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B dans le Bourg de Louin

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

L’acte de donation partage (article A) désigne que les biens sont situés dans le bourg et la commune de Louin. Voici les noms de lieux cités dans l’acte. J’ai souligné ceux que je retrouve dans le cadastre Napoléonien (1ère moitié du XIXè siècle) et mis en gras ceux qui me semblent encore utilisés dans le village, ou du moins dans ma famille (… 2ème moitié du XXè siècle).

Beugnon (lieu ou personne?), rue corbin, (= Colbin?), les Prélables (=Prélabes), sentier du fief, la Goularge, l’Emau, les Noëls (=Noëlles), Guilleret, fief de la Ronde, chemin de Champeau, les Plantes, Nuses(?), Bacher(Rancher?), Chaignelles, Vallée des Paranches, les Morelles.

AD 79 3 P 169/3 Cadastre Napoléonien, Louin, section A dit le Bourg

NOTE d’édition après publication : je ne connaissais pas le nom de Paranches, mais on me fait savoir que « j’en ai souvent entendu parler chez les voisins, car S. y avait construit une cabane dans un arbre et passait des journées entières à y lire. Mais je n’ai jamais su exactement où c’était. Tu peux le mettre en gras« . Voilà qui est fait.

Bien, ce n’est pas tout de visualiser les lieux-dits qui parlent uniquement aux vieux du coin, mais où est-ce ? L’acte de donation fait référence à la route de Saint-Loup à Thouars. Ce sont deux communes. Les voilà sur la carte de droite, à l’échelle du département des Deux-Sèvres. Avec la position de Louin également.

Mais, hmmm, il y en a qui n’ont aucune idée d’où se situent les Deux-Sèvres. Si, si, on vous voit. Alors, c’est en bleu sur la carte de gauche. Je vous engage d’ailleurs à aller lire le blog fort dynamique du cercle généalogique des Deux-Sèvres https://genea79.wordpress.com/

Liens

Cadastre Napoléonien, Louin, section A Bourg AD79 3 P 169/3 https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtaad26923fb3d3bf36/dao/0/1

A comme Acte de donation partage

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Pour ce premier article, voici l’acte de donation partage de 1859, manière de présenter les lieux et les personnes. Transcription partielle, car l’acte fait une quarantaine de pages mais je n’en ai qu’une partie à ma disposition.

Acte de donation partage, 1859

(2)8 octobre 1859

Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale Empereur des français, à tous présents et à venir, salut.

Par devant Maitre Eugène DESMÉ, notaire à la résidence de Saint Loup, Chef lieu de canton, arrondissement de Parthenay, département des Deux sèvres, sous-signé, et en présence des témoins ci après nommés, aussi sous-signés.

Ont comparu.

Le sieur Mathurin MARTEAU, cultivateur et Marie-Jeanne TEXIER, sa femme, de lui autorisée demeurant ensemble ou bourg et commune de LOUIN d’une part.

Le sieur René MARTEAU, cocher, demeurant au château en la ville de saint Loup

Le sieur Jean SAUVAGEAU, cultivateur et Marie MARTEAU, de lui autorisée demeurant ensemble au bourg et commune de LOUIN

Et le sieur, Joseph GUERUCHON, propriétaire cultivateur demeurant aussi au bourg et commune de LOUIN.

Ce dernier agissant au nom et comme mandataire du Sieur Augustin MARTEAU, majeur, sergent à la troisième compagnie du quatrième bataillon de chasseurs à pied en garnison à Vincennes, aux termes des pouvoirs qu’il lui a conférés suivant acte passé devant Maitre DESMÉ, notaire sous-signé, qui en a gardé minute, en présence de témoins, le 10 octobre 1859, enregistré à Airvault le 24 du même mois.

Le sieur René MARTEAU, la femme SAUVAGEAU et le sieur Augustin MARTEAU, frère et sœurs germains issus du mariage du dit sieur Mathurin MARTEAU avec la dite Marie-Jeanne TEXIER, sa femme, et leur seuls présomptifs héritiers, chacun pour un tiers.

Tous d’autre part.

Lesquels ont dit que les époux MARTEAU père et mère ayant l’intention de faire le partage de leur biens immeubles entre leurs enfants, ils se sont tous réunis aujourd’hui à l’effet de mettre ce projet à exécution.

En conséquence, le dit sieur Mathurin MARTEAU et Marie-Jeanne TEXIER sa femme, ont par ces présentes fait donation entrevifs, actuelle et irrévocable, conformément aux articles 1075 et 1076 du code NAPOLÉON.

Au Sieur René MARTEAU
A la femme SAUVAGEAU
Et au Sieur Augustin MARTEAU

Leurs trois enfants ce qui est accepté par le dit sieur René MARTEAU, par la femme SAUVAGEAU avec l’autorisation de son mari, et par le sieur GERUCHON, au nom et comme mandataire du sieur Augustin MARTEAU.

Des biens immeubles et de la créance ci après désignés, desquels les donateurs sont de concert avec les donataires formé trois lots aussi égaux que possible pour être tirés au sort entre les dits donataires.

Le tout à eu lieu ainsi qu’il suit :

Désignation.

Article 1er :

Une maison située au bourg et commune de Louin, composée d’un cellier, chambre à cheminée au dessus du dit cellier, grenier sur la dite chambre, cour devant la dite maison, close de murs, dans laquelle est un petit bâtiment servant de buanderie, autres cellier du côté du levant de la dite maison ouvrant dans une cour commune, un bâtiment ouvrant aussi dans la cour commune, placé au levant de la cour de la dite maison et dans lequel est une maie de pressoir. Le tout se tenant et joignant du levant à la dite cour commune et à BÉDAIN, du midi la rue conduisant du haut du bourg à l’Eglise, du couchant le chemin de Saint Loup à Thouars et du nord à l’article 3 ci-après.

Article 2 :

Une autre maison située au même lieu dite commune, composée de deux celliers dans l’un desquels est un pressoir garni de ses ustensiles, chambre à cheminée au dessus, grenier à côté ; le tout se tenant et joignant du levant à Louis BÉDAIN, du midi la rue conduisant le haut du bourg à l’Eglise, du couchant au dit sieur BÉDAIN et à la cour commune et du nord à l’article 3.

Article 3 :

Une housche, appelée le safran(t?), contenant 9 ares 50 centiares, située au dit bourg et commune de Louin joignant du levant à Beugnon, du midi aux articles 1er et 2, du couchant à le chemin de Thouars à Saint Loup, et du nord à la rue Corbin

Article 4 :

5 ares 70 centiares de vignes, situés aux Prélables, dite commune, joignant du levant à François Martin, du midi à Charles Bédain, du couchant au sentier, et du nord à Martin Sauvageau.

Article 5 :

6 ares de vignes situés au même lieu, lieu dite de commune, joignant du levant à Pierre BOINOT, du midi au sentier du fief, du couchant à Martin SAUVAGEAU et du nord à Pierre POIRAULT.

Article 6 :

6 ares 20 centiares de vignes, situés à la Goularde, dite commune, joignant du levant à René BOURDAIS, du midi au sentier, du couchant à la veuve BLANCHARD, et du nord à l’Emeau.

[là il me manque beaucoup de pages de l’acte]

Par les sieurs et dame MARTEAU à leurs enfants ont été estimés 180 francs de revenu annuel.

Composition des lots :

1er lot :

Le premier lot comprendra :

1-La maison située au bourg et commune de Louin telle qu’elle est désignée sous l’article 1er de la désignation, à l‘exception néanmoins du cellier côté du levant de la dite maison qui en a été distrait pour être compris au 2è lot.

2-La moitié côté du couchant des 9 ares 50 centiares de terre housche au safran, article 3 de la désignation, joignant du levant au 2è lot.

3-Les 16 ares 50 centiares de terre aux Noëls, article 19 de la désignation.

4-Les 5 ares 10 centiares de terre aux Sablons, article 11 de la désignation.

5-Les 8 ares de terre à Guilleret, article 48 de la dite masse.

6-Les 9 ares de vigne au Prélable, formant l’article 33 de la désignation

[là il manque encore des pages]

14- […] 42 de la désignation, joignant du couchant au 2ème lot

15-Les 2 ares 37 centiares au fief de la Ronde, formant l’article 37 de la désignation

16-Les 5 ares 95 centiares de terre au chemin de Champeau formant l’article 38 de la désignation

17-Les 5 ares 90 centiares de terre aux Plantes, formant l’article 14 de la désignation

18-Les un are de chenevière à Nuse(?), formant l’article 47 de la désignation

19-Les un are de chenevière au (Bacher?), formant l’article 31 de la désignation

20-les 2 ares 50 centiares de vigne aux Chaignelles, formant l’article 46 de la désignation

21- et les un are 20 centiares de terr aux Vallées des Paranches formant l’article 21 de la désignation

2ème lot :

Le deuxième lot comprendra :

1-La maison située au bourg et commune de Louin formant l’article 2 de la désignation.

2-Le cellier au même lieu joignant à Bédain, faisant partie de l’article 1er de la désignation.

3-La moitié côté du levant des 9 ares 50 centiares housches au Safran, article 3 de la désignation, joignant du couchant le 1er lot

4-Les 19 ares 10 centiares de terre au Sablon, formant l’article 10 de la désignation

5-La moitié côté du couchant des 16 ares 60 centiares de terre aux Morelles, articles 15 de la désignation, joignant du levant le 3ème lot

6-Les 6 ares de terre aux Morelles, joignant l’article 16 de la désignation

7-Les 3 ares 80 centiares de terre au coteau du Bacher(Rancher?), formant l’article 7 de la désignation

8-Les 6 ares de vignes aux Prélables, formant l’article 5 de la désignation

9-Les 5 ares 70 centiares de vignes aux Prélables, formant l’article 4 de la désignation

[là il manque des pages aussi]

…peuvent et pourront être imposés à partir du 1er javier qui suivra leur entrée en jouissance et ils feront les diligences nécessaires pour faire opérer les mutations nécessaires sur les matrices cadastrales.

Article 8 :

Il souffrirons les servitudes passives qui peuvent grêver les dits immeubles et ils jouiront de celles actives, s’il en existe, sauf par chacun à faire valoir les unes et à se défendre des autres, le tout à leurs risques et périls et sans recours les uns contre les autres.

Article 9 :

Ils jouiront chacun en particulier du droit de puisage au puits établi auprès des batiments donnés, lequel puits est commun avec Jean ROUX, Pierre GIRARD et autres ainsi qu’il résulte d’un contrat de société passé devant maitre COCHON et son collègue notaire à Saint-Loup le 2 Juin 1836 enregistré à Airvault le 13 du même mois. En sorte que si le propriétaire du 3ème lot venait à faire construire une maison sur l’housche des Noëls comprise sous l’article 1er de ce lot, il dépendrait de cette maison un droit de puisage au dit puits de même que de chacune des maisons des deux premiers lots

Article 10 :

Les donataires se souffriront réciproquement passage pour l’exploitation des objets divisés qui ne joindraient plus à un chemin, à la condition de n’user de ce droit que par l’endroit le plus court et le moins endommageable.

Article 11 :

Les arbres qui par la suite de la division des dits biens ne se trouveraient pas à la distance légale continueront de subsister par branches et racines, mais à l’avenir il ne pourra en être planté d’autres qu’en observant les distances voulues par la loi.

Article 12 :

les coûts et droits des présentes et ceux d’une grosse pour les donateurs seront acquittés par tiers entre les donataires.

Tirage au sort

[manque des pages]


Dans les prochains article, plus de transcription linéaire d’acte notarié, promis : j’ambitionne de faire vivre les lieux et les personnages. A demain!

Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 3. mariage. Enfants

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS. J’ai voulu en savoir plus sur lui. Ma démarche : partir de ce qui a été dit de sa vie personnelle lors de son éloge funèbre, le vérifier et développer à partir de sources d’Etat civil et de pièces d’archives familiales.  

Présentation effectuée dans un premier article K comme Henri Declerck, un maire des Flandres | Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1 | Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 2. Ses frères et sœurs

Avertissements : l’orthographe Declerck, De Clerck, de Clerck, deClerck est très fluctuante dans cet article. Au départ, j’essayais d’adopter l’orthographe trouvée dans les sources consultées … mais cette orthographe étant fluctuante également, j’ai laissé tomber.

Ce que dit l’article de 1906 et ce que je veux vérifier et développer

  • Article de 1906, qui reprend le discours prononcé à son décès : (…) se dévouer à l’intérêt. public et se mettre au service de tous. Cela lui était facile pendant la première période de sa carrière [de maire], 1858 à 1875, ses parents vivaient et il n’avait donc point le souci de la ferme et de la brasserie. En 1875, il se maria (…) il unit les devoirs de chef de famille et d’administrateur de la commune
    => Quelles informations a-t-on sur ses parents et sur la brasserie, pendant cette période 1858 – 1875?
  • Sa ferme-brasserie (les Ciseaux) est occupée au moment de son décès par son fils Michel
    => Que sait-on sur son fils Michel ? Est-il aussi brasseur? Qu’est-il devenu? Qu’est devenue la ferme?
  • Avant sa mort, sa fille lui lisait les journaux
    => Que sait-on sur sa fille? Qu’est-elle devenue?

La brasserie en 1858-1875

L’article de 1906 suggère que les parents d’Henri De Clerck seraient décédés en 1875 ou peu avant, lui laissant la charge de la ferme et de la brasserie familiales. Or, au vu de la chronologie, cela n’a rien d’évident.

La ligne rouge correspond à 1875, l’année de son mariage. Son père était décédé depuis 23 ans, et sa mère depuis 8 ans. Ses deux frères décédés trentenaires l’étaient depuis 13 et 26 ans. A ce stade, je ne sais pas expliquer le passage en question du discours de 1906.

Ligne de vie des parents d’Henri de Clerck (en vert) et ses frères et sœurs. En rouge, année du mariage d’Henri de Clerck

Pour les détails sur les parents et les frères et sœurs d’Henri De Clerck, c’est l’article 2 de la série Un maire des Flandres.

Ses enfants

Mariage en 1875 avec Pauline Philomène VANNEUFVILLE, nom d’usage Pauline, traité dans l’article Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1.

Trois enfants naissent de ce mariage dès l’année suivante et de 2 ans en 2 ans :  Angèle (1876), Michel (1878) et Maria (1880). Egalement un enfant né sans vie en 1884.

  • 16 juin 1876. Angèle Valérie Georgine De Clerck
  • 20 janvier 1878 Michel Pierre Ferdinand Yves DeClerck
  • 20 mai 1880 Maria Jeanne Josephe De Clerck

Pour les deux premiers enfants, les déclarants sont Louis Declerck, rentier, Hondeghem, oncle paternel. Et Henri Declerck, brasseur, Caestre, oncle maternel.

Pour le troisième enfant, toujours Louis Declerck côté paternel, et « Henri Lequien, âgé de 50 ans, tanneur domicilié à Aire, oncle maternel par alliance de l’enfant ». L’enfant né sans vie est déclaré par son père et, encore, par Louis Declerck.

Les actes de naissance et leurs transcriptions à la fin de l’article

Le devenir des enfants

Angèle Declerck, la fille aînée (1876-1948), vraisemblablement religieuse

Voici les traces dont je dispose sur Angèle Declerck.

16 juin 1876. Angèle Valérie Georgine De Clerck

1876.Hondeghem.N.Angele DeClerck
AD Nord, 1 Mi EC 308 R 001

L’an 1876, le 16 juin, à 11 heures du matin, par devant nous Louis Huyghe adjoint, délégué exceptionnellement par nous Marie aux fonctions d’officier de l’Etat Civil de la commune de Hondeghem, canton d’Hazebrouck Nord, arrondissement d’Hazebrouck, département du Nord

a comparu Pierre François Henri DeClerck, âgé de 51 ans 1/2, Maire, brasseur, domicilié en cette commune

lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin, né hier à 4 heures du soir, de lui déclarant, en sa demeure, sise en cette commune

et de Pauline Philomène Vanneufville âgée de 37 ans, cultivatrice, son épouse

et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Angèle Valérie Georgine

Les dites déclaration et présentation faites en présence de Louis DeClerck, âgé de 59 ans, rentier, oncle paternel de l’enfant, domicilié en cette commune

et de Henri Vanneufville âgé de 35 ans, brasseur, oncle maternel de l’enfant, domicilié à Caestre,
(…)

signatures : H de Clerck. L.DeClerck.Vanneufville. L’adjoint.

1901, chez les Ursulines d’Aire sur la Lys

Je possède dans mes archives familiales une lettre d’Angèle Declerck datée de janvier 1901. Elle s’adresse à mon aïeule Sophie Laporte veuve Cauwel, âgée alors de 76 ans, qui est sa cousine par leurs mère et grand-mère, Amélie et Sophie BEUN. Angèle Declerck a 22 ans et explique qu’elle est rentrée chez les religieuses Ursulines d’Aire sur la Lys.

« je suis au noviciat des ursulines d’Aire sur la Lys depuis le 30 octobre dernier [1900] et j’y ai le bonheur d’y recevoir la saint habit de la religion le mardi 29 courant [janvier 1901]« 

Aire-sur-la-Lys, 20 km de Hondeghem. Les Ursulines sont un ordre de religieuses enseignantes. En 1903, les congrégations religieuses enseignantes sont fermées et les contrevenantes expulsées. Je crois lire que l’établissement est Ursulines d’Aire-sur-la-Lys a été fermé en 1905. Il faudrait vérifier. 

A mettre en parallèle avec cet article qui concerne une autre religieuse Ursuline, dans une autre ville du même département (Gravelines)  U pour Sylvie Ghys, religieuse Ursuline.  La fermeture du couvent de Gravelines a donné lieu à l’intervention des forces de l’ordre, et les religieuses sont parties en Angleterre.

1906, vit à Hondeghem

Je n’ai pas d’autres informations sur le devenir des religieuse d’Aire-sur-la-Lys après 1905, ni finalement de confirmation qu’Angèle Declerck a bien embrassé la vie religieuse en 1901. Toujours est-il qu’en 1906, deux sources indiquent qu’elle vit à nouveau Hondeghem.

D’abord, l’article sur le décès de Henri De Clerck en 1906 :

« c’est là que je le vis pour la dernière fois le soir de la Toussaint [1905]. il continuait à s’intéresser à la vie publique. Sa fille lui lisait les journaux d’aujourd’hui et surtout les bons livres d’autrefois« 

La fille en question, c’est vraisemblablement Angèle Declerck. L’autre fille d’Henri De Clerck, Maria, est en effet mariée, vit à 30 km d’Hondeghem où, en 1906, elle donne naissance à son 5ème enfant, en 7 ans de mariage.

Le recensement de 1906 confirme qu’Angèle Declerck vit à Hondeghem, avec sa mère Pauline Vanneufville et un enfant de 4 ans, Joseph Lutun, qui est justement un enfant de sa petite sœur Maria. On en reparle.

1948, sépulture à Hondeghem

Je perds ensuite la trace d’Angèle Declerck pour enfin la retrouver à Hondeghem, grâce au projet de répertoire des cimetières organisé par Généanet.

Nous avons la photographie de la tombe rassemblant Henri Declerck, 14.02.1906. Son épouse Pauline Vanneufville 19.10.1918. Leur fille Angèle Declerck, décédée en 1948. Elle avait donc 72 ans et vivait vraisemblablement à Hondeghem.

La plus jeune fille, Maria Declerck (1880), épouse Louis Lutun

Maria Jeanne Josephe, la plus jeune de la fratrie.

Elle se marie à 19 ans (1899),  avec Louis Désiré LUTUN. Lui a 29 ans, né et vit à Erquinghem, où il est distillateur, fils de distillateur, neveu de cultivateurs. Equinghem (Erquinghem-Lys) est situé à 30 km à l’est d’Hondeghem.

1900-1905, Erquinghem

 Le couple s’installe à Erquighem et naissent leurs premiers enfants. Louis Lutun est distillateur ou cultivateur.

Paul Henri Michel Joseph LUTUN né le 4 octobre 1900 à Erquinghem-Lys. Mentions marginales : mariage à Arques (62) 10.04.1928 avec Madeleine Marie GHYS. décédé le 19 juin 1975 à Nouvelle-Eglise (62).

Joseph Louis Pierre Marie LUTUN né le 25 mars 1902 à Erquinghem-Lys. En mentions marginales : mariage à Lille le 16.02.1850 avec Germaine Augustine Henriette JACQ, décès à Hondeghem le 6.10.1950.

Marie-Louise Angèle Jeanne LUTUN, né le 24 février 1903 à Erquinghem-Lys. Pas de mention marginale.

Louis Désiré Ernest Joseph, 2 novembre 1904, Erquinghem

Le père Louis Lutun distillateur (1901, 1903), cultivateur (1902, 1904 1905). En 1901, demeure sise au bac en cette commune. En 1903, vit au hameau de la distillerie. 1904, rue de la Lys-au-bac qui est nommé simplement rue de la Lys deux mois plus tard, en 1905. Même nom de rue en 1906.

En 1906, recensement à Erquighem

Le recensement 1906 d’Erquighem indique que la famille vit rue de la Lys. On y trouve Louis Lutun, cultivateur, son propre patron. Maria Declerck, même profession. Deux domestiques, ouvriers employés par Lutun.

Côté des enfants Paul Lutun, né en 1901 (en réalité, il est né en 1900) et Marie Louise Lutun, née en 1903. Et Joseph, me direz-vous, l’enfant né en 1902?

AD Nord M474 / 199. Recensement Erdinghem-Lys 1906 vue 43

Ouf, je retrouve l’enfant Joseph Lutun, recensé chez sa grand-mère à Hondeghem. Je l’avais évoqué plus haut, dans le paragraphe sur Angèle Declerck.

Entre 1906 et 1907, départ d’Erquinghem pour Saint-André-Lez-Lille

En 1906 naît un dernier enfant à Erquinghem : Jean Léon Auguste Louis N 8 avril 1906.

Il y a ensuite des naissances chez Louis Lutun et Maria Declerck à Saint-André-Lez-Lille, à partir de 1907 et peut-être jusqu’en 1913. Même 1919, cette dernière naissance aurait eu lieu à Hondeghem. Le couple aurait eu au total 13 enfants. Ces informations proviennent d’arbres en ligne (par ex. arbre de Henri Hourdé riton59 qui cite Bernard Lutun), je n’ai pas cherché à consulter les actes de façon systématique.

Si on voulait approfondir

Je n’ai pas approfondi la trajectoire de cette famille. Voici les questions que je me pose, et les éléments que j’ai notés.

Pourquoi cette installation à Saint-André-Lez-Lille?

Quand et où sont décédés Louis Lutun et Maria Declerck? Un arbre en ligne indique leurs décès respectivement en 1940 et 1952 à Hellemmes (devenu Lille). Généanet jmb59 cité par riton59

Quels ont été le destin de leurs enfants? Au cimetière d’Hondeghem, Pierre Lutun, 1911-1935 et Joseph Lutun, 1902-1950 figurent sur la tombe de leur tante et grands-parents. Il semble que Michel Antoine Marie Jean Lutun, qui serait né à Hondeghem en 1919 et décédé en 2000 (source: décès INSEE, non filiatif), a un dossier de résistant (ici).

On me souffle qu’il y a au moins une personne ayant effectué des recherches généalogiques parmi les descendants de cette famille. 

On m’indique aussi un lien la chicorée LUTUN, dont la marque est commercialisée par Chicorée du Nord, torréfacteurs de chicorée depuis 1934. Quel lien?

Michel Declerck le fils (1878 – 1916)

20 janvier 1878 Michel Pierre Ferdinand Yves DeClerck

1878.Hondeghem.N.Michel Pierre Ferdinand Yves De Clerck

L’an 1878, le 20 janvier, (…) Louis PLANCKE, en l’absence du maire et de l’adjoint empêchés indisposés remplissant par délégation les fonctions d’Officier d’Etat civil (…)

a comparu Pierre François Henri DeClerck,  âgé de 53 ans, Maire, brasseur, domicilié en cette commune, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né hier à 3h et quart de relevé, de lui déclarant, en sa demeure, sise en cette commune, et de Pauline Philomène Vanneufville âgée de 39 ans, cultivatrice, son épouse (…) prénoms Michel Pierre Ferdinand Yves

(…) en présence de Henri Vanneufville, 36 ans, brasseur, oncle maternel de l’enfant, domicilié à Caestre; et de Louis Declerck âgé de 61 ans, rentier, oncle paternel de l’enfant, domicilié en cette commune …

(signatures)

en marge

par acte en date du 16 octobre 1901 inscrit à la mairie de Noordpeene, Declerck Michel Pierre Ferdinand Yves, (..) a contracté mariage avec CHARLET Irma Maria Julia.

Recensement militaire

Recensement militaire, classe 1898, année de ses 20 ans. La fiche de Michel Declerck indique qu’il est dispensé, fils unique de septuagénaire. Je n’arrive pas à comprendre s’il a fait des périodes de service.

Il a les cheveux et sourcils châtain, yeux gris, front découvert, nez épais, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1 m 85 (sauf erreur de lecture)

Mariage avec Irma Charlet, 1901

Mariage avec Irma Maria Julia CHARLET à Noordpeene (59), le 16 octobre 1901. Noordpeene est située à une douzaine de kilomètres de Hondeghem. Irma Charlet y est née le 21 septembre 1880 et y vit, comme son père Auguste Joseph Charlet, 71 ans, agriculteur. Sa mère est Eugénie Octavie VANHEEMS y est décédée 16 ans auparavant. Un contrat de mariage est passé devant Me PIERENS (?), notaire à Wallon-Cappel, le 9 octobre 1901. 

Témoins au mariage : Louis LUTIN, distillateur à Erquighem sur Lys (donc, mari de Maria Declerck, la sœur de Michel de Clerck) ; Henri VANNEUFVILLE, brasseur à la Madeleine Lez Lille (c’est le frère de la mère du marié) ;  Jules Charlet, 66 ans, propriétaire, Noordpeene, oncle de la mariée ; Alphonse de VAIRE(?), 72 ans, propriétaire, Cassel, oncle de la mariée.

Recensement de population 1906

Le recensement de 1906 à Hondeghem nous apprend que Michel Declerck et sa femme vivent aux Ciseaux (la ferme des Ciseaux), rue de Bailleul. Il est  brasseur, patron. Ils ont deux enfants, Pierre et Gabriel, nés en 1905 et 1903.

Avec eux vit Gabrielle Charlet, la a sœur de Irma Charlet : Hélène Gabrielle Céline Sophie CHARLET, née 16 décembre 1881 à Noordpeene, décédée à Hazebrouck le 14 mars 1957 (acte de naissance et mention marginale).  Deux domestiques dans le foyer : Emile HUBERT né en 1888 à Hazebrouck (donc 18 ans), lien de parenté « son aide » (au déclarant), profession « domestique » ; et Jeanne GARS née 1889 à Saint Omer, sa servante, domestique.

AD Nord. Recensement Hondeghem 1906

Les enfants de Michel Declerck et Irma Charlet

Gabriel Declerck

Gabriel Auguste Henri Michel Declerck. Naissance le 22 février 1903 à Hondeghem. Les déclarants ses les 2 grands pères : Auguste Joseph Charlet, 72 ans, cultivateur, domicilié à Noordpeene ; et Henri de Clerck, 78 ans, rentier.

Selon les mentions marginales, Gabriel Declerck est décédé à Hazebrouck 10.10.1989 et s’est marié avec Marie Louise Vanneufville 21 septembre 1925 à La Madeleine (59).

AD Nord 1 Mi EC 308 R 002

Pierre Declerck

Pierre Louis Jules Joseph, né 19 novembre 1905 à Hondeghem. En marge: décès à Péronne 14/2/1975. Ses parent brasseur (Michel Declerck) et cultivatrice (Irma Charlet). Les déclarants sont le grand-mère paternel, Henri De Clerck et cette fois le grand-oncle maternel, Jules CHARLET, 70 ans, rentier, domicilé à Noordpeene.

AD Nord 1 Mi EC 308 R 002

Les enfants qui n’ont pas atteint l’âge adulte

9 février 1909 à Hondeghem, naissance de Jean Jules Marie Henri Declerck. Un descendant des Declerck m’indique que, pour la mémoire familiale, Jean serait décédé jeune d’une hydrocution en se baignant dans une mare. Je n’ai pas trouvé sa date de décès.

2 février 1912 à Hondeghem, naissance de Marc Georges Yves Henri Declerck, décédé à 8 jours.

Les actes sont disponibles en ligne sur le site des AD 59

Revenons à l’article sur Henri Declerck, en 1906

L’article  de 1906 indique que sa ferme-brasserie (les Ciseaux) est occupée au moment de son décès par son fils Michel.

Je sais maintenant que Michel Declerck  est bien l’unique fils de Henri Declerck. Il avait 28 ans en 1906. A cette date, il était marié depuis 5 ans à Irma Charlet, de Noordpeene. Il est patron brasseur. Vivent avec le couple : leurs deux fils de 2 ans et 5 ans, Pierre et Gabriel ainsi que Gabrielle Charlet, la sœur d’Irma Charlet.

Ferme des ciseaux à Hondeghem, années 1920. Communiqué par JPh Declerck

L’histoire de cette famille, comme tant d’autres, est ensuite dramatiquement marquée par la première guerre mondiale.

La guerre – mort pour la France

En 1914, Michel Declerck a 36 ans. Il est classé au service auxiliaire en raison d’une « arthrite chronique du genou gauche et varice jambe droite » puis réformé pour « varices volumineuses ». Malgré tout, en 1915,  il est reconnu « bon pour le service armé » et rejoint le 1er régiment d’artillerie à pied. Décédé à Harleville (somme) juillet 1916, mort pour la France. Fiche militaire: AD Nord, 1R 2557 Dukerque, classe 1898, volume 1, matricule 38

Archives familiales

Ses fils ont alors 13 ans (Gabriel), 11 ans (Pierre) et 7 ans (Jean, décédé jeune).

La veuve de Michel De Clerck, Irma Charlet, décède un an plus tard « morte de chagrin » d’après la mémoire familiale. Je n’ai pas de source d’Etat civil, mais la tombe est répertoriée dans le projet cimetières (Sauvons nos tombes) de Généanet https://www.geneanet.org/cimetieres/view/196765

La mère de Michel De Clerck, Pauline Vanneufville décède, elle, le 19 octobre 1918 selon inscription sur la tombe dans le cimetière de Hondeghem (voir le paragraphe sur Angèle Declerck)

Gabriel et Pierre De Clerck, brasseurs

1918, les enfants de Michel De Clerck, âgés de 15 ans et moins, sont orphelins de père et de mère. Je ne sais pas par qui ontété élevés les trois garçons. Ils n’avaient plus de grands-parents. On a évoqué leur tante, Maria Declerck épouse Lutin, déjà mère de nombreux enfants. Je leur connais deux autres tantes : Angèle Declerck, 42 ans en 1918, vraisemblablement célibataire. Gabrielle Charlet, 37 ans, a priori non mariée également.

On l’a vu, l’un des trois garçon, Jean, décédé jeune, sans précision. Gabriel de Clerck s’est marié avec sa cousine Marie Louise Lydie Vanneufville (La Madeleine 59, 1925). Pierre de Clerck ne s’est pas marié.  Ils ont chacun acquis une brasserie, l’un à Hazebrouck, l’autre à Péronne, dans la Somme (80). La brasserie de Péronne est toujours en activité. Je vous invite à consulter sa page Historique de son site  Brasserie de Clerck à Péronne

Ceci conclut cette série d’articles sur Henri Declerck, maire des Flandres. Le temps que je publie cette série, deux descendants ou collatéraux Declerck et Vanneufville sont rentrés en contact avec moi et j’en suis très heureuse.

 

Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 2. Ses frères et sœurs

Article 3

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS. J’ai voulu en savoir plus sur lui. Ma démarche : partir de ce qui a été dit de sa vie personnelle lors de son éloge funèbre (1906), le vérifier et développer à partir de sources d’Etat civil et de pièces d’archives familiales.   Présentation effectuée dans un premier article K comme Henri Declerck, un maire des Flandres | Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1

Ce que dit l’article de 1906 et ce que je veux vérifier et développer

il était d’une famille de huit enfants => Est-ce exact? que sont devenus ses frères et sœurs? En 1858 son frère était conseiller municipal (mais pas lui) => Quel frère? Qu’est-il devenu?

Oui, Henri Declerck est d’une famille de 8 enfants

Ce sont les actes de décès de ses frères et sœurs qui  me permettent de dire que oui, il est exact que Henri DeClerck était d’une famille de huit enfants ayant atteint l’âge adulte. Je n’ai pas recherché les actes de naissance.

Huit enfants, trois groupes

Famille de huit enfants, qui pour moi se divisent en trois groupes, trois types de destins différents :
  1. Une sœur morte jeune après avoir donné naissance à des jumelles, hors mariage. Descendance.
  2. Six frères et sœur décédés adultes, et même fort âgés pour quatre d’entre eux, et bizarrement (pour moi) restés célibataires. Sans descendance.
  3. Henri Declerck le maire, marié, descendance.
A ce stade, un schéma s’impose. Il montre les parents d’Henri DeClerck, ses frères et sœurs et la descendance de sa sœur.  On verra sa descendance à lui dans un prochain article. En orange, les personnes apparentées à ma famille. K arbre freres et soeurs henri declerck.png

Groupe 1. La sœur Julienne Benoite Declerck, décédée après avoir donné naissance à des jumelles hors mariage

Naissance des jumelles, Hondeghem (59), 29 octobre 1842

Le 29 octobre 1842, à Hondeghem, François TROTTIN, 53 ans, garçon brasseur, déclare que Julienne Benoîte Declerck, 19 ans, cultivatrice à Hondeghem, est accouchée d’un enfant de sexe féminin, jumeau, prénoms et nom Eugénie Mélanie Declerck. Déclaration en présence de Pierre VARLET (VERLET?), 49 ans, clerc et Félix VERSCHOORE, 46 ans, cabaretier. L’acte de la seconde jumelle, Julienne Louise Declerck, est identique à cela près qu’il précise que la mère est « accouchée dans le domicile de sa mère en cette commune ».

Tous ces décès en 1842

La mère de le jeune accouchée, c’est Sophie Barbe BEUN et elle est veuve depuis 6 mois : le 10 avril 1842, Pierre Jean Vast Declerck, 56 ans, cultivateur, adjoint au maire, est décédé à Hondeghem. Ce sont ses fils Louis et Benoît Declerck, 25 et 23 ans, qui ont déclaré son décès. Ils sont 8 frères et sœurs entre 14 et 28 ans. Ce n’est pas fini, la jeune mère des jumelles décède le 19 novembre 1842, trois semaines après l’accouchement, au domicile de sa mère. Ce sont Louis et Benoît Declerck, ses frères, qui déclarent le décès. Donc grosse ambiance dans la famille en 1842, la mort du père, la sœur qui accouche de jumelles, enfants illégitimes, et décède.

Le devenir des jumelles

Et les jumelles, me demandez-vous? Alors :  Julienne Louise Declerck décède à Renescure le 16 novembre 1842, âgée de 18 jours. Renescure, 12 km d’Hondeghem. La petite était en nourrice chez Pierre FAUQUEMBERGUE, cultivateur, 41 ans. Bonne nouvelle, l’autre jumelle, Eugénie Mélanie Declerck, grandit, atteint l’âge adulte, et se marie en 1872 à Hazebrouck avec François Louis LAPORTE. Ses oncles Louis et Henri Declerck sont témoins, et on retrouve Louis Laporte témoin d’actes concernant les Declerck. Le couple a au moins cinq filles nées à Hazebrouck entre 1872 et 1878 (actes de naissance consultés) Ici, encore un aparté : Louis Laporte m’est apparenté, il est le demi frère de Sophie LAPORTE qui est la mère de Fanny CAUWEL qui est la mère de Paul GHYS qui est mon arrière-grand-père.

Pour s’y retrouver : ligne du temps

Ici, je montre les dates de naissance et décès de Henri Declerck, maire, de ses parents et de ses sept frères et sœurs. Pour l’instant, on a parlé du père (en vert clair) et de la sœur décédée à 19 ans.  Timeline DECLERCK G1

Groupe 2. Les 6 frères et sœurs restés célibataires

Étrangement (pour moi), tous les frères et sœurs sont restés célibataires, à l’exception d’Henri le maire. Il ne s’agit même pas de décès prématurés : deux frères sont morts trentenaires, trois sœurs autres ont vécu jusqu’à 70 ans ou presque, et Louis le dernière frère jusqu’à sa 85ème année.  Les deux garçons décédés trentenaires Jean François Benoit DECLERCK décédé à 30 ans le 27 janvier 1849, cultivateur Charles Benjamin DECLERCK décédé à 34 ans le 5 février 1862, brasseur Tous les deux sont décédés dans la maison de leur mère, Sophie BEUN, donc. Manifestement, la maison de leur mère est la ferme-brasserie des Ciseaux. J’imagine que toute cette fratrie de célibataires y vivait, qu’ils cultivaient, brassaient, avec leur mère, et avec le frère Henri maire d’Hondeghem et longtemps célibataire lui aussi. Sophie Beun a survécu 5 ans et 18 ans à ses deux fils décédées trentenaires.  Décédée en 1867. Les trois filles décédées vers 70 ans, le dernier frère à 85 ans Rosalie Mélanie DECLERCK 1814 – 1er août 1884, rentière. 70 ans Eugénie Itisbergue DECLERCK 1821 – 23 juin 1891, rentière. 70 ans Lucie Léonie DECLERCK 1832-1901. 69 ans Toutes célibataires, toutes décédées à Hondeghem. Je ne sais pas si elles sont restées toute leur vie à la ferme familiale. J’ai très peu de traces d’elles.
Rosalie
Je trouve Rosalie Declerck, l’aînée de la fratrie, dans la liste des héritiers de son frère Charles Benjamin Declerck en 1862. Elle a 48 ans. Les deux autres sœurs vivantes n’y figurent pas. Les héritiers sont :
BEUN Sophie veuve Declerck sa mère, ses frères Henri, Louis et sa sœur Rosalie chez leur mère brasseuse à Hondeghem
AD Nord, Table des successions et absences, Hazebrouck, 3Q 275/24 Dans mes archives familiale, une carte « priez pour le repos de l’âme » concernant Rosalie Declerck. J’ai des cartes similaires concernant des membres éloignés de la famille mais aucune concernant les autres frères et sœurs, mis à part Henri De Clerck. 1884.rosalie-declerck-priez-pour-le-repos-de.lame_.jpg
Lucie Léonie
Lucie Léonie, la plus jeune de la fratrie, 18 ans d’écart avec sa sœur aînée. Mes archives familiales gardent une unique trace de Lucie Léonie Declerck. Dans une lettre datée du 20 janvier 1901, Angèle Declerck écrit à un membre de ma famille : « ma tante est toujours vive et alerte« . Lucie Léonie Declerck est la seule tante survivante à cette date. La tante alerte décède 5 mois plus tard, le 20 juin 1901, en sa demeure située sur la place du village.

Et le frère Louis Declerck, décédé à 85 ans

Pierre Louis DECLERCK 1816-1901, rentier Je l’impression de connaître le dernier frère, Louis Declerck, pour deux raisons. D’abord il est témoin de tous  les actes d’Etat civil concernant la famille Declerck. En effet, Henri et Louis DeClerck ou Declerck sont les seuls garçons vivants après 1862. Les sœurs n’apparaissent jamais comme témoin, et pour cause, la loi ne l’autorise aux femmes qu’à partir de 1897 (voir par exemple cet article) Ensuite, la lettre datée du 21 janvier 1901 déjà évoquée au-dessus nous informe sur son état de santé, quelques mois avant son décès : « mon oncle Declerck vieillit de jour en jour, il est presque continuellement couché sans aucune infirmité, la mémoire se perd chez lui » Le 13 juin suivant, Louis Declerck décède dans sa demeure, à Hondeghem, agglomération (donc il ne vivait pas avec sa sœur Lucie Léonie dont la demeure était sur la place). Pierre Louis DeClerck, né le 7 octobre 1816, célibataire, rentier. Témoins Michel DeClerck 23 ans 1/2, brasseur; Louis Laporte, neveu maternel par alliance, 67 ans, Hazebrouck. Décédé le Il avait donc 85 ans.   

Et le frère conseiller municipal ?

La dernière question sur la fratrie : l’article de 1906 indique qu’en 1858, quand d’Henri Declerck a été nommé maire, son frère était conseiller municipal. De que frère s’agit-il? Je n’ai pas les éléments pour répondre à cette questions,  les deux frères en questions peuvent être soit Charles Benjamin DECLERCK qui avait 30 ans en 1858 (et décède en 1862) ; soit Pierre Louis DECLERCK qui avait 42 ans à cette même date (et décède quatre décennies plus tard, à l’âge de 84 ans) J’ai tenté d’y répondre en consultant les registres d’Etat civil autour de 1858, pour y repéré si un Declerck a fait fonction d’officier d’Etat civil pour la rédaction de certains actes. Réponse, non. Le premier acte écrit par Henri Declerck, maire et officier de l’Etat civil, (il signe Henri de Clerck) est daté du 25 octobre 1858. C’est l’acte de naissance de Nicolas Louis Henri BECK, vu 1134/1358 5 Mi 035 R 036. L’acte précédent, et tous les actes antérieurs pour l’année 1858, sont rédigés par Louis Valckenaere, maire et officier de l’Etat civil. Le mystère reste entier. En juin 1901, Henri DeClerck, maire d’Hondeghem, reste à 78 ans le seul survivant de ses 8 frères et sœurs. Il a trois enfants, dont le devenir fera l’objet du troisième article de cette série sur Henri De Clerck, un maire des Flandres.

Actes

Source AD Nord, 3 Mi 035 R036

1842. Décès de Pierre Declerck, 56 ans, Hondeghem

1842.Hond.D Pierre Jean Vast DECLERCK pere du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842. Naissances dans jumelles de Julienne Benoîte Declerck, Hondeghem

1842.Hond.N Justine Louis Declerck jumelle 1 fille de Julienne Declerck 19 ans soeur du futur maire 5 Mi 035 R 036 1842.Hond.N Eugéine Mélanie Declerck jumelle 2 fille de Julienne Declerck 19 ans soeur du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842. Décès de Julienne Benoite Declerck, 19 ans, à Hondeghem 

1842.Hond.D Julienne Declerck 19 ans soeur du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842 décès de l’enfant Justine Louise, en nourrice à Renescure (59)

1842.Renescure.D Justine Louise Declerck jumelle 1 en nourrice

1849. Décès de Charles Benoit DECLERCK, 30 ans, cultivateur

1865.Hond.D Charles Benjamin DECLERCK 34 ans frère du maire 5 Mi 035 R 036.PNG

1862. Décès de Charles Benjamin DECLERCK, 34 ans, brasseur

1865.Hond.D Charles Benjamin DECLERCK 34 ans frère du maire 5 Mi 035 R 036

1867. Décès de Sophie Barbe BEUN

1867.Hond.D.Sophie Barbe BEUN femme de Pierre Jean Devast DeClerck et soeur de Amelie Barbe BEUNE.PNG

1872. Mariage d’Eugénie Mélanie DECLERCK, la jumelle survivante

  3 avril 1872 à Hondehghem, avec François Louis LAPORTE. Elle a 29 ans 1/2, cultivatrice, née et domiciliée à Hondeghem, fille maternelle majeure de feue Julienne Benoite De Clerck. Témoins ses oncles Louis Declerck, 55 ans, brasseur et Henri Declerck, 45 ans, brasseur et maire. François Louis LAPORTE, 34 ans 1/2, cultivateur, né et domicilé à Hazebrouck, majeur, fils légitime de Maximilien Léonard LAPORTE, rentier, et de feue Reine Perpetue CLEENEWERCK, décédée à Hazebrouck. Témoin Auguste DEPUYDT, 36 ans et Désiré BURET, 36 ans, cultivateurs, frères par alliance de l’époux, domiciliés à Waton (Belgique) Le père de l’époux consentant par procuration passée le 1er avril par devant Me Gustave DEVOS, notaire à la résidence de Wallon-Cappel.

1875. Mariage de Pierre Henri De Clerck, maire

dans l’article Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1

1884. Décès de Rosalie Mélanie Declerck, 70 ans

1884.hond_.d-rosalie-mc3a9laine-declerck-70-ans-soeur-du-maire-1-mi-ec-308-r-001.png AD 59 1 Mi EC 308 R 001 Eléments de l’acte de décès
L’an 1814 le 2 août à 10 heure du matin, Louis Plancke, adjoint délégué exceptionnellement par nous maire aux fonctions d’officier de l’Etat civil de Hondeghem, canton d’Hazebrouck Ont comparu Henri De Clerck, 59 ans, brasseur et maire, et Louis De Clerck, 68 ans, propriétaire, deux frères de la défunte, tous les deux domiciliés en cette commune ont déclaré que hier, à trois heures trois quarts de relevée De Clerck Rosalie Mélanie née en cette commune le 22 juin 1814 et y domiciliée, rentière, célibataire, fille de feux Pierre Jean Vedast (sic?) DeClerck et de Sophie – Barbe Beun, décédés en cette commune, est décédée en sa demeure sise en cette commune, …

1891. Décès de Eugénie Itisbergue DECLERCK, 70 ans

1891.hond_.d-eugc3a9nie-itisbergue-declerck-70-ans-soeur-du-maire-1-mi-ec-308-r-002-1.png

1901. Décès de Pierre Louis Declerck (84 ans) et de Lucie Léonie Declerck, 67 ans, à une semaine d’intervalle

1901.Hon.D.Lucie Léonie De Clerck 69 ans une soeur de Henri Declerck fille de Pierre Jean Vaast DeCler et Sophie BEUN Eléments : la défunte est née dans cette commune le 2 juillet 1832, célibataire, rentière. Décédée en sa demeure, sise en cette commune, sur la place, la veille à 6 heures 50 du soir. Déclarants Louis LAPORTE, 67 ans, rentier, neveu maternel par alliance ; Michel Declerck, 23 ans, brasseur, neveu paternel. Acte du 21 juin 1901. 1901.Hond. Deces Pierre Louis DECLERCK 13 juin frère du maire je pense - fils de Pierre Jean Vaast DeCLERCK et sophe barbe beune Acte du 13 juin 1901. Déclarants Louis Laporte, 67 ans, rentier, neveu par alliance du défunt maternel (sic l’ordre des mots), domicilié à Hazebrouck ; et Michel De Clerck, 23 ans et demi, brasseur, neveu paternel du défunt, domicilié en cette commune (Hondeghem). Pierre Louis DeClerck, rentier, célibataire, décédé en sa demeure sise en cette commune, agglomération. Décès ce jour à 8 heures du matin.     

Mes ancêtres couturières

Je suis réquisitionnée par ma fille pour coudre quelques masques avec elle. C’est qu’elle est pressée de retourner au collège et prépare donc à fond le déconfinement. Là, j’ai pu m’échapper. Il est urgent d’effectuer un point sur mes ancêtres couturières.

Ancetres couturieres legende

Ancetres couturieres global

CHAUVIN, DUFOUR, une branche essentiellement parisienne, avec plein de couturières
Marie Claudine CHAUVIN. 1892 – 1935. Née à Paris, couturière, fille et sœur de couturières. C’est mon arrière-grand-mère.

Adolphine Clémence DUFOUR est la mère de Marie CHAUVIN. 1860 – 1935. Couturière, de façon constante, jusqu’à au moins 1908 (48 ans).
Charles Ambroise CHAUVIN, mari de la précédente. 1855-1920. Toute sa vie, sa profession reste employé, ou parfois garçon de magasin, mais on le retrouve teinturier après l’âge de 56 ans. Teinturier n’est pas couturier, mais je trouve intéressant de mentionner cette profession liée au textile. Paris.
Julie Félicité LAVAUX est a mère de Charles CHAUVIN, 1819-1866. Paris. Couturière.

Eugénie CARON est la mère de Clémence DUFOUR. Elle naît à Albert, dans la Somme (80). Elle vit ensuite à Aubervilliers (93) où est elle exerce le métier de couturière. 1823-1886.

Ancetres couturieres chauvin dufour

LABOURASSE. Couturières à Bar-le-Duc, couturières à Paris

Marie LABOURASSE 1857-1896. Née à Bar-le-Duc, d’une famille de couturières. A ensuite vécu tantôt à Bar-le-Duc, tantôt à Paris. Je n’ai pas remis la main sur une mention de sa profession à elle, je m’attends certainement à la trouver couturière.

Coquille sur le schéma. Pour Marie LABOURASSE il faut lire : fille et sœur de couturière

Elle épouse Théophile COULON, 1854-1898, veuf d’une couturière, et lui-même avait exercé la profession de tailleur d’habits auparavant, à Meaux (77). Il a ensuite exercé d’autres professions le reste de sa vie, essentiellement employé, à Paris et à Bar-le-Duc. Sa troisième femme, qui est aussi la sœur de la seconde, est … couturière.

Marie LAURENT, 1828-1891, mère de Marie LABOURASSE. Couturière, Bar-le-Duc

Ancetres couturieres labourasse coulon

Coquille dans le schéma. Pour Marie Labourasse, lire : fille et sœur de couturières

BOROSKY, une descendante de bergers de Picardie et de journalier d’Ile de France devenue couturière

Mon arrière-grand-mère Julie BOROSKY est fille de journalier, domestique, manouvrière d’une village de Seine-et-Marne et descendante de bergers de l’Aisne, pour résumer. Et aussi d’un soldat polonais. Quand elle se marie à Paris en 1914, elle est couturière.

CAUWEL. Lingère chemisière, Paris

Marie, Fanny CAUWEL. Chemisière, puis lingère. D’après ce site sur les métiers anciens lingère chemisière correspond à la confection de lingerie d’hommes (chemise, caleçon, gilet). Lingère, je pense qu’elle lavait le linge des autres. Les actes qui m’indiquent sa profession sont dans cet article (qui parle de la vie professionnelle de son mari, mais forcément on l’y croise). 1847-1883.

Elle est né dans le Nord (Hazebrouck, 59) puis sa famille est partie vivre à Paris. Père menuisier. Je n’ai pas de profession pour sa mère, Sophie LAPORTE. Pas de couturières ni de métiers proches dans les cette famille largement liée à la terre.

Ancetres couturieres cauwel et borosky

Sources

Je n’ai pas pris le temps de faire la liste des sources utilisées pour cet article. J’ai vérifié toutes les informations sur les professions dans des actes d’état civil. Je n’ai pas fait de relevé systématique des professions tout au long de la vie. Je n’ai pas re-vérifié les années et lieux de naissance et décès.

Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS. J’ai voulu en savoir plus sur lui. Ma démarche : partir de ce qui a été dit de sa vie personnelle lors de son éloge funèbre, le vérifier et développer à partir de sources d’Etat civil et de pièces d’archives familiales.  

Présentation effectuée dans un premier article K comme Henri Declerck, un maire des Flandres 

Ce que dit l’article de 1906 et ce que je veux vérifier et développer

  • Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans
    => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?

  • En 1875, il se marie 
    => Où? avec qui?

Naissance, décès

[article de 1906] Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?

En gros, oui.

Naissance 31 octobre 1825 et décès le 14 février 1906, à Hondeghem, d’après les actes d’Etat civil. Si je calcule bien il avait 80 ans à son décès plutôt que 82 ans mais c’est difficile à calculer, faut avouer.

Henry ou Henri?

Ses prénoms correspondent, à part l’orthographe de son 3ème prénom, qui est manifestement son prénom d’usage : Henry en 1825 (naissance) et en 1875 (mariage), Henri en 1906 (décès, article du journal).

Declerck ou De Clerck?

1825 (naissance) : le patronyme est orthographié Declerck tout attaché.  La signature de son père Pierre Declerck tient plutôt en un mot mais avec peut être un C majuscule au milieu.

1875 (mariage) : l’officier d’Etat civil écrit De Clerck. L’intéressé signe Hri de Clerck, bien séparé, tandis que le patronyme de son frère Louis est très clairement orthographié Declerck dans l’acte et pour la signature. Manifestement, deux frères avec un nom de famille écrit différemment ce constituait pas un problème.

1906 (décès)  : toujours De Clerck dans l’acte, ainsi que dans l’article de journal.

Acte de naissance 

Pierre François Henry DECLERCK 31 octobre 1825 Hondeghem 
Archives départementales du Nord 5 Mi 035 R 035 HONDEGHEM / NMD [1805-1826]

1825.Hondeghem.N.Henri De Clerck futur maire

1825 le 1er novembre à 11h du matin, pardevant moi Eugène DEQUIDT maire (…) est comparu Pierre DECLERCK âgé de 40 ans brasseur et cultivateur domicilié à Hondeghem

lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né hier à 10h du soir de lui et de Sophie BEUN, âgée de 31 ans, son épouse

et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Pierre François Henry,

lesdites déclarations et présentations faites en présence de Charles MORIAUX (?) âgé de 53 ans cultivateur domicilé à Hondeghem, et de François QUITE(?) âgé de 51 ans cultivateur domicilié à Hondeghem, oncle par alliance de l’enfant, (…)

signatures : F.Quite(?), P.Declerck, L.Moreaux(?)

En aparté, c’est acte de naissance indique d’où Henri DeClerck cousine avec ma famille. Sa mère, Sophie BEUN (Sophie Barbe BEUN en fait)  est la sœur de Amélie Barbe BEUN, qui est la mère de Sophie LAPORTE qui est la mère de Fanny CAUWEL qui est la mère de Paul GHYS qui est mon arrière-grand-père. Maintenant, je sais.

Acte de décès

Pierre François Henri de Clerck, acte du 14 février 1906, Hondeghem
Archives départementales du Nord, NMD Hondeghem 1906-1915 3 E 3945

1906.Hondeghem.D Henri De Clerck ancien maire

L’an 1906 le 14 février à 3 heures du soir, par devant nous, Armand Debuyzer(?), maire et officier d’Etat civil de la commune de Hondeghem, canton d’Hazebrouck, Département du Nord, ont comparu Michel-Pierre De Clerck, âgé de 29 ans, brasseur, fils du défunt, et Lucien Vermeesch, instituteur public, âgé de 52 ans, non parent du défunt, tous deux domiciliés en cette commune, lesquels nous ont déclaré que aujourd’hui, à 2 heures du matin, De Clerck Pierre, François, Henri, né en cette commune le 31 octobre 1825, domicilié à Hondeghem, fils de feux Pierre De Clerck et Sophie Beun, époux de Pauline-Philomène Vanneufville, rentière, son épouse, domiciliée au même lieu, est décédé en sa demeure conjugale sise en cette commune, ainsi que nous nous en sommes assurés ; les deux témoins ont signé avec nous le présent acte de décès, après que lecture en a été faite

signatures : Michel De Clerck. Vermeesch. Le Maire A.Debuyzer.

Liste des patronymes : DEBUYZER, VERMEESCH, BEUN, DE CLERCK, VANNEUFVILLE

 

Mariage avec Pauline Philomène Vanneufville

[article de 1906] En 1875, il se marie 
=> Où? avec qui?

Henri DeClerck se marie à Caestre avec Pauline Philomène VANNEUFVILLE le 24 avril 1875 à Caestre (merci à Jean-Paul TYRACHE sur Généanet)

Caestre se situe à 7 km d’Hondeghem, c’est la commune d’origine de l’épouse. Épouse dont j’utilise le nom d’usage Pauline, si vous permettez. Source pour le nom d’usage : recensement 1906.

Lui a 50 ans. Ce n’est pas tout jeune pour un premier mariage. Elle 36 ans, ce n’est pas tout jeune non plus mais ça va.

De profession, Henri DeClerck est marchand brasseur et maire. On ne connait pas la profession de Pauline Vanneufville ni celle de son père, décédé. Sa mère est dite propriétaire, mais son frère (témoin) est … marchand brasseur et adjoint au maire (de Caestre, je suppose, car il est domicilié à Caestre). 

Henri le marchand brasseur et maire épouse donc la sœur d’un marchand brasseur et adjoint au maire d’un village des environs.

Acte de mariage

Archives départementales du Nord. NMD Caestre 1871-1880 5 Mi 038b R 006

Pierre François Henry De Clerck et Pauline Philomène Vanneufville
Caestre (59) le 24 avril 1875

Eléments de l’acte de mariage

Lui Pierre François Henry De Clerck marchand brasseur et maire d’Hondeghem. 49 ans. Fils de Pierre De CLERCK, décédé à Hondeghem 23 avril 1842, et Sophie BEUN, décédée à Hondeghem 16 avril 1867. Grands-parents Michel De CLERCK, décédé 7 juillet 1825  et Jeanne Thérèse VANDAELE décédée le 8 février 1816 ;  Matthieu Joseph BEUN décédé à Hondeghem le 4 aout 1824, Itsbergue SAVAETE décédé à Hazebrouck 23 brumaire an 7.

Elle Pauline Philomène Vanneufville, propriétaire, domiciliée à Caestre, 36 ans, née Caestre 28 février 1839, fille de Ive Bruno VANNEUFVILLE décédé à Eecke 19 janvier 1871, et Louise SAVAETE propriétaire à Caestre

Contrat de mariage chez Me Devos, notaire à Wallon Cappel, le 12 du présent mois

Témoins

  • Louis De CLERCK, 59 ans, propriétaire, Hondeghem, frère germain de l’époux
  • Louis LAPORTE, 37 ans, cultivateur, Hazebrouck, neveu par alliance de l’époux
  • Henri VANNEUFVILLE, 34 ans, marchant brasseur et adjoint au maire, Caestre, frère germain de l’époux
  • Henri LEQUIEN, 45 ans, tanneur, domicilié à Aire (Pas-de-Calais), frère par alliance de l’épouse

Patronymes cités : De CLERCK, BEUN, VANDAELE, SAVAETE, VANNEUFVILLE, LAPORTE, LEQUIEN, Me DEVOS

 

X comme Edmond Ghys, exempté

Mon arrière-arrière grand-père Edmond Ghys (1850 – 1905) s’est établi à Paris en 1871, en provenance du Nord. Quel était alors son statut par rapport au service militaire? 

Le service militaire en 1871

La loi sur le recrutement de l’armée, dite loi Gouvion Saint-Cyr, date de 1818. Elle est modifiée en 1872, avec la suppression du remplacement. En 1870, année des vingt ans d’Edmond Ghys, on est bien sous la loi de 1818 pas encore modifiée.

La Loi Gouvion Saint-Cyr instaure un service militaire de 6 ans. Il est effectué par les volontaires et les jeunes hommes tirés au sort dans chaque canton. Le tirage au sort a lieu en public.

Le système de remplacement est légal, c’est-à-dire que les hommes ayant tiré les mauvais numéros peuvent se faire remplacer par quelqu’un d’autre – en négociant une contrepartie financière. 

Les conscrits tirés au sort passent devant le conseil de révision. Ils peuvent être exemptés pour aptitude physique, conditions familiales ou dispensés pour occupations professionnelles. 

Conscrit : recrue levée par le système de conscription (Larousse) 
Conscription : nom donné, à partir du Directoire, à l’inscription au rôle des jeunes gens parmi lesquels le sort désignait les conscrits. (Larousse)

 
 

x Exempte loi Gouvion St Cyr schéma rev2

Le schéma ci-dessus résumé ce que je comprends des étapes du recrutement militaire. J’ai pu faire des erreurs d’interprétations, merci de me le signaler.

Documents utilisés

  • Bulletin des lois de la République Française, Volume 6. Bulletin des Lois n° 200 . Lois sur le recrutement de l’Armée, Paris, 10 mars 1818. Sur Google books 
  • Article Wikipedia sur la Loi Gouvion Saint-Cyr (qui indique la source ci-dessus)
  • Ivan JABLONKA, « La conscription au XIXe siècle », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 29 novembre 2019. URL
  • Frédéric MAGUET, « La conscription au XIXe siècle », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 29 novembre 2019. URL

Exemption Edmond Ghys

Revenons à mon arrière-arrière-grand-père Edmond Ghys, classe 1870, qui n’a pas effectué de service militaire. Pour quelle raison?

La mémoire familiale indique qu’il s’est fait remplacer. Cela aurait été possible. J’ai voulu vérifier, et peut-être trouver des informations complémentaires sur sa vie, son parcours.

Archives en ligne

Aux Archives départementales du Nord (ou AD59), les tables alphabétiques militaires ne sont accessibles en ligne qu’à partir de 1872 pour le bureau de Dunkerque. Or, il me faut 1870. Les registres matricules (état signalétique) sont en ligne à partir de 1867 pour Dunkerque, mais un exempté ou remplacé y figure-t-il? Non, je vois bien que non.

Série R, affaires militaires (pas en ligne)

Néanmoins, les AD59 disposent des Listes du tirage au sort, Arrondissement de Dunkerque en 1870. Cote 1R924. Série R c’est les affaires miliaires.

J’ai donc profité d’un séjour à Lille pour passer une après-midi aux archives départementales. 1R924 est un grand livre. A l’intérieur, il y a une section par canton. Celui qui m’intéresse est Hazebrouck Nord.

Je transcris les noms de colonnes et le contenu pour la ligne de Edmond Ghys

Numéro échu dans la liste de tirage
120
1° NOMS de famille, 2° PRENOMS ou noms de baptême, 3° SURNOMS
GHYS Edmond Alfred

Profession. Faire mention du temps pendant lequel les ouvriers des usines et manufactures ont déjà été employés dans ces établissements
Employé de commerce

Commune à laquelle appartiennent les jeunes gens
Hondeghem

Numéro d’inscription sur le tableau de recensement rectifié
2

Motif d’exemption que les jeunes gens ou ceux qui les représentent se proposent de faire valoir devant le conseil de révision
Carie des os à la jambe droite 

1° [date de naissance et lieu de naissance] 2° Noms, prénoms et domiciles des pères et mères

Né le 9 juin 1850 à Hondeghem,
canton d‘Hazebrouck (Nord)
Résident à Lille 
Canton du dit
Département du Nord
Fils de Louis Désiré
Et de Debert Julie
Domiciliés à Hondeghem

Taille des jeunes gens
[vue coupée, quelle idiote j’ai été quand j’ai pris la photo]

Niveau d’instruction des jeunes gens
1-2

Décision
Exempté

Motifs de la décision
Carie des os de la jambe droite & [???] de la hanche

Et bien voilà, j’apprends donc que Edmond Ghys a donc demandé son exemption pour raison de santé, « carie des os » de la jambe droite.

Carie des os : nom ancien de l’ostéite (wikipedia), qui est un terme générique pour une infection de l’os (campus rhumatologie)

Le conseil de révision l’a effectivement exempté pour cette raison, plus quelque chose à la hanche, mais je n’arrive pas à comprendre le mot.

Carie des os de la jambe droite et xxxxxx de la hanche

Déchiffrage. Dans les proposition, plus ou moins tirées par les cheveux: girration, giration, déviation? La première lettre peut-elle être un X utilisé comme abréviation? Avant le -ation, est-ce un m? Deux r?  On lit V mais aucun mot en -vation ne correspond (merci à ceux qui ont apporté leur aide sur Twitter et ailleurs!).

Déchiffrage, mise à jour 9 décembre 2019 : on propose incurvation; on me signale qu’en latin diruo signifie rompre, y aurait-il un mot médical de l’époque diruation qui voudrait dire fracture ? ; le terme irvation a été déniché dans un ouvrage de médecine de 1818, en rapport avec les rhumatismes, mais avec à mon sens une incertitude sur la seconde lettre, est-ce un R ? ; et si la première lettre était un alpha, qui en rhumatologie renvoie aux angles. 

x Exempte loi Gouvion St Cyr schéma sur Edmond Ghys rev2.png

Je remets le schéma avec les étapes du recrutement militaire, avec en orange le parcours d’Edmond Ghys selon les archives et en bleu clair selon la mémoire familiale.

Pour aller plus loin

Un frère mort alors qu’il était sous les drapeaux, autre motif d’exemption?

En 1872, Albert Joseph GHYS, frère d’Edmond Ghys dont il est question ici, aurait été exempté pour cause de frère mort au combat (source : notes personnelles, à vérifier).

Il y a bien un frère, Romain GHYS, mort en traversant la Seine alors qu’il était sous les drapeaux (article) en 1868. Edmond Ghys aurait-il pu être exempté pour cette raison, en plus de sa carie des os? 

Que devient-on avec une carie des os à la jambe?

Je n’ai pas l’impression qu’Edmond Ghys ait été trop gêné par sa carie des os. Il est décédé 55 ans après avoir eu une vie professionnelle évoquée ici et qui a priori impliquait des voyages. Il est aussi père de trois enfants.

En bonus, motifs d’exemption de la loi Gouvion Saint-Cyr

Quelques motifs d’exemption d’après la loi Gouvion Saint-Cyr de 1818 (source Bulletin des lois de la République cité au 1er paragraphe)

Aptitudes physiques

  • les moins de 1m57. Notez que Wikipedia indique 1m54 et c’est plutôt ce que j’avais en tête, est-ce que cette limite a évolué?)
  • ceux que leurs infirmités rendront impropres au service

Conditions familiales

  • aîné d’une famille d’orphelins de père et de mère
  • fils aîné d’une veuve, ou son petit-fils aîné s’il n’y a pas de fils
  • idem, fils aîné ou petit-fils d’un père aveugle, ou d’un « vieillard septuagénaire »
  • le plus âgé de deux frères désignés tous deux par le sort dans un même tirage (je me demande comment cela se passait pour les jumeaux)
  • celui dont le frère est sous les drapeaux, ou mort en activité de service, ou réformé pour blessures reçues ou infirmités contractées à l’armée
  • etc sont dispensés mais également ceux dont un frère est sous les drapeaux ou mort ou blessé en activité de service. 

En bonus 2, les motifs d’exemption relevés sur le registre que j’ai consulté

Déjà, dans la Motif d’exemption que les jeunes gens ou ceux qui les représentent se proposent de faire valoir devant le conseil de révision, il est le plus souvent noté : sans réclamation ; et la décision du conseil de révision est : propre au service.

quelques motifs de demande d’exemption que j’ai relevés

  • fils puîné d’une femme veuve: l’aîné étant impotent
  • blessures aux pieds
  • Bègue et mauvais pied
  • Tache à la joue droite. Celui là a effectivement été exempté avec pour motif : scrofuleux. Scrofule : Infection de la peau ou des muqueuses, ou inflammation des ganglions. (Wiktionary)

 

V pour vie professionnelle d’Edmond Ghys

Edmond Alfred Ghys, prénommé couramment Edmond, est mon arrière-arrière-grand-père. Il naît à Hondeghem (59) le 10 juin 1850.

Il est le grand frère de Sylvie la religieuse Ursuline, le petit frère de César le Hussard, de Romain qui est mort noyé dans la Seine et de plusieurs autres.

C’est le seul de sa fratrie à quitter le Nord : en 1871, il a 21 ans. Il part à Paris et s’y établit.

Je dispose d’une version de sa biographie écrite par l’un de ses petits-fils dans les années 1950. Cette version s’avère très romancée. Je m’attache donc à reconstituer une biographie sourcée d’Edmond Ghys. Aujourd’hui, sa vie professionnelle.

Je distingue les types de sources : les documents d’état-civil consultables en ligne sur les sites des archives départementales ; la presse d’époque retrouvée par le site Rétronews ; des pièces d’archives familiales, donc je dispose tantôt de copies, tantôt de transcriptions effectuées vers 1950.

Ligne de vie mise à jour le 7 décembre 2019, avec ajout de l’année 1870

v-vie-professionelle-edmond-ghys v2

1870 Liste de tirage au sort militaire

Les archives militaires nous apprennent que Edmond Ghys est employé de commerce et réside à Lille. Article X comme Edmond Ghys, exempté

Paragraphe ajouté le 7 décembre 2019

1871 voyage Hondeghem – Paris. Passeport

Edmond Alfred Ghys fête ses 21 ans le 10 juin 1871. 21 ans, c’est l’âge de la majorité depuis 1792. Majorité civile en France (wikipédia)

Une dizaine de jours plus tard, un passe-port est établi à son nom par Pierre de Clerck, le Maire d’HondeghemPasse-port, c’est le nom porté par ce document. C’est en fait un genre de laisser-passer. L’original est dans les archives familiales mais pas chez moi.

1871.laisser-passer-extrait.jpg
Petit extrait du passe-port établi par le maire de Hondeghem (59 ) au nom d’Edmond GHYS en 1871. Archives familiales

République française
Passe-port à l’intérieur valable pour un an
Nous de CLERCK Henri, Maire de la Commune de Hondeghem, Arrondissement d’Hazebrouck. Département du Nord

[en colonne de droite]
Front : ordinaire
Sourcils : blonds
Yeux : bleus
Nez : pointu
Bouche : petite
Barbe : peu fournie avec moustache
Menton : rond
Visage : ovale
teinte : pâle

[page principale]

Invitons les autorités civiles et militaires à laisser passer et librement circuler de Hondeghem, département du Nord, à Paris, département de la Seine, le nommé GHYS Edmond, Alfred (…). Natif de Hondeghem. Département du Nord. Demeurant à Hondeghem, et à lui donner aider et protection en cas de besoin

Délivré sur sa demande et son identité reconnues

Fait à Hondeghem, le 21 Juin 1871
Le Maire : Henri de CLERCK

 

Edmond Ghys a dû arriver à Paris en juin 1871 ou les mois qui ont suivi. En tous cas, il y était déjà domicilié le 10 février 1872.

Drôle de moment pour arriver à Paris

Paris était en état de siège l’hiver 1870-1871, l’armistice est signée avec la Prusse en janvier-février 1871, Paris se soulève en mars, c’est la Commune qui prend fin dans un bain de sang, 21-28 mai 1871. Drôle d’idée d’arriver à Paris à ce moment-là.

La guerre avec la Prusse a d’ailleurs nécessité le rassemblement des armées mais Edmond n’a pas fait son service militaire. Cela fait l’objet d’un autre article (lettre X) si tout va bien .

1872. Mariage

Edmond Ghys épouse Fanny Cauwel le 10 février 1872, Paris 15, alors qu’il vit à Paris depuis 7 mois tout au plus. Il est employé de commerce et domicilié dans le 10ème arrondissement, 60 rue du château d’eau.

Du 10 février 1872 à 1h et demie acte de mariage de :

Edmond Alfred GHYS employé de commerce rue du château d’eau 60 (dixième arrondissement) né à Hondeghem (Nord) le 9 juin 1850 . Fille(sic) majeur de Louis Désiré Ghys marchand brasseur et de Julie Debert son épouse, sans profession, domiciliés à Hondeghem et consentant par acte devant Me Carlier Notaire à Hazebrouck (Nord)

et de Marie Fanny CAUWEL chemisière demeurant boulevard de Grenelle 71, avec ses père et mère née à Hazebrouck (Nord) le 29 janvier 1849, majeure, fille de Henri Cauwel menuisier âgé de 60 ans et de Sophie Laporte, son épouse, sans profession, âgée de 46 ans, présents et consentants

[énumération des pièces, pas de contrat de mariage, consentement…]

en présence de : GHYS (Léon Gustave) brasseur, âgé de 27 ans, demeurant à Hondeghem (Nord) et VANDAMME (Nestor Ulysse) correcteur d’imprimerie, âgé de 21 ans, demeurant rue Cardinet 190, le premier frère de l’époux

Et CAUWEL (Néry Albert) âgé de 21 ans, naturaliste, demeurant boulevard de Grenelle 71, et KENEUT (Albert, Léon) employé de commerce âge de 26 ans, demeurant à Dunkerque (Nord), le première frère de l’épouse

[suivent les signatures]

Edmond Ghys a une profession en rupture avec celle de sa famille

Selon cet acte de mariage, Edmond Ghys est donc employé de commerce. Profession en rupture avec celles exercées dans sa famille : marchand brasseur pour son père, brasseur pour son frère, dans leur village de Hondeghem. Ses frères et la famille élargie ont tous des métiers liés à la terre (cultivateur) ou au commerce, mais en lien avec la terre (marchand brasseur, cabaretier).

Côté belle-famille, les CAUWEL sont originaires du Nord eux aussi et, je le sais par ailleurs, établis à Paris une vingtaine d’années auparavant. Le père est menuisier et le frère naturaliste. On est plutôt dans les métiers de l’artisanat. Ils vivent boulevard de Grenelle, dans le 15ème arrondissement.

Restent les témoins sans relation familiale : l’un est correcteur d’imprimerie à Paris. L’autre exerce le même métier qu’Edmond Ghys, employé de commerce, mais à Dunkerque.

1874. Premier enfant, Georges Ghys

Naissance de son premier enfant. Edmond Ghys effectue la déclaration 2 jours après. Le couple vit rue de Cambronne, dans le 15ème arrondissement de Paris. Il est dit de profession : voyageur; ce que je traduis par voyageur de commerce. Les témoins sont propriétaire pour l’un, monteur (si je déchiffre bien) pour l’autre.

1874.N.GeorgesGHYS.Pars15

17 septembre 1874 à 10h du matin est comparu Edmond GHYS voyageur âgé de 24 ans,

lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin auquel il a donné les prénoms de Georges Henri Edmond, né le 15 de ce mois à 4 heures du matin au domicile de ses père et mère rue Cambronne 57 (ou 52?) en cet arrondissement

qu’il nous a déclaré venir de lui et de Fanny Marie CAUWEL son épouse, chemisière, âgée de 27 ans, mariés en cette mairie le 10 février 1872.

Cette déclaration est faite en présence de Adolphe COUGUé (?), propriétaire, âgé de 55 ans, demeurant rue Depareux [? cette rue n’existe pas dans le 15ème] 13, et de Vant(?) CURET monteur (?) âgé de 38 ans demeurant place Vaugirard 16

Le père et les témoins ont signé avec nous, officier le l’Etat civil du 15ème arrondissment de Paris après lecture

[signatures, dont]  Ghys Ed

 

1875. 9 août, participe à la souscription pour les inondés. 13 août, naissance de son deuxième enfant

Souscription pour les inondés

9 août 1875, le journal Le Rappel publie la 37ème liste des donateurs pour sa Souscription pour les inondés. Il y a des donateurs particuliers et des donations provenant de groupes ou organismes. Un des groupes est la Maison Teinturier – Meslier, 7 rue de Bondy qui donne un total de 66 Frs 25.

Les participations à la donation de la Maison Teinturier – Meslier sont détaillées : un anonyme a donné 30 Frs, Edmond Ghys 3 Frs et une trentaine d’autres donateurs désignés par leurs patronymes ont donné entre 2 Frs et 50 centimes.

A ma première lecture j’avais noté que Edmond Ghys avait fait un don pour la teinturerie de sa rue victime d’inondation, n’importe quoi ! Il s’agit en fait des inondations qui ont affecté le sud de la France, fin juin 1875, voir le billet de Gallica sur cet épisode vu par la presse

1875-Le Rappel - souscription pour les inondés - maison teinturerie meslier 7 rue de Bondy.PNG

Naissance de Maria Ghys

Cette naissance confirme qu’en août 1875, Edmond Ghys et sa famille vivent 7 rue de Bondy, donc à l’adresse de la Maison Teinturier-Meslier.

Edmond est maintenant dit négociant. Les témoins sont l’un voyageur de commerce, l’autre sellier. Sellier et voyageur de commerce. Ce sont toutes deux des professions qu’ Edmond Ghys exerce a un moment ou l’autre (ou plusieurs) de sa vie.

1876.n.mariaghys.png

L’an 1876, le 13 août à 10 heures. Acte de naissance de Maria Julia Lucia, du sexe féminin, née avant hier, à 7 heures du matin, rue de Bondy 7, au domicile de ses père et mère; fille de Edmond GHYS âgé de 26 ans, négociant, et de Marie Fanny CAUWEL, sont épouse, âgée de 29 ans, sans profession.

L’enfant a été présenté et déclaré par son père, en présence de Théophile Louis BENARD, âgé de 56 ans, voyageur de commerce, rue de Marseille 11, et de Charles LANGARD, âgé de 47 ans, sellier, rue de Bondy, qui ont signé […]

En marge : décédée le 19 février 1959 à Etemps (S. et Oise).

1876. Procuration

Pièce d’archives familiales. Il s’agit d’un formulaire pré-imprimé à l’en-tête de la direction générale des postes. Edmond Ghys donne à sa femme l’autorisation « pour recevoir ou retirer des lettres chargées ou recommandées”.

A cette occasion, on a leur domicile : 7, rue de Bondy et sa profession à lui : négociant en sellerie. Pour moi, cette procuration suggère que Edmond Ghys était fréquemment en voyage hors de Paris.

Mieux encore, en bas à droite de l’autorisation, on a un tampon que j’ai du mal à déchiffrer. Je ne dispose que d’une photocopie du document. Je pense lire : M[ais]on Teinturier – Meslier. Ed[mond] GHYS succ[ursa]le (?). Sellerie. 7, rue Bondy. Paris

1876.autorisation poste Edmond Ghys.tampon

Maison Teinturier – Meslier, que je déchiffre grâce à la souscription du journal le Rappel, paragraphe précédent. J’ai encore du mal à comprendre les liens entre mon aïeul et cette « maison » (je pense qu’il faut comprendre « entreprise »). La suite nous montrera qu’il était à son compte.

1876.Paris. autorisation poste Edmond Ghys
Archives familiales

N° 534
Juin 1875 – Carré 160.
(6.000 ex. [?])
Direction générale des Postes

Autorisation pour recevoir ou retirer des lettres chargées ou recommandées

Je soussigné Ghys Edmond négociant en sellerie demeurant à Paris, rue Bondy 7, autorise, par ces présentes, Mme Ghys mon épouse

à recevoir à mon domicile, ou à retirer au bureau de la poste restante (Hôtel des Postes), les lettres chargées ou recommandées qui m’arriveraient en mon absence, à donner à cet effet toutes décharges, signer tous registres et émargements, et généralement faire tout ce qui sera nécessaire.

Fait à Paris, le 28 janvier 1876

[signature] Ghys Ed. Vu pour la légalisation de la signature du sieur Ghys. Ed le 28 janvier 1876. Le maire du 10e arrondissement
Signature du fondé de pouvoirs: fm Ghys

[Tampons] Recette principale seine. 29 janv. 76
[Tampon] M[ais]on Teinturier – Meslier. Ed[mond] GHYS succ[ursa]le (?)
En bas: Sellerie. 7, rue Bondy. Paris

italique = pré-imprimé

1877. Déclaration de faillite. Sellier.

Entre le 23 et le 27 juillet 1877, Edmond Ghys figure dans la rubrique Déclaration de faillite de plusieurs journaux. La faillite est survenue le 20 juillet.

Déclaration de faillite de Ghys Edmond-Alfred, sellier, demeurant rue de Bondy 7. Nomme comme juge-commissaire M. Hurez, et pour syndic provisoire et M. Barbot, 22 boulevard Sébastopol (un article indique 9, Bd Sébastopol)

Article trouvés grâce à Retronews

  • Le Bien public 23 juillet 1877
  • Le XIXe siècle 24 juillet 1877 p 4/4
  • Le Siècle 24 juillet 1877 p 4/4
  • Journal des débats politiques et littéraires 24 juillet 1877 p 4/4
  • Journal officiel de la République française 27 juillet 1877, p 9/16

Pour le moment, je n’en sais pas plus sur la maison Teinturier – Meslier, sur le métier de sellier, sur la législation de l’époque sur les faillites. Je n’ai pas encore recherché s’il existe des archives concernant les faillites et celle-là en particulier. Encore des recherches en perspective !

1883. Naissance du troisième enfant, décès de sa femme

Que devient Edmond Ghys après sa déclaration de faillite ? La source suivante concerne la naissance de son 3ème enfant suivie de quelques mois par le décès de son épouse.

A la naissance de son fils Paul Ghys, Paris 2ème arrondissement, il est dit voyageur de commerce.

1883.N.GhysPaul

 L’an 1883, le 14 février à 2 heures du soir. Acte de naissance de Paul Charles Léon GHYS, de sexe masculin, né le 12 février courant, à 10 heures du soir, chez ses père et mère, à Paris, rue Saint-Denis n°218, fils de Edmond Alfred GHYS, âgé de 33 ans, voyageur de commerce, et de Marie Fanny CAUWEL, âgée de 36 ans, lingère. Mariés.

Dressé (…) en la présence de Néry Jules Albert CAUWEL, âgé de 32 ans, naturaliste, demeurant à Paris, rue Sainte Apolline n° 29, et de Alphonse DIMIER, âgé de 57 ans, employé, demeurant rue de la Banque n°8 (…)

[en marge] marié au 7ème arrondissement de paris le 21 avril 1914 avec Julie Louise Borosky. Décédé à Paris 6ème arrondissement le 20 août 1967.

Le décès de Marie Fanny CAUWEL survient moins de 3 mois après cette naissance , toujours Paris 2ème arrondissement. On apprend que sa mère à elle, Sophie Laporte, veuve, vivait à la même adresse que le couple. Ce n’est pas Edmond Ghys qui déclare le décès, et les déclarants me sont inconnus. Etait-il présent?

1883.D.FannyCauwel

L’an 1883 le 21 avril à 3 heures, acte de décès de Marie Fanny CAUWEL âgée de 36 ans, lingère, née à Paris [faux,  elle est née à Hazebrouck 59], décédée ce matin, à 7 heures, en son domicile conjugal, 218 rue Saint Denis, épouse de Edmond Alfred GHYS, âgé de 33 ans, voyageur de commerce, fille de Henri Charles CAUWEL décédé et de Sophie LAPORTE, âgée de 59 ans, même domicile.

Dressé (….) en présence de René BASSON (?), âge de (?) ans, employé, 10 rue de Saints Pères et de Louis LEFEVRE, 60 ans, employé, 88 rue Oberkampf

Paul GHYS est mon arrière-grand-père.

1903.  Accident place de la Bastille

J’ai peu d’informations sur Edmond Ghys durant les 20 ans qui suivent le décès de son épouse. Quelques lettres à son fils Paul dans les archives familiales, de mémoire elles proviennent de villes françaises. Comme il est voyageur de commerce en 1883 et en 1903, je suppose qu’il a exercé ce métier pendant toute cette période. En 1903, il a 53 ans.

Donc je le retrouve en 1903. Le journal Le Petit Parisien 31 août 1903 relate dans sa rubrique Petits faits un accident dont Edmond Ghys a été victime. Petit fait pour le journal mais grand fait pour moi !

On y apprend qu’Edmond Ghys, voyageur de commerce, vivait 126 rue Lecourbe. Heurté par un cycliste place de la Bastille, il a le tibia droit fracturé.

1903 le Petit parisien Edmond Ghys accident

M. Edmond Ghys, voyageur de commerce, demeurant 126, rue Lecourbe, traversait hier matin la place de la Bastille, lorsqu’un cycliste, M. B…, le frôla au passage. La pédale heurta si malencontreusement la jambe droite de M. Ghys, qu’il eut le tibia fracturé.

Le blessé a été transporté à l’hôpital Saint-Antoine.

1905. Décès

Edmond Ghys décède en 1905, à Paris 14ème. 55 ans. Profession : représentant de commerce. Il vivait à Santeny, en Seine-et-Oise, où son décès a été transcrit.

Vie professionnelle en résumé

Edmond Ghys quitte le Nord où ses proches exercent des métiers liés à la terre, ou au commerce lié à la terre : cultivateurs, brasseurs –  cabaretiers … Il arrive à Paris à l’âge de 21 ans, en 1871. En fait, on sait maintenant qu’il exerçait déjà la profession d’employé de commerce, à Lille, en 1870 [ajout du 7 décembre 2019]

D’abord employé de commerce (22 ans), puis voyageur, il a sa propre affaire de sellerie (ou de négoce en sellerie) entre 1875 et 1877, date de faillite. Il a alors 27 ans.

Il (re) devient voyageur de commerce, peut-être pendant plus de 20 ans. C’est en tous cas la profession qu’il exerce à 33 ans (1883) et à 53 ans (1903). A son décès, 2 ans plus tard, il est dit représentant de commerce.

K comme Henri Declerck, un maire des Flandres

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS.

J’ai voulu en savoir plus. Retronews a déniché un article intitulé Un maire des Flandres, paru dans l’Univers le 3 mars 1906, juste après le décès de Henri De Clerck. C’est en fait la transcription de son éloge funèbre prononcée par un abbé. 

Ma démarche est de reprendre ce que dit l’article sur sa vie personnelle et familiale, le vérifier et le développer. Je m’appuie sur les archives de l’Etat-civil disponibles en ligne mais également sur des pièces retrouvées dans mes archives familiales, en particulier une lettre et un faire part de décès.

Pour ce billet dans le cadre du #challengeAZ, je vous présente l’article de l’Univers et les questions qu’il entraîne. Ce que j’ai trouvé sur les questions fera l’objet d’une série d’articles, un peu plus tard

Ce que dit l’article de 1906 

Et en bleu ce que je veux vérifier et développer

  • Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans
    => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?
  • il était d’une famille de huit enfants
    => Est-ce exact? que sont devenus ses frères et sœurs?
  • en 1858 son frère était conseiller municipal (mais pas lui)
    => Quel frère? Qu’est-il devenu?
  • de 1858 à 1875, ses parents vivaient et il n’avait donc pas le souci de la ferme et de la brasserie. 
    => Quelles informations a-t-on sur ses parents?
  • En 1875, il se marie 
    => Où? avec qui?
    => Des enfants, à part ceux évoqués ci-dessous?
  • Sa ferme-brasserie (les Ciseaux) est occupée au moment de son décès par son fils Michel
    => Que sait-on sur son fils Michel ? Est-il aussi brasseur? Qu’est-il devenu? Qu’est devenue la ferme?
  • Avant sa mort, sa fille lui lisait les journaux 
    => Que sait-on sur sa fille? Qu’est-elle devenue?

L’article dit d’autres choses d’Henri de Clerck que je ne vais pas vérifier pas dans le cadre de cette prochaine série de billets, peut-être un autre jour, notamment :

  • la ferme-brasserie où il est né s’appelle ferme des Ciseaux et est dans sa famille depuis près d’un siècle; la période où il est maire 1858-1900
  • qu’il devenu aveugle mais a continué à assumer son rôle de maire, avant de démissionner et quitter sa ferme pour aller habiter près de l’église;
  • qu’il a fait ses études à Hazebrouck « où il fut l’élève de M. le principal Dehaene dont il resta l’ami » ;
  • que ses ancêtres sont cité dans les registres de la commune depuis 1790 ;
  • ainsi que des informations sur ses positions et réalisations en tant que maire 

L’Univers, 3 mars 1906. Un maire des Flandres

Un maire des Flandres

Nous donnons sous ce titre l’éloge funèbre que M. l’abbé Lemire a fait samedi dernier d’un digne vieillard de 82 ans, mort après avoir été 42 ans maire d’une commune rurale en Flandre. Nos lecteurs y reconnaîtront un de ces nobles types de magistrats municipaux qui font honneur à nos vieilles provinces.

Le député d’Hazebrouck parlait après l’instituteur : autre tradition qui s’en va! Voici ses paroles :

À l’éloquent discours que vient de prononcer maître Vermeersch, j’ai le devoir de joindre une parole d’adieu au nom des élus de ce pays, conseillers municipaux, maire et ad joint, conseiller général et député.

Pierre-François-Henri-de Clerck naquit à Hondeghem en 1825, dans la ferme-brasserie des Ciseaux, occupée aujourd’hui par son fils Michel, et qui était tenue par ses parents de puis près d’un siècle ; il était d’une famille de huit enfants.

Il fit ses études — ce qui était rare alors et exceptionnel — au collège communal d’Hazebrouck, où il fut l’élève de M. le principal Dehaene dont il resta l’ami. Il apprit à son école, l’amour des livres et le respect de la vérité.

Rentré chez lui, il continua d’unir aux travaux des champs l’étude et la lecture, et il se fit une bibliothèque que tout le monde connaissait, où il aimait à se réfugier comme en un doux ermitage.

Il avait la réputation d’un jeune homme rangé, très droit et d’une rare intelligence. M. Treutebaere était alors curé et il avait donné à son paroissien une trempe d’austérité chrétienne que rien ne put entamer.

A 33 ans, sans être conseiller municipal — son frère l’était — il fut choisi par l’autorité préfectorale comme maire d’Hondeghem. C’était, en 1858.

Henri De Clerck prit les registres de la mairie et se pénétra de l’histoire de la commune pour suivre les bonnes traditions.

A la première page de ces registres, en 1790, il lisait le nom de ses ancêtres, un autre De Clerck, et depuis lors il voyait se succéder à la tête de la commune les diverses familles du pays : Maes, Dequidt, Capèle, Vanuxem, Tryhoen, Degraeve et Valckenaere.

De tours exemples il retint deux choses : se dévouer à l’intérêt. public et se mettre au service de tous.

Cela lui était facile pendant la première période de sa carrière, de 1858 à 1875, car ses parents vivaient et il n’avait point le souci de la ferme et de la brasserie.

En 1875, il se maria : il prit pour compagne de sa vie et gardienne de son foyer une femme qui devait être pour ses idées une force et pour son action un-appui, et, dès ce moment, il unit les devoirs de chef de famille et d’administrateur de la commune sans sacrifier ni les-uns ni les-autres.

Pendant quarante-deux ans de 1858 à 1900, maire choisi honorablement par l’autorité centrale sous l’Empire, maire élu librement par le conseil-municipal sous la République, il-eut toujours la même idée de ses fonctions.

Un maire, c’était, d’après lui, un magistrat et un administrateur : l’homme de tous et non l’homme d’un parti.

Gardien de l’ordre, exécuteur des lois et règlements, il veille à ce que les intérêts de la commune soient sauvegardés, que la comptabilité soit exacte et régulière, que rien de ce qui appartient à tous ne soit perdu, que rien de ce qui est dû à tous ne soit refusé à qui que ce soit.

Telle fut la ligne de conduite du maire de Clerck.

Pendant quarante-deux ans, sa vie se confond avec celle de la commune d’Hondeghem et son nom est au bas de tons les actes qui lui font honneur.

Respectueux vis-à-vis des supérieurs et des autorités religieuse et civile, conciliant à l’égard des égaux, digne et libre avec tous, sans usurper sur les attributions d’autrui mais sans abandonner les siennes, l’on peut dire qu’il eut pour devise : « Mon devoir et mon droit. » C’est la devise de nos races du Nord.

Le maire de Clerck a couvert la commune d’Hondeghem d’un réseau de chemins empierrés et bien entretenus. Ce fut une grosse dépense, car vous n’avez sur votre territoire que peu de routes départementales et nationales.

Il traça autour de la place un chemin bordé de beaux arbres qui était un vrai boulevard.

Il présida à la construction de l’école des filles.

En 1878, lors de l’écroulement de la tour, par suite de travaux de restauration, il multiplia les démarches pour amener sa reconstruction et celle de l’église qui était à moitié en ruine.

Il eut ensuite les préoccupations de nos vingt dernières années. Il assistait à ce changement qui enlevait l’école à la Commune, qui tendait à séparer l’Eglise de la mairie, et à isoler le bureau de bienfaisance du conseil municipal, et qui transformait peu à peu en services d’Etat ou en services privés, ce qui était jusque là un service communal.

Il en était ému ; car en dehors de beaucoup d’autres considérations il y voyait une atteinte à l’unité et à la force de la vie communale.

Mais il n’en fat point troublé. Il était convaincu qu’en Flandre la bonne volonté des honnêtes gens saurait maintenir la paix ; il savait que, si chacun à sa place fait son devoir, le bien est toujours possible, et qu’aux heures douteuses, les élus d’un peuple croyant doivent plus que jamais rester à leur poste.

Il n’eût pas quitté le sien s’il avait pu continuer à le remplir comme sa conscience le voulait.

Cependant sa vue s’affaiblissait, il devenait aveugle. Il présidait ses conseillers sans les voir, mais il les écoutait d’autant mieux. Il connaissait par cœur son budget, jusqu’à la dernière ligne, jusqu’au moindre chiffre, et il se faisait lire les pièces officielles ; il les signait ensuite d’une main assurée.

Mais cela lui paraissait trop peu.

En 1900, il donnait sa démission, puis il quitta sa ferme et sa brasserie, et vint habiter près de l’église.

C’est là que je le vis pour la dernière fois le soir de la Toussaint.

Il continuait à s’intéresser à la vie publique. Sa fille lui lisait les journaux d’aujourd’hui et surtout les bons livres d’autrefois. Il se plaisait à suivre les travaux du comité flamand, il aimait l’histoire locale, celle d’Hazebrouck et des communes environnantes, nos vieux auteurs flamands, Cats et Vondel, nos classiques français, La Fontaine et Corneille.

Comme les cultivateurs retirés de leur ferme et les fonctionnaires en retraite, sa joie était de venir à l’église et d’entendre des instructions qui étaient pour lui, vieillard et aveugle, deux fois douces et bienfaisantes.

Il s’est éteint mercredi dernier, dans d’admirables sentiments de foi, de résignation et de piété.

La mémoire de cet homme juste, de ce Flamand austère, de ce vrai chrétien restera en bénédiction. Avec lui disparaît une belle et noble figure de notre pays.

Il s’en est allé, escorté à sa tombe par l’affection de sa famille, la reconnaissance de ses administrés et l’estime publique. Qu’il dorme en paix !

https://www.retronews.fr/journal/l-univers/3-mars-1906/132/987253/4#

R pour Romain Ghys, mort en traversant la Seine à la nage

Le Siècle, 27 août 1868

Le nommé Charles-Romain Ghys, caporal au 1er bataillon du 51e de ligne, originaire de Hondeghem (Nord) et âgé de vingt-deux ans, avait quitté, vers six heures du soir, le fort de Charenton où il était caserné pour aller se baigner dans la Seine à l’endroit dit l’île Saint-Pierre. Un marinier, le sieur Decobecque, le vit traverser la rivière à la nage, et à son retour disparaitre au milieu du courant. Aussitôt il se porta à son secours, mais ses efforts pour le sauver restèrent infructueux, et ce ne faut qu’au bout de deux heures qu’il put repêcher le corps du jeune militaire.

1868.LeSiecle.Deces de Romain Ghys

Charles-Romain Ghys est le frère de mon arrière-arrière-grand-père Edmond Ghys. Il est né à Hondeghem le 28 octobre 1846 chez Louis Désiré GHYS et Julie DEBERT, Romain, Charles, Louis.

Acte de décès

Son décès est déclaré à Maison-Alfort (94) le 29 octobre 1868.

Les informations portées sur l’acte de décès sont en cohérence avec l’article du journal.

On y apprend qu’il est décédé la veille à sept heures du soir, qu’il était en garnison à Maison-Alfort, caporal au 51ème régiment de ligne, célibataire, né à Hondeghem, et domicilié à Hondeghem avant son entrée en service.

Les déclarants sont deux habitants de Maison-Alfort, un garde-champêtre et un employé.

Le décès a été transcrit à l’état civil d’Hondeghem le 31 décembre 1868.

Grâce à l’article du Siècle retrouvé par Retronews, nous connaissons donc les causes de son décès : noyé en traversant la Seine à la nage. C’est d’ailleurs le seul article trouvé par Retronews à ce jour si on recherche les termes Ghys Hondeghem.

Mémoire

A son décès, Romain Ghys a encore ses deux parents et 7 de ses frères et sœurs, âgés de 16 et 25 ans. Lui a en fait 21 ans (et non 22 comme le dit l’article du Siècle).

Je n’avais jamais entendu parler de cet arrière-arrière-grand-oncle disparu une centaine d’années avant ma naissance.

Actes

1846.RomainCharlesLouis-chezDesireEtJulie
AD du Nord. 1846, naissance de Romain, Charles, Louis GHYS

1868.MaisonAlfort84.D Romain Charles Louis GHYS
AD du Val-de-Marne. BMS

le 21 aout 1868 à une heure du soir, acte de décès constaté suivant la Loi de Romain Charles Louis GHYS, caporal au cinquante-unième régiment de Ligne, âgé de 22 ans, décédé la veille à sept heures du soir en cette commune où il était en garnison; célibataire né à Hondeghem (Nord) où il était domicilé avant son entrée en service, fils des époux Louis Désiré GHYS et Julie DEBERDT.

Sur la déclaration faite à nous François Augustin BOURGUIGNON adjoint au maire, remplissant par déléguation les fonctions d’Officier de l’état civil, par les sieurs Alphonse GASSE garde champêtre âgé de 40 ans et Jean Baptiste PONTLEVé employé âgé de 57 ans, tous deux domiciliés à Maison, qui ont signé le présent acte avec nous, après lecture.