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E comme Écritures à déchiffrer

Voilà des écritures.

ghys AZ2019 images exemples decriture.jpg

Déchiffrer les actes qui retracent la vie des gens d’avant, parfois c’est compliqué. Cela dépend de la période, de la personne qui écrit, et aussi de l’état des registres, et puis il faut comprendre la langue utilisée.

Comment j’ai appris à déchiffrer?

Il y a très longtemps (avant internet), j’ai emprunté des cours d’une copine qui apprenait la paléographie à l’école (coucou à la copine !)

Ensuite, j’ai fréquenté un forum d’entre-aide au déchiffrage où intervenaient des personnes qui savaient vraiment déchiffrer (en latin, aussi). Je m’entraînais dans mon coin en essayant de résoudre les demandes, puis je comparais avec ce que proposaient les personnes qui savaient vraiment déchiffrer.

J’ai appris assez pour arriver à repérer certains actes en parcourant des pages et des pages de registre, et à amorcer une transcription.

Après, je suis restée plusieurs années sans faire de généalogie alors j’ai oublié (et j’ai réappris, et j’ai ré-oublié, etc)

Pour déchiffrer sérieusement, il faut arriver à une vraie précision, c’est-à-dire cette capacité à lire ce qu’il y a vraiment écrit, par opposition à deviner en fonction du contexte OU de ce qu’on a envie de lire.

Une histoire de lecture imprécise

Illustration de ce qui arrive faute de précision de lecture.

Je vous présente Jeanne Ruckebush. C’est peut-être une de mes ascendantes, ou peut-être pas, on en parle à l’article F.

Je connais Jeanne Ruckebush car elle a eu plusieurs enfants à Hondeghem avec Jacques Ghys, son époux légitime, entre 1643 et 1649. André 20 mars 1643, Matthieu 2 février 1648, François 31 décembre 1649. Acte et transcriptions vers la page 8 de cette discussion (forum Geneachtimi)

Et c’est là que ça a foiré. Tous les relevés de généalogie donnaient Jeanne RUCKEBUSCH née le 7 février 1613. Toutes les personnes concernées avaient cette date dans leurs arbres. Quand les archives du Nord ont été mises en lignes, toute contente, je mets la main sur l’acte. Le voilà.

1613Hondeghem_1613_Feb_7_N_JoannaRuckebush
Hondeghem, 1613

Je le poste sur le forum, en quête d’aide pour transcription – parce que on va pas se mentir, c’est vraiment un acte où je lis ce que je veux.

Et là, les gens qui savent vraiment lire m’indiquent que non, il ne s’agit pas du baptême de Jeanne, mais de celui de Jean. Parce que le dernier mot, si on le lit, c’est Joannes, et Joannes c’est la forme masculine.

1613
7 febr(uarii)
Baptiz proles Jo(ann)is Ruckebusch et
Anna coniug susc(eptor) Matt(eus) coucke
(fi)lius barbizani* et susc(eptrix) Magdalena
Ruckebusch nomen prolis Joannes

le 7 février 1613 a été baptisé l’enfant des époux Jean RUCKEBUSCH et Anna. Parrain Matteus COUCKE fils de Barbizanus, et marraine Magdalena RUCKEBUSCH. Le nom de l’enfant Jean.

Transcription et traduction : Marie (merci)

Conclusion

Déjà, si vous avez dans votre arbre Jeanne Ruckebush (Ruckebusch), Hondeghem, présumée née en 1613 à Hondeghem, mettez un point d’interrogation. Je ne sais pas quand elle est née mais pas le 7 février 1613.

Retenir aussi qu’en cas de bizarrerie généalogique, on peut penser à des erreurs de déchiffrage entre prénoms féminin/masculin. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Diane Tourville, article Le mystère de la date de naissance de Louise Tourville (en passant, j’adore son blog) – et sans me vanter, grâce à Jeanne Ruckebush, j’avais compris le mystère avant d’arriver à la fin de son billet!

D comme Dates

Voici les dates. Les quelques dates clefs concernant mes Ghys de Hondeghem (59)

Timeline générale.2

1589: le plus vieil acte, à Honghem, baptême de François GHYS fils de Rémi. On en a parlé dans cet article (B comme baptizavi)

1640: naît un François Ghys. 9 ans après naît un autre François Ghys. Ils ont le même père (presque sûr) mais pas la même mère. Lequel des deux est mon ancêtre ? Réponse à la lettre F.

1696: mariage Jean Ghys et Jeanne Ternynck. De leurs enfants descendent plusieurs de mes contemporains généalogistes. Pour ma part, je descends de deux de leurs enfants.

1797: on a piqué la chemise de Pierre Verley. Je vous expliquerai à la lettre O

1842 mariage Louis GHYS et Julie DEBERT. Des enfants, grâce à qui j’ai des cousins généalogistes ou non.

1871. Edmond GHYS, fils des précédents, quitte Hondeghem et s’établit à Paris. C’est le grand-père de mon grand-père. On en parle à la lettre V

1914 Mariage de Paul GHYS, fils de précédent, et de Julie BOROSKY à Paris. Ce sont les parents de mon grand-père

C comme Carte

Voici les cartes.

C’est important de travailler avec des cartes quand on s’intéresse à des gens d’avant. Situer leur paroisse ou commune par rapport aux villes, aux lieux de pouvoir, par rapport aux frontières, aux voies de communication… et ces cartes évoluent au fil du temps, bien sûr.

Voilà où se situe Hondeghem, aujourd’hui

Je n’ai réalisé sa proximité avec la frontière belge que le jour où je me suis décidée à faire cette carte, après plusieurs années de généalogie !

C.carte.1.png

Voici une carte des langues sous Louis XIV

Je suis allée chercher cette carte pour comprendre pourquoi les registres paroissiaux sont écrits en latin (B comme Baptizavi), pour tenter de comprendre si mes ancêtres parlaient le flamand, ou s’ils parlaient le français.

C.carte.2

Voici le cadastre Napoléonien de 1827

Il montre le cabaret de la Bréarde, … avec le moulin par où est passé le voleur de la chemise de Pierre Verlay. Je vous raconterai à l’article O.

C.carte.3 cadastre

AD Nord, Cadastre Napoléonien, Hondeghem, secteur D (en ligne)

Ressources

Pour visualiser et surtout présenter des cartes, plans… j’utilise

  • Google Maps, par flemme, parce que c’est si simple. Vue plan ou vue satellite, et Google street view. Permet de créer des cartes avec des repères personnalisés
  • Geoportal, avec ses différents fonds de carte dont Cassini et les cartes d’Etat major du XIXeme. Également les plans IGN que je trouve simples et élégants. Permet de superposer les cartes et jouer sur la transparence. Par contre je galère totalement pour les personnaliser par ex placer plusieurs repères
  • Le cadastre napoléonien sur les sites des archives départementales, quand elles l’ont numérisé. Parfois pas facile de s’y retrouver
  • L’outil Khartis mais je n’ai pas trouvé comment importer les fonds de carte de geoportail par exemple.
  • L’outil de capture d’écran de Windows et Powerpoint, toujours, pour les présenter

Il me manque des cartes historiques qui montrent les réseaux de transport, notamment les phases de développement du chemin de fer. Si vous avez ça…

Je sais que d’autres ressources et savoir-faire existent et sont partagés régulièrement par la blogosphère généalogie. Je m’en vais de ce pas les retrouver, je mettrai les liens en commentaire. Et bienvenue à d’autres idées de ressources !

B comme Baptizavi

Ego infrascriptus baptizavi Franciscum (je soussigné ai baptisé François)

J’ai du apprendre à lire le latin des registres paroissiaux.

En généalogie, c’est dans les registres paroissiaux qu’on fait connaissance avec les gens d’avant (ceux d’avant la Révolution), le plus souvent. On retrouve leur acte de baptême, mariage, sépulture.

Et les registres paroissiaux de Hondeghem, 59, là d’où viennent mes Ghys les plus anciens, sont en latin. Et ce jusqu’à très tard, le basculement en français a lieu au début du 18ème siècle, peut-être aux alentours de 1737.

Dans d’autres régions, le passage au français a lieu plutôt au 16ème siècle. Pourquoi cette différence? Cela reste à creuser, ce qu’il me semble : la région n’était pas sous juridiction du roi de France, ou pas toujours ; et même quand elle l’était, c’est bien possible qu’ils n’en aient eu rien à faire.

Repérer Baptiz… et ses variantes quand parcourt les registres, cela permet de voir tout de suite qu’on a affaire à une naissance, et cela donne un repère pour localiser le nom du baptisé dans le gribouillis.

Lexique des variantes

Déjà, le s et le z on l’air interchangeables
Avertissement : je ne suis pas latiniste

  • Baptisatus, baptisata ou baptizatus, baptizata : a été baptisé, a été baptisée
  • baptiz : même chose que baptizatus mais quand on a la flemme de finir le mot. On transcrit : baptiz(atus)
  • Baptis prolis : fut baptisé l’enfant de …(prolis, comme progéniture)
  • Ego infrascriptus baptizavi : je soussigné, ai baptisé
  • Infrascriptus baptizavit : le soussigné à baptisé

Hondeghem 1589 – Baptiz(atus) proles

Voici l’acte de baptême du plus ancien GHYS de Hondeghem que je présume être de ma branche (il y a des incertitudes)
Baptême de François GHYS, le 16 novembre 1589, fils de Rémi (Remigi) GHYS et de Jacqueline (Jacoba). Hondeghem.

Avertissement : vous n’y comprenez rien? Moi non plus.

1589_francoisfilsderemighys

Source BMS Hondeghem AD 59

16 baptiz(atus) proles Remigii
Ghys et Jacobae suscep(tor)
Franciscus Ghirault ?
et suscep(trix) Jacoba Rycke ?
nomen prolis Franciscus

Le 16 a été baptisé la progéniture de Rémi Ghys et de Jacqueline ; parrain François Ghirault ? et marraine Jacqueline Rycke? ; nom de la progéniture : François.

Transcription et traduction : Christian V sur le forum Geneachtimi (MERCI)

A comme Arbre

Voici l’arbre. Mes grands-parents maternels sont nés à Paris. Quand j’ai débuté la généalogie, j’ai attaqué le patronyme de ma mère qui avait déjà été déblayé par mon grand-oncle : GHYS.

Pour ce challenge A à Z, je m’appuie sur les recherches effectuées sur cette branche. Cela commence à Hondeghem, dans le Nord, aux environs de 1570. Voici l’arbre de mes Ghys de Hondeghem, donc. Histoires de familles, et histoires de recherches suivent, à bientôt !

A Arbre.3