Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 2. Ses frères et sœurs

Article 3

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS. J’ai voulu en savoir plus sur lui. Ma démarche : partir de ce qui a été dit de sa vie personnelle lors de son éloge funèbre (1906), le vérifier et développer à partir de sources d’Etat civil et de pièces d’archives familiales.  

Présentation effectuée dans un premier article K comme Henri Declerck, un maire des Flandres | Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1

Ce que dit l’article de 1906 et ce que je veux vérifier et développer

il était d’une famille de huit enfants
=> Est-ce exact? que sont devenus ses frères et sœurs?

En 1858 son frère était conseiller municipal (mais pas lui)
=> Quel frère? Qu’est-il devenu?

Oui, Henri Declerck est d’une famille de 8 enfants

Ce sont les actes de décès de ses frères et sœurs qui  me permettent de dire que oui, il est exact que Henri DeClerck était d’une famille de huit enfants ayant atteint l’âge adulte. Je n’ai pas recherché les actes de naissance.

Huit enfants, trois groupes

Famille de huit enfants, qui pour moi se divisent en trois groupes, trois types de destins différents :

  1. Une sœur morte jeune après avoir donné naissance à des jumelles, hors mariage. Descendance.
  2. Six frères et sœur décédés adultes, et même fort âgés pour quatre d’entre eux, et bizarrement (pour moi) restés célibataires. Sans descendance.
  3. Henri Declerck le maire, marié, descendance.

A ce stade, un schéma s’impose. Il montre les parents d’Henri DeClerck, ses frères et sœurs et la descendance de sa sœur.  On verra sa descendance à lui dans un prochain article. En orange, les personnes apparentées à ma famille.

K arbre freres et soeurs henri declerck.png

Groupe 1. La sœur Julienne Benoite Declerck, décédée après avoir donné naissance à des jumelles hors mariage

Naissance des jumelles, Hondeghem (59), 29 octobre 1842

Le 29 octobre 1842, à Hondeghem, François TROTTIN, 53 ans, garçon brasseur, déclare que Julienne Benoîte Declerck, 19 ans, cultivatrice à Hondeghem, est accouchée d’un enfant de sexe féminin, jumeau, prénoms et nom Eugénie Mélanie Declerck. Déclaration en présence de Pierre VARLET (VERLET?), 49 ans, clerc et Félix VERSCHOORE, 46 ans, cabaretier.

L’acte de la seconde jumelle, Julienne Louise Declerck, est identique à cela près qu’il précise que la mère est « accouchée dans le domicile de sa mère en cette commune ».

Tous ces décès en 1842

La mère de le jeune accouchée, c’est Sophie Barbe BEUN et elle est veuve depuis 6 mois : le 10 avril 1842, Pierre Jean Vast Declerck, 56 ans, cultivateur, adjoint au maire, est décédé à Hondeghem. Ce sont ses fils Louis et Benoît Declerck, 25 et 23 ans, qui ont déclaré son décès. Ils sont 8 frères et sœurs entre 14 et 28 ans.

Ce n’est pas fini, la jeune mère des jumelles décède le 19 novembre 1842, trois semaines après l’accouchement, au domicile de sa mère. Ce sont Louis et Benoît Declerck, ses frères, qui déclarent le décès.

Donc grosse ambiance dans la famille en 1842, la mort du père, la sœur qui accouche de jumelles, enfants illégitimes, et décède.

Le devenir des jumelles

Et les jumelles, me demandez-vous? Alors : 

Julienne Louise Declerck décède à Renescure le 16 novembre 1842, âgée de 18 jours. Renescure, 12 km d’Hondeghem. La petite était en nourrice chez Pierre FAUQUEMBERGUE, cultivateur, 41 ans.

Bonne nouvelle, l’autre jumelle, Eugénie Mélanie Declerck, grandit, atteint l’âge adulte, et se marie en 1872 à Hazebrouck avec François Louis LAPORTE. Ses oncles Louis et Henri Declerck sont témoins, et on retrouve Louis Laporte témoin d’actes concernant les Declerck. Le couple a au moins cinq filles nées à Hazebrouck entre 1872 et 1878 (actes de naissance consultés)

Ici, encore un aparté : Louis Laporte m’est apparenté, il est le demi frère de Sophie LAPORTE qui est la mère de Fanny CAUWEL qui est la mère de Paul GHYS qui est mon arrière-grand-père.

Pour s’y retrouver : ligne du temps

Ici, je montre les dates de naissance et décès de Henri Declerck, maire, de ses parents et de ses sept frères et sœurs. Pour l’instant, on a parlé du père (en vert clair) et de la sœur décédée à 19 ans. 

Timeline DECLERCK G1

Groupe 2. Les 6 frères et sœurs restés célibataires

Étrangement (pour moi), tous les frères et sœurs sont restés célibataires, à l’exception d’Henri le maire. Il ne s’agit même pas de décès prématurés : deux frères sont morts trentenaires, trois sœurs autres ont vécu jusqu’à 70 ans ou presque, et Louis le dernière frère jusqu’à sa 85ème année. 

Les deux garçons décédés trentenaires

Jean François Benoit DECLERCK décédé à 30 ans le 27 janvier 1849, cultivateur
Charles Benjamin DECLERCK décédé à 34 ans le 5 février 1862, brasseur

Tous les deux sont décédés dans la maison de leur mère, Sophie BEUN, donc. Manifestement, la maison de leur mère est la ferme-brasserie des Ciseaux.

J’imagine que toute cette fratrie de célibataires y vivait, qu’ils cultivaient, brassaient, avec leur mère, et avec le frère Henri maire d’Hondeghem et longtemps célibataire lui aussi.

Sophie Beun a survécu 5 ans et 18 ans à ses deux fils décédées trentenaires.  Décédée en 1867.

Les trois filles décédées vers 70 ans, le dernier frère à 85 ans

Rosalie Mélanie DECLERCK 1814 – 1er août 1884, rentière. 70 ans
Eugénie Itisbergue DECLERCK 1821 – 23 juin 1891, rentière. 70 ans
Lucie Léonie DECLERCK 1832-1901. 69 ans

Toutes célibataires, toutes décédées à Hondeghem. Je ne sais pas si elles sont restées toute leur vie à la ferme familiale. J’ai très peu de traces d’elles.

Rosalie

Je trouve Rosalie Declerck, l’aînée de la fratrie, dans la liste des héritiers de son frère Charles Benjamin Declerck en 1862. Elle a 48 ans. Les deux autres sœurs vivantes n’y figurent pas. Les héritiers sont :

BEUN Sophie veuve Declerck sa mère, ses frères Henri, Louis et sa sœur Rosalie chez leur mère brasseuse à Hondeghem

AD Nord, Table des successions et absences, Hazebrouck, 3Q 275/24

Dans mes archives familiale, une carte « priez pour le repos de l’âme » concernant Rosalie Declerck. J’ai des cartes similaires concernant des membres éloignés de la famille mais aucune concernant les autres frères et sœurs, mis à part Henri De Clerck.

1884.rosalie-declerck-priez-pour-le-repos-de.lame_.jpg

Lucie Léonie

Lucie Léonie, la plus jeune de la fratrie, 18 ans d’écart avec sa sœur aînée.

Mes archives familiales gardent une unique trace de Lucie Léonie Declerck. Dans une lettre datée du 20 janvier 1901, Angèle Declerck écrit à un membre de ma famille : « ma tante est toujours vive et alerte« . Lucie Léonie Declerck est la seule tante survivante à cette date. La tante alerte décède 5 mois plus tard, le 20 juin 1901, en sa demeure située sur la place du village.

Et le frère Louis Declerck, décédé à 85 ans

Pierre Louis DECLERCK 1816-1901, rentier

Je l’impression de connaître le dernier frère, Louis Declerck, pour deux raisons.

D’abord il est témoin de tous  les actes d’Etat civil concernant la famille Declerck. En effet, Henri et Louis DeClerck ou Declerck sont les seuls garçons vivants après 1862. Les sœurs n’apparaissent jamais comme témoin, et pour cause, la loi ne l’autorise aux femmes qu’à partir de 1897 (voir par exemple cet article)

Ensuite, la lettre datée du 21 janvier 1901 déjà évoquée au-dessus nous informe sur son état de santé, quelques mois avant son décès : « mon oncle Declerck vieillit de jour en jour, il est presque continuellement couché sans aucune infirmité, la mémoire se perd chez lui« 

Le 13 juin suivant, Louis Declerck décède dans sa demeure, à Hondeghem, agglomération (donc il ne vivait pas avec sa sœur Lucie Léonie dont la demeure était sur la place). Pierre Louis DeClerck, né le 7 octobre 1816, célibataire, rentier. Témoins Michel DeClerck 23 ans 1/2, brasseur; Louis Laporte, neveu maternel par alliance, 67 ans, Hazebrouck. Décédé le Il avait donc 85 ans. 

 

Et le frère conseiller municipal ?

La dernière question sur la fratrie : l’article de 1906 indique qu’en 1858, quand d’Henri Declerck a été nommé maire, son frère était conseiller municipal. De que frère s’agit-il?

Je n’ai pas les éléments pour répondre à cette questions,  les deux frères en questions peuvent être soit Charles Benjamin DECLERCK qui avait 30 ans en 1858 (et décède en 1862) ; soit Pierre Louis DECLERCK qui avait 42 ans à cette même date (et décède quatre décennies plus tard, à l’âge de 84 ans)

J’ai tenté d’y répondre en consultant les registres d’Etat civil autour de 1858, pour y repéré si un Declerck a fait fonction d’officier d’Etat civil pour la rédaction de certains actes. Réponse, non. Le premier acte écrit par Henri Declerck, maire et officier de l’Etat civil, (il signe Henri de Clerck) est daté du 25 octobre 1858. C’est l’acte de naissance de Nicolas Louis Henri BECK, vu 1134/1358 5 Mi 035 R 036. L’acte précédent, et tous les actes antérieurs pour l’année 1858, sont rédigés par Louis Valckenaere, maire et officier de l’Etat civil. Le mystère reste entier.

En juin 1901, Henri DeClerck, maire d’Hondeghem, reste à 78 ans le seul survivant de ses 8 frères et sœurs. Il a trois enfants, dont le devenir fera l’objet du troisième article de cette série sur Henri De Clerck, un maire des Flandres.

Actes

Source AD Nord, 3 Mi 035 R036

1842. Décès de Pierre Declerck, 56 ans, Hondeghem

1842.Hond.D Pierre Jean Vast DECLERCK pere du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842. Naissances dans jumelles de Julienne Benoîte Declerck, Hondeghem

1842.Hond.N Justine Louis Declerck jumelle 1 fille de Julienne Declerck 19 ans soeur du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842.Hond.N Eugéine Mélanie Declerck jumelle 2 fille de Julienne Declerck 19 ans soeur du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842. Décès de Julienne Benoite Declerck, 19 ans, à Hondeghem 

1842.Hond.D Julienne Declerck 19 ans soeur du futur maire 5 Mi 035 R 036

1842 décès de l’enfant Justine Louise, en nourrice à Renescure (59)

1842.Renescure.D Justine Louise Declerck jumelle 1 en nourrice

1849. Décès de Charles Benoit DECLERCK, 30 ans, cultivateur

1865.Hond.D Charles Benjamin DECLERCK 34 ans frère du maire 5 Mi 035 R 036.PNG

1862. Décès de Charles Benjamin DECLERCK, 34 ans, brasseur

1865.Hond.D Charles Benjamin DECLERCK 34 ans frère du maire 5 Mi 035 R 036

1867. Décès de Sophie Barbe BEUN

1867.Hond.D.Sophie Barbe BEUN femme de Pierre Jean Devast DeClerck et soeur de Amelie Barbe BEUNE.PNG

1872. Mariage d’Eugénie Mélanie DECLERCK, la jumelle survivante

 

3 avril 1872 à Hondehghem, avec François Louis LAPORTE. Elle a 29 ans 1/2, cultivatrice, née et domiciliée à Hondeghem, fille maternelle majeure de feue Julienne Benoite De Clerck. Témoins ses oncles Louis Declerck, 55 ans, brasseur et Henri Declerck, 45 ans, brasseur et maire.

François Louis LAPORTE, 34 ans 1/2, cultivateur, né et domicilé à Hazebrouck, majeur, fils légitime de Maximilien Léonard LAPORTE, rentier, et de feue Reine Perpetue CLEENEWERCK, décédée à Hazebrouck. Témoin Auguste DEPUYDT, 36 ans et Désiré BURET, 36 ans, cultivateurs, frères par alliance de l’époux, domiciliés à Waton (Belgique)

Le père de l’époux consentant par procuration passée le 1er avril par devant Me Gustave DEVOS, notaire à la résidence de Wallon-Cappel.

1875. Mariage de Pierre Henri De Clerck, maire

dans l’article Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1

1884. Décès de Rosalie Mélanie Declerck, 70 ans

1884.hond_.d-rosalie-mc3a9laine-declerck-70-ans-soeur-du-maire-1-mi-ec-308-r-001.png

AD 59 1 Mi EC 308 R 001

Eléments de l’acte de décès

L’an 1814 le 2 août à 10 heure du matin, Louis Plancke, adjoint délégué exceptionnellement par nous maire aux fonctions d’officier de l’Etat civil de Hondeghem, canton d’Hazebrouck

Ont comparu Henri De Clerck, 59 ans, brasseur et maire, et Louis De Clerck, 68 ans, propriétaire, deux frères de la défunte, tous les deux domiciliés en cette commune

ont déclaré que hier, à trois heures trois quarts de relevée De Clerck Rosalie Mélanie née en cette commune le 22 juin 1814 et y domiciliée, rentière, célibataire, fille de feux Pierre Jean Vedast (sic?) DeClerck et de Sophie – Barbe Beun, décédés en cette commune, est décédée en sa demeure sise en cette commune, …

1891. Décès de Eugénie Itisbergue DECLERCK, 70 ans

1891.hond_.d-eugc3a9nie-itisbergue-declerck-70-ans-soeur-du-maire-1-mi-ec-308-r-002-1.png

1901. Décès de Pierre Louis Declerck (84 ans) et de Lucie Léonie Declerck, 67 ans, à une semaine d’intervalle

1901.Hon.D.Lucie Léonie De Clerck 69 ans une soeur de Henri Declerck fille de Pierre Jean Vaast DeCler et Sophie BEUN

Eléments : la défunte est née dans cette commune le 2 juillet 1832, célibataire, rentière. Décédée en sa demeure, sise en cette commune, sur la place, la veille à 6 heures 50 du soir. Déclarants Louis LAPORTE, 67 ans, rentier, neveu maternel par alliance ; Michel Declerck, 23 ans, brasseur, neveu paternel. Acte du 21 juin 1901.

1901.Hond. Deces Pierre Louis DECLERCK 13 juin frère du maire je pense - fils de Pierre Jean Vaast DeCLERCK et sophe barbe beune

Acte du 13 juin 1901. Déclarants Louis Laporte, 67 ans, rentier, neveu par alliance du défunt maternel (sic l’ordre des mots), domicilié à Hazebrouck ; et Michel De Clerck, 23 ans et demi, brasseur, neveu paternel du défunt, domicilié en cette commune (Hondeghem). Pierre Louis DeClerck, rentier, célibataire, décédé en sa demeure sise en cette commune, agglomération. Décès ce jour à 8 heures du matin. 

 

 

Mes ancêtres couturières

Je suis réquisitionnée par ma fille pour coudre quelques masques avec elle. C’est qu’elle est pressée de retourner au collège et prépare donc à fond le déconfinement. Là, j’ai pu m’échapper. Il est urgent d’effectuer un point sur mes ancêtres couturières.

Ancetres couturieres legende

Ancetres couturieres global

CHAUVIN, DUFOUR, une branche essentiellement parisienne, avec plein de couturières
Marie Claudine CHAUVIN. 1892 – 1935. Née à Paris, couturière, fille et sœur de couturières. C’est mon arrière-grand-mère.

Adolphine Clémence DUFOUR est la mère de Marie CHAUVIN. 1860 – 1935. Couturière, de façon constante, jusqu’à au moins 1908 (48 ans).
Charles Ambroise CHAUVIN, mari de la précédente. 1855-1920. Toute sa vie, sa profession reste employé, ou parfois garçon de magasin, mais on le retrouve teinturier après l’âge de 56 ans. Teinturier n’est pas couturier, mais je trouve intéressant de mentionner cette profession liée au textile. Paris.
Julie Félicité LAVAUX est a mère de Charles CHAUVIN, 1819-1866. Paris. Couturière.

Eugénie CARON est la mère de Clémence DUFOUR. Elle naît à Albert, dans la Somme (80). Elle vit ensuite à Aubervilliers (93) où est elle exerce le métier de couturière. 1823-1886.

Ancetres couturieres chauvin dufour

LABOURASSE. Couturières à Bar-le-Duc, couturières à Paris

Marie LABOURASSE 1857-1896. Née à Bar-le-Duc, d’une famille de couturières. A ensuite vécu tantôt à Bar-le-Duc, tantôt à Paris. Je n’ai pas remis la main sur une mention de sa profession à elle, je m’attends certainement à la trouver couturière.

Coquille sur le schéma. Pour Marie LABOURASSE il faut lire : fille et sœur de couturière

Elle épouse Théophile COULON, 1854-1898, veuf d’une couturière, et lui-même avait exercé la profession de tailleur d’habits auparavant, à Meaux (77). Il a ensuite exercé d’autres professions le reste de sa vie, essentiellement employé, à Paris et à Bar-le-Duc. Sa troisième femme, qui est aussi la sœur de la seconde, est … couturière.

Marie LAURENT, 1828-1891, mère de Marie LABOURASSE. Couturière, Bar-le-Duc

Ancetres couturieres labourasse coulon

Coquille dans le schéma. Pour Marie Labourasse, lire : fille et sœur de couturières

BOROSKY, une descendante de bergers de Picardie et de journalier d’Ile de France devenue couturière

Mon arrière-grand-mère Julie BOROSKY est fille de journalier, domestique, manouvrière d’une village de Seine-et-Marne et descendante de bergers de l’Aisne, pour résumer. Et aussi d’un soldat polonais. Quand elle se marie à Paris en 1914, elle est couturière.

CAUWEL. Lingère chemisière, Paris

Marie, Fanny CAUWEL. Chemisière, puis lingère. D’après ce site sur les métiers anciens lingère chemisière correspond à la confection de lingerie d’hommes (chemise, caleçon, gilet). Lingère, je pense qu’elle lavait le linge des autres. Les actes qui m’indiquent sa profession sont dans cet article (qui parle de la vie professionnelle de son mari, mais forcément on l’y croise). 1847-1883.

Elle est né dans le Nord (Hazebrouck, 59) puis sa famille est partie vivre à Paris. Père menuisier. Je n’ai pas de profession pour sa mère, Sophie LAPORTE. Pas de couturières ni de métiers proches dans les cette famille largement liée à la terre.

Ancetres couturieres cauwel et borosky

Sources

Je n’ai pas pris le temps de faire la liste des sources utilisées pour cet article. J’ai vérifié toutes les informations sur les professions dans des actes d’état civil. Je n’ai pas fait de relevé systématique des professions tout au long de la vie. Je n’ai pas re-vérifié les années et lieux de naissance et décès.

Henri De Clerck, un maire des Flandres partie 1

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS. J’ai voulu en savoir plus sur lui. Ma démarche : partir de ce qui a été dit de sa vie personnelle lors de son éloge funèbre, le vérifier et développer à partir de sources d’Etat civil et de pièces d’archives familiales.  

Présentation effectuée dans un premier article K comme Henri Declerck, un maire des Flandres 

Ce que dit l’article de 1906 et ce que je veux vérifier et développer

  • Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans
    => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?

  • En 1875, il se marie 
    => Où? avec qui?

Naissance, décès

[article de 1906] Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?

En gros, oui.

Naissance 31 octobre 1825 et décès le 14 février 1906, à Hondeghem, d’après les actes d’Etat civil. Si je calcule bien il avait 80 ans à son décès plutôt que 82 ans mais c’est difficile à calculer, faut avouer.

Henry ou Henri?

Ses prénoms correspondent, à part l’orthographe de son 3ème prénom, qui est manifestement son prénom d’usage : Henry en 1825 (naissance) et en 1875 (mariage), Henri en 1906 (décès, article du journal).

Declerck ou De Clerck?

1825 (naissance) : le patronyme est orthographié Declerck tout attaché.  La signature de son père Pierre Declerck tient plutôt en un mot mais avec peut être un C majuscule au milieu.

1875 (mariage) : l’officier d’Etat civil écrit De Clerck. L’intéressé signe Hri de Clerck, bien séparé, tandis que le patronyme de son frère Louis est très clairement orthographié Declerck dans l’acte et pour la signature. Manifestement, deux frères avec un nom de famille écrit différemment ce constituait pas un problème.

1906 (décès)  : toujours De Clerck dans l’acte, ainsi que dans l’article de journal.

Acte de naissance 

Pierre François Henry DECLERCK 31 octobre 1825 Hondeghem 
Archives départementales du Nord 5 Mi 035 R 035 HONDEGHEM / NMD [1805-1826]

1825.Hondeghem.N.Henri De Clerck futur maire

1825 le 1er novembre à 11h du matin, pardevant moi Eugène DEQUIDT maire (…) est comparu Pierre DECLERCK âgé de 40 ans brasseur et cultivateur domicilié à Hondeghem

lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né hier à 10h du soir de lui et de Sophie BEUN, âgée de 31 ans, son épouse

et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Pierre François Henry,

lesdites déclarations et présentations faites en présence de Charles MORIAUX (?) âgé de 53 ans cultivateur domicilé à Hondeghem, et de François QUITE(?) âgé de 51 ans cultivateur domicilié à Hondeghem, oncle par alliance de l’enfant, (…)

signatures : F.Quite(?), P.Declerck, L.Moreaux(?)

En aparté, c’est acte de naissance indique d’où Henri DeClerck cousine avec ma famille. Sa mère, Sophie BEUN (Sophie Barbe BEUN en fait)  est la sœur de Amélie Barbe BEUN, qui est la mère de Sophie LAPORTE qui est la mère de Fanny CAUWEL qui est la mère de Paul GHYS qui est mon arrière-grand-père. Maintenant, je sais.

Acte de décès

Pierre François Henri de Clerck, acte du 14 février 1906, Hondeghem
Archives départementales du Nord, NMD Hondeghem 1906-1915 3 E 3945

1906.Hondeghem.D Henri De Clerck ancien maire

L’an 1906 le 14 février à 3 heures du soir, par devant nous, Armand Debuyzer(?), maire et officier d’Etat civil de la commune de Hondeghem, canton d’Hazebrouck, Département du Nord, ont comparu Michel-Pierre De Clerck, âgé de 29 ans, brasseur, fils du défunt, et Lucien Vermeesch, instituteur public, âgé de 52 ans, non parent du défunt, tous deux domiciliés en cette commune, lesquels nous ont déclaré que aujourd’hui, à 2 heures du matin, De Clerck Pierre, François, Henri, né en cette commune le 31 octobre 1825, domicilié à Hondeghem, fils de feux Pierre De Clerck et Sophie Beun, époux de Pauline-Philomène Vanneufville, rentière, son épouse, domiciliée au même lieu, est décédé en sa demeure conjugale sise en cette commune, ainsi que nous nous en sommes assurés ; les deux témoins ont signé avec nous le présent acte de décès, après que lecture en a été faite

signatures : Michel De Clerck. Vermeesch. Le Maire A.Debuyzer.

Liste des patronymes : DEBUYZER, VERMEESCH, BEUN, DE CLERCK, VANNEUFVILLE

 

Mariage avec Pauline Philomène Vanneufville

[article de 1906] En 1875, il se marie 
=> Où? avec qui?

Henri DeClerck se marie à Caestre avec Pauline Philomène VANNEUFVILLE le 24 avril 1875 à Caestre (merci à Jean-Paul TYRACHE sur Généanet)

Caestre se situe à 7 km d’Hondeghem, c’est la commune d’origine de l’épouse. Épouse dont j’utilise le nom d’usage Pauline, si vous permettez. Source pour le nom d’usage : recensement 1906.

Lui a 50 ans. Ce n’est pas tout jeune pour un premier mariage. Elle 36 ans, ce n’est pas tout jeune non plus mais ça va.

De profession, Henri DeClerck est marchand brasseur et maire. On ne connait pas la profession de Pauline Vanneufville ni celle de son père, décédé. Sa mère est dite propriétaire, mais son frère (témoin) est … marchand brasseur et adjoint au maire (de Caestre, je suppose, car il est domicilié à Caestre). 

Henri le marchand brasseur et maire épouse donc la sœur d’un marchand brasseur et adjoint au maire d’un village des environs.

Acte de mariage

Archives départementales du Nord. NMD Caestre 1871-1880 5 Mi 038b R 006

Pierre François Henry De Clerck et Pauline Philomène Vanneufville
Caestre (59) le 24 avril 1875

Eléments de l’acte de mariage

Lui Pierre François Henry De Clerck marchand brasseur et maire d’Hondeghem. 49 ans. Fils de Pierre De CLERCK, décédé à Hondeghem 23 avril 1842, et Sophie BEUN, décédée à Hondeghem 16 avril 1867. Grands-parents Michel De CLERCK, décédé 7 juillet 1825  et Jeanne Thérèse VANDAELE décédée le 8 février 1816 ;  Matthieu Joseph BEUN décédé à Hondeghem le 4 aout 1824, Itsbergue SAVAETE décédé à Hazebrouck 23 brumaire an 7.

Elle Pauline Philomène Vanneufville, propriétaire, domiciliée à Caestre, 36 ans, née Caestre 28 février 1839, fille de Ive Bruno VANNEUFVILLE décédé à Eecke 19 janvier 1871, et Louise SAVAETE propriétaire à Caestre

Contrat de mariage chez Me Devos, notaire à Wallon Cappel, le 12 du présent mois

Témoins

  • Louis De CLERCK, 59 ans, propriétaire, Hondeghem, frère germain de l’époux
  • Louis LAPORTE, 37 ans, cultivateur, Hazebrouck, neveu par alliance de l’époux
  • Henri VANNEUFVILLE, 34 ans, marchant brasseur et adjoint au maire, Caestre, frère germain de l’époux
  • Henri LEQUIEN, 45 ans, tanneur, domicilié à Aire (Pas-de-Calais), frère par alliance de l’épouse

Patronymes cités : De CLERCK, BEUN, VANDAELE, SAVAETE, VANNEUFVILLE, LAPORTE, LEQUIEN, Me DEVOS

 

X comme Edmond Ghys, exempté

Mon arrière-arrière grand-père Edmond Ghys (1850 – 1905) s’est établi à Paris en 1871, en provenance du Nord. Quel était alors son statut par rapport au service militaire? 

Le service militaire en 1871

La loi sur le recrutement de l’armée, dite loi Gouvion Saint-Cyr, date de 1818. Elle est modifiée en 1872, avec la suppression du remplacement. En 1870, année des vingt ans d’Edmond Ghys, on est bien sous la loi de 1818 pas encore modifiée.

La Loi Gouvion Saint-Cyr instaure un service militaire de 6 ans. Il est effectué par les volontaires et les jeunes hommes tirés au sort dans chaque canton. Le tirage au sort a lieu en public.

Le système de remplacement est légal, c’est-à-dire que les hommes ayant tiré les mauvais numéros peuvent se faire remplacer par quelqu’un d’autre – en négociant une contrepartie financière. 

Les conscrits tirés au sort passent devant le conseil de révision. Ils peuvent être exemptés pour aptitude physique, conditions familiales ou dispensés pour occupations professionnelles. 

Conscrit : recrue levée par le système de conscription (Larousse) 
Conscription : nom donné, à partir du Directoire, à l’inscription au rôle des jeunes gens parmi lesquels le sort désignait les conscrits. (Larousse)

 
 

x Exempte loi Gouvion St Cyr schéma rev2

Le schéma ci-dessus résumé ce que je comprends des étapes du recrutement militaire. J’ai pu faire des erreurs d’interprétations, merci de me le signaler.

Documents utilisés

  • Bulletin des lois de la République Française, Volume 6. Bulletin des Lois n° 200 . Lois sur le recrutement de l’Armée, Paris, 10 mars 1818. Sur Google books 
  • Article Wikipedia sur la Loi Gouvion Saint-Cyr (qui indique la source ci-dessus)
  • Ivan JABLONKA, « La conscription au XIXe siècle », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 29 novembre 2019. URL
  • Frédéric MAGUET, « La conscription au XIXe siècle », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 29 novembre 2019. URL

Exemption Edmond Ghys

Revenons à mon arrière-arrière-grand-père Edmond Ghys, classe 1870, qui n’a pas effectué de service militaire. Pour quelle raison?

La mémoire familiale indique qu’il s’est fait remplacer. Cela aurait été possible. J’ai voulu vérifier, et peut-être trouver des informations complémentaires sur sa vie, son parcours.

Archives en ligne

Aux Archives départementales du Nord (ou AD59), les tables alphabétiques militaires ne sont accessibles en ligne qu’à partir de 1872 pour le bureau de Dunkerque. Or, il me faut 1870. Les registres matricules (état signalétique) sont en ligne à partir de 1867 pour Dunkerque, mais un exempté ou remplacé y figure-t-il? Non, je vois bien que non.

Série R, affaires militaires (pas en ligne)

Néanmoins, les AD59 disposent des Listes du tirage au sort, Arrondissement de Dunkerque en 1870. Cote 1R924. Série R c’est les affaires miliaires.

J’ai donc profité d’un séjour à Lille pour passer une après-midi aux archives départementales. 1R924 est un grand livre. A l’intérieur, il y a une section par canton. Celui qui m’intéresse est Hazebrouck Nord.

Je transcris les noms de colonnes et le contenu pour la ligne de Edmond Ghys

Numéro échu dans la liste de tirage
120
1° NOMS de famille, 2° PRENOMS ou noms de baptême, 3° SURNOMS
GHYS Edmond Alfred

Profession. Faire mention du temps pendant lequel les ouvriers des usines et manufactures ont déjà été employés dans ces établissements
Employé de commerce

Commune à laquelle appartiennent les jeunes gens
Hondeghem

Numéro d’inscription sur le tableau de recensement rectifié
2

Motif d’exemption que les jeunes gens ou ceux qui les représentent se proposent de faire valoir devant le conseil de révision
Carie des os à la jambe droite 

1° [date de naissance et lieu de naissance] 2° Noms, prénoms et domiciles des pères et mères

Né le 9 juin 1850 à Hondeghem,
canton d‘Hazebrouck (Nord)
Résident à Lille 
Canton du dit
Département du Nord
Fils de Louis Désiré
Et de Debert Julie
Domiciliés à Hondeghem

Taille des jeunes gens
[vue coupée, quelle idiote j’ai été quand j’ai pris la photo]

Niveau d’instruction des jeunes gens
1-2

Décision
Exempté

Motifs de la décision
Carie des os de la jambe droite & [???] de la hanche

Et bien voilà, j’apprends donc que Edmond Ghys a donc demandé son exemption pour raison de santé, « carie des os » de la jambe droite.

Carie des os : nom ancien de l’ostéite (wikipedia), qui est un terme générique pour une infection de l’os (campus rhumatologie)

Le conseil de révision l’a effectivement exempté pour cette raison, plus quelque chose à la hanche, mais je n’arrive pas à comprendre le mot.

Carie des os de la jambe droite et xxxxxx de la hanche

Déchiffrage. Dans les proposition, plus ou moins tirées par les cheveux: girration, giration, déviation? La première lettre peut-elle être un X utilisé comme abréviation? Avant le -ation, est-ce un m? Deux r?  On lit V mais aucun mot en -vation ne correspond (merci à ceux qui ont apporté leur aide sur Twitter et ailleurs!).

Déchiffrage, mise à jour 9 décembre 2019 : on propose incurvation; on me signale qu’en latin diruo signifie rompre, y aurait-il un mot médical de l’époque diruation qui voudrait dire fracture ? ; le terme irvation a été déniché dans un ouvrage de médecine de 1818, en rapport avec les rhumatismes, mais avec à mon sens une incertitude sur la seconde lettre, est-ce un R ? ; et si la première lettre était un alpha, qui en rhumatologie renvoie aux angles. 

x Exempte loi Gouvion St Cyr schéma sur Edmond Ghys rev2.png

Je remets le schéma avec les étapes du recrutement militaire, avec en orange le parcours d’Edmond Ghys selon les archives et en bleu clair selon la mémoire familiale.

Pour aller plus loin

Un frère mort alors qu’il était sous les drapeaux, autre motif d’exemption?

En 1872, Albert Joseph GHYS, frère d’Edmond Ghys dont il est question ici, aurait été exempté pour cause de frère mort au combat (source : notes personnelles, à vérifier).

Il y a bien un frère, Romain GHYS, mort en traversant la Seine alors qu’il était sous les drapeaux (article) en 1868. Edmond Ghys aurait-il pu être exempté pour cette raison, en plus de sa carie des os? 

Que devient-on avec une carie des os à la jambe?

Je n’ai pas l’impression qu’Edmond Ghys ait été trop gêné par sa carie des os. Il est décédé 55 ans après avoir eu une vie professionnelle évoquée ici et qui a priori impliquait des voyages. Il est aussi père de trois enfants.

En bonus, motifs d’exemption de la loi Gouvion Saint-Cyr

Quelques motifs d’exemption d’après la loi Gouvion Saint-Cyr de 1818 (source Bulletin des lois de la République cité au 1er paragraphe)

Aptitudes physiques

  • les moins de 1m57. Notez que Wikipedia indique 1m54 et c’est plutôt ce que j’avais en tête, est-ce que cette limite a évolué?)
  • ceux que leurs infirmités rendront impropres au service

Conditions familiales

  • aîné d’une famille d’orphelins de père et de mère
  • fils aîné d’une veuve, ou son petit-fils aîné s’il n’y a pas de fils
  • idem, fils aîné ou petit-fils d’un père aveugle, ou d’un « vieillard septuagénaire »
  • le plus âgé de deux frères désignés tous deux par le sort dans un même tirage (je me demande comment cela se passait pour les jumeaux)
  • celui dont le frère est sous les drapeaux, ou mort en activité de service, ou réformé pour blessures reçues ou infirmités contractées à l’armée
  • etc sont dispensés mais également ceux dont un frère est sous les drapeaux ou mort ou blessé en activité de service. 

En bonus 2, les motifs d’exemption relevés sur le registre que j’ai consulté

Déjà, dans la Motif d’exemption que les jeunes gens ou ceux qui les représentent se proposent de faire valoir devant le conseil de révision, il est le plus souvent noté : sans réclamation ; et la décision du conseil de révision est : propre au service.

quelques motifs de demande d’exemption que j’ai relevés

  • fils puîné d’une femme veuve: l’aîné étant impotent
  • blessures aux pieds
  • Bègue et mauvais pied
  • Tache à la joue droite. Celui là a effectivement été exempté avec pour motif : scrofuleux. Scrofule : Infection de la peau ou des muqueuses, ou inflammation des ganglions. (Wiktionary)

 

V pour vie professionnelle d’Edmond Ghys

Edmond Alfred Ghys, prénommé couramment Edmond, est mon arrière-arrière-grand-père. Il naît à Hondeghem (59) le 10 juin 1850.

Il est le grand frère de Sylvie la religieuse Ursuline, le petit frère de César le Hussard, de Romain qui est mort noyé dans la Seine et de plusieurs autres.

C’est le seul de sa fratrie à quitter le Nord : en 1871, il a 21 ans. Il part à Paris et s’y établit.

Je dispose d’une version de sa biographie écrite par l’un de ses petits-fils dans les années 1950. Cette version s’avère très romancée. Je m’attache donc à reconstituer une biographie sourcée d’Edmond Ghys. Aujourd’hui, sa vie professionnelle.

Je distingue les types de sources : les documents d’état-civil consultables en ligne sur les sites des archives départementales ; la presse d’époque retrouvée par le site Rétronews ; des pièces d’archives familiales, donc je dispose tantôt de copies, tantôt de transcriptions effectuées vers 1950.

Ligne de vie mise à jour le 7 décembre 2019, avec ajout de l’année 1870

v-vie-professionelle-edmond-ghys v2

1870 Liste de tirage au sort militaire

Les archives militaires nous apprennent que Edmond Ghys est employé de commerce et réside à Lille. Article X comme Edmond Ghys, exempté

Paragraphe ajouté le 7 décembre 2019

1871 voyage Hondeghem – Paris. Passeport

Edmond Alfred Ghys fête ses 21 ans le 10 juin 1871. 21 ans, c’est l’âge de la majorité depuis 1792. Majorité civile en France (wikipédia)

Une dizaine de jours plus tard, un passe-port est établi à son nom par Pierre de Clerck, le Maire d’HondeghemPasse-port, c’est le nom porté par ce document. C’est en fait un genre de laisser-passer. L’original est dans les archives familiales mais pas chez moi.

1871.laisser-passer-extrait.jpg
Petit extrait du passe-port établi par le maire de Hondeghem (59 ) au nom d’Edmond GHYS en 1871. Archives familiales

République française
Passe-port à l’intérieur valable pour un an
Nous de CLERCK Henri, Maire de la Commune de Hondeghem, Arrondissement d’Hazebrouck. Département du Nord

[en colonne de droite]
Front : ordinaire
Sourcils : blonds
Yeux : bleus
Nez : pointu
Bouche : petite
Barbe : peu fournie avec moustache
Menton : rond
Visage : ovale
teinte : pâle

[page principale]

Invitons les autorités civiles et militaires à laisser passer et librement circuler de Hondeghem, département du Nord, à Paris, département de la Seine, le nommé GHYS Edmond, Alfred (…). Natif de Hondeghem. Département du Nord. Demeurant à Hondeghem, et à lui donner aider et protection en cas de besoin

Délivré sur sa demande et son identité reconnues

Fait à Hondeghem, le 21 Juin 1871
Le Maire : Henri de CLERCK

 

Edmond Ghys a dû arriver à Paris en juin 1871 ou les mois qui ont suivi. En tous cas, il y était déjà domicilié le 10 février 1872.

Drôle de moment pour arriver à Paris

Paris était en état de siège l’hiver 1870-1871, l’armistice est signée avec la Prusse en janvier-février 1871, Paris se soulève en mars, c’est la Commune qui prend fin dans un bain de sang, 21-28 mai 1871. Drôle d’idée d’arriver à Paris à ce moment-là.

La guerre avec la Prusse a d’ailleurs nécessité le rassemblement des armées mais Edmond n’a pas fait son service militaire. Cela fait l’objet d’un autre article (lettre X) si tout va bien .

1872. Mariage

Edmond Ghys épouse Fanny Cauwel le 10 février 1872, Paris 15, alors qu’il vit à Paris depuis 7 mois tout au plus. Il est employé de commerce et domicilié dans le 10ème arrondissement, 60 rue du château d’eau.

Du 10 février 1872 à 1h et demie acte de mariage de :

Edmond Alfred GHYS employé de commerce rue du château d’eau 60 (dixième arrondissement) né à Hondeghem (Nord) le 9 juin 1850 . Fille(sic) majeur de Louis Désiré Ghys marchand brasseur et de Julie Debert son épouse, sans profession, domiciliés à Hondeghem et consentant par acte devant Me Carlier Notaire à Hazebrouck (Nord)

et de Marie Fanny CAUWEL chemisière demeurant boulevard de Grenelle 71, avec ses père et mère née à Hazebrouck (Nord) le 29 janvier 1849, majeure, fille de Henri Cauwel menuisier âgé de 60 ans et de Sophie Laporte, son épouse, sans profession, âgée de 46 ans, présents et consentants

[énumération des pièces, pas de contrat de mariage, consentement…]

en présence de : GHYS (Léon Gustave) brasseur, âgé de 27 ans, demeurant à Hondeghem (Nord) et VANDAMME (Nestor Ulysse) correcteur d’imprimerie, âgé de 21 ans, demeurant rue Cardinet 190, le premier frère de l’époux

Et CAUWEL (Néry Albert) âgé de 21 ans, naturaliste, demeurant boulevard de Grenelle 71, et KENEUT (Albert, Léon) employé de commerce âge de 26 ans, demeurant à Dunkerque (Nord), le première frère de l’épouse

[suivent les signatures]

Edmond Ghys a une profession en rupture avec celle de sa famille

Selon cet acte de mariage, Edmond Ghys est donc employé de commerce. Profession en rupture avec celles exercées dans sa famille : marchand brasseur pour son père, brasseur pour son frère, dans leur village de Hondeghem. Ses frères et la famille élargie ont tous des métiers liés à la terre (cultivateur) ou au commerce, mais en lien avec la terre (marchand brasseur, cabaretier).

Côté belle-famille, les CAUWEL sont originaires du Nord eux aussi et, je le sais par ailleurs, établis à Paris une vingtaine d’années auparavant. Le père est menuisier et le frère naturaliste. On est plutôt dans les métiers de l’artisanat. Ils vivent boulevard de Grenelle, dans le 15ème arrondissement.

Restent les témoins sans relation familiale : l’un est correcteur d’imprimerie à Paris. L’autre exerce le même métier qu’Edmond Ghys, employé de commerce, mais à Dunkerque.

1874. Premier enfant, Georges Ghys

Naissance de son premier enfant. Edmond Ghys effectue la déclaration 2 jours après. Le couple vit rue de Cambronne, dans le 15ème arrondissement de Paris. Il est dit de profession : voyageur; ce que je traduis par voyageur de commerce. Les témoins sont propriétaire pour l’un, monteur (si je déchiffre bien) pour l’autre.

1874.N.GeorgesGHYS.Pars15

17 septembre 1874 à 10h du matin est comparu Edmond GHYS voyageur âgé de 24 ans,

lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin auquel il a donné les prénoms de Georges Henri Edmond, né le 15 de ce mois à 4 heures du matin au domicile de ses père et mère rue Cambronne 57 (ou 52?) en cet arrondissement

qu’il nous a déclaré venir de lui et de Fanny Marie CAUWEL son épouse, chemisière, âgée de 27 ans, mariés en cette mairie le 10 février 1872.

Cette déclaration est faite en présence de Adolphe COUGUé (?), propriétaire, âgé de 55 ans, demeurant rue Depareux [? cette rue n’existe pas dans le 15ème] 13, et de Vant(?) CURET monteur (?) âgé de 38 ans demeurant place Vaugirard 16

Le père et les témoins ont signé avec nous, officier le l’Etat civil du 15ème arrondissment de Paris après lecture

[signatures, dont]  Ghys Ed

 

1875. 9 août, participe à la souscription pour les inondés. 13 août, naissance de son deuxième enfant

Souscription pour les inondés

9 août 1875, le journal Le Rappel publie la 37ème liste des donateurs pour sa Souscription pour les inondés. Il y a des donateurs particuliers et des donations provenant de groupes ou organismes. Un des groupes est la Maison Teinturier – Meslier, 7 rue de Bondy qui donne un total de 66 Frs 25.

Les participations à la donation de la Maison Teinturier – Meslier sont détaillées : un anonyme a donné 30 Frs, Edmond Ghys 3 Frs et une trentaine d’autres donateurs désignés par leurs patronymes ont donné entre 2 Frs et 50 centimes.

A ma première lecture j’avais noté que Edmond Ghys avait fait un don pour la teinturerie de sa rue victime d’inondation, n’importe quoi ! Il s’agit en fait des inondations qui ont affecté le sud de la France, fin juin 1875, voir le billet de Gallica sur cet épisode vu par la presse

1875-Le Rappel - souscription pour les inondés - maison teinturerie meslier 7 rue de Bondy.PNG

Naissance de Maria Ghys

Cette naissance confirme qu’en août 1875, Edmond Ghys et sa famille vivent 7 rue de Bondy, donc à l’adresse de la Maison Teinturier-Meslier.

Edmond est maintenant dit négociant. Les témoins sont l’un voyageur de commerce, l’autre sellier. Sellier et voyageur de commerce. Ce sont toutes deux des professions qu’ Edmond Ghys exerce a un moment ou l’autre (ou plusieurs) de sa vie.

1876.n.mariaghys.png

L’an 1876, le 13 août à 10 heures. Acte de naissance de Maria Julia Lucia, du sexe féminin, née avant hier, à 7 heures du matin, rue de Bondy 7, au domicile de ses père et mère; fille de Edmond GHYS âgé de 26 ans, négociant, et de Marie Fanny CAUWEL, sont épouse, âgée de 29 ans, sans profession.

L’enfant a été présenté et déclaré par son père, en présence de Théophile Louis BENARD, âgé de 56 ans, voyageur de commerce, rue de Marseille 11, et de Charles LANGARD, âgé de 47 ans, sellier, rue de Bondy, qui ont signé […]

En marge : décédée le 19 février 1959 à Etemps (S. et Oise).

1876. Procuration

Pièce d’archives familiales. Il s’agit d’un formulaire pré-imprimé à l’en-tête de la direction générale des postes. Edmond Ghys donne à sa femme l’autorisation « pour recevoir ou retirer des lettres chargées ou recommandées”.

A cette occasion, on a leur domicile : 7, rue de Bondy et sa profession à lui : négociant en sellerie. Pour moi, cette procuration suggère que Edmond Ghys était fréquemment en voyage hors de Paris.

Mieux encore, en bas à droite de l’autorisation, on a un tampon que j’ai du mal à déchiffrer. Je ne dispose que d’une photocopie du document. Je pense lire : M[ais]on Teinturier – Meslier. Ed[mond] GHYS succ[ursa]le (?). Sellerie. 7, rue Bondy. Paris

1876.autorisation poste Edmond Ghys.tampon

Maison Teinturier – Meslier, que je déchiffre grâce à la souscription du journal le Rappel, paragraphe précédent. J’ai encore du mal à comprendre les liens entre mon aïeul et cette « maison » (je pense qu’il faut comprendre « entreprise »). La suite nous montrera qu’il était à son compte.

1876.Paris. autorisation poste Edmond Ghys
Archives familiales

N° 534
Juin 1875 – Carré 160.
(6.000 ex. [?])
Direction générale des Postes

Autorisation pour recevoir ou retirer des lettres chargées ou recommandées

Je soussigné Ghys Edmond négociant en sellerie demeurant à Paris, rue Bondy 7, autorise, par ces présentes, Mme Ghys mon épouse

à recevoir à mon domicile, ou à retirer au bureau de la poste restante (Hôtel des Postes), les lettres chargées ou recommandées qui m’arriveraient en mon absence, à donner à cet effet toutes décharges, signer tous registres et émargements, et généralement faire tout ce qui sera nécessaire.

Fait à Paris, le 28 janvier 1876

[signature] Ghys Ed. Vu pour la légalisation de la signature du sieur Ghys. Ed le 28 janvier 1876. Le maire du 10e arrondissement
Signature du fondé de pouvoirs: fm Ghys

[Tampons] Recette principale seine. 29 janv. 76
[Tampon] M[ais]on Teinturier – Meslier. Ed[mond] GHYS succ[ursa]le (?)
En bas: Sellerie. 7, rue Bondy. Paris

italique = pré-imprimé

1877. Déclaration de faillite. Sellier.

Entre le 23 et le 27 juillet 1877, Edmond Ghys figure dans la rubrique Déclaration de faillite de plusieurs journaux. La faillite est survenue le 20 juillet.

Déclaration de faillite de Ghys Edmond-Alfred, sellier, demeurant rue de Bondy 7. Nomme comme juge-commissaire M. Hurez, et pour syndic provisoire et M. Barbot, 22 boulevard Sébastopol (un article indique 9, Bd Sébastopol)

Article trouvés grâce à Retronews

  • Le Bien public 23 juillet 1877
  • Le XIXe siècle 24 juillet 1877 p 4/4
  • Le Siècle 24 juillet 1877 p 4/4
  • Journal des débats politiques et littéraires 24 juillet 1877 p 4/4
  • Journal officiel de la République française 27 juillet 1877, p 9/16

Pour le moment, je n’en sais pas plus sur la maison Teinturier – Meslier, sur le métier de sellier, sur la législation de l’époque sur les faillites. Je n’ai pas encore recherché s’il existe des archives concernant les faillites et celle-là en particulier. Encore des recherches en perspective !

1883. Naissance du troisième enfant, décès de sa femme

Que devient Edmond Ghys après sa déclaration de faillite ? La source suivante concerne la naissance de son 3ème enfant suivie de quelques mois par le décès de son épouse.

A la naissance de son fils Paul Ghys, Paris 2ème arrondissement, il est dit voyageur de commerce.

1883.N.GhysPaul

 L’an 1883, le 14 février à 2 heures du soir. Acte de naissance de Paul Charles Léon GHYS, de sexe masculin, né le 12 février courant, à 10 heures du soir, chez ses père et mère, à Paris, rue Saint-Denis n°218, fils de Edmond Alfred GHYS, âgé de 33 ans, voyageur de commerce, et de Marie Fanny CAUWEL, âgée de 36 ans, lingère. Mariés.

Dressé (…) en la présence de Néry Jules Albert CAUWEL, âgé de 32 ans, naturaliste, demeurant à Paris, rue Sainte Apolline n° 29, et de Alphonse DIMIER, âgé de 57 ans, employé, demeurant rue de la Banque n°8 (…)

[en marge] marié au 7ème arrondissement de paris le 21 avril 1914 avec Julie Louise Borosky. Décédé à Paris 6ème arrondissement le 20 août 1967.

Le décès de Marie Fanny CAUWEL survient moins de 3 mois après cette naissance , toujours Paris 2ème arrondissement. On apprend que sa mère à elle, Sophie Laporte, veuve, vivait à la même adresse que le couple. Ce n’est pas Edmond Ghys qui déclare le décès, et les déclarants me sont inconnus. Etait-il présent?

1883.D.FannyCauwel

L’an 1883 le 21 avril à 3 heures, acte de décès de Marie Fanny CAUWEL âgée de 36 ans, lingère, née à Paris [faux,  elle est née à Hazebrouck 59], décédée ce matin, à 7 heures, en son domicile conjugal, 218 rue Saint Denis, épouse de Edmond Alfred GHYS, âgé de 33 ans, voyageur de commerce, fille de Henri Charles CAUWEL décédé et de Sophie LAPORTE, âgée de 59 ans, même domicile.

Dressé (….) en présence de René BASSON (?), âge de (?) ans, employé, 10 rue de Saints Pères et de Louis LEFEVRE, 60 ans, employé, 88 rue Oberkampf

Paul GHYS est mon arrière-grand-père.

1903.  Accident place de la Bastille

J’ai peu d’informations sur Edmond Ghys durant les 20 ans qui suivent le décès de son épouse. Quelques lettres à son fils Paul dans les archives familiales, de mémoire elles proviennent de villes françaises. Comme il est voyageur de commerce en 1883 et en 1903, je suppose qu’il a exercé ce métier pendant toute cette période. En 1903, il a 53 ans.

Donc je le retrouve en 1903. Le journal Le Petit Parisien 31 août 1903 relate dans sa rubrique Petits faits un accident dont Edmond Ghys a été victime. Petit fait pour le journal mais grand fait pour moi !

On y apprend qu’Edmond Ghys, voyageur de commerce, vivait 126 rue Lecourbe. Heurté par un cycliste place de la Bastille, il a le tibia droit fracturé.

1903 le Petit parisien Edmond Ghys accident

M. Edmond Ghys, voyageur de commerce, demeurant 126, rue Lecourbe, traversait hier matin la place de la Bastille, lorsqu’un cycliste, M. B…, le frôla au passage. La pédale heurta si malencontreusement la jambe droite de M. Ghys, qu’il eut le tibia fracturé.

Le blessé a été transporté à l’hôpital Saint-Antoine.

1905. Décès

Edmond Ghys décède en 1905, à Paris 14ème. 55 ans. Profession : représentant de commerce. Il vivait à Santeny, en Seine-et-Oise, où son décès a été transcrit.

Vie professionnelle en résumé

Edmond Ghys quitte le Nord où ses proches exercent des métiers liés à la terre, ou au commerce lié à la terre : cultivateurs, brasseurs –  cabaretiers … Il arrive à Paris à l’âge de 21 ans, en 1871. En fait, on sait maintenant qu’il exerçait déjà la profession d’employé de commerce, à Lille, en 1870 [ajout du 7 décembre 2019]

D’abord employé de commerce (22 ans), puis voyageur, il a sa propre affaire de sellerie (ou de négoce en sellerie) entre 1875 et 1877, date de faillite. Il a alors 27 ans.

Il (re) devient voyageur de commerce, peut-être pendant plus de 20 ans. C’est en tous cas la profession qu’il exerce à 33 ans (1883) et à 53 ans (1903). A son décès, 2 ans plus tard, il est dit représentant de commerce.

K comme Henri Declerck, un maire des Flandres

Henri DECLERCK ou DE CLERCK a été maire d’Hondeghem (59) pendant la seconde moitié du XIXè siècle. Mes archives familiales indiquent qu’il est apparenté à ma branche GHYS.

J’ai voulu en savoir plus. Retronews a déniché un article intitulé Un maire des Flandres, paru dans l’Univers le 3 mars 1906, juste après le décès de Henri De Clerck. C’est en fait la transcription de son éloge funèbre prononcée par un abbé. 

Ma démarche est de reprendre ce que dit l’article sur sa vie personnelle et familiale, le vérifier et le développer. Je m’appuie sur les archives de l’Etat-civil disponibles en ligne mais également sur des pièces retrouvées dans mes archives familiales, en particulier une lettre et un faire part de décès.

Pour ce billet dans le cadre du #challengeAZ, je vous présente l’article de l’Univers et les questions qu’il entraîne. Ce que j’ai trouvé sur les questions fera l’objet d’une série d’articles, un peu plus tard

Ce que dit l’article de 1906 

Et en bleu ce que je veux vérifier et développer

  • Pierre-François-Henri de Clerck, né à Hondeghem en 1825, est mort à 82 ans
    => Chercher sa naissance, son décès. Ses prénoms et patronymes sont-ils exacts?
  • il était d’une famille de huit enfants
    => Est-ce exact? que sont devenus ses frères et sœurs?
  • en 1858 son frère était conseiller municipal (mais pas lui)
    => Quel frère? Qu’est-il devenu?
  • de 1858 à 1875, ses parents vivaient et il n’avait donc pas le souci de la ferme et de la brasserie. 
    => Quelles informations a-t-on sur ses parents?
  • En 1875, il se marie 
    => Où? avec qui?
    => Des enfants, à part ceux évoqués ci-dessous?
  • Sa ferme-brasserie (les Ciseaux) est occupée au moment de son décès par son fils Michel
    => Que sait-on sur son fils Michel ? Est-il aussi brasseur? Qu’est-il devenu? Qu’est devenue la ferme?
  • Avant sa mort, sa fille lui lisait les journaux 
    => Que sait-on sur sa fille? Qu’est-elle devenue?

L’article dit d’autres choses d’Henri de Clerck que je ne vais pas vérifier pas dans le cadre de cette prochaine série de billets, peut-être un autre jour, notamment :

  • la ferme-brasserie où il est né s’appelle ferme des Ciseaux et est dans sa famille depuis près d’un siècle; la période où il est maire 1858-1900
  • qu’il devenu aveugle mais a continué à assumer son rôle de maire, avant de démissionner et quitter sa ferme pour aller habiter près de l’église;
  • qu’il a fait ses études à Hazebrouck « où il fut l’élève de M. le principal Dehaene dont il resta l’ami » ;
  • que ses ancêtres sont cité dans les registres de la commune depuis 1790 ;
  • ainsi que des informations sur ses positions et réalisations en tant que maire 

L’Univers, 3 mars 1906. Un maire des Flandres

Un maire des Flandres

Nous donnons sous ce titre l’éloge funèbre que M. l’abbé Lemire a fait samedi dernier d’un digne vieillard de 82 ans, mort après avoir été 42 ans maire d’une commune rurale en Flandre. Nos lecteurs y reconnaîtront un de ces nobles types de magistrats municipaux qui font honneur à nos vieilles provinces.

Le député d’Hazebrouck parlait après l’instituteur : autre tradition qui s’en va! Voici ses paroles :

À l’éloquent discours que vient de prononcer maître Vermeersch, j’ai le devoir de joindre une parole d’adieu au nom des élus de ce pays, conseillers municipaux, maire et ad joint, conseiller général et député.

Pierre-François-Henri-de Clerck naquit à Hondeghem en 1825, dans la ferme-brasserie des Ciseaux, occupée aujourd’hui par son fils Michel, et qui était tenue par ses parents de puis près d’un siècle ; il était d’une famille de huit enfants.

Il fit ses études — ce qui était rare alors et exceptionnel — au collège communal d’Hazebrouck, où il fut l’élève de M. le principal Dehaene dont il resta l’ami. Il apprit à son école, l’amour des livres et le respect de la vérité.

Rentré chez lui, il continua d’unir aux travaux des champs l’étude et la lecture, et il se fit une bibliothèque que tout le monde connaissait, où il aimait à se réfugier comme en un doux ermitage.

Il avait la réputation d’un jeune homme rangé, très droit et d’une rare intelligence. M. Treutebaere était alors curé et il avait donné à son paroissien une trempe d’austérité chrétienne que rien ne put entamer.

A 33 ans, sans être conseiller municipal — son frère l’était — il fut choisi par l’autorité préfectorale comme maire d’Hondeghem. C’était, en 1858.

Henri De Clerck prit les registres de la mairie et se pénétra de l’histoire de la commune pour suivre les bonnes traditions.

A la première page de ces registres, en 1790, il lisait le nom de ses ancêtres, un autre De Clerck, et depuis lors il voyait se succéder à la tête de la commune les diverses familles du pays : Maes, Dequidt, Capèle, Vanuxem, Tryhoen, Degraeve et Valckenaere.

De tours exemples il retint deux choses : se dévouer à l’intérêt. public et se mettre au service de tous.

Cela lui était facile pendant la première période de sa carrière, de 1858 à 1875, car ses parents vivaient et il n’avait point le souci de la ferme et de la brasserie.

En 1875, il se maria : il prit pour compagne de sa vie et gardienne de son foyer une femme qui devait être pour ses idées une force et pour son action un-appui, et, dès ce moment, il unit les devoirs de chef de famille et d’administrateur de la commune sans sacrifier ni les-uns ni les-autres.

Pendant quarante-deux ans de 1858 à 1900, maire choisi honorablement par l’autorité centrale sous l’Empire, maire élu librement par le conseil-municipal sous la République, il-eut toujours la même idée de ses fonctions.

Un maire, c’était, d’après lui, un magistrat et un administrateur : l’homme de tous et non l’homme d’un parti.

Gardien de l’ordre, exécuteur des lois et règlements, il veille à ce que les intérêts de la commune soient sauvegardés, que la comptabilité soit exacte et régulière, que rien de ce qui appartient à tous ne soit perdu, que rien de ce qui est dû à tous ne soit refusé à qui que ce soit.

Telle fut la ligne de conduite du maire de Clerck.

Pendant quarante-deux ans, sa vie se confond avec celle de la commune d’Hondeghem et son nom est au bas de tons les actes qui lui font honneur.

Respectueux vis-à-vis des supérieurs et des autorités religieuse et civile, conciliant à l’égard des égaux, digne et libre avec tous, sans usurper sur les attributions d’autrui mais sans abandonner les siennes, l’on peut dire qu’il eut pour devise : « Mon devoir et mon droit. » C’est la devise de nos races du Nord.

Le maire de Clerck a couvert la commune d’Hondeghem d’un réseau de chemins empierrés et bien entretenus. Ce fut une grosse dépense, car vous n’avez sur votre territoire que peu de routes départementales et nationales.

Il traça autour de la place un chemin bordé de beaux arbres qui était un vrai boulevard.

Il présida à la construction de l’école des filles.

En 1878, lors de l’écroulement de la tour, par suite de travaux de restauration, il multiplia les démarches pour amener sa reconstruction et celle de l’église qui était à moitié en ruine.

Il eut ensuite les préoccupations de nos vingt dernières années. Il assistait à ce changement qui enlevait l’école à la Commune, qui tendait à séparer l’Eglise de la mairie, et à isoler le bureau de bienfaisance du conseil municipal, et qui transformait peu à peu en services d’Etat ou en services privés, ce qui était jusque là un service communal.

Il en était ému ; car en dehors de beaucoup d’autres considérations il y voyait une atteinte à l’unité et à la force de la vie communale.

Mais il n’en fat point troublé. Il était convaincu qu’en Flandre la bonne volonté des honnêtes gens saurait maintenir la paix ; il savait que, si chacun à sa place fait son devoir, le bien est toujours possible, et qu’aux heures douteuses, les élus d’un peuple croyant doivent plus que jamais rester à leur poste.

Il n’eût pas quitté le sien s’il avait pu continuer à le remplir comme sa conscience le voulait.

Cependant sa vue s’affaiblissait, il devenait aveugle. Il présidait ses conseillers sans les voir, mais il les écoutait d’autant mieux. Il connaissait par cœur son budget, jusqu’à la dernière ligne, jusqu’au moindre chiffre, et il se faisait lire les pièces officielles ; il les signait ensuite d’une main assurée.

Mais cela lui paraissait trop peu.

En 1900, il donnait sa démission, puis il quitta sa ferme et sa brasserie, et vint habiter près de l’église.

C’est là que je le vis pour la dernière fois le soir de la Toussaint.

Il continuait à s’intéresser à la vie publique. Sa fille lui lisait les journaux d’aujourd’hui et surtout les bons livres d’autrefois. Il se plaisait à suivre les travaux du comité flamand, il aimait l’histoire locale, celle d’Hazebrouck et des communes environnantes, nos vieux auteurs flamands, Cats et Vondel, nos classiques français, La Fontaine et Corneille.

Comme les cultivateurs retirés de leur ferme et les fonctionnaires en retraite, sa joie était de venir à l’église et d’entendre des instructions qui étaient pour lui, vieillard et aveugle, deux fois douces et bienfaisantes.

Il s’est éteint mercredi dernier, dans d’admirables sentiments de foi, de résignation et de piété.

La mémoire de cet homme juste, de ce Flamand austère, de ce vrai chrétien restera en bénédiction. Avec lui disparaît une belle et noble figure de notre pays.

Il s’en est allé, escorté à sa tombe par l’affection de sa famille, la reconnaissance de ses administrés et l’estime publique. Qu’il dorme en paix !

https://www.retronews.fr/journal/l-univers/3-mars-1906/132/987253/4#

R pour Romain Ghys, mort en traversant la Seine à la nage

Le Siècle, 27 août 1868

Le nommé Charles-Romain Ghys, caporal au 1er bataillon du 51e de ligne, originaire de Hondeghem (Nord) et âgé de vingt-deux ans, avait quitté, vers six heures du soir, le fort de Charenton où il était caserné pour aller se baigner dans la Seine à l’endroit dit l’île Saint-Pierre. Un marinier, le sieur Decobecque, le vit traverser la rivière à la nage, et à son retour disparaitre au milieu du courant. Aussitôt il se porta à son secours, mais ses efforts pour le sauver restèrent infructueux, et ce ne faut qu’au bout de deux heures qu’il put repêcher le corps du jeune militaire.

1868.LeSiecle.Deces de Romain Ghys

Charles-Romain Ghys est le frère de mon arrière-arrière-grand-père Edmond Ghys. Il est né à Hondeghem le 28 octobre 1846 chez Louis Désiré GHYS et Julie DEBERT, Romain, Charles, Louis.

Acte de décès

Son décès est déclaré à Maison-Alfort (94) le 29 octobre 1868.

Les informations portées sur l’acte de décès sont en cohérence avec l’article du journal.

On y apprend qu’il est décédé la veille à sept heures du soir, qu’il était en garnison à Maison-Alfort, caporal au 51ème régiment de ligne, célibataire, né à Hondeghem, et domicilié à Hondeghem avant son entrée en service.

Les déclarants sont deux habitants de Maison-Alfort, un garde-champêtre et un employé.

Le décès a été transcrit à l’état civil d’Hondeghem le 31 décembre 1868.

Grâce à l’article du Siècle retrouvé par Retronews, nous connaissons donc les causes de son décès : noyé en traversant la Seine à la nage. C’est d’ailleurs le seul article trouvé par Retronews à ce jour si on recherche les termes Ghys Hondeghem.

Mémoire

A son décès, Romain Ghys a encore ses deux parents et 7 de ses frères et sœurs, âgés de 16 et 25 ans. Lui a en fait 21 ans (et non 22 comme le dit l’article du Siècle).

Je n’avais jamais entendu parler de cet arrière-arrière-grand-oncle disparu une centaine d’années avant ma naissance.

Actes

1846.RomainCharlesLouis-chezDesireEtJulie
AD du Nord. 1846, naissance de Romain, Charles, Louis GHYS

1868.MaisonAlfort84.D Romain Charles Louis GHYS
AD du Val-de-Marne. BMS

le 21 aout 1868 à une heure du soir, acte de décès constaté suivant la Loi de Romain Charles Louis GHYS, caporal au cinquante-unième régiment de Ligne, âgé de 22 ans, décédé la veille à sept heures du soir en cette commune où il était en garnison; célibataire né à Hondeghem (Nord) où il était domicilé avant son entrée en service, fils des époux Louis Désiré GHYS et Julie DEBERDT.

Sur la déclaration faite à nous François Augustin BOURGUIGNON adjoint au maire, remplissant par déléguation les fonctions d’Officier de l’état civil, par les sieurs Alphonse GASSE garde champêtre âgé de 40 ans et Jean Baptiste PONTLEVé employé âgé de 57 ans, tous deux domiciliés à Maison, qui ont signé le présent acte avec nous, après lecture.

U pour Sylvie Ghys, religieuse Ursuline

Voilà Sylvie Ghys (1851-1928), mon arrière-arrière-grande-tante. Les archives de ma famille ont conservé des documents la concernant, notamment des photographies, et des lettres.

Sylvie GHYS religeuse ursuline a Gravelines 59.20191002_185749
Sylvie Ghys, religieuse Ursuline, Gravelines (59). Archives familiales

Elle naît à Hondeghem en 1851. C’est la seule fille d’une fratrie de 10 enfants dont 8 ont atteint l’âge adulte. Elle est déclarée sous les prénoms de Marie, Servie, Sophie.

Elle fait profession au monastère de Gravelines en 1876, à 25 ans donc, sous le nom de Marie de l’Immaculée Conception. Gravelines se situe entre Calais et Dunkerque, à une petite cinquantaine de kilomètres d’Hondeghem. Les Ursulines sont un ordre religieux qui se consacre notamment à l’éducation des filles.

30 ans passent. Le contexte général : 2ème expulsion des congrégations Article Wikipedia

La presse d’époque permet de reconstituer ce qui s’est passé à Gravelines précisément.

1906, le 12 septembre, le journal l’Univers rapporte que « le sursis que les pétitions nombreuses avaient demandé » pour les religieuse a été refusé, et qu’on s’attend à leur départ.

En septembre 1907, le matin du 26, les Ursulines de Gravelines sont expulsées. La presse relate les faits : gendarmes, militaires sont mobilisés pour l’opération. Après sommation, ils font forcer les portes et barricades à coup de hache et de pince. Les 45 religieuses sont retranchées dans leurs cellules.

Je sais ensuite par des pièces de familles que la communauté s’installe dans le couvent des Ursulines de Greenwich, en Angleterre. A 56 ans, Sylvie Ghys change de pays.

Elle reste en Angleterre jusqu’à sa mort. Le reste de la communauté serait rentrée en France en 1921-23 (je ne suis pas sûre du 1921, problème de déchiffrage) mais celle qui est désormais nommé Mère de l’Immaculée Conception reste à Greenwich.

Elle y décède le 23 décembre 1928, dans sa 78ème année et 53ème année de vie religieuse.

Sources

Cet article s’appuie sur des sources d’Etat civil, de presse d’époque et familiales

1851 naissance de Marie, Servie, Sophie Ghys à Hondeghem (59 )

1851.N.MarieServieSophie-chezDesireEtJulie
AD Nord, Hondeghem, naissance de « Sylvie » GHYS 1851

L’an 1851 le 17 septembre à 6 heures du soir par devant nous Louis Walekessain(?) maire et officier de l’état civil de la commune de Hondeghem, canton d’Hazebrouck (Nord), arrondissement d’Hazebrouck, département du Nord

a comparu Louis Désiré GHYS âgé de 35 ans, cabaretier brasseur domicilié en cette commune

lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né hier à 10 heures du soir, de lui déclarant, en sa demeure sise en cette commune, et de Julie DEBERT, âgée de 30 ans, cabaretière, son épouse

auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Marie Servie Sophie

les dites déclaration et présentation faites en présence de Ive Léo DEBERT âgé de 64 ans, rentier, domicilié à Borre, grand-père maternel de l’enfant, et de Benoit DALONGEVILLE, âgé de 33 ans, boulanger domicilié en cette commune

Lesquels, ainsi que le père de l’enfant, ont signé avec nous le présent acte de naissance le tout après que la lecture leur en a été faite

1906-1907 traitement par la presse d’époque de l’expulsion des Ursulines de Gravelines

Il m’a semblé intéressant de regarder quel fut le traitement de l’événement de la presse d’époque. A ma demande, mon ami J.Munoz (merci!) a initié une analyse qui met en évidence trois types de traitements par la presse nationale :

A. Relation factuelle (La Justice, Le Signal, La République Française, Le Petit Parisien, L’indépendant Rémois, le XIXè Siècle, La Croix…)

B. Position assumée relatant les faits sous l’angle de la persécution religieuse (L’Echo de Paris, La Gazette de France, Le Soleil, Le Siècle…)

C. Anticléricalisme polémique : La lanterne

Exemple d’une relation considérée comme factuelle : l’article du Le Petit Parisien, 27 septembre 1907

Expulsion des Ursulines de Gravelines
(de notre correspondant particulier)
Dunkerque, 26 septembre

L’expulsion des Ursulines de Gravelines a été très mouvementée.

Une compagnie du 110e et plusieurs brigades de gendarmerie à pied et à cheval du Nord et du Pas-de-Calais ont barré les rues avoisinantes dès la première heure.

M. Brisac, sous-préfet, revenu de congé pour diriger lui-même les opérations, le commissaire de police de Gravelines et le capitaine de gendarmerie Vernet accompagnaient le liquidateur.

A six heures, les sommations légales sont faites et, comme personne ne répond à l’intérieur, la porte principale est attaquée à coup de haches et de pinces par trois ouvriers dunkerquois venus en voiture pendant la nuit sous la protection de la gendarmerie.

La foule, maintenue difficilement sur la place de l’Eglise et sur les remparts voisins, manifeste bruyamment. La porte a été solidement barricadée à l’intérieur et c’est avec bien du mal que les ouvriers parviennent à la défoncer. Il faut ensuite démolir une sérieuse barricade qui vient s’appuyer sur une grille intérieure. Ces travaux de défense ont été faits pendant la nuit.

Après la grande porte, ce sont les portes intérieures qu’il faut démolir, puis celles des cellules, où sont enfermées, par groupe de cinq ou six, des religieuses et des dames de la ville venues pour les assister. M. Brisac les exhorte à sortir.

Après avoir visité l’immeuble avec le liquidateur, le sous-préfet se rend à l’infirmerie, où se trouvent une dizaine de religieuses, dont l’une est, dit le docteur Belbecque, atteinte d’une maladie de cœur qui la rend intransportable. La supérieure voudrait l’emmener sur un brancard, mais le sous-préfet s’y oppose et offre, après avec pris l’avis de M. Bone, de la laisser avec deux autres religieuses dans une des pièces du rez-de-chaussée.

Les autorités se rendent ensuite à la chapelle, où officie le chapelain. La porte, également barricadée, est enfoncée. Le prêtre sort alors avec ses amis et quitte le couvent, avec les religieuses et leurs compagnes.

Dans la rue, les manifestants tentent de forcer les barrages et une bousculade se produit.

Après une messe célébrée à l’église les religieuses, au nombre de 45 , se rendent dans diverses maisons, où on leur a offert l’hospitalité .

1928 Faire part de décès de Sylvie Ghys

1928.Greenwich.faire part deces Sylvie Ghys Ursuline

The Ursulines of Greenwich recomment to your Charity the sould of their Bolved Sister Sylvie Ghys

in Religion Mère de l’Immaculée Conception who departed this life on 23 Décembre 1928 in the 78è Year of her age, and the 53è of her Religious Profession. R.I.P

1954 Courrier adressé par le couvent de Greenwich probablement à un de mes grands-oncles

Ursuline Convent
Crooms Hill
Greenwich S.E.10

7.3.54

Monsieur

Votre lettre du 23 février nous est parvenue et la Mère Prieure m’a prié d’y répondre.

Melle Ghys a fait profession au monastère de Gravelines le 18 février 1876 sous le nom de Marie de l’Immaculée Concepton.

Elle a quitté lors de l’expulsion en Septembre 1907 et avec le reste de la Communauté est venue s’installer dans la maison de Greenwich.

Pendant plusieurs années elle a rempli l’office d’économe. Quand la Communauté française est rentrée en France en 1921-23 Mère de l’Immaculée Conception ne les a pas suivies.

Elle est morte le 23 Déc 1928

J’espère que cest quelques détails vous seront utiles

Veuillez croire, Monsieur à nos sentiments religieux en NS

Pr la Prieure

M Clare(?)

P pour photos de hussards : César Ghys

Les recherches d’images sur internet, avec « Ghys » et « Hondeghem » dedans m’ont amenée au site http://www.hussards-photos.com/ Les Hussards au travers de photographies anciennes.

Sur ce site figure parmi d’autres une photographie de hussard, annotée au dos « César Ghys ». J’ai ensuite découvert la reproduction de la même photo dans nos archives familiales.

césar GHYS _ hussard

César GHYS. Archives familiales

César Ghys est né en 1845 à Hondeghem. Ses prénoms sont César Auguste, mais nous l’appelerons César. C’est un des grands frères de Sylvie Ghys, la religieuse.

Parcours militaire

Vers 1867. On sait, grâce au décryptage de la photo par hussards-photo.com, qu’il a fait partie du 3ème régiment de Hussards. La photo vient d’un atelier d’Avesnes (Avesnes-sur-Helpe) où des escadrons du 3ème Hussards ont stationné entre 1866 et 1868. On est sous le 2ème Empire (Napoléon III). César Ghys avait entre 21 et 22 ans.

Je n’en sais pas plus sur son parcours militaire.

Mariage

1876. On le retrouve à Millam pour son mariage, à 30 ans. Millam est un village situé à 25 km au nord d’Hondeghem. D’après ma connaissance empirique de la vie des gens de ce temps à Hondeghem, Millam ne fait pas partie des localités avec lesquelles les échanges de population sont courants.

Jusqu’à son mariage, César Ghys vit à Hondeghem, comme ses parents. Sa profession : « fils de brasseur ». Ses parents sont marchands-brasseurs. Un des témoins est son frère Léon Ghys, 32 ans, qui vit à Hondeghem et est aussi « fils de brasseur » de profession. L’autre témoin est un autre de ses frères, Jules Ghys, cabaretier – cultivateur à Borre (59).

La femme de César Ghys s’appelle Sidonie Stéphanie DESMIDT, 29 ans, « sans profession particulière », également fille de marchands brasseurs. Elle et ses parents vivent à Millam.
Témoins : ses deux frères, Fortuné Desmidt, 41 ans, cabaretier-brasseur domicilié à Millam ; Justin Desmidt, 39 ans, principal clerc de notaire, domicilié à Bourbourg.

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Sidonie DESMIDT. Archives familiales

Il y a un contrat de mariage passé devant Maitre SCHALLIER notaire à Bourbourg, en date du 8 juin 1876. Je n’ai pas ce contrat, il faudra aller le consulter aux Archives départementales du Nord : SCHALLIER Pierre Adolphe Bourbourg, années conservées 1856 cote 1894 2 E 51 / 14-90.

Bourbourg est à 12 km de Millam. Je n’ai pas pu vérifier si Justin Desmidt, domicilé à Bourbourg, principal clerc de notaire, travaille pour Maître Schallier, notaire à Bourbourg. 

On note qu’un des frères de César Ghys, celui qui est né trois ans avant lui, se marie deux ans plus tard à Millam où il s’établit et a des enfants. Contrat à rechercher aux archives : Maître MOENOCLAEY notaire à Cassel. Mariage de Alfred Joseph GHYS et Lucie Aimée Marie COLLET, 16 juillet 1878, Millam.

Je pense qu’il y a à creuser pour comprendre la vie des brasseurs en Flandre dans la 2ème moitié du XIXè siècle : endogamie, modes de transmission, exercices de plusieurs métiers cultivateur, brasseur, cabaretiers.

Enfants

cesar ghys ligne de viee

erratum : le nom d’usage de l’enfant né en 1883 est Charles, pas Jules

1877. Leur premier enfant naît 9 mois plus tard, à Millam. César Ghys est maintenant brasseur de profession.

Le couple est domicilié « canton de la place section A », ce qui semble bizarre, mais en fait toutes les adresses des autres actes de Milliam comporte une référence de section et parfois la mention de canton.

Les déclarants sont les deux grands-pères, Louis Ghys et Vincent Desmidt. Georges Vincent Louis GHYS, Millam, 17 avril 1877, Millam.

1880. Le deuxième enfant naît 3 ans plus tard. César Ghys est toujours brasseur, même adresse.

Déclarants : le grand-père Louis Ghys, 60 ans, brasseur, Hondeghem et l’oncle Fortuné Desmidt, 45 ans, cabaretier, Millam. L’enfant décède à l’âge de 4 mois. Léon Charles Joseph Ghys acte de naissance du 12 mai 1880 (né le 10), décès 14 septembre 1880, Millam.

1882. Troisième enfant, c’est une fille, Marie Antoinette. César Ghys brasseur, sa femme ménagère, toujours même adresse.

Témoins Fortuné Desmidt (cabaretier, 47 ans) et Alphonse Desmidt (cabaretier, 38 ans) tous deux de Millam. Marie Antoinette atteindra l’âge adulte (mariage avec Norbert Nestor Raymond Rommel en 1900). Marie Antoinette GHYS, 27 mai 1882, Millam.

1883. Quatrième enfant, Jules Charles Vincent GHYS, acte du 20 novembre 1883, Millam. Situation des parents inchangée.

Déclarants Justin Desmidt, 46 ans, principal clerc de notaire, Bourboug. Léon Ghys, 39 ans, brasseur, Hondeghem.

Décès

1893. Décès de César Auguste Ghys à l’âge de 47 ans, brasseur, toujours domicilié à Millam. Déclarants : son frère Alfred Ghys, cultivateur, domicilié à Millam. et son neveu Arthur Desmidt, boulanger, domicilié à Millam (14 janvier 1893).

A son décès, César Ghys laisse donc une veuve et trois enfants âgés de 10, 11 et 16 ans. Sa veuve ne lui survit qu’un peu plus d’un an. Elle décède le 4 mars 1894 à Millam.

Devenir des enfants

Cesar GHYS qui peuvent être les tuteurs des enfants.jpg

Georges Vincent Louis

Le fils aîné décède le 29 décembre 1895, âgé de 18 ans, célibataire Le décès a lieu dans la maison de sa grand-mère veuve Ghys (Julie DEBERT) à Hondeghem alors qu’il est déjà orphelin de père et mère. Peut-être sa grand-mère était-elle sa tutrice, ou un de ses oncles de Hondeghem. Décès de Georges Vincent Louis GHYS, 29 décembre 1895, Hondeghem.

Nom d’usage: Georges, d’après des courriers consultés dans mes archives familiales

Marie Antoinette

Sa sœur Marie Antoinette Ghys a vraisemblablement eu pour tuteur au moins un de ses oncles maternel, celui qui est principal clerc de notaire. Justin DESMIDT. En 1900, il est rentier et vit à Rubrouck. Marie Antoinette Ghys est domiciliée de droit dans la commune de Rubrouck, et de fait dans celle de Volckerinckhove. C’est là où habite un autre de ses oncles maternels, Auguste DESMIDT cultivateur. Millam (sa commune de naissance), Rubrouck (domicile de droit) et Volckerinckhove (domicile de fait) sont dans un rayon de 5km

C’est donc à Volckerinckhove qu’elle elle se marie à 18 ans, avec l’autorisation du conseil de famille. Son mari a 23 ans et est courtier en grains. Un contrat de mariage est établi chez Maître PARESYS, notaire à Rubrouck. Les mariés signent Antoinette Ghys et Rommel Nestor. Mariage de Norbert Nestor Raymond ROMMEL et Marie Antoinette GHYS, 28 novembre 1900, Volckerinckhove (59). On les retrouve à Saint-Omer en 1906.

D’après les archives familiales, le couple aurait eu une fille, cinq fils et de nombreux petits enfants. Patronymes ROMMEL et de CLERCQ.

Nom d’usage: Antoinette, d’après des courriers consultés dans mes archives familiales

Jules Charles Vincent

Je ne sais pas qui ont été les tuteurs de Jules Charles Vincent Ghys après le décès de se parents. Sa fiche fiche militaire établie peut-être en 1899, ou en 1898, ou sinon en 1903, indique qu’il vit à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais (62). Aucune profession n’est indiquée. Service militaire entre 1904 et 1907. Certificat de bonne conduite. Blessure :

le 28 juin 1906 à 2h30 du soir étant à la voltige faisait du travail au galop. Perdit l’équilibre et tomba à terre; dans sa chute il se fractura l’avant bras doit.

En 1909, il a 26 ans. Il est marchand de grains, domicilié à Saint-Omer. Saint-Omer est à 20 km au nord de sa commune de naissance (Millam). A mi-chemin entre Saint-Omer et Millam, il y a une commune du nom de Saint-Momelin.

A 26 ans donc, il se marie à Saint-Momelin (59) avec la fille de cultivateurs de la commune. Contrat de mariage devant Maître Jules Georges Henri DEHAENE notaire à Léderzeele (c’est la commune de naissance de l’épouse).

Les témoins sont sa sœur Antoinette Ghys, cabaretière à Saint-Omer et son oncle Léon Ghys de Hondeghem. Mariage de Jules Charles Vincent GHYS et Ida Irma Eveline Gabrielle DUBREUCQ le 12 août 1909, Saint-Momelin.

Le couple a eu une descendance que je détaillerai un autre jour.

Nom d’usage: Charles, d’après des courriers consultés dans mes archives familiales

Sources

1845. Naissance de César Auguste GHYS, Hondeghem (59)

1845.N.CesarAuguste-chezDesireEtJulie

L’an 1845, le 10 juillet à 4 heures, par devant nous, Dominique DEGRAVE maire officier de l’état civil de la commune d’Hondeghem, canton d’Hazebrouck (Nord) arrondissement d’Hazebrouck, département du Nord

a comparu Louis GHYS âgé de 29 ans, brasseur, domicilié en cette commune, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin, né hier à cinq heures du soir, de lui déclarant en sa demeure, sise en cette commune et de Julie DEBERDT âgée de 32 ans, son épouse et auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de César Auguste.

Les dites déclarations et présentations faites en présence de césar ROUSSEL âgé de 33 ans, boulanger, oncle maternel de l’enfant domicilié à St Omer, et de Chrétien KUHN, âgé de 34 ans, cabaretier domicilié en cette commune, le père et les témoins ont signé avec nous le présent acte après qu’il leur en a été fait lecture

Analyse de hussards-photos

http://www.hussards-photos.com/France/France_CDV_3_Ghys.htm

Carte de Visite Atelier Camatte à Avesnes (Nord)
César Ghys, hussard au 3ème.
Entre 1866 et 1868, le 3ème Hussards est en garnison à Maubeuge, détachant un escadron à Landrecies et un autre à Avesnes (en fait Avesnes-sur-Helpe, à ne pas confondre avec les autres Avesnes, du Pas-de-Calais) :
Le 2e Escadron arrive à Avesnes le 11 Juin 1866. Après une permutation d’escadrons, c’est le 1er Escadron (Capitaine Aubin) qui quittera cette garnison le 17 Avril 1868.

Ce jeune hussard à la mine résolue en porte l’uniforme caractéristique, gris argentin (en fait bleu clair) à tresses blanches et parements garance. Cette photographie nous permet également d’admirer le talpack de fourrure, la sabretache ornée de l’aigle impériale et toute sa buffleterie blanche.
Cette photographie porte au dos la mention manuscrite « César Ghys ».
Il s’agit probablement de César Auguste Ghys, né le 9 Juillet 1845 à Hondeghem (59), brasseur et cultivateur.
Il épousera Sidonie Stéphanie Desmidt le 28 Juin 1876 à Millam (59), où il décèdera le 14 Janvier 1893.

1876. Mariage de César Auguste GHYS et Sidonie Stéphanie DESMIDT, Millam (59)

Transcriptions simplifiée

28 juin 1876 GHYS César Auguste, âgé de 30 ans 1/2, fils de Brasseur, né à Hondeghem … le 9 juillet 1845, ainsi qu’il appert dans son acte de naissance ici représenté, y domicilié, célibataire,

fils majeur et légitime de Louis GHYS et de Julie DEBERT, marchands-brasseurs domiciliés audit Hondeghem, ici présents et consentants d’une part

et Demoiselle DESMIDT Sidonie Stéphanie, née à Millam le 18 mars 1847, ainsi qu’il résulte des registres de l’Etat-Civil en notre possession, y domiciliée, célibataire

fille majeure et légitime de Vincent Arould DESMIDT et de Justine Claire DERUDDRE (?), marchants brasseurs domiciliés audit Millam, ici présents et consentants d’autre part

… [bans publiés à Millam et Hondeghem, pas d’opposition]

avons interpellé les futurs époux sur leur contrat de mariage, lesquels nous ont immédiatement remis un certificat à eux délivré par Maitre SCHALLIER notaire à Bourbourg et auquel il résulte qu’à la date du 8 juin 1876, M. GHYS César Auguste, fils de brasseur demeurant à Hondeghem et Mademoiselle DESMIDT Sidonie Stéphanie sans profession particulière demeurant à Millam ont passé devant lui un contrat qui règle les conditions civiles de leur mariage.

[consentement des époux]

Ainsi fait en présence de

GHYS Jules âgé de 33 ans, cabaretier cultivateur, domicilé à Borre, frère germain de l’époux

GHYS Léon, âgé de 32 ans, fils de brasseur, domicilé à Hondeghem, frère germain de l’époux

DESMIDT Fortuné âgé de 41 ans, cabaretier brasseur, domicilié à Millam

DESMIDT, Justin âgé de 39 ans, principal Clerc de notaire domiciliés à Bourbourg
ces deux derniers frères germains de l’épouse

[les mariés, les 4 parents, les 4 témoins ont signé]

1893 Décès de César Auguste Ghys, Millam

1893.Millam.D Cesar Auguste GHYS.1

1893.Millam.D Cesar Auguste GHYS.2

14 janvier 1893 à 3 heures du soir, en la mairie et pardevant nous Aimé DELGRANGE, Maire Officier de l’Etat-civil de la Commune de Millam, Canton de Bourbourg, arrondissement de Dunkerque, département du Nord,

ont comparu GHYS Alfred, cultivateur, âgé de 40 ans, frère du défunt et DESMIDT Arthur, boulanger, âgé de 28 ans, neveu du défunt, tous deux domiciliés à Millam

lesquels nous ont déclaré que ce jourd’hui à 11 heures et demie du matin GHYS César Auguste, brasseur, âgé de 47 ans et demi, né à Hondeghem, domicilié à Mi llam, fils de feu Louis et de vivante Julie DEBERT, époux de DESMIDT Sidonie Stéphanie, est décédé en sa demeure sise à la place de cette Commune, ainsi que nous nous en sommes assuré. Et ont les deux comparants signé avec nous le présent acte après lecture faite

Décès de Georges Vincent Louis GHYS, 29 décembre 1895, Hondeghem

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Mariage de Antoinette GHYS 28 novembre 1900, Volckerinckhove (59)

 

je n’ai pas (encore) transcrit

Mariage de Charles Ghys 12 août 1909, Saint-Momelin.

je n’ai pas (encore) transcrit

Non trouvés

tables de successions et absences – pas trouvé Ghys ni Ghys ou Desmidt (mal cherché? pas cherché au bon endroit?)

Lire la suite « P pour photos de hussards : César Ghys »

O comme On a volé la chemise de Pierre Verley

Le 25 Prairial an V, c’est-à-dire le 13 juin 1797, Pierre VERLEY, brasseur et cabaretier au lieu dit « la Bréarde » à Hondeghem, est victime d’un vol.

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L.11.749 AD Nord. Début de l’inventaire des pièces de la procédure

 

Ce qui s’est passé, selon les témoins

Un homme de 30-40 ans s’arrête au cabaret de la Bréarde. Personne ne le connaît. Il boit une bière, ressort par la porte de derrière.

Là, la femme du meunier, qui habite à côté, et la fille de Pierre Verley donnent l’alerte.

L’homme aurait dérobé une chemise qui séchait sur la haie intérieure du jardin potager des Verley, jardin dont la porte ferme avec un loquet en bois. Leur habitation est sur le même terrain.

Pierre Verley accourt, met la main sur l’individu, qui se trouve avoir la chemise dans sa poche. Avec une paire de bas de fil qui n’appartient pas aux Verley.

Le garde-champêtre de Saint-Sylvestre-Cappel arrive (je n’ai pas encore compris comment il a été alerté).

hondeghem brearde StSyvCap merris.png

Ce qui s’est passé, du point de vue de l’accusé

L’accusé s’appelle Jean-Baptiste LERS, il a 36 ans, il est domestique de campagne (journalier) à Merris. Merris est à 13 km d’Hondeghem.

Il ne parle pas le français, mais le flamand. Pour les interrogatoires, il y a une personne qui fait office d’interprète (pas un interprète assermenté, à l’époque, un citoyen qui parle les 2 langues).

On sait aussi qu’il est borgne.

Il déclare qu’il allait (ou revenait?) porter le beurre de son maître au marché. Mais en chemin, il a bu (« pris de boisson« ).

Il ne se souvient pas être allé au cabaret de la Bréarde, et ne voit pas du tout de quoi on l’accuse. Si on a trouvé une chemise dans sa poche, c’est que quelqu’un l’y a mise. La paire de bas, il l’a achetée à quelqu’un, mais il ne sait pas dire à qui.

Moulin Breardre recto

Carte postale ancienne légendée « Moulin de la Briarde (sic) à Hondeghem ». Collection personnelle

Ce qu’on sait du procès

Dans le dossier, on a le procès verbal du garde champêtre, différents interrogatoires du suspect, et on comprend qu’il va en prison.

On a aussi la composition du jury, une lettre d’un des jurés qui est malade donc ne peut pas venir (certificat du médecin à l’appui), ce qui nécessite je crois un nouveau tirage au sort.

Je ne comprends pas si pendant ce temps l’accusé est toujours en prison ou pas. Mi-août 1797, l’affaire n’était pas finie.

Et je n’ai pas vu l’issue du jugement, je ne suis pas tout à fait sûre qu’elle est dans le dossier.

D’où viennent ces informations (partielles) ?

Aux archive du Nord à Lille, série L, qui correspond aux archives de la période révolutionnaires. Les cotes L 10302-13423 correspondent au supplément aux fonds administratifs et fonds judiciaires. Avant de me déplacer aux archives, j’avais repéré : 15 thermidor. J.-B. Lers, journalier demeurant à Merris. Hondeghem : vol de linge chez Pierre Verley.

Pierre Verley est bien rattaché à ma branche Ghys d’Hondeghem : les pièces du procès donnent le nom de sa femme (Thérèse Fockenberghe). Tous deux sont parents de Albertine Philippine Verley qui épouse mon ancêtre Jean François Ghys en 1813.

C’est peut-être cette Albertine Philippine, la fille de Pierre Verley qui a vu le voleur et donne l’alerte avec la femme du meunier. Ou une de ses sœurs : je lui en ai trouvé 6, dont 5 encore vivantes, à ma connaissance, en date de l’événement, et alors âgées de 15 à 27 ans.

On a pique la chemise Arbre VERLEY FOCKENBERGHE GHYS.jpg

Pour aller plus loin

Avec cet article, j’ai voulu raconter un bout de la vie des gens telle que je l’ai perçue par ces pièces du dossier de justice.

Le compte-rendu que je vous fait de ce procès est encore lacunaire. D’abord, je n’ai pas encore déchiffré la totalité du dossier, constitué d’une bonne centaines de vues  prises en photo par mes soins.

Surtout, il faudrait comprendre ce procès dans l’organisation de la justice à l’époque : 1797, Directoire, lois du 16 et 24 août 1790 sur l’organisation judiciaire qui institue les juges de paix… C’est cela qui m’intéresse en fait, mettre en lien la vie des gens d’avant, qu’ils soient mes ancêtres ou pas, et leur contexte historique.

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