U comme Usurpation : mais qui a déclaré le décès de Félicité Frugier à la Guichardière (79) en 1889 ?

Félicité Frugier est décédée le 28 avril 1889 à la Guichardière commune de Tessonnière, dans les Deux-Sèvres.

Les lieux

La Guichardière est limitrophe de Louin, qui est le village autour duquel se déroule cette série d’articles pour le #challengeAZ. Je vous remets les cartes qui situent les Deux-Sèvres (79) en France, et le village dans les Deux-Sèvres.

Et voici la Guichardière.

La Guichardière fait partie de la commune de Tessonnière, mais je constate sur les recensements, en tous cas pour les années 1881 et 1886, qu’un bout de la Guichardière est également recensé à Louin. Ou est-ce un autre lieu-dit du même nom?

En tous cas la Guichardière recensée à Louin est très petite, par exemple en 1881 il y a : la famille GALLARD, lui maçon, sa femme et 3 enfants ; la famille ROUX, lui cantonnier, sa femme et un enfant ; un rentier ARNAUD et sa femme ; un rentier BERNARD, sa femme et une servante ; et 2 religieuses. La Guichardière recensée à Tessonnière, la même année, est bien plus conséquente : 61 maisons, 61 ménages et 163 individus.

L’acte

Voici l’acte de décès de Félicité Frugier.

Décès de Félicité Frugier, La Tessionnière (79), acte du 29 avril 1889. AD79 / Filae

Le 29 avril 1889, 7 h du matin, par devant nous CHOUP Anatole Marie, officier civil de la commune de Tessonnière, … sont comparus FRUGIER Philippe âgé de 54 ans demeurant à Chambon, profession de maçon qui dit être frère de la défunte, et CHESSERON Désiré 49 ans demeurant à la Guichardière profession de cultivateur qui dit être voisin de la défunte

Lesquels ont déclaré que FRUGIER Félicité profession aucune est décédée dans cette commune le 28 du présent mois d’avril à 4 heures du soir en son domicile à la Guichardière, ainsi que nous nous en sommes assuré, âgée de 67 ans, demeurant à la Guichardière, de son vivant célibataire née à Louin département des Deux-Sèvres, fille de feu Jean Frugier et de feue Marie Jeanne Desbordes

et ont les déclarants signé avec nous le présent acte, après qu’il en a été fait lecture, le sieur Chesseron ne sait signer. Les déclarants (signatures) P.Frugier, le maire


Et voici ce qui m’intrigue : qui est ce frère nommé Philippe Frugier, né vers 1835 si on en croit son âge sur l’acte ? Pour répondre à cette question, examinons le personnage, Félicité Frugier.

Le personnage

Félicité Frugier est la fille de Jean Frugier et de Marie Jeanne Desbordes. Jean Frugier est né à Lussac-les-Eglises (87) et s’est établi à Louin comme maçon. Son frère Philippe s’est établi à Louin comme maçon également. Tout sur sa famille dans Originaire de Lussac et sur les enfants de Jean et Philippe Frugier dans Tous ces cousins.

Félicité est donc une fille de Jean Frugier et de Marie Jeanne Desbordes. Elle est née le 11 février 1821.

Ensuite, je n’entends plus parler d’elle directement. On sait qu’elle a au moins cinq frères et sœurs, tout le monde est né entre 1819 et 1834. Plusieurs meurent enfants. Elle perd sa sœur ainée Magdeleine alors qu’elles ont toutes deux une vingtaine d’années (1841) et puis son frère âgé de 27 ans alors qu’elle en a elle 39 (1860). Elle reste la dernière survivante de la fratrie. Comme on est à la recherche d’un potentiel frère Philippe né vers 1835, je suis formelle : je n’ai jamais entendu parler de ce frère. Pas d’acte de naissance, aucun recensement, pas de trace. Je n’ai pas de preuve formelle qu’il n’existe pas non plus d’ailleurs.

Concernant Félicité Frugier, je ne lui ai pas trouvé de mariage, ce que confirme son acte de décès qui la dit célibataire. J’ai un indice qui suggère qu’elle est restée avec ses parents qui ont vécu longtemps : Jean Frugier décède en 1871 (82 ans) et Marie Jeanne Desbordes en 1873 (80 ans).

Les recensements de population sont précieux pour comprendre qui vit avec qui. Hélas, entre 1836 et 1872, à Louin, on a un trou. J’ignore pourquoi.

Mais le recensement de 1872 m’indique que Félicité Frugier, 51 ans (c’est vrai), profession revendeuse (?) vit avec sa mère dans le bourg. Sa mère s’appelle Marie Anne DESBORDES, veuve de Jean Frugier, chef de ménage, 71 ans.

Concernant la mère, son âge est faux : elle est née le 30 brumaire an 2 soit 20 novembre 1793, elle aurait donc plutôt 78 ou 79 ans. Son prénom est faux aussi, elle s’appelle Marie Jeanne, pas Marie Anne. Son nom de famille par contre n’est ni bon ni faux, il a passé son temps à osciller entre DEBORDE et DESBORDES. Et elle est bien veuve de Jean Frugier, décédé en 1871. Dans la colonne réservée aux commentaires sympas, il y a écrit : aliénée non dangereuse. Bref, Félicité Frugier s’occupe de sa vieille maman qui yoyote un peu et qui meurt l’année suivante.

Recensement Louin 1872

Je reperds la trace de Félicité Frugier et la retrouve grâce au recensement de 1876. Elle a 55 ans et vit dans le bourg de Louin, profession : marchande. Elle habite seule.

Recensement Louin 1876. vue 11/40 6 M 213 AD79

Je ne l’ai pas trouvée sur le recensement de 1881, ni à Louin, ni à Tessonnière. Il faudrait refaire ses registres, plutôt à Louin, j’ai dû la louper.

On passe en 1886. Rendons-nous à Chambon, sur la rivière Le Thouet, un peu à l’écart du bourg de Louin et à un peu moins de 3 km de la Guichardière. Ici vit la famille du meunier, mais surtout une autre famille, les Frugier. Philippe Frugier, sa femme et leurs quatre grands enfants : Suzanne, Michel, Amande et Emile. Ils ont de 23 ans à 17 ans, les filles sont « sans profession » et les gars maçons. … Et avec eux vit Félicité Frugier, 64 ans, sans profession, tante du chef [de famille]

Recensement Louin 1886, vues 37 et 38. AD 79

Philippe Frugier époux de Marie Magdeleine Poyrault est prénommé à l’Etat civil Jacques Philippe.

Tante du chef. Félicité Frugier n’est pas la tante de Jacques Philippe Frugier époux de Magdeleine Poyrault (Poireault), mais sa cousine. Je vous montre. La vie de tout ce monde est dans l’article Tous ces cousins


L’hypothèse

Félicité Frugier décède donc en 1889 et est alors dite domiciliée à la Guichardière, commune de Tessonnière. Pourquoi a-t-elle quitté Chambon, alors là, mystère. Les autres Frugier, Philippe, sa femme et ses enfants, sont toujours à Chambon en 1891. Tous ? Non, Suzanne, la fille ainée, vit dans le bourg avec son mari. Les autres sont encore là, et en prime ils ont la grand-mère, Rose Bergereau, 84 ans, « mère du chef« . Je crois que Rose Bergereau, veuve depuis plus de trois décennies, vivait auparavant chez son gendre veuf Louis GUION.

Bien, donc je ne sais pas pourquoi Félicité Frugier a quitté Chambon, commune de Louin pour la Guichardière, commune de Tessonnière à un moment entre ses 64 et ses 67 ans.

En 1889, ce ne peut être que son cousin Philippe Frugier qui a parcouru les 3 km entre Chambon et la Guichardière pour constater son décès puis aller le déclarer à la mairie de Tessonnière. Ce ne peut être que lui car :

  1. l’acte de décès indique que le déclarant Philippe Frugier soi disant frère est domicilié à Chambon. Philippe Frugier le cousin est domicilié à Chambon et il n’y a pas tant de monde que ça à Chambon (deux foyers)
  2. l’acte indique que le déclarant Philippe Frugier soi disant frère est âgé de 54 ans. Philippe Frugier le cousin est né en 1835 donc 54 ans en 1889, c’est bon
  3. Philippe Frugier le cousin était donné pour neveu de Félicité Frugier en 1886 (vu qu’elle était dite sa tante, suivez ?), là en 1889 il est donné pour frère. M’est avis que plus personne ne sait bien qui est Félicité Frugier, aîné de 14 ans de Philippe Frugier … neveu, frère, cousin, ça va on n’est pas trop loin
  4. Les signatures. En écrivant l’article Tous ces cousins, j’ai collecté les signatures (nombreuses) de Jacques Philippe Frugier dans l’idée de les comparer avec celle du Philippe Frugier soi disant frère.

Les signatures de Philippe Frugier

Ceci a été présenté dans l’article Tous ces cousins et légèrement corrigé (découverte d’une signature en 1885). Il y a trois époques distinctes : il signe d’abord Frugier Philippe, jusqu’à ses 30 ans. Puis Philippe Frugier. Enfin, à partir de ses 50 ans, toutes ses signatures deviennent : P.Frugier.

En 1889, on est dans la période 3, celle où il signe P.Frugier. Voici les signatures que j’ai collectées sur cette période. On est en plein dans les mariages de ses enfants, neveux et nièces. La signature à identifier est celle du déclarant du décès de Félicité Frugier.

Je pense qu’il n’y a pas débat, le Philippe Frugier qui a marié ses enfants et neveux et celui qui a déclaré le décès de Félicité Frugier ont exactement la même signature.

J’en conclus que le déclarant au décès de Félicité Frugier est son cousin Jacques Philippe Frugier, et qu’il n’y a pas d’usurpation, hou là là, qu’y aurait-il à usurper? Mais juste que personne ne savait plus bien si elle était sa sœur, sa cousine ou sa tante.

(mais quand même, pourquoi habitait-elle à la Guichardière ?)

T comme Tous ces cousins ou les descendants de Jean et Philippe Frugier, maçons établis à Louin

Jean et Philippe Frugier sont nés à Lussac-les-Eglises en Haute-Vienne (87), respectivement en 1789 et 1799, dans une famille de maréchaux. Je les retrouve à partir de 1818 dans le village de Louin, dans les Deux-Sèvres (79). Voir article Originaires de Lussac. Ils sont maçons et le restent. Ils se marient avec deux femmes du village en 1818 et 1825, et ont chacun des enfants. Cet article retrace les naissances chez les deux frères et le devenir de leur progéniture.

Jean et Philippe Frugier, les maçons nés à Lussac (87) et établis à Louin (79). Ligne de vie de leurs enfants.
En bleu clair, famille de Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde. En vert clair, celle de Philippe Frugier et Rose Bergereau

D’abord trois filles chez Jean Frugier

Chez Jean Frugier, qui se marie en 1818 avec Marie Jeanne DEBORDE, naissance d’abord de trois filles, Magdeleine en 1819, Félicité en 1821 puis Rose en 1824.

L’ainée Magdeleine meurt à 21 ans. Je sais qu’à 17 ans, elle ne vit pas chez ses parents, j’ignore où elle est (recensement 1836). Domestique ou en apprentissage quelque part ? Par contre c’est bien au domicile de son père qu’elle décède en 1841, sans profession.

Félicité, la seconde, vit assez longtemps pour enterrer pas mal de monde parmi ses parents et ses frères et sœurs. A ma connaissance, elle reste célibataire. Je n’entends plus trop parler d’elle jusqu’en 1872, l’année qui suit le décès de son père. Elle a 51 ans et vit dans le bourg de Louin avec sa maman « grabataire non dangereuse » (sympa. Source : recensement). Elle décède à la Guichardière, commune de Tessonnière (Airvault) le 29 avril 1889, âgée de 67 ans.

Rose, la dernière des trois ainées de Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde, nait en 1824. Témoin à sa déclaration de naissance, son oncle Philippe Frugier, le petit frère de son père, peut-être fraichement débarqué de Lussac-les-Eglises en Haute-Vienne – ou peut-être de totalement ailleurs, je n’en sais rien. C’est sur cet acte qu’il y a le célèbre épisode du maire qui écrit que personne des témoins ne sait signer, signe, puis ajoute en dessous « fort le soussigné » et là on a une superbe signature de Philippe Frugier. Article.

J’en reviens à Rose. Comme son oncle Philippe Frugier est témoin à la déclaration civile de naissance, je peux supposer qu’il est aussi son parrain. Comme Rose s’appelle Rose, peut-être bien que sa marraine s’appelle Rose. Et, oh surprise, l’année suivante, Philippe Frugier son oncle épouse une certaine Rose Bergereau, de Louin. Bref, je parie que c’est cette Rose Bergereau la marraine, c’est logique, faudrait vérifier à l’occasion.

Par contre la suite de l’histoire avec l’enfant Rose est triste.

Les deux Rose

Philippe Frugier l’oncle maçon de Lussac qui signe se marie donc avec Rose Bergereau en 1825, et dès 1826 un enfant naît, c’est une fille, on l’appelle Rose comme sa mère et aussi comme sa cousine de deux ans son ainée. Rose Lizbeth Frugier, exactement.

Là où c’est triste, c’est que les deux cousines meurent la même année, Rose à 4 ans, le 30 avril 1828, et Rose Liz(a)bet à 2 ans (3 ans dans l’acte), le 15 juillet 1828. Aucune idée des raisons des décès, évidemment.

Enchainements de cousins cousines

Ensuite les naissances s’enchainent, un coup chez Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde, un coup chez Philippe Frugier et Rose Bergeraux. Sur la ligne de vie en début d’article, ça fait un damier. Dernier enfant chez Jean en 1834, il a 45 ans et elle 41 ans (née en 1793) Ils vivront encore tous deux plus de vingt-cinq ans.

Dernier enfant chez Philippe en 1838, il a 39 ans et elle 32 ans (née en 1806). Philippe Frugier meurt en 1857, 58 ans, mais sa femme Rose Bergereau pour le coup enterre vraiment tout le monde : décès en 1892 (à confirmer), 86 ans.

Au total les deux couples ont 12 enfants, 6 chacun. Dans l’état actuel de mes recherches, je sais que quatre meurent dans l’enfance.

Aucune descendance chez Jean Frugier à ma connaissance : on a déjà vu que son ainée Magdeleine décède à 21 ans, que sa seconde, Félicité, reste célibataire, et que Rose meurt à quatre ans. Un garçon Jean Charles, naît en 1830 et décède également à l’âge de 4 ans. Marie Germanie sur son acte de naissance devenue Marie Geneviève sur son acte de décès ne vit que deux mois en 1832. Il me reste à vous parler de Jean René, mais c’est triste aussi.

Jean René FRUGIER fils de Jean, voltigeur de la Garde Impériale

Jean René FRUGIER naît le 12 avril 1834 à Louin. Il a alors deux grandes sœurs et un grand frère vivants, mais son grand frère décède alors qu’il a quatre mois (Charles) et une grande sœur quand il a 7 ans (Magdeleine).

Louin (79) 12 avril 1834, naissance de Jean René FRUGIER. AD 79 / Filae

L’an 1834 et le 12 avril à 6 h du soir, pardevant nous André MARSAULT maire, officier de l’état civil de la Commune de Louin Canton de St Loup, département des Deux-Sèvres, ont comparu Jean Frugier, maçon demeurant à Louin âgé de 44 ans, le quel nous a représenté un enfant de sexe masculin, né ce jour à son domicile de lui déclarant et de Marie jeanne DESBORDES son épouse, [renvoi en marge] sur les 4h de l’après-midi, au quel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Jean René, les dites déclaration et représentation faites en présence de Mathurin DOUSSAINT vigneron âgé de 69 ans et René MARTIN vigneron 58, demeurant au dit Louin ; après que lecture du présent acte de naissance a été faite au père et aux témoins, les comparants ont déclaré ne savoir signer [changement d’encre ou d’écriture] fort le dit Frugier qui a signé avec nous. Jens Frugier, Marsault maire.


On a vu que Jean René Frugier demeure le deuxième enfant restant et seul garçon de Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde. Et voilà que j’apprends qu’il s’engage volontaire dans l’armée impériale. Cela a lieu avant 1854, peut-être en 1852 quand il a 18 ans. Toujours est-il que lors du tirage au sort destiné à constituer les listes du contingent du canton de Saint-Loup, en 1854, il est déjà absent, « engagé volontaire dans la Garde », « engagé volontaire dans le 45è de ligne ». On est sous Napoléon III.

Engagé volontaire dans la Garde Impériale, ça peut avoir l’air bien sur le papier, mais en fait encore une histoire qui a mal fini. Je trouve son décès à Parthenay, le 14 avril 1860. Profession voltigeur de la Garde Impériale, âgé de 27 ans, de son vivant célibataire demeurant à Louin, fils de Jean Frugier et de Marie Jeanne Desbordes. Déclaration faite par M. Gustave FERMEAU, 28 ans, demeurant à Parthenay, économe de l’hospice, qui dit connaître le défunt, et M. François Xavier JOANNET(?), 51 ans, demeurant à Parthenay, praticien, qui dit connaître le défunt. Décès survenu à 9 heures du soir à l’hospice de cette ville.

Pour ceux qui ont suivi cet article sur la plaque de shako que je cherche à identifier : j’ai quand même re-revérifié, non, la plaque ne peut pas avoir appartenu à un voltigeur de la Garde Impériale dans les années 1850.

Donc chez Jean Frugier, il ne reste plus que Félicité, celle qui vivra assez longtemps pour enterrer tout le monde. Là, en 1860, à 39 ans, elle a enterré tous ses frère et sœurs. Ses deux parents sont encore là. Il n’y aura pas de petits enfants. Voyons ce qu’il en est du côté de ses cousins.

Sur cette récap’, on a déjà vu les bleus, maintenant on va voir les verts.

Chez Philippe Frugier et Rose Bergereau

Philippe Frugier meurt en 1857, 58 ans. Grâce à sa déclaration de succession, je sais qu’il manque alors déjà sa fille Louise Lisbeth née en 1833, prénommée Louise Elisabeth, 3 ans, lors du recensement de 1836. Elle est donc décédée à un moment entre 1836 et 1857, entre 3 ans et 24 ans.

Déclarations de succession, bureau d’Airvault (79) 1857-58 vue 25/101 3 Q 2/517 – AD 79

Les enfants qui restent sont Louis, maçon à Louin. Michel, sergent au 16è bataillon de Chasseurs à pied, à Toulon (mais je pense qu’il est plutôt à Toulouse). Philippe, maçon à Louin. Et Léonie, sans profession, à Louin.

Voyons qui sont ces quatre enfants. J’en ai en déjà un peu parlé dans l’article 3 familles.

Le fils aîné Louis Philippe Frugier né en 1828, maçon à Louin

Louis FRUGIER est né le 27 aout 1828 chez Philippe Frugier et Rose Bergereau, un mois après le décès de sa sœur Rose, si vous vous souvenez de ce triste épisode. En fait, il est déclaré à l’Etat civil sous le nom de Philippe, voyez l’acte : « ont déclaré vouloir donner les prénoms de Philippe« , point barre.

Louin (79), 27 aout 1828, naissance de (Louis?) Philippe Frugier
Louin (79), 27 aout 1828, naissance de (Louis?) Philippe Frugier

Sauf qu’en marge de l’acte, là où sont notés les noms et prénoms des concernés, on a peut-être bien un « Louis » devant le Philipe (sic). J’accède au registre en ligne et ce premier nom est dans la pliure, pas moyen de tirer un peu sur la page pour mieux voir.

Louin (79), recensement 1836. AD 79 6 M 213

En 1836, recensement, l’enfant aîné de Philippe Frugier et Roze Bergereau est Louis, 7 ans. Tout correspond, Philippe Frugier né en 1828 s’appelle Louis, au moins c’est clair.

Pas de nouvelles de Philippe Frugier dit Louis jusqu’à ses 20 ans. Je le retrouve en 1848 sur les liste de tirage au sort pour la conscription, il tire le numéro 50.

Il s’appelle alors bien Louis Philippe, profession cultivateur, et au passage on apprend que son niveau d’instruction est 1-2. 1 = sait lire, 2 = sait lire et écrire, 3 = sait lire, écrire et compter (Geneawiki ici). Sauf qu’en vrai c’est pas vrai, j’en reparle plus tard. On apprend aussi qu’il mesure 1 m 60. Il ne part pas faire son service, si je comprends bien : le dernier numéro à partir est le 14, lui a tiré le 50, il avait de la marge.

Sources

  • Listes cantonales de tirage au sort, Saint-Loup, 1848 c’est ici vue 10-12
  • Liste du contingent du canton de Saint-Loup, 1848 ici

Il a 29 ans au décès de son père.

Michel Frugier né en 1831, militaire et limonadier à Toulouse

Naissance

Michel Frugier né en 1831 commence par s’appeler Mechille, ou bien Michelle, comme son grand-père maternel Bergeraux prénommé Miche sur cet acte, Michel ou Michelle sur d’autres actes, et qui ne signe pas. Sur le recensement de 1836, le petit Mechille Frugier est noté Michel, 5 ans. Ces variations d’Etat civil n’ont pas eu l’air de poser problème par la suite, les actes portent toujours ensuite son prénom orthographié Michel.

Louin, 18 janvier 1831, naissance de Michel FRUGIER. AD 79/Filae

Armée

Comme Michel Frugier est un gars, j’ai le plaisir de le retrouver l’année de ses vingt ans pour le tirage au sort des listes de contingent du canton de Saint-Loup. J’apprends qu’il est alors maçon, 1 m 62, propre au service. Liste de tirage au sort ici, vue 7/14, il tire le numéro 17.

Avec ce numéro de tirage au sort, il est intégré au contingent : ici vue 3/3 sur la liste du contingent. Description physique : blond, front découvert, yeux bleus, gros nez, grande bouche, mention rond, visage ovale, teint coloré, sachant lire et écrire. 1 m 63 (il a grandi depuis la dernière fois)

Les listes de tirage au sort et contingent n’indiquent pas son corps de destination. Si vous vous souvenez, lors de la déclaration de succession de son père, en janvier 1858, on dirait bien qu’il est encore militaire. Il est dit « sergent au 16è bataillon de Chasseurs à pied, à Toulon » (et je conteste « Toulon »). Vérifions ce que dit Wikipédia du 16ème bataillon de chasseurs sous le Second Empire

Le 16e bataillon de chasseurs à pied est formé à Grenoble le 15 janvier 1854 et son commandement confié au chef de bataillon Esmieux. Du 16 octobre 1855 au 5 juillet 1856, le 16e participe à la campagne de Crimée, tristement célèbre pour les conditions sanitaires déplorables qui ont été le lot quotidien du corps expéditionnaire (…). Rentré en France, le bataillon prend ses quartiers à Toulouse où il reste jusqu’en 1860.

Donc il est bien possible que Michel Frugier ait fait la campagne de Crimée. Ensuite, Toulouse, et non Toulon. Toulouse où il s’installe. La durée du service est alors de 7 ans, donc ici 1851-1858.

Mariage

Michel Frugier se marie à Toulouse le 28 juin 1858, 9 mois après le décès de son père. Il a 27 ans, domicilié 18 place du marché au bois à Toulouse, fils de Philippe Frugier, M[aitr]e maçon, décédé et de Rose Bergeraux. Profession : limonadier.

Sa mère autorise le mariage aux termes d’un acte en brevet enregistré, passé le 14 mai dernier devant maitre Desmé, notaire à Saint-Loup, Deux-Sèvres. Mais ce n’est pas tout, il a besoin d’une autre autorisation : comme militaire en congé renouvelable procédant (?) xxx (?) l’autorisation de Mr le Général Commandant la 12ème division à lui accordée le 25 juin courant.

OK, maintenant que tout le monde est bien d’accord, sa maman et son Général commandant, Michel Frugier épouse Suzanne ESQUIÉ, 19 ans, sans profession, domiciliée au 19 rue d’Austerlitz, née à Toulouse de Bertrand ESQUIÉ, charpentier, et de Jeanne PARRAT, ménagère. Contrat de mariage le 26 juin devant Me COUSERON, notaire.

Les témoins au mariage sont Jean BALAN, employé, 50 ans ; Pierre CATALA, limonadier, 62 ans ; Charles CABANEL, cordonnier, 32 ans ; Jean AUSSARESSE, meunier, 36 ans ; domiciliés à Toulouse. Personne n’est venu de Louin, donc. Louin Toulouse, 426 km.

Michel Frugier, niveau d’instruction 1-2 « sait lire, sait écrire » , voilà la seule signature de lui qui je possède à ce jour, celle de son acte de mariage.

Négociant à Toulouse

Je n’ai ensuite plus trop de nouvelles de Michel Frugier et Suzanne Esquié. En 1872, ils ont 40 ans et 32 ans, vivent à Toulouse, 35 rue Bayard. Pas d’enfants avec eux. Ils sont alors mariés depuis 13 ans. Profession : négociant en gros (recensement)

Michel Frugier décède le premier à Toulouse le 1er juillet 1907, 76 ans. Il vivait toujours rue Bayard, au numéro 43, profession négociant. Certificat par Dr BERNARD, déclarants Marius VAYSSE, entrepreneur, 48 ans, 1 rue des jardins, et Jean PELISSON, employé, 58 ans, 11 rue des Régans, non parents.

Postérité

Sur Michel Frugier : il est donc parti loin de Louin (oui, voilà) et je ne trouve pas de trace de contacts avec sa famille à Louin dans les 35 ans qui suivent son mariage, entre 1858 et 1894. Pas de traces d’enfants non plus, mais ai-je bien cherché ? (non)

En revanche, il y a peut-être bien des relations entre Michel Frugier de Toulouse et son neveu Louis Emile Frugier. Emile Frugier est né en 1870, maçon, marié en 1898 à Louin avec Marie (Maria) Aurélie Lucie BARANGER. On en a un peu parlé dans cet article, d’Emile Frugier. C’est le frère d’un autre Michel Frugier, l’héritier, ici, le dernier occupant de la maison rachetée par ma famille.

Pour revenir à Emile Frugier le neveu né en 1870, j’ai l’impression qu’il alterne ses résidences entre Louin et Toulouse : 1890 à Louin (conscription), 1893 à Verdun (témoin de mariage), 1894 à Toulouse au 43 rue Bayard (fiche militaire FM), qui s’avère être aussi l’adresse de son oncle , 1898 à Louin (mariage), 1900 à Louin (FM), 1906 à Louin (recensement), 1907 à Toulouse toujours 43 rue Bayard (année de la mort de son oncle, FM), 1914 à Louin (FM). On passe ensuite en 1949, il vit à Toulouse 3 rue Saint Bertrand (acte de vente). Sa femme y décède en 1951 et lui en 1958 (mentions marginales). Le couple a eu au moins deux filles, Anne et Reine, nées à Louin en 1899 et 1900. Je retrouve leurs décès à 87 et 91 ans en Haute-Garonne, signe d’une implantation familiale durable je suppose. Quels rapports entre Michel Frugier de Toulouse et son neveu Emile ? Ce dernier aurait-il hérité de son oncle sans enfants ?

Bien, on bavarde on bavarde mais ça fait perdre le fil. Pause visuelle pour voir où on en est, et on se retrouve pour parler de Jacques Philippe Frugier.

Jacques Philippe Frugier né en 1835 épouse Marie Magdeleine Poyrault

Jacques Philippe Frugier est le premier de sa génération dont j’ai fait la connaissance quand j’ai commencé l’histoire des familles à Louin, car c’est le père de Michel Frugier, celui dont je parle dans l’Héritier.

Naissance

Pour l’Etat civil, l’enfant né le 1er mai 1835 chez Philippe Frugier et Rose Bergereau s’appelle Jacques Philippe, pas de problème, c’est marqué là.

Louin, 1er mai 1835, naissance de Jacques Philippe Frugier. AD79 / Filae

A un an, finalement, il s’appelle en plus René. Jacques Philippe René. C’est ce qu’indique le recensement de 1836 en tous cas. Je lis : Jques Phe René

Louin, recensement 1836, vue 4/40. AD79

En 1857, il déclare le décès de son père. Il indique être : FRUGIER Philippe René, âgé de 22 ans. 1835 + 22 = 1857, c’est bien lui. Il signe : Frugier Philippe. Au fil des années, je repère beaucoup d’actes où il signe, une douzaine. Il signe d’abord Frugier Philippe donc, jusqu’à ses 30 ans. Puis Philippe Frugier. enfin, à partir de ses 54 ans, toutes ses signatures deviennent : P.Frugier.

évolutions des signatures de Jacques Philippe (René) Frugier

Bref, comme il signe Philippe, continuons de l’appeler Philippe, sans perdre de vue que pour l’Etat civil il s’appelle Jacques Philippe, et que parfois il s’appelle aussi René. Alors que son grand-frère, qui s’appelle Philippe à l’Etat civil, s’appelle en fait Louis mais ne sait pas signer.

Pas d’armée

En 1855, année de ses vingt ans, c’est à son tour de se présenter au tirage au sort. Jacques Philippe Frugier demande l’exemption en raison d’un frère au service. En effet, Michel Frugier son frère ainé, né en 1831, est probablement resté à l’armée de 1851 à 1858.

On note que la même année, Augustin Marteau, de Louin aussi, est admis au service. Il a dû partir de 1855 à 1862. Augustin Marteau, on en a beaucoup parlé car c’est lui qui a légué la maison au fils de Jacques Philippe Frugier (la maison, celle qui est dans ma famille et dont je ne fais que de parler dans cette série d’article pour le #challengeAZ 2020). Cela m’aurait bien arrangée que Jacques Philippe Frugier et Augustin Marteau soient tous les deux partis dans le même régiment et devenus super potes d’armée. Cela aurait expliqué pourquoi le leg de cette maison, en plus qu’ils étaient beaux-frères par leurs femmes.

Et d’ailleurs, cela m’aurait aussi arrangée que ce régiment soit un 82ème régiment d’infanterie, et que le symbole des armées du Second empire soit un aigle avec ou sans couronne mais perché sur un truc horizontal. Mais non.

(pour comprendre ce qui précède, relire l’Héritier et à Qui est la plaque 82)

Mariage

27 août 1861 à Louin. La transcription de l’acte de mariage de Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault est dans l’article 3 familles. Regardons la liste des témoins : côté du marié Jacques Philippe Frugier, on a Pierre Bergereau, 47 ans, tisserand, Louin et Michel Bergereau, 45 ans, scieur de long, Louin. La lien de parenté n’est pas indiqué, mais il s’agit de la famille du côté de sa mère Rose Bergereau, peut-être ses frères.

Ce qui m’étonne, c’est de ne pas trouver de témoin côté famille paternelle de l’époux, alors que Jean Frugier son oncle et Louis Philippe Frugier son grand frère sont bel et bien vivants, et à ma connaissance n’ont pas quitté Louin. Son autre frère Michel Frugier est également vivant mais marié et installé à Toulouse, je comprends son absence.

Enfants

Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine POYRAULT ont (au moins) quatre enfants. Ils vivent à Chambon, commune de Louin. J’ai déjà parlé de Chambon, hameau isolé avec surtout un moulin à eau sur la rivière le Thouet, à un bon kilomètre du bourg. Marie Magdeleine Poyrault vivait de fait à Chambon au moment de son mariage, le couple s’y est donc installé et y reste. Jacques Philippe Frugier exerce toujours la profession de maçon, puis maître maçon (mention en 1899)

Leurs enfants

  1. Marie Suzanne FRUGIER ° 4 février 1863 x François Benjamin PROUST 19 février 1889
  2. Michel FRUGIER  ° 21 février 1865, x Marie Stéphanie RILLON, Je vous renvoie à nouveau à l’article qui le concerne : Héritier
  3. Adélaïde Amande FRUGIER ° 21 mai 1867 x 20 juin 1899 avec Stanislas RABIT, horloger à Airvault
  4. Louis Emile FRUGIER °1870 x 1898 avec Marie BARANGER. Je parle d’Emile Frugier dans l’article sur Michel Frugier fils quand je suis les habitations des deux frères Michel et Emile ; et plus haut dans cet article, dans le paragraphe sur l’autre Michel Frugier, l’oncle établi à Toulouse, car Louis Emile Frugier s’établit aussi à Toulouse. C’est bon vous suivez?

A l’heure où j’écris ces lignes, c’est ballot mais je ne sais pas quand sont décédés Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault. Dernières nouvelles de Philippe Frugier au mariage de son fils Emile en 1898.

Le petite dernière Marie Léonie Frugier épouse Louis Guion

Enfin la fille la plus jeune, Marie Léonie Frugier, née le 20 mai 1838. Elle a donc 19 ans au décès de son père, c’est la petite dernière et la seule fille survivante. Elle se marie le 24 février 1862 avec un tailleur de pierre de Parthenay, Louis René GUION. Louis GUION a perdu son père à l’âge de 8 ans (Parthenay, 16 juillet 1844), il s’appelait René Louis GUION ou plutôt GYON, sabotier, né à Gemmes (Sainte-Gemmes-sur-Loire?) dans le Maine-et-Loire. Sa mère Jeanne Catherine AGUILLON est présente au mariage, journalière, demeurant à Parthenay.

Louis Guion et Léonie Frugier s’établissent à Louin. Lui est alternativement maçon (1863-1867) et tailleur de pierre (1891, 1892). Ils ont trois enfants, Louis Etienne en 1863, Marie Léonie en 1865, Rosalie Stéphanie en 1867. Marie Léonie Frugier épouse Guion décède en l’année suivante 1868 à l’âge de 30 ans.

Quatre ans plus tard, recensement 1872, je repère Louis Guion veuf, maçon, vit dans le bourg de Louin avec sa mère à lui, sa mère à elle Rose Bergereau, et les trois enfants, Etienne, Marie et Rosalie.

Voici ce que je sais du devenir des trois enfants.

L’ainé Etienne épouse Clémence BIRONNEAU à la Tessonnière en 1891. Il est tailleur de pierre. On les retrouve à Louin en 1906 (recensement), toujours tailleur de pierre, au moins 3 garçons Etienne (1892-1977), René (1895-1974) , Roger (1897-1918, mort pour la France).

Je perds la trace de Marie Guion (Marie Léonie) et ne la retrouve que pour son décès à Louin le 20 novembre 1950 (mentions marginales). 85 ans.

Je sais que Rosalie Guion se marie à Montaigu, en Vendée, avec un employé de commerce né à Tessonnière. Tessonnière, c’est tout près de Louin. le marié s’appelle Delphin BIRONNEAU. Est-ce le frère de Clémence Bironneau, de la Tessonnière, mariée à Etienne Guion l’année précédente ? Je le parie, mais je n’ai pas vérifié. en 1906, Rosalie Guion est lingère à son propre compte (patronne) et Delphin Bironneau épicier également patron, à Montaigu. Ils ont au moins 2 enfants (recensement 1906 de Montaigu, 85). Rosalie Guion épouse Bironneau décède à Montaigu le 16 septembre 1947 (82 ans. Mentions marginales)

Jacques Philippe Frugier, leur oncle, est témoin aux mariages de ses neveu et nièce Etienne et Rosalie Guion.

Voilà donc où on en est est concernant les enfants de Jacques Philippe Frugier. Reste à finir la biographie de Louis Philippe FRUGIER car c’est lui qui se marie en dernier. On y vient.

Louis Philippe FRUGIER épouse Marie Bretault

On a déjà parlé de sa naissance et de son service militaire quelques paragraphes plus haut, né en 1828, ainé, n’est pas tiré au sort pour le service militaire, maçon.

Mariage

Il se marie donc le dernier, après ses deux frères et sœur, et 5 ans après le décès de son père. Transcription résumée de l’acte de mariage :

L’an 1862, 4 novembre, par devant Jean BERNARD maire de Louin. Mr FRUGIER Louis Philippe, 34 ans, né à Louin, maçon, demeurant à Louin, fils de Philippe FRUGIER décédé à Louin et de Dame BERGERAUX Rose, sans profession, 58 ans, demeurant à Louin, ici présente et consentante

Et Melle BRETAULT Marie, 27 ans, née à Louin, fille de Jean BRETAULT 52 ans cultivateur à Louin ici présent et consentant et de Mme Marie MARSAULT, sans profession, 48 ans, ici présente et consentante

Pas de contrat de mariage

En présente de GUION Louis, beau-frère du marié, 26 ans, maçon, demeurant à Louin [oui c’est le mari de Marie Léonie Frugier la toute petite sœur, ils se sont mariés 9 mois auparavant] ; FRUGIER Philippe, frère du marié, 27 ans, maçon, Louin; MARSAULT Louis, grand-père de la mariée, 75 ans, propriétaire, Louin ; GIRAUD François, 28 ans, Saint-Jouin [de Marne, 79], tisserand, beau-frère de la mariée.

Le registre comporte la signature de Jacques Philippe Frugier, qui ici ne signe que son patronyme ; seuls signent aussi le père de la mariée et le 2ème témoin : L.Guion ; Bertaud ; et le maire Bernard. J’ai par la suite trouvé très peu d’actes ayant pour témoin Louis Philippe Frugier et il ne signe jamais. Cela contredit la mention du niveau d’étude 1-2 portée sur les listes de tirage au sort pour le service militaire et contraste avec ses frères Michel et Jacques Philippe qui signent. A noter aussi que les quatre filles de Louis Philippe Frugier signent, et que son père signait.

Enfants

Le couple a cinq filles. quatre atteignent l’âge de se marier. A leur mariage, deux sont lingères, une journalière et une sans profession. Toutes les quatre signent leur acte de mariage, ce qui me permet de supposer leur nom d’usage, même si le procédé n’est pas d’une fiabilité absolue.

1. Marie Angèle FRUGIER ° 31 juillet 1863, mariée à Charles Calixte GENINCHAULT le 26 octobre 1885. Elle signe Angèle Marie Frugier. D’après des arbres en ligne, ils auraient eu 10 ou 12 enfants dont au moins 10 atteignent l’âge adulte, et plusieurs garçons embrassent une carrière militaire. Je crois qu’il y a des généalogistes parmi ses descendants mais je n’ai pas encore pu rentrer en contact avec eux.

2. Eugénie Eléonore FRUGIER ° 26 février 1866. Mariée à Léon (Léon Rémmis) FENNETEAU, tuilier. Elle signe Eléonore Frugier. Lui est né à Ulcot et vit à Saint-Léger-Montbrun (je n’ai pas vérifié où c’est, pas tout près de Louin en tous cas car les noms ne me disent rien). En 1906, je retrouve le couple à Saint-Jouin de Marnes, lui journalier. Je crois qu’ils ont alors deux enfants. Info recensement 1906, Saint-Jouin-de-Marne se trouve dans les Deux-Sèvres, à 13 km de Louin

3. Marie Elisabeth (ou Isabelle) °22 février 1868 (date donnée dans acte de mariage, acte de naissance non retrouvé), mariage à Louin le 30 juillet 1895 avec Auguste Edmond RUSSEIL, cultivateur originaire d’Aubigny (10 km de Louin). Elle signe Elisabeth Frugier.

4. Marie Eugénie Eglantine FRUGIER °1870 + 3 décembre 1882 âgée de 12 ans

5. Marie Stéphanie Léocadie FRUGIER °  16 juillet 1872, mariée à Louin avec Charles Alphonse RUSSEIL, originaire d’Aubigny, + Parthenay 10 mai 1948. Elle signe Marie Frugier

Décès

Louis Philippe Frugier décède en 1899 à 71 ans. Quant à Marie Bretault, je n’ai pas l’acte mais des arbres en ligne indiquent son décès le 6 août 1916, à Louin.

Pour conclure

J’ai voulu retracer le devenir des 12 enfants de Jean et Philippe Frugier, venus d’ailleurs et installés à Louin comme maçons au début du 19ème siècle. Ils ont eu chacun six enfants.

Dans la première famille, celle de Jean, pas de descendance. Un de leur fils, Jean René, est mort soldat de la Garde impériale, à l’âge de 27 ans. Leur dernière fille survivante, Félicité, ne s’est pas mariée et s’est probablement occupée de ses parents qui ont vécu jusqu’à 80 ans passés.

Dans la seconde famille, quatre enfants ont atteint l’âge adulte et se sont mariés. L’un s’est établi à Toulouse, où l’avait mené le service militaire. Il s’y est marié est y est décédé manifestement sans enfants. Les trois autres se sont mariés à Louin et ont tous eu des enfants.

Cinq filles chez Louis Philippe Frugier et Marie Bretault dont quatre ont eu des enfants, patronymes GENINCHAULT (descendance probable jusqu’à nos jours, arbres généalogiques en ligne), FENNETEAU (descendance possible à chercher peut-être à Saint Jouin de Marne 79), et deux RUSSEIL originaires d’Aubigny (79).

Deux garçons et deux filles chez Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault. Leur ainé Michel a eu un fils unique Michel mort pour la France. L’autre fils Emile Frugier s’est installé à Toulouse a a eu deux filles, décédées âgées toutes les deux en Haute-Garonne. Il pourrait y avoir des descendants de ce côté. Les filles de Jacques Philippe Frugier et Marie Magdeleine Poyrault se sont mariées l’une avec Benjamin François PROUST, l’autre avec Stanislas RABIT, et ma famille est en contact avec leurs descendantes.

Enfin chez Marie Léonie Frugier : son fils Etienne Guion qui a eu lui même trois fils : Etienne et Roger Guion (décès dans les années 1970) et René Guion mort pour la France pendant la 1ère guerre mondiale ; une de ses filles épouse Delphin Bironneau et s’établit à Montaigu (85), je ne sais pas s’il y a des descendant coté GUION ou BIRONNEAU.

Image d’en tête : tas de pierres par Markéta Machová de Pixabay

S comme Signatures côté Frugier

Voici des signatures FRUGIER, de la Haute-Vienne aux Deux-Sèvres, entre 1747 et 1838. Sur les protagonistes, voir l’article Originaires de Lussac

Joseph Fugier

Acte de mariage de son fils, 1747. Il signe Frugier, avec peut-être un F majuscule élaboré*, et peut-être ce qu’on appelle une ruche, à la fin, vous le voyez, le petit dessin après le nom.

* ERRATUM. On me fait remarquer qu’il signe en fait Jfrugier. Le F majuscule élaboré est un J majuscule collé à un f. Merci à Mistike et à PellePioche sur Twitter

Joseph Frugier, Le Dorat (87), 1747. Maréchal, âge non connu, c’est le père du marié

1747 – Honoré Fugie(r), Marie Laguze(t)

Acte ici AD 87 GG11 – BMS 1745-1748 le Dorat, collection communale, vues 77- 78/86

Honoré Frugier à 24 ans. Le Dorat (87), 1747. Maréchal. C’est le marié
Marie Laguzet à 18 ans. Le Dorat (87), 1747. C’est la mariée

1776 – Honoré Frugier, Jeanne Beaugay

Jeanne Beaugay, 42 ans, fille et sœur de maîtres d’école. Honoré Frugier, maréchal, 43 ans, Le Dorat (87) 31 juillet 1776

1788. Mariage de Jean Baptiste Frugier et Marie Anne Laborie

Présents à ce mariage, Lussac-les-Eglises : Jean Baptiste FRUGIER, maréchal, veuf de François Bavier; Marie Anne LABORIE, fille de Jean LABORIE notaire et de feue Catherine DUMAS ; en présence d’Honoré FRUGIER, maréchal, le père du marié, de François FRUGIER aussi maréchal son frère, et de Jean LABORIE notaire père de la mariée, et de François B(RAM?) tailleur d’habits.

6 mai 1788 Lussac- les-Eglises 87. 3 E 87/1 AD Haute-Vienne

L’acte s’achève ainsi : “… les époux(?) ainsi que les témoins ont déclaré ne savoir signer à la réserve de Jean Laborie qui a signé avec nous de ce dûment enquis”. Suit le nom du curé et sa paroisse j’imagine, je n’arrive pas à déchiffrer. Concernant Jean Laborie, voyez sa belle signature de notaire dans cet article.

Par contre pas de signature sur cet acte de 1788, même pas celle de Jean Laborie qui signe. Le registre auquel j’ai accès doit être un registre de copies, pas les originaux. N’empêche, si on en croit cet acte, à part Jean Laborie, aucun des présents (en bleu ci-dessus) ne signe. Donc, Honoré Frugier né vers 1723 et Jean Baptiste Frugier né autour 1759 ne signent pas.

Là j’ai envie de dire : mais de qui se moque-t-on ?

Car Honoré Frugier sait signer, on l’a vu, on a une signature de lui à 24 ans, prénom et nom, puis une à 43 ans, juste son patronyme. Là il a 65 ans, qu’est-ce qui se passe, il a oublié ? Certes, il meurt l’année suivante. Mais enfin il est présent au mariage, sa profession (maréchal) est mentionnée, on n’a pas l’impression qu’il soit totalement diminué.

Jean Baptiste Frugier, le marié, a 29 ans. Il pourrait ne pas savoir écrire. On comprend. Les 10 ans qui suivent, rien ne m’indique s’il signe ou pas. Néanmoins, 11 ans plus tard, en 1799, il signe, et continue de signer les années qui suivent. Son écriture est celle d’une personne plutôt familière avec l’écriture, me semble-t-il, paragraphe suivant.

Bref, j’ai un doute. Je tiens l’acte de 1788 comme non fiable concernant qui signe ou pas, à cause d’Honoré Frugier qui signait mais n’y signe pas. Peut-être ai-je tort de généraliser ainsi. Peut-être Jean Baptiste Frugier a-t-il appris à écrire, en 10 ans, c’est jouable. A ce propos, je vous invite à consulter cet article de Sébastien (Marques Ordinaires) Le W de Louis-Joseph et l’apprentissage de l’écriture dans la famille VALENTIN, ça se passe en Alsace aux 18è et 19è siècles.

Jean Baptiste Frugier à partir de 1799

On a vu que JB Frugier ne signe pas à son mariage mais ensuite, oui. Voici les signatures aux naissances de trois de ses enfants, 1799, 1813, et 1816. Il a alors de 40 à 58 ans et exerce la profession de maréchal. Il signe Baptiste Frugier, ou alors Frugier tout court.

Jean Baptiste FRUGIER, 40 ans, 5 mai 1799 à Lussac-les-Eglises (87)
Jean Baptiste FRUGIER, 52 ans (d’après l’acte), 20 juillet 1813 à Lussac-les-Eglises (87)
Jean Baptiste FRUGIER, 58 ans (d’après l’acte), Lussac-les-Eglises, 12 mai 1816

Les fils de Jean Baptiste Frugier

Jean-Baptiste Frugier a au moins trois fils ayant atteint l’âge adulte, dont deux établis à Louin, Jean et Philippe. Le troisième s’appelle Philippe Honoré. Réglons d’abord le cas de ce dernier fils.

Philippe Honoré Frugier

Philippe Honoré FRUGIER 22 ans, maréchal, Béthines (86)

Jean et Philippe Frugier, à Louin 79

Jean et Philippe Frugier ont dix ans d’écart. Ils naissent en 1789 et 1799 à Lussac-les-Eglises (87) dans une famille de maréchaux, et je les retrouve à Louin (79), l’aînée en 1818, année de son mariage, et le cadet en 1824, un an avant son mariage. Les deux mariages ont lieu à Louin. Suivent des naissances et décès d’enfants.

Les signatures proviennent de ces actes de mariage, naissance et décès. Après 1838, je n’ai plus d’actes écrits en présence de Jean et Philippe Frugier, donc plus de signature, bien qu’ils aient vécu jusqu’en 1871 et 1857 respectivement.

Philippe Frugier est le grand-père de Michel Frugier père, article l’Héritier

Louin (79). AD 79 / Filae

Je note la constance des signatures.

Jean Frugier signe toujours Frugié, avec un é. Soit Frugié seul, sont Frugié précécé de son prénom, qu’il orthographie Jens il me semble.

Philippe Frugier signe toujours FRUGIER, ER à la fin. Parfois le R ressemble à un T, mais je crois que c’est un R. Le plus souvent (mais pas toujours) il précède Frugier de son prénom, Philippe, parfois orthographié Philipp sans E.

Les frères signent chacun leur patronyme avec leur orthographe personnelle, -é ou er, et ça ne semble gêner personne.

1824, faudrait pas croire que Philippe ne sait pas signer

Je pense lire entre les lignes de cet acte qu’on est passé à deux doigts d’un malentendu. Cela se passe à Louin le 13 avril 1824. Jean Frugier, maçon originaire de la Haute-Vienne, marié à Louin 6 ans auparavant, déclare la naissance de son 4ème enfant.

Son jeune frère Philippe est là, je ne sais pas depuis combien de temps, c’est la première fois qu’il est témoin de naissance d’un de ses neveux. Les personnes de l’entourage des deux frères ne signent pas souvent, et quand elles signent leur écriture montre qu’ils n’en ont pas l’habitude. Il faudra que je vous montre cela une autre fois.

Alors le maire conclut l’acte par « … et les thémoins nous ont déclaré ne savoir signé. Signé Marsault, maire. »

Et là, Philippe Frugier a dû se manifester, car il sait signer, comme chacun sait maintenant. Alors, sous sa signature, le maire rajoute : « fort le soussigné » (comprendre : à part celui qui signe là, après). Et Philippe Frugier envoie sa plus belle signature, non mais, c’est pas parce qu’on est un maçon de Lussac fraichement arrivé qu’on ne sait manifestement pas signer, nan mais ho. Note : ceci est un interprétation personnelle du détail d’un acte.

Louin (79) naissance de Roze FRUGIER, acte du 13 avril 1824

Pour une autre fois

Une autre fois, j’espère pouvoir vous parler des signatures des descendants de Jean et Philippe Frugier. Lors du relevé des signatures, je suis tombée sur quelques mystères sur lesquels il faut que j’avance un peu avant de vous en faire part.

Il s’agit d’un Philippe René Frugier qui signe « Frugier Philippe » et qui déclare en 1857 le décès de son père Philippe Frugier. Sauf que Philippe René n’existe pas, ou alors je ne suis pas au courant, ou alors il s’appelle en fait Jacques Philippe.

Il s’agit aussi d’un Philippe Frugier qui signe P Frugier (ou Frugiez?) et déclare en 1889 le décès de sa vieille sœur, mais ce Philippe Frugier n’existe pas, où alors ce n’est pas son frère, ou alors il ne s’appelle pas Philippe.

Dans ces deux cas, je compte sur les comparaisons de signatures pour élucider les mystères. A plus !

Q comme à Qui est la plaque Quatre-vingt-deux?

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Clouée sur la porte de la maison de nos voisins qui appartient au groupe de maison qui a appartenu à la même famille, celle des enfants de Mathurin Marteau, il a une plaque. Une plaque toute vieille, devenue rouge et à laquelle je n’avais vraiment jamais prêté attention. Il y a écrit Quatre-vingt-deux, et il y a un aigle.

Plaque 82

Qu’est-ce que c’est ?

On a voulu en savoir plus. Alors, on est allé sur le Forum 14-18. Le forum 14-18 est hallucinant, c’est un site où tu poses n’importe quelle minuscule photo datant notamment de la Première guerre mondiale, tu demandes où c’est, ce que c’est et qui c’est, et à la fin tu as une réponse. On nous a aidés à identifier des uniformes, des chars, des bâtiments … Bref. Là, on a posté la photo et ça n’a pas tardé. Marc a dit:

Il semble s’agir d’une plaque de shako du 82e régiment d’infanterie de ligne, datant du 1er Empire. L’aigle a perdu sa couronne.

Là forcément, on a été faire un petit tour sur Wikipédia pour voir ce qu’est une plaque de shako. Déjà, un shako c’est : est un couvre-chef militaire, en forme de cône tronqué avec une visière1 ; il était souvent en feutre et décoré d’une plume (nommée casoar), d’un pompon ou d’un galon (ici)

En allant voir sur les sites de collectionneurs ou de vente, déjà je me suis dit que quand même ça avoir de l’allure cette plaque bien brillante sur son chapeau. In situ, ça donne ça. La nôtre était sûrement sur un chapeau (shako) plus simple.

Shako 1858 Officier 1er Régiment de marine. Creative Commons, G.Garitan
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Shako_1858_off_1RIMa_05323.JPG

De quand ça date

La plaque date-t-elle bien du Premier Empire, comme le suggère Marc, ou peut-elle être d’une période ultérieure ? J’ai continué à comparer les formes des plaques de shako, toujours à l’aide des sites de vente ou de collectionneurs.

Le problème, pour partager tout cela avec vous, c’est que les photos de collectionneurs et des sites de vente ne sont a priori pas réutilisables, ou alors il faudrait fouiller dans les conditions et demander, et je décide de ne pas en prendre le temps. Donc je vais vous mettre les liens qui mènent à des résultats de recherche sur Google, ça marche très bien aussi. C’est juste qu’il faut trier un peu pour ignorer les images trouvées par erreur.

1er Empire ? Cela y ressemble bien, si notre aigle a bien perdu sa couronne

En comparant la forme des éléments, le support de l’aigle, la forme de ses ailes, sa tête, je me dis que Marc du forum 14-18 a raison. Notre aigle ressemble vraiment à ceux des uniformes du 1er Empire, Napoléon 1er, 1804-1814. Les aigles du 1er Empire ont une couronne, le nôtre n’en a pas. Si vous cliquez là, vous verrez plein de plaques qui ressemblent à celle du haut. En mieux conservées. https://www.google.com/search?q=shako+1er+empire&tbm=isch

Les plaques du 1er Empire ont souvent cette forme, voici ma représentation schématique, j’espère que vous aimez

Monarchie de juillet ? L’aigle est sans couronne mais pas perché sur une barre

On peut arguer que des plaques de la Monarchie de juillet, 1830-1848, certaines ont aussi un aigle, mais sans couronne, d’entrée. Notre plaque pourrait donc y ressembler sans avoir eu besoin de perdre la couronne. Pas bête. Sauf qu’il me semble que le support de l’aigle est très différent. Le nôtre est une barre, la barre verte sur mon schéma au-dessus. En Monarchie de juillet, il est sur un globe, ou bien on ne sait pas trop où mais pas sur une barre. Google images de shako monarchie de juillet :https://www.google.com/search?q=shako+monarchie+de+juillet&tbm=isch

Second Empire 1852-1870, pas du tout

Concernant le Second Empire, il me semble que ça ne colle pas du tout. Déjà les aigles ont le plus souvent une imposante couronne, mais surtout, ils ne sont jamais posés sur quoi que ce soit qui ressemble à mon modèle (et à mon schéma). Voir ici : https://www.google.com/search?q=shako+second+empire&tbm=isch

Mes recherches empiriques conforte ma confiance dans la réponse qu’on nous a faite sur le Forum 14-18 : Premier Empire.


Ici s’achève temporairement cette recherche. Je ne sais toujours pas à qui appartenait cette plaque.

La prochaine étape, c’est de focaliser mes recherches sur les parcours militaires des hommes de la famille qui ont habité la maison, ou leur proches, ou même le village entier – mais en cherchant prioritairement la période du 1er Empire. Au lieu de chercher sur une large période, y compris les plus récentes, comme je l’avais fait jusqu’à présent. Mauvais aiguillage méthodologique, manifestement ! A plus tard pour des nouvelles.

O comme Originaires de Lussac-les-Eglises, où des fils de maréchaux de Haute-Vienne deviennent maçons en Deux-Sèvres

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Nous connaissons le nom du propriétaire de la maison rachetée par mon arrière-grand-père en 1949 : Michel Frugier, maçon, né en 1865, qui l’a reçue par leg d’Augustin Marteau (fin de l’article G). D’où vient Michel Frugier? Vous souvenez-vous de l’article Trois familles, à la fin duquel on a marié des gens, dont Jacques Philippe Frugier, maçon, et de Marie Magdeleine Poirault ? Ce sont ses parents, à Michel Frugier né en 1865.

Remontons la généalogie de Jacques Philippe Frugier né en1835. Lui est né à Louin, marié à Louin. Rien à redire. Son père par contre, Philippe Frugier, maçon aussi, vient d’ailleurs. Il est originaire de Lussac-les-Eglises, en Haute-Vienne (87). Allons voir cela de plus près.

Les gens

Erratum : chez Jean Frugier et MJ Desbordes, au moins une fille a atteint l’âge adulte, Félicité Frugier1821-1889

Les lieux

Khartis / basemap from Geofla IGN 2016
+ ajustements et légendes sur Powerpoint, voir article sur Khartis

L’histoire

Pour le moment, je n’ai à ma disposition que des actes paroissiaux et d’Etat-civil pour tenter de raconter l’histoire familiale de Philippe Frugier et son grand frère Jean Frugier, maçons, nés ailleurs et établis à Louin.

Joseph Frugier, Marie Devassac, mariage vers 1720

Un jour, vraisemblablement avant 1723, peut-être à Magnac (Magnac-Laval) en Haute-Vienne, fut célébré le mariage de Joseph FRUGIER et de Marie DEVASSAC. Voici un extrait de l’acte dont je tire ces informations, mariage de leur fils au Dorat en 1747. Le patronyme de la mère est orthographié DEVESSAC. Certains généalogiste lisent DECRESSAC, ce qui se défend. Leur ville et paroisse d’origine est-elle bien Maignac ?

Mariage de Honoré Frugier en 1747 au Dorat (87). Ses parents sont-ils bien de Maignac (= Magnac, maintenant Magnac-Laval 87)?

Maréchal

Joseph FRUGIER est maréchal, ou le devient, en tous cas il l’est en 1747.

Un maréchal, c’est sûrement quelqu’un qui s’occupe des chevaux. Encore qu’on trouve aussi le terme de maréchal-ferrant. Est-ce différent?

Un maréchal-ferrant ferre les chevaux, pour cela il doit être aussi forgeron, pour travailler le fer des fers.

Peut-être qu’un maréchal est quelqu’un qui prend soin des chevaux, il sait les ferrer mais aussi en prendre soin. On verra dans un instant que le petit-fils de Joseph FRUGIER est maréchal, puis maréchal expert.

Le métier de maréchal expert a été étudié dans une thèse de doctorat vétérinaire, ici (pdf). Synonyme hongreur. Les maréchaux experts, ou hongreurs, pratiquent une médecine empirique sur les chevaux et se sont retrouvés en concurrence avec les vétérinaires diplômés à partir du XVIIIè siècle.

La famille Frugier est une famille de maréchaux et variantes. De père en fils, de frère en frère. C’est très frappant. A part, anomalie, les deux maçons installés à Louin, qui fils, neveux, et demi-frères de maréchaux mais sont devenus maçons, et pour trois générations. Et pour le moment je n’ai pas d’explication à cette anomalie, on aura l’occasion d’en reparler, ça me contrarie.

Honoré Frugier, Marie Laguzet, mariage en 1747

Joseph FRUGIER et Marie DEVASSAC ont un fils prénommé Honoré. Je pense qu’ils ont aussi une fille qui épouse avant 1747 un tailleur d’habits de Magnac (Maignac) nommé Jean BRAM (témoins dans un autre acte). Pour mémoire, on croise plus tard un François peut-être BRAM (à la relecture j’ai un gros doute sur le déchiffrage), tailleur d’habits, témoin en 1788 au mariage de la génération suivant à Lussac, puis un (ou deux) Philippe BRAM notaire public à Lussac en 1799 et et Maire de Lussac 1813. Il y a peut-être un autre fils prénommé François (arbres en ligne)

Bref, revenons à l’autre enfant de Joseph Frugier et Marie Devassac, Honoré FRUGIER. Il épouse Marie LAGUZET en 1747, au Dorat. Il a alors environs 24 ans, indique l’acte de mariage. Il serait donc né autour de 1723, et vraisemblablement à Magnac. La mariée à 18 ans, sûrement née au Dorat, aux environs de 1729 si mes calculs sont justes. Honoré Frugier est maréchal ferrant fils de Joseph Frugier aussi maréchal. Juste cela peut indiquer que maréchal ferrant et maréchal sont des synonymes, dans notre contexte.

[Honoré] Frugier maréchal ferrant fils de Joseph Frugier aussi maréchal (le Dorat, 1747)

La mariée, Marie Laguzet, est fille d’un maréchal taillandier, Philippe Laguzet. Voir ici sur maréchal taillandier : il s’agirait d’un métier de la forge dont l’activité consiste à produire des outils. Outils coupants, précise l’article Wikipédia. Dans la famille de la mariée, on a un cousin chemisier au Dorat (je ne lis pas bien son nom, Pierre de Chignère?) et un oncle Joseph Laguzet maréchal taillandier à Dansac.

Bien, voilà, le mariage est fait. Les années passent, et je n’ai pas de nouvelles. Il se raconte dans les arbres en ligne que le couple donne naissance à Jean Baptiste FRUGIER en 1759, le 4 août, au Dorat. J’ai cherché l’acte et je ne l’ai pas trouvé. Soit j’ai mal cherché, soit y’a un problème. Cette lacune a un moment conforté l’hypothèse, émise par ailleurs, que la famille Frugier serait protestante. Je crois qu’il faut invalider cette hypothèse, vu les nombreux autres actes de baptême et de mariage sur lesquels j’ai mis la main.

A un moment, Marie Laguzet, femme d’Honoré Frugier, décède. Donc, remariage de Honoré Frugier en 1776, au Dorat, avec Jeanne BEAUGAY. Lui est âgé d’environ 50 ans et elle d’environ 42 ans. Lui est bien veuf de Marie Laguzet. Concernant la mariée, il s’agit probablement de son premier mariage. Elle est fille de feu Urbain GEAUGAY, maitre d’école, et de Marie Touché ; dans les témoins, Pierre Laguzet, marchand, frère du marié ; Jean BEAUGAY, maître d’école, frère de la mariée ; Simon ERLEVIN, perruquier, beau-frère de la mariée ; Mathieu JANDRAUX, aubergiste des trois marchands, tous du Dorat.

Jean Baptiste Frugier aurait 17 ans au moment du remariage de son père, sous réserve d’exactitude de sa naissance en 1759. Je sais qu’il a un frère, François Frugier, vraisemblablement de la même mère. Les deux frères deviennent maréchaux. Je connais l’existence et le métier de François Frugier car il est témoin au mariage de son frère Jean Baptiste en 1788 à Lussac – et témoin et maréchal, s’il avait été son demi-frère et fils de Jeanne Beaugay il aurait eu 12 ans max à ce mariage, ça colle pas). Le mariage de Jean Baptiste Frugier à Lussac en 1788, on en parle tout de suite, c’est parti.

Jean-Baptiste FRUGIER et (Marie) Anne LABORIE, mariage en 1788

Le mariage a lieu à Lussac-les-Eglises le 6 mai 1788. Là, on réalise qu’on a loupé quelque chose car le marié Jean Baptiste FRUGIER est déjà veuf. D’après mes calculs et encore sous réserve d’exactitude d’une naissance en 1759, il aurait 29 ans. Sa première femme s’appelait Françoise BAVIER. Je ne sais ni où ni quand a eu lieu ce premier mariage, ni s’il y a eu des enfants. Le marié est bien sûr maréchal.

La seconde femme est donc Anne LABORIE, fille de Jean LABORIE, notaire, et de feue Catherine DUMAS. C’est pas mal comme métier ça, notaire. Jean Laborie signe, dit le curé. Les autres ne signent pas. La version de l’acte paroissial que je consulte n’a pas les signatures, mais je la retrouve sur un acte de l’année suivante, naissance du petit-fils.

Signature de Jean Laborie,Lussac-les-Eglises, 1789

Les témoins de la mariée sont son papa, Jean Laborie donc, et un tailleur prénommé François peut-être BRAMS, ou BAVIER, ou autre chose.

Les témoins du marié sont également son papa, Honoré FRUGIER, toujours maréchal, bon pied bon œil, remarié depuis 12 ans. Il aurait alors 66 ans si j’en crois d’autres informations ; et François Frugier, maréchal, frère du marié.

Les enfants de Jean Baptiste Frugier 1759 – 1835

Jean Frugier, 1789 – c’est l’ainé des deux Frugier qu’on retrouve plus tard maçons à Louin

Et voilà, mariage fait. Le premier enfant arrive onze mois après, le 22 avril 1789. Il s’agit de Jean FRUGIER. Il naît à Lussac-les-Eglises et est baptisé en l’église Saint Martial, précise l’acte. Sa mère est dénommée Marie Anne LABORIE (le « Marie » n’est pas sur l’acte de mariage). L’acte de baptême de Jean Frugier ne dit pas si c’est son père qui le déclare mais indique sa profession, maréchal. Son parrain est Jean LABORIE, son grand-père maternel, le notaire. La marraine une certaine Françoise BOULANGER, qui ne signe pas et dont je n’ai jamais entendu parler.

C’est grâce à cet acte que j’ai la signature de Jean Laborie montrée au paragraphe précédent. C’est aussi dans cet acte que j’ai eu des difficultés à comprendre le métier de Jean Laborie, notaire, noté sous forme abbrégée : no avec un truc sur le o suivi de re, qu’on transcrit : no[tai]re.

Qu’en est-il du grand-père paternel, Honoré FRUGIER, témoin au mariage un an auparavant ? Et bien, il était encore vivant à la naissance de son petit fils Jean Frugier. Il est décédé juste un mois plus tard, 21 mai 1789 au Dorat. Il était âgé de 67 ans et époux en secondes noces de Jeanne BEAUGAY. Les déclarants sont  Mr Jean BEAUGAY, sergent, Simon ERLEVIN, M[aitr]e perruquier, du Dorat. On connaît bien Simon Erlevin qui était perruquier 13 ans plus tôt au mariage de Honoré Frugier et jeanne Beaugay. Jean Beaugay, sergent, est-il le même que Jean Beaugay, alors maître d’école, frère de la mariée?

Marguerite Frugier, 1791 (devenir inconnu)

Je continue à suivre Jean Baptiste FRUGIER et Marie Anne Laborie. Mariés à Lussac-les-Eglises, premier enfant à Lussac également, mais on les retrouve au Thollet, 10 km plus loin et dans le département voisin de la Vienne (86), trois ans plus tard. En effet, en 1791 y naît Margueritte FRUGIER, fille de Jean FRUGIée (sic) maréchal au présent bourg et Marie LABOURIE. Parrain Louis BONNIFRET maire de la commune et Margueritte COULON. Pour moi cela ne fait pas de doute, Jean Frugiée (sic) n’est autre que Jean Baptiste Frugier ; Marie Labourie et Anne Laborie, également connue sous le nom de Marie Anne Laborie, ne font qu’une. Par contre je n’ai ensuite plus aucune nouvelle de l’enfant Marguerite Frugier, pas de décès ni rien, disparue des radars.

Philippe Frugier, 1799 – c’est le cadet des deux Frugier qu’on retrouve plus tard maçons à Louin

On continue. Troisième et dernier enfant du couple, dans l’état de mes connaissances : Philippe FRUGIER, 5 mai 1799 (16 floréal an 7), déclaré par Jean Baptiste FRUGIER maréchal d[e]m[euran]t au chef lieu de la commune de Lussac, mère Marie Laborie, témoins le citoyen Philippe BRAM notaire public et Marie BENOIST. Jean Baptiste FRUGIER signe Baptiste Frugier (ou Frugiet peut-être)

Signature de Jean Baptiste Frugier, Lussac-les-Eglises 1799

Troisième mariage de JB Frugier, avec Françoise Montsacré

Jean Baptiste Frugier devient veuf pour la second fois en 1809. Acte de décès de Marie LABORIE à Lussac-les-Eglises le 5 septembre 1809, déclarants Jean GIGAUD propriétaire, 31 ans, ami, qui signe, et Jean RICHARD dont je n’arrive pas à lire le nom du métier, 51 ans, qui ne signe pas. Jean Baptiste Frugier ne fait pas partie des déclarants.

La défunte est dite âgée de 48 ans. Ses enfants auraient 10 ans (Philippe), 18 ans (Marguerite) et 20 ans (Jean). Et devinez, Jean Baptiste FRUGIER se remarie. Je n’ai pas l’acte, mais ce 3ème mariage est attesté notamment par son acte de décès, à Louin, en 1835, où il est bien le père du déclarant Philippe Frugier 36 ans et veuf en dernières noces de Françoise Monsacré.

Jean Baptiste FRUGIER avait la cinquantaine au moment de ce troisième mariage, néanmoins je trouve au moins une naissance. Normal, la mariée est en fait d’une vingtaine d’années sa cadette.

Un autre Philippe Frugier 1813 (mais il s’appelle ensuite Honoré)

Naissance de Philippe Frugier, le 20 juillet 1813, Lussac, fils de Jean Baptiste FRUGIER, maréchal, 52 ans ans et de Françoise MONTASACREE (Montsacrée), 33 ans. Témoins Jean GIGAUD LAFOND propriétaire 34 ans (c’est lui qui avait déclaré le décès de la 2ème épouse 3 ans auparavant) et François MACE (Macé) maréchal 48 ans. Tout le monde signe, les témoins ont même des signatures élaborées, vous voyez, celles avec les zigouigoui qu’on appelle des ruches, on en a déjà parlé.

Lussac-les-Eglises 1813

Là, on se pose et on réfléchit. Jean Baptiste Frugier avait à ce moment, en1813, au moins deux fils vivants de son précédent mariage : Jean, 24 ans et Philippe, 14 ans. Et il prénomme son nouveau gamin Philippe ! De nos jours, cela ne passerait pas. En fait, en fréquentant des généalogistes, on découvre que la situation n’est pas exceptionnelle et on se garde de l’interpréter.

Même si à nos yeux de contemporains, quand même, on trouve qu’il abuse.

On a une idée de ce que devient Philippe Frugier II car on le retrouve à Béthines, dans la Vienne. Lussac-Béthines, 30 km. pour son mariage, le 14 juillet 1835. C’est bien lui, il a 22 ans, né à Lussac le 20 juillet 1813, fils de JB Frugier décédé à Louin (écrit : Loiil ou Loül, Deux-Sèvres) quelques mois auparavant et de Françoise Monsacré décédée à Lussac en août 1830. Sauf que Philippe Frugier II est, dans cet acte, d’abor dénommé Philippe Honoré Frugier, puis Honoré Frugier tout court. Son prénom en marge de l’acte est aussi Honoré tout court. Par contre, il signe bien Philippe Honoré.

Honoré, comme son grand-père, si vous avez suivi. D’ailleurs, la profession de Philippe Honoré Frugier né en 1813, c’est : maréchal. Comme on père Jean Baptiste, son oncle François, son grand-père Honoré, son arrière-grand-père Joseph. Mais pas comme ses deux demi-frères Jean et Philippe FRUGIER, devenus maçons à Louin.

Philippe Honoré Frugier est donc maréchal à Brigueil-le-Chantre (86), à 10 km de Lussac-les-Eglises et 20 km de son lieu de mariage. Sa femme s’appelle Marguerite LAGEON et est fille d’un sabotier et d’une domestique (c’est la publication des bans qui nous indique la profession de sa mère, pas l’acte de mariage)

Nicolas Alexandre Frugier né en 1816, devenir inconnu

Le 12 mai 1816 naît Nicolas Alexandre Frugier à Lussac, fils de Marie (sic) Monsacré et JB Frugier maréchal. J’ai perdu sa trace, comme j’ai perdu la trace de sa demi-soeur Margueritte, 25 ans auparavant. Si vous les retrouvez, faites-moi signe.

Le devenir des enfants de JB Frugier

A ce stage, il me semble que s’impose une représentation de la ligne de vie de JB Frugier.

Il me reste maintenant à vous parler du devenir de Jean et Philippe Frugier, les enfants de son second mariage, les deux qui, comme je l’ai déjà évoqué, atterrissent à Louin, dans les Deux-Sèvres, à 120 km de Lussac-les-Eglises et y exercent la profession de maçon.

Jean Frugier Lussac 1789 – Louin 1871

Je n’avais pas eu de nouvelles de Jean Frugier depuis sa naissance en 1789, entendre : pas de trace dans les actes. Il avait 20 ans à la mort de sa mère, 24 et 27 ans à la naissance de ses demi-frères. Je ne retrouve pas son nom dans les liste du contingent militaire du Canton de Bellac, Haute-Vienne, autour de 1809, l’année de ses 20 ans. Je ne sais pas où il vivait, où il travaillait, et surtout quelle profession il a apprise. Maréchal comme son père ou déjà maçon ? Mise à jour : mais bien sûr qu’il est dans les listes départementales du contingent de la Haute-Vienne en 1809, 1 R 52 vue 69/196 : avait été réformé lors de la levée de classe, rappelé par celle de 120,000 hommes, parti pour le 137ème de ligne le 29 9bre 1813, incorporé dans la 24ème de ligne le 8 janvier 1814, matriculé sous le n°18414. Autre informations dans la fiche: 1 m 54, cheveux et sourcils châtain, yeux bleus, front couvert, nez bienfait, bouche petite, menton (?), visage plein, teint coloré, profession : manœuvre [je crois, je ne suis pas sûr, j’aimerais bien lire maréchal mais ce n’est pas maréchal]

Téléportation, je retrouve Jean Frugier en 1818 à Louin, 120 km de Lussac. Il épouse Marie Jeanne DEBORDE qui est servante à Parthenay (79) mais se parent sont cultivateurs à Louin.

Lui, Jean Frugier, est masson (orthographe vue très souvent) à Louin, et muni de l’autorisation de son père, maréchalle (c’est pas grave, orthographe de tout l’acte est très personnelle), demeurant à Lussac les Eglises. Autorisation enregistrée au Tribunal civil de Montmorillon dans la Vienne, 86, signée de deux patrons notaires dont je n’arrive pas à déchiffre les noms. Quelque chose comme Joseph TROMPECOSSE(?) et Joseph TOUTIGé, de la commune de Brigueil-le-chantre (86), si je comprends bien.

Jean Frugier a 29 ans (calcul), majeur, mais il fut un temps où l’autorisation des parents étaient requise de toute façon. Ses témoins à lui sont des amis, Louis POYNOT, masson, 50 ans, qui signe PONOT (avec le N à l’envers, comme je vois souvent dans les signatures) et Polle MIGNAUX, fournier, 60 ans, qui ne signe pas.

La suite ? Jean Frugier et Marie Jeanne Deborde ont des enfants à Louin, mais tous ceux que j’ai trouvés sont morts jeunes. Peut-être des survivants m’ont-ils échappé, si vous en trouvez, signalez, ça ferait plaisir. Malgré tout, belle longévité du couple : ils décèdent à Louin âgés lui de 82 ans et elle de 80 ans.

AJOUT : au moins une de leurs enfants a atteint l’âge adulte, Félicité Frugier, née en 1821 à Louin. Je la retrouve à Louin en 1872, dans le bourg, route de Parthenay à (Grand?). Elle a 51 ans, « revendeuse » (?) et vit avec sa mère Marie Jeanne Desbordes veuve Frugier, 71 ans, « aliénée non dangereuse ». Félicité Frugier décède en 1889 à La Guichardière, Tessonnière (Airvault), 67 ans, célibataire … déclaration par un Philippe Frugier, maçon, 54 ans, qui déclare être son frère.

Philippe Frugier Lussac 1799 – Louin 1857

Philippe Frugier est donc le petit frère de Jean Frugier dont on vient de parler. Lui avait 10 ans au décès de sa mère, 14 et 17 ans aux naissances de ses demi frères, et 19 ans au mariage de son frère à Louin. De lui non plus je n’ai pu trouver d’autres traces, mais ai-je bien cherché.

Et donc je le retrouve également à Louin le jour de son mariage, le 11 juillet 1825.

Son père Jean Baptiste FRUGIER, maréchal expert, domicilié à Lussac-les-Eglises (orthographié Lussac les Eglisse), donne son consentement au mariage par acte devant Sieur BRAC, notaire à Lussac, et enregistré à Arnac le 2 juin 1825. Philippe Frugier épouse Rose BERGERAUX, 19 ans, fille de Michel Bergeraux, cultivateur à Louin, et Marie SOULIGNAC.

Le marié Philippe Frugier est masson, 27 ans, demeure à Louin. Il a comme témoin son frère Jean Frugier, 36 ans, masson, ainsi qu’André MARSAULT, 25 ans, voisin et ami (âge reconstitué grâce à d’autres actes, sur le registre de mariage le premier chiffre est coupé)

Philippe Frugier et Rose Bergeraux ont eu au moins quatre enfants ayant atteint à l’âge adultes, tous nés à Louin entre 1826 et 1835. Celui qui m’intéresse le plus est Jacques Philippe FRUGIER ° né le 1er mai 1835 : c’est lui qui épouse Marie Magdeleine POIRAULT dans l’article trois familles et devient le père de Michel Frugier, l’Héritier dans cet article lui même père de Michel Frugier fils, mort pour la France ici.

Les autres enfants de Philippe Frugier et Rose Bergeraux sont : Louis Philippe Frugier marié à Louin x BRETAULT, 5 filles ; Marie Léonie mariée à Louin X GUIOT, 3 enfants ; un frère Michel(le) marié à Toulouse, X ESQUIE. Je n’ai pas trouvé d’enfants.

Fin de vie à Louin pour Jean Baptiste Frugier

Jean Baptiste Frugier, maréchal puis maréchal expert, ayant habité à Lussac-les-Eglises vraisemblablement en continu depuis au moins 1788, fini ses jours à Louin, toujours à 120 km de Lussac. J’ai bien son acte de décès du 12 février 1835, à Louin, âgé de 77 ans. Déclarant : son fils Philippe Frugier, 36 ans. J’ai été étonnée de confirmer ce qu’indiquaient des arbres généalogiques et que je prenais pour une erreur. JB Frugier a bien fini ses jours loin de chez lui, près de ses fils.

En fait, il y a une logique : on sait que JB Frugier perd sa troisième épouse à Lussac en 1830. Il doit avoir 72 ans. C’est pas tout jeune. On sait qu’il a deux fils à Louin, qui sont alors tous les deux mariés. C’est bien pratique, des fils mariés. Il a aussi un fils, Philippe II ou Philippe-Honoré Frugier, qui a 17 ans, c’est jeune, et il n’est évidemment pas marié. Il a peut être aussi un fils de 14 ans, Nicolas Alexandre Frugier.

Donc, JB se rapproche de ses fils mariés, même s’ils sont loin (à Louin, ahah, le retour de la blaque). Il n’amène vraisemblablement pas son fils Philippe Honoré, car celui-ci devient maréchal et se marie en 1835 près de Lussac, on en a déjà parlé. S’il était venu à Louin, je parie qu’il aurait été maçon et se serait marié à Louin.


Voilà qui clôt pour le moment le récit des Frugier de Lussac atterri à Louin. Il reste plein de questions égrenées au fil de texte. Ma principale interrogation demeure : mais pour quel raison Jean et Philippe Frugier, issus d’une famille de maréchaux du nord de la Haute-Vienne sont-ils devenus maçons établis au Nord des Deux-Sèvres, dans le premier quart du 19ème siècle?

image d’en-tête : Lussac-les-Eglises, place de l’église. AD 87 46 FI 6933

N comme les Notaires de la vie de René Marteau et Renée Aminot

Dans cet article en trois parties, itinéraire de vie de René, second enfant et premier fils de Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier, les donateurs de l’acte de 1859. Itinéraire particulier d’un fils de cultivateur du village de Louin qui, avec sa femme, quitte sa terre et le son village, exerce des métiers de domestique dans les petites villes limitrophes avant de s’éloigner encore plus, à Loudun, 30 km, où leur fille se marie avec un clerc de notaire.

Cet article fait suite à l’article I (Itinéraire) et à l’article L (Loudun). Nous avons laissé Eugénie Marteau, couturière, et Auguste Gilloire, clerc de notaire, à Loudun. Deux enfants, Denise (1876) et René (1879). J’examine maintenant leur parcours en relation avec les notaires, car c’est un thème de leur vie à René Marteau et Renée Aminot, jusqu’à l’accès au notariat de leur petit-fils René aux environs de 1908. Une fois encore, ceci est un état des recherches au moment où j’écris, avec les sources auxquelles j’ai eu accès

Tous les notaires et clerc de notaire

Les notaires auxquels ils ont eu affaire

Les notaires et, également, les clercs de notaire qui ont compté dans la vie de René Marteau et Renée Aminot.

Me Auguste ROY, notaire à Airvault. Il a été en activité en tant que notaire au moins de 1839 à 1847, et est décédé à Airvault en 1855, célibataire. Sauf confusion sur la personne. D’après la mémoire familiale, René Marteau et Renée Aminot ont été à son service, il est le parrain de leur fille Eugénie née en 1852, qu’il a dotée.

Auguste Théophile GILLOIRE, fils d’un sabotier de Loudun, aîné de trois garçons, clerc de notaire à 21 ans, principal clerc de notaire vers la cinquantaine. Il devient le gendre de René Marteau et Renée Aminot (mariage avec Eugénie Marteau en 1875)

Me Augustin Amédé DUPERRON, notaire à Loudun. Il est premier témoin au mariage de Auguste Gilloire et Eugénie Marteau en 1875. C’est aussi lui qui enregistre leur contrat de mariage. On peut supposer que Auguste Gilloire était clerc chez ce notaire et qu’il y aurait rencontré Eugénie. C’est ce que dit la mémoire familiale (qui n’a cependant pas retenu le nom de ce notaire, on alors je ne suis pas au courant !). Plausible, mais n’apparaît pas tel quel dans les sources. En outre, Me Duperron est témoin à la déclaration de naissance de Denise Gilloire, le premier enfant du couple, en 1876.

Le second témoin à la naissance de Denise Gilloire est Ludovic Edmond BOURGUIGNON, clerc de notaire, 21 ans, Loudun. Pas d’informations complémentaires sur cette personne.

A la naissance de René Gilloire en 1879, point de notaire dans les témoins, ce qui ne l’a pas empêché de devenir clerc de notaire, puis notaire, avant de décéder prématurément.

René Gilloire et le notariat

Pas d’information sur le parcours de René Gilloire avant ses 25 ans

Mariage de sa sœur

1904, le 5 septembre, à Loudun, mariage de sa sœur Denise Gilloire à Loudun âgée de 28 ans. Contrat de mariage chez Me CHAMPION, notaire à Loudun, 4 septembre 1904. Le marié est Auguste Marie PUCELLE, 34 ans, professeur au lycée d’Angers (Maine-et-Loire), fils d’un charpentier du Fuilet (Maine-et-Loire). Témoins Eugène Ernest VASSELIN, proviseur au lycée d’Angers, 47 ans ; Julien GENJOT, adjudant en retraite, 43 ans, Angers ; René Auguste Eugène GILLOIRE, 25 ans, clerc de notaire, Angers, frère de l’épouse ; et Charles Auguste Louis CHAMPION, notaire, 41 ans, Loudun.

Arrêtons-nous un peu sur ce mariage. On a encore une configuration où le notaire qui enregistre le contrat de mariage est aussi un des témoins. Comme au mariage d’Eugénie Marteau et Auguste Gilloire, à Loudun, en 1875. Je suppose que cela dénote une proximité au-delà de la relation notaire à client. En l’espèce, on peut supposer que le père de la mariée est le principal clerc du notaire Champion, à Loudun. Juste une supposition.

L’autre question, c’est : pourquoi Denise Gilloire, Loudanaise, épouse un professeur d’Angers ? Angers – Loudun 80 km. La réponse vraisemblable, c’est que son petit frère unique, René Gilloire, réside à Angers, où il est clerc de notaire. Que donc, c’est lui qui fait le lien avec Auguste Pucelle, le professeur d’Angers. Ensuite, rien n’indique comment René Gilloire le clerc de notaire et Auguste Pucelle le professeur ont fait connaissance, à Angers. Là, mobilisons la mémoire familiale, un peu confuse : il y a un flou sur la raison pour laquelle René Gilloire était à Angers, service militaire ou apprentissage du notariat ? L’acte de mariage confirme la seconde hypothèse, sans pour autant invalider la première. Dans la mémoire familiale encore, il y a une histoire d’amour partagé de la musique, peut-être dans le cadre du régiment. On note la présence d’un adjudant en retraite dans les témoins. Un rapport avec l’armée ?

Continuons le parcours de René Gilloire, clerc de notaire en Angers en 1904.

Son mariage (à René Gilloire)

1908, le 1er septembre, mariage de René Gilloire à Chartes avec Marie Madeleine LAIGNEAU. René Gilloire est notaire à la Ferté-Bernard (Sarthe). Son père, Auguste Théodore Gilloire, est principal clerc de notaire à Loudun et sa mère « sans profession ». Les parents de la mariée sont rentiers (=retraités je pense). Contrat de mariage chez Me BAULANT, notaire à Chartres, 31 aout 1908. Les témoins sont Auguste Marie PUCELLE, 38 ans, professeur, Angers (Maine-et-Loire), 35 rue St Léonard, beau-frère de l’époux ; Jacques François LAIGNEAU, 80 ans, propriétaire, Ecrosnes (Eure-et-Loire), aïeul paternel de l’épouse ; Prosper Auguste GAUTRET, 36 ans, négociant, 13 place Marceau à Chartres ; Albert Joseph Louis PARMEAU, 36 ans, notaire, Beaumont-les-autels (Eure-et-Loire)

Ce mariage nous confirme que René Gilloire a bien accédé au notariat, et qu’il a exercé en Sarthe (72). Je n’ai pas trouvé la fourchette des dates auxquelles il a été actif en tant que notaire à la Ferté-Bernard. Un seul notaire dans les quatre témoins, Me Parmeau, et cette fois-ci le notaire qui établi le contrat de mariage ne fait pas partie des témoins.

1911, le 7 février René Gilloire décède à Angers, âgé de 32 ans. Déclarants : son beau-frère, Auguste PUCELLE, professeur au Lycée, 40 ans, résidant 35 rue St Léonard à Angers ; Edouard BEDUNEAU, ancien principal clerc de notaire, 35 ans, résidant 24 bis rue Paul Bert à Angers. René Gilloire était domicilié 37 rue St Léonard (donc voisin de sa sœur et de son beau-frère). Profession : ancien notaire.

Je ne connais pas les circonstances de ce décès. Ceci clôt cette série d’articles sur René Marteau et Renée Aminot, enfants de cultivateurs nés dans les Deux-Sèvres dans le premier quart du XIXè siècle, dont la fille épouse un clerc de notaire et le petit-fils devient notaire au début du XXè siècle.


En-tête : Image par Peter H de Pixabay

M pour Michel Frugier fils, Mort pour la France

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

En 1910, Michel Frugier père, maçon, hérite de la maison de son oncle par alliance Augustin Marteau. Article Héritier. Michel Frugier et sa femme Eglantine Rillon ont eu un seul enfant, également nommé Michel Frugier que je désigne donc par « fils » dans cet article.

Jusque récemment, ma famille en savait peu sur Michel Frugier fils : que son nom est sur le monument aux morts de Louin, qu’il était fils unique, que sa mère est devenue folle de chagrin après son décès. Puis ma mère est rentrée en contact avec la fille d’un de ses cousins, si je ne me trompe pas Suzanne, et par Suzanne elle a eu accès à des lettres, des photos et un livret qui retrace la vie de Michel Frugier fils. Suzanne raconte vraisemblablement ce qu’elle tient de sa famille. Elle a pu rencontrer personnellement Michel Frugier père à la toute fin de sa vie.

Cet article s’appuie sur des sources d’état-civil, recensements de population, documents militaires, ainsi que sur ces documents d’archives personnelles transmis par Suzanne.

Naissance de Michel Frugier fils, 1894

L’an 1894, le 15 du mois de juillet sur les 2 heures du soir, par-devant nous GUERUCHON François, maire, officier de l’Etat civil de la commune de Louin, canton de Saint-Loup, département des Deux-Sèvres, est comparu FRUGIER Michel âgé de 29 ans, demeurant à Louin, profession de maçon,

lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin né dans cette commune le 15 du présent mois à 4h du matin, de lui déclarant, et de RILLON Marie Stéphanie son épouse, âgée de 28 ans, lingère demeurant à Louin, à qui il a été donné les prénoms de Michel, Alphonse, Philippe

lesdites déclaration et présentation faites en présence de GAILLARD Delphin, âgé de 41 ans, demeurant à Louin, profession d’instituteur, et de POYNOT Octave, âgé de 37 ans, demeurant à Louin, profession de sabotier. Et ont, les déclarants et témoins, signé avec nous le présent acte, après qu’il leur en a été fait lecture

Louin, 1893. AD 79 / Filae

Je dois vérifier, le témoin Octave Poinot, sabotier, est le mari d’une Virginie RILLON, 44 ans, qui pourrait bien être apparentée à Marie Stéphanie ‘Eglantine’ RILLON 28 ans (tante?).

Michel Frugier fils est donc né 16 ans avant que son père n’hérite de la maison (1910). Où la famille vivait-elle auparavant ? Le recours au recensements de Louin s’avère fort utile.

Recensement 1891

Avant son mariage, Michel FRUGIER père avait 26 ans et vivait au Moulin de Chambon avec ses parents, sa grand-mère paternelle Rose Bergereau, son frère Emile, maçon, 21 ans et sa sœur Amance (Amande), 23 ans. Leur autre sœur Suzanne vivait déjà au bourg de Louin avec son mari, le boulanger PROUST. Source : recensement Louin 1891, 6 M 213 p 37/41.

Le Moulin de Chambon me semblait assez éloigné du bourg. Il y a en fait 15 minutes de marche entre l’église et Chambon par les chemins actuels (Google maps).

Distance église – Chambon 1,2 km par les chemins actuels

Recensement 1901, 6 ans

En 1901, Michel Frugier fils a 6 ans. En page 1 du recensement de cette année-là, la 6ème maison abrite deux ménages.

Premier ménage, celui de Michel FRUGIER (père), 36 ans, chef de ménage, maçon, patron. Sa femme Eglantine RILLON (confirmation de son nom d’usage), 35 ans, sans profession. Le petit Michel FRUGIER, 6 ans. Marie RILLON, belle-mère, 53 ans, couturière à la journée, employeurs divers.

Le second ménage, même maison, est composé d’Emile FRUGIER, 31 ans, chef de ménage, maçon, patron. Marie BARANGER sa femme, 22 ans, sans profession. Anne et Reine FRUGIER, leurs filles, 2 ans et 4 ans.

Emile FRUGIER est le petit frère de Michel FRUGIER. On voit que les deux frères sont maçons établis à leur compte, et qu’ils habitent ensemble avec la belle-mère RILLON, et trois enfants. Si tout ce monde-là s’entendait bien, ça devait être joyeux.

AD 79, Louin, recensement 1901. 6 M 213

Je note qu’à trois maisons de là, numéro 9, vivent Angélina Bigot, son mari Théophile Billerot patron sabotier, et leur fils Maurice, 6 ans. On parle de Rose Billerot dans article L du #ChallengeAZ du blog Genea79. Je vous préviens, c’est triste, car de ces deux enfants de 6 ans qui habitent à trois maisons l’un de l’autre, Michel Frugier et Maurice Billerot, aucun ne reviendra de la 1ère guerre mondiale.

Recensement 1906, 11-12 ans

Michel Frugier fils doit maintenant avoir 11-12 ans. Il vit avec son père Michel Frugier, maçon, patron, sa mère Eglantine Rillon, et sa grand-mère Marie Rillon, couturière. Pour ce recensement, leur logement est la 6ème maison du bourg. La famille de son oncle Emile Frugier occupe la 11ème : Emile Frugier, maçon, patron, sa femme Maria Baranger et leurs deux filles Anne et Reine. Les deux familles ne vivent donc vraisemblablement plus ensemble.

AD 79, Louin, recensement 1906. 6 M 213

Jusqu’à 20 ans

Je n’ai pas d’autres traces de Michel Frugier fils entre 1906 et 1915.

Je m’attends à ce qu’il soit devenu maçon de profession, à Louin, comme son père Michel, son grand-père Jacques Philippe et son arrière-grand-père Philippe, comme son oncle Emile, son grand-oncle Louis Philippe et son arrière-grand-père Jean (article Origine de Lussac, maçons migrants). Suzanne, dans son livret, indique qu’il a fréquenté l’école communale et appris le métier de maçon.

La guerre, la mort

Michel Frugier fils a dû être appelé au contingent en 1914, l’année de ses 20 ans. Je n’ai pas eu accès à sa fiche matricule. Il a dû partir la même année. Il meurt à l’ennemi le 11 octobre 1915, à Beauséjour, dans la Marne. Il faisait partie du 79è régiment d’infanterie. Ces informations viennent de sa fiche Mort pour la France ici.

Dans les archives transmises par Suzanne, une copie de la lettre reçue par ses parents leur annonçant sa mort.

Mardi 12 octobre 1915

Cher Monsieur

C’est au nom d’une grande camaraderie qui m’unissait à Michel que je me permets de vous écrire.
Et soyez persuadé cher Monsieur qu’il m’est dur de vous envoyer ces mots, et d’être auprès de vous le messager de mauvaises nouvelles.

Hier lundi 11 octobre vers une heure du matin Michal a été blessé par une torpille aérienne alors qu’il montait la garde en première ligne à quelques dizaines de mètres de l’ennemi sur le flanc gauche de la butte du Mesnil.

Aussitôt des brancardiers l’emportèrent au poste de secours situé tout près de là et où je me trouvais avec le Médecin Major du 3ème Bataillon. Immédiatement le major examina Michel et me fit part de la gravité extrême des blessures de votre cher fils.

Michel en effet avait été cruellement touché à plusieurs endroits du corps, particulièrement au pied gauche, à la jambe gauche, à la main gauche et au menton.

Pour adoucir ses douleurs, le médecin me chargea de lui administrer un calmant énergique.
D’abord, Michel s’endormit doucement. Pardonnez-moi Cher Monsieur, si je fais saigner cruellement votre cœur de père.

D’abord haletante la respiration de mon cher blessé devint plus calme, mais plus faible et doucement tout doucement Michel rendit sa belle âme à Dieu.

Si ce peut être pour vous une consolation, sachez cher Monsieur que votre fils est mort en brave soldat et qu’il emporte la sympathie la plus grande de tous les camarades, qui comme moi, l’ont connu au dépôt puis sur le front.

Soyez persuadé que je prends une grande part à votre douleur car moi aussi j’ai eu l’immense douleur de perdre mon seul frère tué en Lorraine, au début de la campagne et enterré par les boches dans je ne sais quel petite coin de notre Lorraine meurtrie.

Courage cher Monsieur courage. Présentez à la maman de Michel mes biens sincères condoléances. Michel a été mis en terre hier au soir dans une tranchée au pied de la butte du Mesnil non loin du Beauséjour. Une crois sera placées sur sa tombe bénie par l’aumonier. Tous les précieux objets que portait Michel ont été réunis et vous seront remis par l’intermédiaire du dépôt.

Louis GRUGER, étudiant en médecine, infirmier, au 3ème Bataillon, 79ème d’Infanterie


Après

Je cite Suzanne, dans le livret :

Ce fut bien sûr un drame pour ses parents dont il était le fils unique. Sur un cahier d’écolier, sa mère s’entretenait chaque jour avec lui, par exemple : « Aujourd’hui, j’ai vu Madame X, nous avons parlé de toi ». Mais la pauvre femme finit par en perdre la raison.

Après la guerre, ses parents se rendirent sur les lieux où Michel avait été inhumé, mais il ne fut pas alors possible de le retrouver. Des fouilles étaient pratiquées chaque année, pendant la saison d’hiver, pour retrouver les corps.

Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que son corps fut retrouvé et identifié, grâce à une bague qui lui avait été donnée par Amande Frugier, sœur de son père, épouse de Stanislas Rabit, horloger à Airvault.

Son père, Michel Frugier, ses cousins Emile et Joseph Proust et sa cousine Suzanne Rabit, épouse de André Barreau, se rendirent sur les lieux pour reconnaître les restes de Michel, et Joseph a notamment reconnu la forme de sa mâchoire. Ceci se passait aux environs de 1934-1935.

Ses restes furent déposés dans un petit cercueil furent transportés en l’église de Louin, où des obsèques furent célébrées et auxquelles tous les anciens combattants assistèrent. Quel évènement émouvant pour ce petit village !

Michel repose désormais dans le cimetière de son village natal. Sa mère, décédée le 30 juin 1927, ne l’a pas vu revenir. Quand à son père, il est décédé le 1er mars 1949 ; il a vécu seul les vingt deux dernières années de sa vie. On peut imaginer que sans ce terrible drame, il aurait pu avoir des petits enfants qui auraient égayé sa vie. La promise de Michel, au soir de sa longue vie, à 90 ans passés, parlait toujours de lui et conservait précieusement sa photo.


Le livret de Suzanne reproduit aussi cette photographie de Michel Frugier. Le dessin en en-tête de cet article vient aussi de ce dossier.

Michel Frugier 1894-1915

Au décès de Michel Frugier père, en 1949, les héritiers ont vendu sa maison à mon arrière-grand-père, et cette maison est encore dans ma famille. C’est pourquoi cette famille, les Frugier, avec qui je n’ai aucun lien de sang, est quand même un peu ma famille.

L comme Loudun, période 2 de l’itinéraire de René Marteau et Renée Aminot

Suite de l’article I comme itinéraire de René Marteau et Renée Aminot

Dans cet article en trois parties, itinéraire de vie de René, second enfant et premier fils de Mathurin Marteau et Marie Jeanne Tessier, les donateurs de l’acte de 1859. Itinéraire particulier d’un fils de cultivateur du village de Louin qui, avec sa femme, quitte sa terre et le son village, exerce des métiers de domestique dans les petites villes limitrophes avant de s’éloigner encore plus, à Loudun, 30 km, où leur fille se marie avec un clerc de notaire.

J’ai choisi de raconter l’histoire de ce couple telle qu’elle est restée dans la mémoire familiale, recueillie cet été auprès d’un de leurs descendants, qui s’appuie je crois sur les mémoires de son père né en 1903 ; et de faire dialoguer la mémoire avec les sources à ma disposition, archives publiques et copies privées. Ceci est un état des recherches au moment où j’écris et a matière à évoluer.

En fin de période 1, le couple a exercé les professions de domestique chez un notaire d’Airvault, puis (lui) cocher au château de Saint-Loup, dans un ordre qui reste à déterminer. Leur fille Eugénie née en 1852 est filleule du notaire, qui est peut-être décédé en 1855 mais lui a légué une (petite?) dot.

Période 2. Loudun

(mémoire)

Quand Eugénie a 14 ans (donc vers 1866) elle est envoyée en apprentissage (couturière) à Loudun et loge chez un ami notaire.. Eugénie y rencontre un clerc de ce notaire,  lui même fils d’un sabotier de Loudun, Auguste Gilloire, et l’épouse. Ils ont deux enfants, René et Denise.

Il est très probable que le couple René Marteau-Renée Aminot ait fini par rejoindre leur fille Eugénie à Loudun.

La mère d’Auguste Gilloire avait tenu un petit café Porte de Chinon qui se doublait de l’atelier de sabotier de son mari (mémoire familiale, écrits du petit fils d’Eugénie). Il est possible que René Marteau et Renée Aminot aient pu finir par donner en permanence un bon coup de main à la belle-mère de leur fille. René lui même a d’ailleurs été repéré comme débitant, soit cabaretier.

(archives)

Difficile de retrouver des traces de l’apprentissage d’Eugénie Marteau à Loudun. Au moment où j’écris, ma sœur explore le recensement de Loudun de 1866 pour retrouver la maisonnée du notaire. Nous n’avons pas le nom du notaire. Peut-être DUPERRON.

AJOUT : Notaire trouvés à Loudun en 1866 (recensement) : Alfred DUCHASTEL, 50 ans, sa femme, trois enfants et un couple de domestiques, Julien ARCHAMBAULT 31 ans et sa femme Julie DUBINGUE, 31 ans ; Charles BERNIER, 40 ans, sa femme et une domestique, Marie FABRE, 35 ans.

Recensement de population, Loudun, 1866

Par contre, en 1866 à Loudun, on a bien le futur mari d’Eugénie Marteau : Auguste GILLOIRE, 15 ans qui vit avec ses parents Auguste Gilloire, sabotier, sa femme Célestine ESSELIN, et ses deux frères Honoré 15 ans et Emile 1 an, au 4 rue de la porte de Chinon.

Recensement de population, Loudun, 1872

Le recensement de 1872 nous apporte une information importante : René Marteau, Renée Aminot et Eugénie qui a 20 ans, vivent tous les trois au 46, rue de la Porte de Chinon. Lui domestique, elle cabaretière. Ce recensement n’indique par le nom des employeurs, et c’est bien dommage. On aurait aussi aimé savoir si Eugénie était couturière.

Dans la même rue, au 98 rue de la porte de Chinon, Auguste GILLOIRE sabotier (êtes-vous d’accord avec mon déchiffrage? La mémoire et d’autres actes de disent sabotier) 48 ans, Célestine ESSELIN sa femme 47 ans, Auguste son fils, clerc de notaire, 21 ans, Honoré son fils 18 ans et Emile son fils 7 ans. Auguste 21 ans clerc de notaire, futur mari d’Eugénie Marteau. Les sources sont insuffisantes pour mettre en évidence qu’Eugénie et Auguste travaillent pour le même notaire.

AD 86, recensement Loudun 1872. Quelle est la profession d’Auguste Gilloire? Dans d’autres actes il est sabotier

En résumé, les recensements de 1866 et 1872 sont tout à fait compatibles avec ce que la mémoire a retenu. En outre, ils précisent que les parents d’Eugénie Marteau se sont installés à Loudun au moins trois ans avant le mariage de leur fille. Ils montrent aussi que les futurs mariés habitaient alors dans la même rue. En revanche, pas de précision sur le nom d’un notaire chez lequel Eugénie aurait fait son apprentissage de couturière tandis qu’Auguste effectuait celui de clerc, ni sur le rôle d’un café tenu par Célestine Esselin la mère d’Auguste Gilloire.

AJOUT. Quelques recherches plus tard, nous apprenons que le 1) Auguste Amédée Duperron, docteur en droit, notaire, s’est marié le 20 novembre 1866 à Blois et qu’il était alors dit domicilié à Loudun 2) Concernant Me Duperron à Loudun, ses répertoires 1865-1868 sont numérisés et accessibles sur le site des archives départementales : ici direct.
Les dates sont cohérentes : Eugénie Marteau aurait pu être employée par le nouveau ménage, à partir de fin novembre 1866. Il faut parcourir le répertoire du notaire à partir de novembre 1866, disons. Trouve-t-on mention d’un contrat d’apprentissage concernant Eugénie Marteau? Si oui, relever la date et se procurer le contrat (soit aux AD, ou attendre la mise en ligne des minutes).

Mariage, 1875

Eugénie Marteau et Auguste Gilloire se marient à Loudun le 30 juin 1875.

Auguste Théodore Gilloire, clerc de notaire, 24 ans, libéré des obligations militaires, fils d’Auguste Gilloire, 50 ans, sabotier et de Célestine Esselin, 49 ans, tous deux demeurant dans la commune

et Eugénie Marie Marteau, 23 ans, couturière, demeurant à Loudun, née à Airvault, fille de René Marteau 55 ans, débitant, et de Renée Aminot son épouse.

Contrat de mariage établi le 29 juin 1875 auprès de Me Duperron, notaire à Loudun

Les témoins sont Auguste Amédé DUPERRON, notaire, 37 ans ; André Léon Michel MAUPION, docteur en médecine, 40 ans, demeurant tous deux à Loudun ; Auguste ESSELIN, propriétaire, 50 ans, commune de Sammarcoles, oncle de l’époux ; Louis Laurent AMINOT, huissier, 33 ans, demeurant à Vouillé (Vienne), cousin de l’épouse.


On a bien la profession de l’épouse, couturière, et celle de l’époux, clerc de notaire. Le contrat de mariage a été établi chez le notaire Duperron. On peut parier qu’Auguste Gilloire est clerc de ce notaire.

En outre, le même Duperron est le premier témoin du mariage. Cela collerait parfaitement avec la mémoire familiale, selon laquelle Eugénie et Auguste se seraient rencontrés chez un notaire, le notaire Duperron donc.

Sur le notaire : on le trouve dans le recensement de 1876, l’année suivant le mariage donc. Auguste Amédé Duperron, 38 ans, au 5, rue de la société, avec sa femme Sabine Amélie Laure LAISNé, 33 ans, née dans le Pas-de-Calais. Deux enfants Marguerite et Nelly, 5 et 8 ans ; deux domestiques, Pierre VERDIER et sa femme Octavie GANDOUDIN, 30 ans (vue 28)1876

Pour revenir au mariage de 1875, le second témoin est un docteur en médecine, MAUPION. On se souvient que René Marteau et Renée Aminot sont enfants de cultivateurs. J’imagine bien que marier leur fille avec comme comme témoins un notaire et un médecin est signe d’une belle ascension sociale.

Concernant le contrat de mariage établi le 29 juin 1875 chez Me Duperron, il figure bien dans les enregistrements du notaire (disponibles en ligne). Pour accéder au contrat, il faudra consulter les minutes aux archives de la Vienne (86), cote 4 E 55/441

Sur les professions des parents des mariés. Déjà je remarque que les professions des mères n’est pas mentionnée, alors que de toute évidence elles travaillent (ça m’énerve). Le père d’Auguste Gilloire est sabotier, tout à fait en accord avec la mémoire familiale et les recensements. René Marteau, le père de la mariée, est débitant. Débitant ça doit être un peu la même chose que cabaretier. Là, il y a quelque chose à comprendre sur qui travaille où, à relier avec la mémoire familiale (la belle-mère Célestine Esselin tenait un café porte de Chinon).

Après le mariage

Le 24 avril 1876 naît Denise Eugénie Marie Renée GILLOIRE, rue de la porte de Chinon, à Loudun. Son père est clerc de notaire et déclare l’enfant en présence d’Augustin Amédée DUPERRON, notaire, 38 ans et de Ludovic Edmond BOURGUIGNON, clerc de notaire, 21 ans. On reste dans le milieu du notariat!

Recensement 1876. au numéro 48 de la rue de la porte de Chinon, René Marteau, journalier, sa femme Renée Aminault (sic), Auguste Gilloire leur gendre, clerc de notaire, Eugénie sa femme, couturière, et Denise leur fille, 1 an.

Au numéro 62 de la rue de la porte de Chinon, Auguste Gilloire, sabotier et Célestine Esselin, sa femme, avec leurs deux fils Honoré, bourrelier, 22 ans et Emile, 11 ans. Je note une Honorine Esselin, 22 ans, sage-femme, originaire des Hautes Pyrénées, dans la maison d’à côté.

Ces recensements nous apprennent que le jeune couple est installé chez les parents d’Eugénie Marteau. Ou le contraire. Eugénie reste couturière. Profession de sa mère non mentionnée – s’occupe-t-elle de la maison et du bébé? Etrange trajectoire professionnelle de René Marteau, précédemment domestique (1872), puis débitant (1875), maintenant journalier (1876), alors que sa femme est cabaretière en 1872 puis … plus d’information sur sa profession. Il ne faut pas toujours croire ce que disent les archives, je rappelle au passage, qu’il ne faut pas non plus s’attacher aux numéros de rue qui évoluent d’un recensement à l’autre.

Le 31 janvier naît leur deuxième enfant, René Auguste Eugène GILLOIRE. Son père Auguste Gilloire a maintenant 28 ans, clerc de notaire, porte de Chinon à Loudun, et Eugénie Marteau 26 ans, profession non mentionnée. Déclaration en présence de François ESSELIN, gendarme en retraite, 56 ans, grand-oncle ; et Honoré Joseph GILLOIRE, bourrelier, oncle.

Ici s’achève cette époque de l’itinéraire de René Marteau et Renée Aminot. Un article suivra sur le devenir des deux enfants, Denise et René.
 

Image d’en tête : Loudun. La rue Porte de Chinon. — Loudun : Dando-Berry. 5 Fi 651, AD de la Vienne

K comme Khartis et mes outils de cartographie

#méthodologie

Google Maps + Capture d’écran Windows + WordPress

Quand j’ai besoin d’une carte pour comprendre et faire comprendre la géographie d’un lieu, les distances, les possibilités de déplacement .. J’utilise en premier Google Map, comme tout le monde je pense, par facilité. C’est super rapide, c’est super ergonomique. Cela calcule les distances entre deux point très facilement. Ensuite, je fais une capture d’écran (avec l‘outil de capture intégré à Windows 10).

Capture d’écran sous Windows 10.
Par contre pour prendre une capture d’écran de l’outil de capture d’écran, j’ai dû ruser

Et, magique, avec l’éditeur récent de WordPress (Gutenberg, l’éditeur en bloc), ma plateforme de blog, je fais un copier de mon outil de capture d’écran (control C), un coller dans mon article, et hop c’est fait. Je rajoute juste une légende (un clic sur la carte, un clic dans le texte de légende, et voilà)/

Distance d’Airvault (79) à Loudun (86)

Google Maps + Capture d’écran Windows + Powerpoint + WordPress

Si je veux personnaliser un peu plus, je colle la carte dans une présentation Powerpoint. Dans Powerpoint, j’utilise l’insertion de formes, y compris pour mettre du texte.

Je colle ça en général dans une présentation Powerpoint pour rajouter des informations, des légendes. Ici, je suis partie d’une carte Google Maps (en vue satellite), et j’ai ajouté la ligne blanche, les 4 km, et ré-écrit les toponymes Airvault et Louin car ils apparaissaient mal contrastés et trop petits sur la carte.

J’ai sélectionné la zone comportant l’image, ce qui a sélectionné aussi mes ajouts sur Powerpoint, control C, et control V dans WordPress. Ca marche ! (testé pur vous, avant je faisais d’abord dans ppt click droit > option de collage : image, puis je resélectionnais l’image et control C. Inutile en fait.

Un des inconvénient de Google map : vous voyez les « Ciments Calcia » ? Impossible d’enlever cette mention en vue satellite, ou alors je n’ai pas trouvé comment faire. Là encore, la cimenterie, ça va, c’est même lié à notre sujet. Parfois, on tombe sur le McDo et le Lidl. En généalogie, comment dire … ça ne fait pas sérieux.

Apprendre à utiliser Khartis

Outil de cartographie de Sciences Po https://www.sciencespo.fr/cartographie/khartis/ recommandé par nombreux blogueurs généalogistes. Je m’y suis mises, de façon vraiment très basique. Par exemple, vous avez vu cette carte dans l’article B, elle a été fait avec Khartis. Fond de carte : départements français.

Département des Deux-Sèvres (Khartis)

C’est tout pour aujourd’hui. En réalité, je guette les articles des autres bloggeurs du challenge AZ, des fois que je trouve de l’aide pour contourner quelques problèmes, par exemple :

Où trouver, ou comment créer, d’autres fonds de carte utilisables dans Khartis qui sont des extaits de fonds standard. J’ai besoin de monter la localisation de certaines communes des Deux-Sèvres – mais le fond de carte standard disponible montre toutes les communes de Nouvelle-Aquitaine. J’obtiens donc au mieux la carte si dessous en rognant autour des Deux-Sèvres. Cela ne me va pas parce que : c’est moche ! Je ne veux voir les Deux-Sèvres telles quelles, mais que du gris uni autour. Le challengeAZ 2020 va-t-il m’aider?

J comme Jean Sauvageau, le mari qui autorise

Série d’articles autour des propriétaires successifs d’une maison appartenant maintenant à ma famille, dans le village de Louin, Deux-Sèvres (79). Pour le #ChallengeAZ 2020

Faisons connaissance avec Jean Sauvageau

Jean Sauvageau nous intéresse car il s’est marié à Marie Marteau, un des trois enfants au bénéfice de qui Mathurin Marteau et Jeanne Tessier effectuent la donation partage de 1859 (ici). D’ailleurs ça m’énerve car la femme est autorisée de son mari, agit avec l’autorisation de son mari. Faut pas s’énerver mais ça m’énerve.

« Le sieur Jean SAUVAGEAU, cultivateur et Marie MARTEAU, de lui autorisée demeurant ensemble au bourg et commune de LOUIN « 

« … ce qui est accepté par le dit sieur René MARTEAU, par la femme SAUVAGEAU avec l’autorisation de son mari« 

Mariage

Jean Sauvageau et Marie Marteau se marient à Louin le 11 juillet 1848. Lui 27 ans, elle 23 ans. Il est domestique, demeurant à Airvault, fils de Pierre Sauvageau, cultivateur à Louin, 68 ans, et de Marie Baranger, décédée à Louin le 13 mai 1848 – donc deux mois avant ce mariage.

Elle est fille de Mathurin Marteau et Jeanne Tessier, orthographié Texier, 53 ans chacun, mais eux on les connaît déjà, voir article D, F et G.

Témoins : Louis POINOT, masson (orthographié ainsi), Louin, ami de l’époux ; Louis FAVREAU, 30 ans, cultivateur, Louin, beau-frère de l’époux ; René MARTEAU, 28 ans, cultivateur, Louin, frère de l’épouse ; François SAUVAGEAU, 42 ans, cultivateur, Louin, ami de l’épouse. Signent : Jean Sauvageau, Favreau, Poinot, Martin [Pierre Martin, maire]

Signature de Jean Sauvageau en 1848

Des actes notariés

Je sais par ailleurs qu’il existe une donation partage du 23 juin 1848 de Pierre Sauvageau, le père, vers ses 7 enfants (dont Jean Sauvageau, forcément). Je n’ai pas encore ce document.

Je sais aussi, par un acte de 1836, que la famille de Marie Marteau et un certain François Sauvageau devaient être voisins proches. En effet, l’acte de 1836 concerne un puits construit sur le terrain de François Sauvageau. Le hic, c’est que je n’ai pas encore identifié qui est François Sauvageau par rapport à Jean, celui qui nous occupe.

Fille unique

La fille unique de Jean Sauvageau et Marie Marteau nait le le 21 septembre 1849. Elle est prénommée Marie Germanie. J’ai parlé du prénom Germanie dans un article précédent. Le patronyme Sauvageau est orthographié SAUVAGEAUX avec un X. Témoins Pierre Sauvageaux, cultivateur, 69 ans, grand-père de l’enfant ; et Louis FAVREAUX, cultivateur, 31 ans.

Mariage de la fille unique

Marie Germanie Sauvageau grandit, pas de frère et sœur, elle a 10 ans lors de la donation partage dont bénéficie sa mère autorisée par son mari, comme noté au-dessus. A 18 ans, elle se marie. 26 novembre 1867. Elle se marie à Louin. Toutes mes histoires se passent à Louin. Quand on sort de Louin, je vous préviens.

… Elle se marie avec qui ?

… vous souvenez-vous des schémas où il y avait plein de jeunes célibataires que j’avais très envie de marier ? Vous souvenez-vous de la famille Poirault, celle de Marie Magdeleine qui a épousé Philippe Frugier, d’Elisabeth qui a épousé Augustin Marteau – lequel n’est autre que l’oncle de Marie Germanie Sauvageau, vu qu’il est le petit frère de Marie Marteau.

Bref, Marie Magdeleine et Elisabeth Poirault ont un petit frère Louis Philippe, Louis de son prénom d’usage. Le petit frère a 27 ans et c’est lui qui épouse Marie Germanie Sauvageau, devenant par là le mari de la nièce de son beau-frère. Et voilà le schéma, les nouveaux mariés sont en vert.

Epilogue

1872, on est 5 ans après le mariage, le recensement indique que Louis Poirault et Marie Sauvageau vivent sous le toit des parents Jean Sauvageau et Marie Marteau, 51 ans et 46 ans, dans le bourg de Louin. Pas d’enfants, et de fait ils n’en auront pas et ne laisseront pas d’héritiers (source : succession 1906)

Recensement 1872, Louin, dans le bourg, vue 4. AD 79 / Filae

Marie Marteau et Jean Sauvageau, puis Marie Germanie Sauvageau, ont hérité d’un tiers des biens de Mathurin Marteau et Jeanne Tessier, en vertu de l’acte de donation partage de 1859 (). En l’absence d’héritier, la maison faisant partie de la part de Marie Marteau reviendra à une autre branche, celle d’Eugénie Marteau, la fille de René Marteau et Renée Aminot dont il a été question dans les articles I puis L et N. Source : descendants.

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