O comme On a volé la chemise de Pierre Verley

Le 25 Prairial an V, c’est-à-dire le 13 juin 1797, Pierre VERLEY, brasseur et cabaretier au lieu dit « la Bréarde » à Hondeghem, est victime d’un vol.

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L.11.749 AD Nord. Début de l’inventaire des pièces de la procédure

 

Ce qui s’est passé, selon les témoins

Un homme de 30-40 ans s’arrête au cabaret de la Bréarde. Personne ne le connaît. Il boit une bière, ressort par la porte de derrière.

Là, la femme du meunier, qui habite à côté, et la fille de Pierre Verley donnent l’alerte.

L’homme aurait dérobé une chemise qui séchait sur la haie intérieure du jardin potager des Verley, jardin dont la porte ferme avec un loquet en bois. Leur habitation est sur le même terrain.

Pierre Verley accourt, met la main sur l’individu, qui se trouve avoir la chemise dans sa poche. Avec une paire de bas de fil qui n’appartient pas aux Verley.

Le garde-champêtre de Saint-Sylvestre-Cappel arrive (je n’ai pas encore compris comment il a été alerté).

hondeghem brearde StSyvCap merris.png

Ce qui s’est passé, du point de vue de l’accusé

L’accusé s’appelle Jean-Baptiste LERS, il a 36 ans, il est domestique de campagne (journalier) à Merris. Merris est à 13 km d’Hondeghem.

Il ne parle pas le français, mais le flamand. Pour les interrogatoires, il y a une personne qui fait office d’interprète (pas un interprète assermenté, à l’époque, un citoyen qui parle les 2 langues).

On sait aussi qu’il est borgne.

Il déclare qu’il allait (ou revenait?) porter le beurre de son maître au marché. Mais en chemin, il a bu (« pris de boisson« ).

Il ne se souvient pas être allé au cabaret de la Bréarde, et ne voit pas du tout de quoi on l’accuse. Si on a trouvé une chemise dans sa poche, c’est que quelqu’un l’y a mise. La paire de bas, il l’a achetée à quelqu’un, mais il ne sait pas dire à qui.

Moulin Breardre recto

Carte postale ancienne légendée « Moulin de la Briarde (sic) à Hondeghem ». Collection personnelle

Ce qu’on sait du procès

Dans le dossier, on a le procès verbal du garde champêtre, différents interrogatoires du suspect, et on comprend qu’il va en prison.

On a aussi la composition du jury, une lettre d’un des jurés qui est malade donc ne peut pas venir (certificat du médecin à l’appui), ce qui nécessite je crois un nouveau tirage au sort.

Je ne comprends pas si pendant ce temps l’accusé est toujours en prison ou pas. Mi-août 1797, l’affaire n’était pas finie.

Et je n’ai pas vu l’issue du jugement, je ne suis pas tout à fait sûre qu’elle est dans le dossier.

D’où viennent ces informations (partielles) ?

Aux archive du Nord à Lille, série L, qui correspond aux archives de la période révolutionnaires. Les cotes L 10302-13423 correspondent au supplément aux fonds administratifs et fonds judiciaires. Avant de me déplacer aux archives, j’avais repéré : 15 thermidor. J.-B. Lers, journalier demeurant à Merris. Hondeghem : vol de linge chez Pierre Verley.

Pierre Verley est bien rattaché à ma branche Ghys d’Hondeghem : les pièces du procès donnent le nom de sa femme (Thérèse Fockenberghe). Tous deux sont parents de Albertine Philippine Verley qui épouse mon ancêtre Jean François Ghys en 1813.

C’est peut-être cette Albertine Philippine, la fille de Pierre Verley qui a vu le voleur et donne l’alerte avec la femme du meunier. Ou une de ses sœurs : je lui en ai trouvé 6, dont 5 encore vivantes, à ma connaissance, en date de l’événement, et alors âgées de 15 à 27 ans.

On a pique la chemise Arbre VERLEY FOCKENBERGHE GHYS.jpg

Pour aller plus loin

Avec cet article, j’ai voulu raconter un bout de la vie des gens telle que je l’ai perçue par ces pièces du dossier de justice.

Le compte-rendu que je vous fait de ce procès est encore lacunaire. D’abord, je n’ai pas encore déchiffré la totalité du dossier, constitué d’une bonne centaines de vues  prises en photo par mes soins.

Surtout, il faudrait comprendre ce procès dans l’organisation de la justice à l’époque : 1797, Directoire, lois du 16 et 24 août 1790 sur l’organisation judiciaire qui institue les juges de paix… C’est cela qui m’intéresse en fait, mettre en lien la vie des gens d’avant, qu’ils soient mes ancêtres ou pas, et leur contexte historique.

2 commentaires sur « O comme On a volé la chemise de Pierre Verley »

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