoins, je peux d’ores et déjà révéler qu’ils ont eu une fille, Eugénie.

Eugénie Marie MARTEAU, née le 13 mai 1852 à Airvault. Père René Marteau, 32 ans, domestique. Mère Renée Aminot, sans profession, 30 ans. Témoins Urbain Pierre CHRETIEN, coutelier, 44 ans, et Clément Louis ROBERT, marchand épicier, 38 ans, Airvault.

Je n’ai pas trouvé d’autres enfants du couple. Les partages de biens ultérieurs montrent que Eugénie reste la seule héritière de René Marteau. On a bien une troisième génération de ce côté là de l’arbre. Et en plus, j’espère avoir l’occasion d’en parler également, Eugénie a des descendants jusqu’à maintenant.

Marie Marteau, mariée à Jean Sauvageau

Mariés en 1848. Une seule fille à ma connaissance, une seule ayant atteint l’âge adulte en tout état de cause. Il s’agit de Marie Germanie SAUVAGEAU, née le 20 septembre 1849 à Louin, acte du 21 septembre. Le patronyme est orthographié SAUVAGEAUX. Déclaration par le père Jean Sauvagaux, 28 ans, demeurant au bourg, cultivateur. En présence de Pierre Sauvageaux, grand-père, 69 ans et Louis FAVREAU(lt?) cultivateurs, 30 ans, oncle.

Je remarque que Jean Sauvageau était domestique à Airvault au moment de son mariage. A la naissance de l’enfant, il semble être rétabli cultivateur à Louin, comme son (vieux) père.

Le prénom Germanie m’a étonnée. Est-ce une graphie différente, voire une erreur, pour « Germaine »? En fait, en parcourant les registres d’Etat civil, les recensements, j’ai constaté que ce prénom Germanie est utilisé à Louin. Le site Geneanet nous donne la fréquence d’utilisation du prénom, sur des données  » issues des différentes bases de Geneanet ». Lien.

Voilà la carte de répartition des Germanie entre 1800 et 1900. Et bingo, le rouge, au milieu à gauche, qui indique une plus grande fréquence (relative) des Germanie, le rouge se trouve en partie sur le nord du département des Deux-Sèvres où se trouve la commune de Louin.

Carte de répartition du prénom Germanie

1800-1900

Geneanet

Le nom usuel de Marie Germanie Sauvageau est Marie, me semble-t-il, mais je dois retrouver la source d’où je tiens cette information.

Toujours est-il qu’elle atteint l’âge adulte, se marie avec Louis POIRAULT (Louis Philippe POIRAULT). J’aurai l’occasion de reparler de cette famille POIRAULT, mais le couple n’a pas de descendance.

Augustin Marteau, marié à Elisabeth Poirault

Mariage en 1863, comme on a vu. Las, le couple reste sans enfants. En 1882, après près de 20 ans de mariage, Auguste Marteau fait un testament sur lequel je n’ai pas encore remis la main. Néanmoins, je sais par des sources indirectes qu’il lègue sa maison à son neveu. Non pas à son neveu à lui directement, vu qu’il n’a pas de neveu. Il a deux nièces, cependant :

Marie Germanie Sauvageau, voir le paragraphe juste au-dessus, âgée alors (en 1882) de 33 ans et mariée depuis ses 18 ans à Louis Poirault, qui est … argh, c’est trop compliqué, qui est le petit frère de sa femme à lui, Elisabeth Poirault. Laquelle Marie Germanie, fille unique, devait logiquement hériter de sa mère Marie Marteau la sœur d’Augustin Marteau. Ceux qui suivent, prouvez-le.

Seconde nièce, Eugénie Marteau, la fille de René et Renée, est aussi fille unique, héritière de la part de son père, âgée de 30 ans et mariée depuis l’âge de 23 ans, mais à Loudun. Loudun – Louin 30 km, mais on m’a signalé l’existence d’une ligne de train, il faut que je regarde cela de plus près, dans un autre article peut-être.

Bref, donc, Augustin Marteau, marié depuis 20 ans, sans enfants, lègue sa maison au neveu de sa femme. Le neveu s’appelle Michel FRUGIER, et est le fils de Marie Magdeleine Poirault, sœur d’Elisabeth Poirault et mariée à Philippe Frugier.

Un schéma, pour ceux qui n’ont pas tout suivi

Image d’en-tête : des marteaux (j’assume). Image par Andreas Achilleos de Pixabay

F comme trois Familles : Marteau, Frugier, Poirault

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Jusqu’à maintenant, nous avons vu le partage des maisons de Mathurin MARTEAUet sa femme entre leurs enfants, par acte de 1859. Articles sur Acte, Bourg de Louin, Maisons, Donateurs. Deux autres familles vont être amenées à prendre de l’importance dans l’histoire, la famille POIRAULT et la famille FRUGIER.

Marteau

Voici la situation de la famille Marteau à cette date, 1859. Les parents, donateurs, ont 64 ans. Mathurin Marteau s’éteindra l’année suivant, sa femme vivra encore 7 ans.

Leur fille aînée Marie Jeanne est décédée, leur second enfant René Marteau est âgé de 39 ans, marié, une fille de 7 ans, Eugénie.

Leur fille suivante, Marie Marteau, 34 ans, mariée à Jean Sauvageau, une fille de 10 ans, Marie Germanie Sauvageau.

Et enfin leur petit dernier, Augustin Marteau, 24 ans, célibataire, est sous les drapeaux au moment du partage.

Les parents vivent au bourg de Louin, et les enfants respectivement à Saint-Loup (commune limitrophe), Louin, et Vincennes (armée).

Situation de la famille Marteau lors de l’acte de donation partage en 1859

Frugier

La famille Frugier : le père, Philippe Frugier, est décédé deux ans auparavant. Philippe Frugier est né loin de Louin (ahah), 130 km, à Lussac-les-Eglises, dans la Haute-Vienne, 87. J’espère avoir l’occasion de bien comprendre son parcours et d’en reparler. Pour l’instant, je sais que lui et son frère Jean Frugié (c’est ainsi qu’il signe) sont les fils d’un maréchal de Lussac-les-Eglises ou de le Dorat, toujours en Haute Vienne. Ils ont 10 ans d’écart, Jean est l’ainé (° 1789). Ils perdent leur mère en 1809.

Et on les retrouve à Louin, profession maçons (orthographié masson), d’abord Jean qui s’y marie en 1818, puis Philippe en 1825 avec Rose BERGEREAU. A leur mariage, leur père est toujours à Lussac-les-Eglises, maréchal expert (qu’est-ce?) et envoie son consentement par acte notarié.

Philippe Frugier et Rose Bergereau (ou Bergeraux), ce sont eux qui nous intéressent ici, vivent à Louin. La situation en 1859, 34 ans après leur mariafe, est la suivante : Philippe Frugier est décédé depuis 2 ans. Rose Bergereau a 53 ans. Trois fils, tous maçons comme papa, et une fille.

L’ainé, Louis (Louis Philippe) est vraisemblablement parti à l’armée de 1848 à 1853. En tous cas je sais qu’il a été déclaré propre au service l’année de ses 20 ans, mais les sources ne donnent pas d’information sur son régiment d’affectation (liste de tirage au sort et liste du contingent canton de Saint-Loup, 1848). AJOUT. Non il n’est pas parti, il a tiré le numéro 50, le dernier numéro à être parti est le numéro 14 (fin d’ajout). En 1859, il est célibataire.

Le second, Michel, est enregistré à l’Etat civil avec le prénom de Méchille ; son grand-père paternel s’appelle Michel, parfois écrit Miche, parfois Michelle. Le second donc était maçon à ses 20 ans et a aussi été déclaré bon au service militaire. Il s’est marié à Toulouse en 1858 et apparemment était encore dans sa période militaire, car le mariage a nécessité, en plus du consentement de sa mère, celui de l’armée (acte de mariage, Toulouse, 28 juin 1858 X Suzanne Esquié). Michel Frugier semble s’établir à Toulouse avec sa femme : on les y retrouve en 1872, sans enfants. Source : recensement Toulouse 1872, vue 126/4099, 106 rue Bayard, lui 40 ans, négociant en gros (sauf erreur de déchiffrage), elle 32 ans. Michel Frugier de Toulouse décède à 76 ans, 1er juillet 1907, à Toulouse, domicile 43 rue Bayard. Je n’aurai pas l’occasion de reparler de ce Michel-là, établi loin de Louin (re-ha ha)

Troisième enfant, Philippe Frugier (Jacques Philippe), a été exempté de service militaire en raison d’un frère sous les drapeaux. En 1859, il est âgé de 24 ans et célibataire.

Enfin la fille la plus jeune, Marie Léonie Frugier, 21 ans, célibataire. Je n’aurai pas l’occasion d’en reparler de si tôt non plus, donc voilà son parcours : elle se marie avec un tailleur de pierre de Parthenay (1862, Louin) qui devient alors maçon et tailleur de pierre à Louin. Ils ont trois enfants, Louis Etienne en 1863, Marie Léonie en 1865, Rosalie Stéphanie en 1867, et elle décède en 1868 à l’âge de 30 ans. Quatre ans plus tard, recensement 1872, je repère son veuf, maçon, vit dans le bourg de Louin avec sa mère à lui, sa mère à elle et les trois enfants, Etienne, Marie et Rosalie.

Situation de la famille Frugier en 1859

Poirault

Intéressons-nous maintenant à la famille Poirault, ou Poyrault, Poireaut, Poireau… Le père est Pierre Poirault, décédé en 1843. L’ainé des enfants avait 12 ans. La mère Marie Thibault ne s’est pas remariée. En 1859, je repère quatre enfants : Pierre, 28 ans, célibataire. Marie Magdeleine, 27 ans, célibataire. Elisabeth, 24 ans, célibataire. Et enfin Louis, 19 ans, pas encore passé par le tirage au sort pour le service militaire, célibataire.

Situation de la famille Poirault en 1859

Bon, je ne sais pas vous, mais moi voir tous ces jeunes gens célibataires, ça me donne envie d’en marier quelques uns. Voilà qui fut fait :

Mariage Frugier X Poirault (1861)

Le 27 août 1861, mariage de Jacques Philippe Frugier, 26 ans et trois mois, né à Louin le 1er mai 1835, profession de maçon, demeurant à Louin, majeur, fils légitime de feu Philippe Frugier décédé à Louin le 23 septembre 1857, et de D[a]me Bergereau Rose, âgée de 56 ans, propriétaire demeurant à Louin, présente et consentante

Et Melle Poyrault Marie Magdeleine, 29 ans et un mois, née à Louin le 24 juillet 1832, sans profession, demeurant à Louin pour domicile de fait, à Thouars pour domicile de droit, fille légitime de feu Poyrault Pierre décédé à Louin le 25 mars 1843 et de D[a]me Thibault Marie âgée de 64 ans, propriétaire, demeurant à Chambon commune de Louin, présente et consentante

Pas de contrat de mariage. Témoins

  • Pierre Bergereau, 47 ans, tisserand, Louin
  • Michel Bergereau, 45 ans, scieur de long, Louin
  • Augustin Poyrault, 79 ans, propriétaire, Moncontour
  • Pierre Poyrault, 30 ans, domestique, Chambon de Louin [c’est son grand frère]

Signatures, sauf de la mariée et des mères des mariés.

Je n’explique pas pourquoi Marie Magdeleine Poirault est domiciliée de droit à Thouars. Je suis preneuse de suggestions.

Mariage Marteau x Poirault (1863)

Le 29 septembre 1863, Marteau Auguste, 28 ans, né à Louin le 8 septembre 1835, profession cultivateur, demeurant à Louin, majeur, fils légitime de feu Marteau Mathurin décédé à Louin le 1er mars 1860, et de Texier Jeanne, 67 ans, sans profession, Louin, présente et consentante

et Melle Poireault Elisabeth, 28 ans 6 mois, née à Louin le 24 mars 1835, sans profession, demeurant à Chambon commune de Louin, majeure, fille légitime de feu Poireault Pierre, décédé à Louin le 25 mars 1843, et de D[a]me Thibault Marie, âgée de 66 ans, profession propriétaire, demeurant à Chambon commune de Louin, présente et consentante.

Pas de contrat de mariage. Témoins :

  • Jean Marteau, 61 ans, cultivateur, Louin, oncle du marié
  • Jean Sauvageau, 42 ans, cultivateur, Louin, beau-frère du marié
  • Pierre Poireault, 32 ans, cultivateur, Louin, frère de la mariée
  • Louis Poireault, 23 ans, cultivateur, Louin, frère de la mariée

Tous signent sauf la mariée, les mères des mariés et le témoin Jean Marteau


Ces deux mariages sont suivis très peu d’années plus tard par un autre mariage, au sein de ces trois familles. Saurez-vous deviner lequel?

Ils ont par la suite une importance dans la destinée des maisons, dont l’une arrive dans ma famille par un jeu d’héritages et de vente, sans aucun lien familial ni de transaction directement avec les Marteau.


Image d’en-tête : détail de Nature morte aux poireaux, Boudin. Au musée de Quimper ici

Nature morte aux poireaux, BOUDIN Eugène Louis
Entre 1853 et 1856, H. x L. : 40,2 x 58 cm, Huile sur bois
1964-2 Don ISPENIAN, Peintures françaises XIXe siècle
Musée des Beaux-arts de Quimper

E comme les Enfants de Mathurin Marteau

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Dans cet article, je reprends la vie et le devenir des enfants du couple Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier, mariés à Saint-Loup (79) en 1815 et établis à Louin, village d’origine de Mathurin Marteau, vigneron puis cultivateur. Pour rappel, l’arbre

Naissances

On remarque l’orthographe mouvante du patronyme MARTEAU : Marteault, Martaux, Martault (couplé à des difficultés de déchiffrage qui rendent ma lecture peu sûre, en fait). Le patronyme de la mère, Marie Jeanne TESSIER, apparaît toujours sous sa forme TEXIER. Les témoins Roux, Bedain, Sauvageau font partie du même pâté de maison. Père et témoins ne signent pas.

Circonscription

Il semble donc que René et Augustin Marteau ont effectué tour à tour leur service militaire, qui était de 5 ans à l’époque. René serait donc parti de 1840 à 1845, et Augustin de 1855 à 1860 – la certitude, c’est que Augustin était à l’armée en 1859 (acte notarié). On aimerait en vraiment savoir plus sur leurs parcours militaires.

Sources consultées

  • Listes cantonales de tirage au sort, classe 1840 1 R 39 Saint Loup sur Thouet, ici (René Marteau vue 3)
  • Listes cantonales du contingent, classe 1840, Saint Loup sur Thouet ici
  • Listes cantonales de tirage au sort, classe 1855 Saint Loup sur Thouet ici (vue 7)
  • Liste du contingent, classe 1855, Saint Loup sur Thouet ici

Mariages

Mariages de la fratrie Marteau. Source : actes de mariage, AD 79, tous consultés et à disposition sur demande. Tout a lieu à Louin (79) sauf mention contraire

Bilan

Image d’en tête : Famille de paysons dans un intérieur, Louis Le Nain — https://www.panoramadelart.com/Le-nain-famille-paysans-interieur, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22334117. Je suis désolée pour l’anachronisme.

D comme les Donateurs

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Les donateurs sont Mathurin MARTEAU et sa femme Marie Jeanne TESSIER « Le sieur Mathurin MARTEAU, cultivateur et Marie-Jeanne TEXIER, sa femme, de lui autorisée demeurant ensemble ou bourg et commune de LOUIN« 

Mathurin Marteau, Marie Jeanne Tessier et leurs enfants, dont il est question dans cet article

Naissance de Mathurin Marteau

Mathurin Marteau, né le 3 mars 1795 à Louin, fils de René Marteau, vigneron et de Marie (ou Jeanne?) Favreau. Acte du 14 ventôse an III.

Le 14 ventôse an troisième de la République française une et indivisible, pardevant moi Pierre Roussez (?) officier municipal en l’absence d’officiers publics ont comparu les citoyens Mathurin FAVREAU et Marie Anne FAVREAU de cette commune lesquels ont déclaré que le citoyen René MARTEAU vigneron et leur voisin, ne pouvant agir, les avait chargés d’apporter au présent lieu son fils dont Marie FAVR(EAU) sa légitime épouse est accouchée hier au soir (n… heure?) et auquel il a été imposé le nom de Mathurin. De laquelle déclaration il a été requis et donné acte aux (??) qui ont affirmé ne scavoir signer

N.Mathurin Marteau, acte du 4 mars 1795, Louin. AD 79 / Filae

Naissance de Marie Jeanne Texier (Tessier)

Marie Jeanne Tessier est née à Saint-Loup, commune limitrophe de Louin, le 2 novembre 1795 (acte du douzième brumaire an 4). Son nom de famille est orthographiée TESSIER. Son père signe bien Pierre Tessier. Sa mère s’appelle Suzanne Honorée VALLIER.

Douzième(?) Brumaire l’an quatre de
la République française une et indivisible pardevant moi François
Vinzelle officier public pour recevoir(?) en cette commune les actes de naissance,
mariage et décès. Sur la déclaration a moy faite ce matin par le citoyen
Pierre Tessier vigneron demeurant dans le faubourg de cette commune
Lequel assisté du citoyen Pierre Doussin, vigneron, âgé de 21 ans demeurant
dans(?) au faubourg de cette commune. Et de la citoyenne Jeanne Hubert, âgée de
24 ans, demeurant aussi dans les faubourgs de cette commune, que Suzanne Honorée
Vallier sa femme est accouchée de ce jour au environ de trois heures après minuit
en cette commune d’une fille qui a été apportée au présent lieu, a laquelle il ont
été imposé le nom de Marie-Jeanne, de laquelle déclaration il a été requis
et donné acte aux déclarants et témoins qui ont déclaré
ne savoir signer de ce en quoi
fait(?) ledit Texier qui a signé avec nous.

Signature: Pierre Tessier, François Vinzelle

Service militaire ou pas?

En 1815, Mathurin Marteau a 20 ans. C’est l’année de la circonscription. Il doit se présenter pour le tirage au sort parmi les jeunes gens du canton de Saint Loup. Les archives nous apprennent qu’il mesure 1 m 67 et exerce la profession de vigneron. Dans la rubrique mentionnant les réclamations, on voit qu’il demande « le dépôt, comme fils aîné de veuve« . En effet, son père est décédé en 1803 (source : acte de mariage du fils) et Mathurin est leur seul fils vivant (source : recherche dans les actes, je lui ai trouvé 5 frères et sœurs dont aucun n’a atteint l’âge adulte).

Mathurin Marteau est effectivement « placé à la 2ème partie du dépôt, comme fils aîné de veuve« 

lien vers le registre vue 12/13

Je remarque une très grosse proportion de réformés ou ajournés cette année-là, dans ce canton. Est-ce général? Je me rends compte aussi que la circonscription telle que je l’ai documentée dans cet article date de 1818 (lois Gouvion Saint-Cyr) donc ne s’applique pas à l’année qui nous intéresse, 1815. .Je n’ai pour l’instant qu’une idée très imprécise du recrutement des conscrits avant cette date.

C’est la même année (mais avant ou après?) qu’a lieu le mariage entre Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier.

Mariage de Mathurin Marteau et de Marie Jeanne Tessier 1815

Eléments de l’acte de mariage, 6 février 1815 à Saint-Loup (79)

Marthuring Marteau, vigneron, né à Louin le 14 ventôse an trois
fils de défunt René Marteau, décédé à Louin le 9 Pluviôse an onze (28 janvier 1803) et de Jeanne Favreau, présente et consentante, avec laquelle il demeure à Louin

Marie jeanne Tessier, né à St Loup le 12 Brumaire an 4, fille mineure de Pierre Tessier, vigneron, et de Suzanne Valin, ici présente et consentante, demeurant ensemble au faubourg de St Loup

Témoins
Pierre René DOUSSIN, vigneron, 40 ans, cousin germain allié de l’épouse
Jean HUBERT, vigneron, 69 ans, oncle paternel de l’épouse, demeurant à Saint Loup

Charles MARTEAU, vigneron, 60 ans, oncle paternel de l’époux
Mathurin GABILLY, vigneron, 52 ans, oncle allié de l’épouse, demeurantà Louin

Ni les époux ni les témoins ne savent signer

La vie de famille – 1836 recensement – 1859 donation

On connaît quatre enfants à la famille Marteau. Marie Jeanne, René, Marie et Augustin qui ont tous atteint l’âge adulte et se sont tous mariés. Je n’ai recherché d’autres naissances éventuelles. Les deux premiers sont espacé de 4 ans, le suivant de 5 ans, et le dernier arrive 10 ans après son aînée.

Le recensement de 1836 nous montre cette famille. Mathurin Marteau et sa femme Marie Jeanne Texier sont dits cultivateurs. Ils auraient 40 et 42 ans. En réalité, ils ont tous deux 40 ou 41 ans, selon la date du recensement. Il faut dire que leurs actes de naissance donnent la date en calendrier républicain, ce qui ne facilite la tache à personne! En calendrier grégorien, elle est du 2 novembre et lui du 3 mars 1795, donc 8 mois d’écart.

On retrouve les bien les quatre enfants, âgés de 9 mois à 20 ans.

Recensement 1836, Louin AD 79 6 M 213

Décès de mathurin Marteau 1860 et de Marie Jeanne Tessier 1867

On a vu que le 8 octobre 1859, Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier (orthographié alors TeXier) ont environ 64 ans et font donation de leurs biens, maison et terres, à leurs trois enfants survivants. En effet, l’ainée Marie Jeanne Marteau, mariée à François Texier, est décédée sans descendance en 1841 (source : consultation des actes d’état civil).

Mathurin Marteau décède 5 mois après cette donation, le 1er mars 1860, âgé de 65 ans. Marie Jeanne Tessier lui survit 7 ans et décès à 72 ans, en 1867.

1860 – décès de Mathurin Marteau

L’an 1860, le 1er du moins de mars sur les sept heures du matin
Par-devant Nous, Jean BERNARD, maire, officier de l’Etat-civil de la commune de Louin, canton de Saint Loup, département des Deux-Sèvres;
Sont comparus Mr SAUVAGEAU Jean, âgé de 39 ans, demeurant à Louin, profession de cultivateur qui a dit être gendre du défunt, et Mr FRERE Pierre âgé de 40 ans, demeurant à Louin, profession de cultivateur qui a dit être ami du défunt
Lesquels ont déclaré que MARTEAU Mathurin, profession de cultivateur, est décédé dans cette commune, le 1er mars à 3 heures du matin, à son domicile, âgé de 65 ans, né à Louin, département des Deux-Sèvres, de son vivant époux de TEXIER Marie Jeanne demeurant à Louin, fils de feu MARTEAU René et de feue FAVREAU Marie
et ont, les déclarants, signé avec nous le présent acte, après qu’il leur en a été fait lecture

D. Mathurin Marteau, 1er mars 1860 Louin. AD 79 / Filae

1867 – décès de Marie Jeanne Tessier

17 mai 1867, 7 h du matin, devant Jean BERNARD, maire, Augustin MARTEAU, 32 ans, cultivateur, fils et Jean SAUVAGEAU, cultivateur, gendre, 47 ans, déclarent le décès de Marie Jeanne TESSIER, sans profession, du 16 mai sur les 2 heures du soir en son domicile, âgée de 71 ans, née à Saint Loup, veuve de feu Mathurin MARTEAU, fille de feu Pierre TESSIER et de feue Suzanne VASLIN

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